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LA VIE DE PLOTIN I
PORPHYRE
VRIN
64,00 €
Épuisé
EAN :9782711620357
Il est apparu que le dernier mot n'avait pas été dit sur ce texte de Porphyre, capital pour notre connaissance de la personne et de l'école de Plotin, et plus largement de la vie philosophique au IIIe siècle de notre ère. Car on est en présence d'un document dont la simplicité est illusoire : la traduction même en est hérissée de difficultés, qui, dans nombre de cas, semblent avoir jusqu'ici échappé à l'attention ; d'autre part, la valeur historique de cette biographie, indubitable en apparence, ne cesse en vérité de faire problème par suite de l'application de Porphyre à se donner en toute circonstance le beau rôle. De telles considérations, et d'autres encore, ont donné à penser que l'on ne perdrait pas son temps en reprenant l'étude de ce vieux texte sur des bases entièrement nouvelles.
Les Points de départ vers les Intelligibles de Porphyre, ouvrage traditionnellement intitulé Sentences, constituent un condensé des Ennéades de Plotin, le maître de Porphyre. Témoignage exceptionnel sur le renouveau du platonisme au IIIe siècle de notre ère, ce document encore mal connu a exercé une influence décisive sur l'histoire de la philosophie néo-platonicienne à la fin de l'Antiquité, servant d'assise théorique au système des Ecoles d'Athènes et d'Alexandrie, notamment sur la théorie platonicienne des incorporels et sur celle des degrés de vertus. Un groupe d'historiens de la philosophie antique appartenant à l'Unité propre de recherche 76 du CNRS, auxquels se sont joints des spécialistes français et étrangers, ont consacré plusieurs années à traduire, commenter et situer dans son contexte historique et philosophique ce texte d'une grande difficulté. Le texte grec et la traduction française sont précédés de plusieurs études introductives sur le titre, le genre littéraire, l'histoire du texte et des éditions, de même que sur le système de la philosophie porphyrienne qui se dégage de l'ouvrage et sur les rapports que les Sentences entretiennent avec Plotin, leur inspirateur, et Proclus, leur imitateur. On trouve ensuite un commentaire détaillé de chacune des 44 sentences, une bibliographie, une traduction anglaise annotée des Sentences par John Dillon, un lexique grec complet et un index sélectif des passages cités.
Parti sur le conseil de Plotin en Sicile pour remédier à sa mélancolie, Porphyre écrit vers 270 le traité De l'abstinence, qui compte parmi les trop rares oeuvres de ce néoplatonicien prolixe dont nous avons pu garder trace. Celui que Plotin considérait comme son meilleur élève s'adresse ici à Firmus Castricius, autre disciple, et s'attache à réfuter la récente profession d'anti-végétarisme de ce dernier, en contradiction avec les pratiques enseignées par le maître, afin de montrer que le salut de l'homme est incompatible avec la consommation de viande. Outre son intérêt interne, le traité est précieux par la réflexion plus large qu'il permet d'ouvrir sur les rapports entre philosophie néoplatonicienne et pythagorisme. Le livre I contient l'énoncé de divers arguments anti-végétariens, suivi non pas d'une réfutation de l'un d'entre eux, mais plutôt d'un plaidoyer en faveur du végétarisme, qui apparaît comme une condition sans laquelle ne peut être obtenue la fin suprême du philosophe, c'est-à-dire l'union à Dieu. L'édition proposée assortit le texte d'une introduction qui présente, outre le texte, l'état des connaissances sur Porphyre et le traité en soulignant leurs liens avec le végétarisme antique. Une notice livre une analyse détaillée du texte ainsi qu'un riche éclairage sur les nombreuses sources, notamment pythagoriciennes, qui guident l'écriture de Porphyre.
Résumé : Né en Égypte au début du IIIè siècle apr. J.-C., Plotin s'installe à Rome en 246, en terre stoïcienne, pour y enseigner les principes d'une philosophie platonicienne et y inaugurer la tradition qu'on dit aujourd'hui "néoplatonicienne ". De 254 jusqu'à la veille de sa mort, en 270, Plotin rédige un ensemble de textes que son disciple Porphyre éditera vers l'année 300 en les distribuant en six "neuvaines": les Ennéades. Dans ces traités, Plotin se propose de guider l'âme de son lecteur sur le chemin d'une ascèse qui doit la conduire vers son principe, "l'Intellect", et lui permettre alors de percevoir, pour s'y unir, le principe de toutes choses qu'est l'Un".
Le travail porte sur un texte de Porphyre (IIIe siècle) qui présente, en soi, un double intérêt: d'une part, c'est le seul texte aujourd'hui conservé qui témoigne de l'activité exégétique de ce philosophe néo-platonicien, réputé pour avoir commenté de nombreux auteurs classiques. Il permet donc d'observer sur le vif la méthode de l'exégète et de mesurer en détails l'importance de son apport à la recherche interprétative des ?uvres philosophiques anciennes. D'autre part, c'est le premier témoignage conservé des nombreux commentaires consacrés, depuis le 1er siècle avant notre ère, à l'explication des "Catégories" d'Aristote. Il permet donc de récolter une information sur les commentaires aujourd'hui perdus qui l'ont précédé et dont il offre une manière de synthèse, tout en donnant les moyens de juger jusqu'où Porphyre a orienté l'interprétation de ce traité célèbre pour les siècles suivants, spécialement chez les Néoplatoniciens de la fin de l'Antiquité. La nouvelle édition critique du texte grec repose sur la collation de toutes les sources manuscrites connues. Il est donc destiné à remplacer la seule édition critique antérieure (qui date du XIXe siècle), en offrant un texte amendé en de nombreux passages litigieux, avec un appareil critique continu. De plus, cette ?uvre de Porphyre, malgré son intérêt, mais en raison des difficultés qu'elle présente, n'a jamais été traduite en français. Cette traduction est donc une première. Elle a de surcroît l'avantage d'être faite sur un texte grec plus rigoureusement établi. Et elle s'accompagne de nombreuses notes explicatives en tous genres, qui ont valeur de commentaires littéral suivi. Elles tiennent compte, non seulement des difficultés du texte porphyrien, mais aussi des difficultés du texte aristotélicien qui s'y trouve expliqué et dont, récemment, Richard Bodéüs lui-même a procuré aussi une édition critique, avec traduction et notes.
Nombreuse, infiniment ondoyante et diverse, cette pensée n'est qu'une charité toujours active dont le mouvement incessant tend vers des objets qui nous échappent ou vers les aspects inconnus de ceux que nous percevions déjà. Comment suivre une telle pensée sans être cette pensée même (...)? ". Le présent ouvrage tente une réponse en même temps qu'il pose la question. Considérant que les écrits de Bonaventure dessinent moins une progression linéaire qu'ils ne suivent un " ordre du coeur ", Etienne Gilson propose ici, après un chapitre introductif de nature biographique qui cherche l'homme derrière l'oeuvre, un parcours circulaire autour du centre de la synthèse bonaventurienne, le Verbe, incarné en la personne du Christ. C'est ainsi que se trouvent abordés les thèmes fondamentaux que sont la critique de la philosophie naturelle, l'évidence de l'existence de Dieu et le problème de la science et de la volonté divines, mais aussi la création, les corps inanimés, les animaux, l'âme humaine, les anges, ou encore l'illumination, la grâce et la béatitude. Ces études convergent et culminent tout à la fois dans un dernier chapitre qui s'attache à saisir l'esprit de ce penseur. A l'encontre de l'argument qui consiste à qualifier Bonaventure de mystique pour le reléguer hors de l'histoire de la philosophie, Etienne Gilson se propose de recourir précisément à cet argument pour l'y réintégrer : le sentiment mystique, pénétrant en effet toutes les couches de l'édifice, est ce qui lui confère sa systématicité, et une systématicité telle que cette mystique spéculative bonaventurienne partage seule avec la doctrine thomiste le titre de synthèse de la pensée scolastique tout entière. Tendant toujours vers une métaphysique de la mystique chrétienne comme vers son terme ultime, cette pensée témoigne simultanément de la nécessité de la science et de sa subordination aux " ravissements mystiques ", et se situe à la rencontre des influences de saint François, de saint Augustin et des exigences systématiques des Sommes de Thomas d'Aquin. L'oeuvre de Bonaventure marque ainsi un moment capital dans le long progrès par lequel la théologie scolastique parvint à l'unité d'un système.