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Castoriadis. L'imaginaire radical
Poirier Nicolas
PUF
12,50 €
Épuisé
EAN :9782130541820
Auteur d'une oeuvre philosophique considérable, Cornelius Castoriadis (1922-1997) est une figure marquante de la pensée contemporaine. Après avoir défendu dans le cadre du groupe Socialisme ou Barbarie le projet révolutionnaire d'une société auto-gérée qui s'appuyait sur une critique sans concessions de l'imposture stalinienne, Castoriadis allait rompre avec la pensée de Marx auquel il reprochait son déterminisme, pour repenser l'histoire des hommes et la possibilité de l'émancipation sociale à partir de la notion d'imaginaire créateur. L'imagination - conçue de manière radicale comme institution de déterminations nouvelles - devait permettre à Castoriadis de donner son sens véritable au projet d'autonomie, par la considération finalement occultée chez Marx que ce sont les hommes eux-mêmes qui créent leur propre histoire.
Les vocations sont des chemins que la mémoire trace après-coup pour donner sens au parcours singulier qui nous mène de l'enfance à l'âge adulte. Aux lisières de l'adolescence, je me voyais chauffeur de train ou de taxi, même si je rêvais surtout de devenir journaliste. Je voulais écrire pour raconter ce que je voyais, pour rendre compte d'événements dont j'étais le témoin. L'essentiel était de prendre la route, d'explorer quelque chose qui n'avait été qu'entrevu ou d'en parler d'une manière originale. La recherche en philosophie et l'enseignement de cette discipline devinrent mon métier. Sartre a raison de dire qu'on rate toujours sa vie, qu'on ne devient jamais celui ou celle qu'on aspirait à devenir. Les points d'arrivée ne sont pas forcément des points d'aboutissement. On croit achever quelque choses alors qu'on a creusé une brèche dans son devenir. Les crises, existentielles ou intellectuelles, peuvent avoir du bon. Elles réveillent le sens de la révolte, elles aiguisent l'envie d'un nouveau départ, elles invitent à d'autres commencements. Ce livre est le récit d'une tentative pour inaugurer dans ma vie quelque chose de neuf en la racontant. Un écrivain n'est pas quelqu'un qui vit de son écriture. Ce n'est qu'un nom, utile pour désigner celui qui ne sait pas ce qu'il est mais aspire seulement à exprimer quelque chose de lui-même.
Dans l'esprit du temps redonner sens à l'idée démocratique comme manifestation de la réflexivité politique par où la société met en question son institution, ne va pas de soi. Qu'il s'agisse des conservateurs ou de certains marxistes, les critiques contemporains de la démocratie rivalisent dans la confusion qui consiste à identifier "le politique" en tant que dimension du pouvoir institué qui existe dans toute société et "la politique", comme agir, comme activité de mise en question de l'institution, selon les visées de sa transformation. C'est précisément cette confusion qu'une pensée critique comme celle de Cornelius Castoriadis permet de réfuter. En effet, son oeuvre met en valeur le sens véritable de la démocratie qu'il faut entendre comme ce projet révolutionnaire où la société, dans l'action même, découvre qu'il est possible d'entretenir avec elle-même un rapport réflexif, indissociable de son institution. Rapport qui lui permet de ne pas aliéner à une instance extra-sociale, le divin, les lois de la nature ou celles de l'économie capitaliste, sa créativité. L'objet du livre de Nicolas Poirier est de proposer une interprétation nouvelle de l'oeuvre de Castoriadis, en cherchant à comprendre dans quelle mesure l'institution démocratique doit s'ouvrir au chaos créateur qui ne cesse de la travailler, la société instituante se créant en permanence comme société instituée et comme reprise de cette dernière. L'analyse d'un certain nombre de textes philosophiques de Castoriadis, restés longtemps inédits, permet de saisir la cohérence d'un parcours intellectuel et politique marqué par la volonté de donner un contenu à l'idée d'émancipation. Cohérence qui ne doit pas occulter les moments de rupture : alors qu'au départ, Castoriadis posait le problème de la création à partir de la notion marxienne de praxis, en vue de faire ressortir l'historicité radicale du sujet, il va par la suite repenser l'ontologie traditionnelle en référence à la pensée grecque. Ainsi sera-t-il conduit à appréhender le phénomène de l'historicité en tant que chaos et à dégager le sens du projet démocratique qui consiste pour la société à mettre en question ses lois dans un mouvement d'auto-institution explicite, à portée universelle. C'est dans ce cadre que sont, pour la première fois, confrontées les pensées de Cornelius Castoriadis et celles de Claude Lefort. Si tous deux convergent pour redonner sens à une pensée politique critique, à partir d'une lecture nouvelle du fait démocratique, ils se séparent à propos de la question du pouvoir. Alors que Lefort s'emploie à montrer que l'agir démocratique ne peut se déployer qu'en référence au clivage originaire du social, Castoriadis va défendre l'idée qu'une politique de l'émancipation doit avoir pour but principal l'abolition de la division entre ceux qui exercent le pouvoir et ceux qui le contestent. Refusant de séparer la question du psychique et celle du social, Castoriadis cherche à penser en rapport à la psychanalyse le sens d'une dynamique individuelle et politique de l'émancipation, ou mouvement de reprise permanente, de telle sorte que le sujet et la société parviennent à entretenir avec eux-mêmes un rapport réflexif. Aussi la réflexion que poursuit Nicolas Poirier dans ce livre permet-elle de saisir la signification de la politique comme l'union et la tension de la création et de l'insitution, au sens où ce qui tend à se clore et à se répéter est inséparable de ce qui vient briser la clôture et créer de nouveau.
Critique, essayiste, romancière et cinéaste, Susan Sontag (1933-2004) a toujours pensé d'une manière ouverte et polémique. Empruntant diverses formes, son oeuvre doit se lire comme une tentative pour relire de manière radicale les rapports que le sujet entretient avec le monde à travers les images et les mots. De ses premiers textes critiques jusqu'à son dernier essai Devant la douleur des autres, en passant par sa réflexion sur la photographie ou sur la maladie, ses écrits expriment la tension entre notre désir d'atteindre le réel dans son immédiateté et la conscience des pouvoirs de l'art pour nous donner à comprendre ce que nous sommes. A la fois plongée dans les aspects théoriques de l'oeuvre de Sontag et exploration de sa dimension intime, cet ouvrage nous montre ce qui, dans cette expérience singulièrement moderne, peut nous servir à nous orienter politiquement et esthétiquement dans l'existence.
La perte d'une personne aimée est toujours éprouvante et trop souvent aboutit à des perturbations émotionnelles durables et profondes, en particulier à de l'angoisse et de la dépression. Ce livre, troisième et dernier de l'oeuvre que John Bowlby a consacré au concept de l'attachement, décrit les réactions des enfants et des adolescents à la perte d'un parent en les comparant aux réactions des adultes à la perte d'un conjoint ou d'un enfant Une attention toute particulière est accordée aux perturbations du deuil aux différents âges et aux événements récents ou anciens qui les favorisent Les différents types de réactions ainsi que les circonstances qui aboutissent à des évolutions favorables ou perturbées s'avèrent être semblables à tous les âges. John Bowlby intègre à la théorie psychanalytique les notions les plus récentes tirées de l'éthologie, de la cybernétique et de la psychologie cognitive. Sa pensée stimulante est parfois controversée, mais elle a le mérite de conduire les cliniciens à une réflexion renouvelée sur les notions de perte, de deuil, de dépression, permettant des approches thérapeutiques nouvelles.
Dans ce second volume d'Attachement et perte, John Bowlby poursuit son travail sur l'importance de la relation parentale et le rôle qu'elle joue dans la santé mentale. Il étudie la séparation et l'angoisse concomitante: la peur d'une séparation imminente ou imaginée, la peur induite par les menaces parentales de séparation et l'inversion de la relation parent-enfant. John Bowlby réexamine les situations qui causent en nous un sentiment de peur et les compare à des observations du même ordre chez les animaux. Il conclut en montrant que la peur est suscitée le plus souvent par des situations inoffensives en soi mais qui servent à signaler l'accroissement du risque de danger.
Publié dans une version reliée en 1991, puis réédité dans un format poche, ce dictionnaire est un « outil culturel » passionnant et indispensable, non seulement pour connaître les grands noms de la discipline (94 ethnologues sont présentés) mais aussi pour comprendre leur langage et leurs concepts, car « c'est avec cet instrument analytique qu'ils affrontent la réalité sociale, organisent leur savoir et définissent les orientations de leur réflexion et c'est à travers leur langage que, de l'extérieur, la discipline est identifiée » (P. Bonte et M. Izard).
Les enseignants et formateurs du XXIe siècle peuvent-ils espérer que la psychologie scientifique les aide dans leur pratique? Cet ouvrage prend le parti d'affirmer que, même si la science ne peut apporter toutes les réponses attendues, elle peut identifier des conditions nécessaires mais non suffisantes! pour « apprendre et faire apprendre »: des conditions liées aux caractéristiques des apprenants en interaction avec celles de leur environnement d'apprentissage. Les psychologues d'aujourd hui n'étudient plus l"« Apprentissage » avec un grand « A », comme s'il s'agissait d'un objet défini et statique. Ils préfèrent en décrypter les mécanismes et les dynamiques spécifiques. Leur objet est donc moins « l'apprentissage » qu" « apprendre », verbe d'action qui permet d'intégrer les facettes cognitives, affectives et sociales en jeu. L'expression « faire apprendre » rappelle par ailleurs que l'action ne se déclenche pas nécessairement d'elle-même. Elle nécessite une implication de l'apprenant lui-même, mais aussi de celui qui lui transmet connaissances et compétences: l'enseignant, le formateur ou tout autre éducateur. Les auteurs ont dès lors choisi de convoquer les sous-disciplines de la psychologie qui, en 2006, peuvent l'éclairer: les neurosciences cognitives, dont fait partie la psychologie cognitive, la psychologie différentielle, qui cherche à comprendre les spécificités individuelles, la psychologie du développement, mais aussi la psychologie sociale et la psychologie de la motivation. En plus d'être collectif, cet ouvrage est donc pluridisciplinaire et fondé sur les travaux de recherche les plus récents, tout particulièrement dans les différents pays francophones.