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L'ontologie politique de Castoriadis. Création et institution
Poirier Nicolas
PAYOT
28,01 €
Épuisé
EAN :9782228906173
Dans l'esprit du temps redonner sens à l'idée démocratique comme manifestation de la réflexivité politique par où la société met en question son institution, ne va pas de soi. Qu'il s'agisse des conservateurs ou de certains marxistes, les critiques contemporains de la démocratie rivalisent dans la confusion qui consiste à identifier "le politique" en tant que dimension du pouvoir institué qui existe dans toute société et "la politique", comme agir, comme activité de mise en question de l'institution, selon les visées de sa transformation. C'est précisément cette confusion qu'une pensée critique comme celle de Cornelius Castoriadis permet de réfuter. En effet, son oeuvre met en valeur le sens véritable de la démocratie qu'il faut entendre comme ce projet révolutionnaire où la société, dans l'action même, découvre qu'il est possible d'entretenir avec elle-même un rapport réflexif, indissociable de son institution. Rapport qui lui permet de ne pas aliéner à une instance extra-sociale, le divin, les lois de la nature ou celles de l'économie capitaliste, sa créativité. L'objet du livre de Nicolas Poirier est de proposer une interprétation nouvelle de l'oeuvre de Castoriadis, en cherchant à comprendre dans quelle mesure l'institution démocratique doit s'ouvrir au chaos créateur qui ne cesse de la travailler, la société instituante se créant en permanence comme société instituée et comme reprise de cette dernière. L'analyse d'un certain nombre de textes philosophiques de Castoriadis, restés longtemps inédits, permet de saisir la cohérence d'un parcours intellectuel et politique marqué par la volonté de donner un contenu à l'idée d'émancipation. Cohérence qui ne doit pas occulter les moments de rupture : alors qu'au départ, Castoriadis posait le problème de la création à partir de la notion marxienne de praxis, en vue de faire ressortir l'historicité radicale du sujet, il va par la suite repenser l'ontologie traditionnelle en référence à la pensée grecque. Ainsi sera-t-il conduit à appréhender le phénomène de l'historicité en tant que chaos et à dégager le sens du projet démocratique qui consiste pour la société à mettre en question ses lois dans un mouvement d'auto-institution explicite, à portée universelle. C'est dans ce cadre que sont, pour la première fois, confrontées les pensées de Cornelius Castoriadis et celles de Claude Lefort. Si tous deux convergent pour redonner sens à une pensée politique critique, à partir d'une lecture nouvelle du fait démocratique, ils se séparent à propos de la question du pouvoir. Alors que Lefort s'emploie à montrer que l'agir démocratique ne peut se déployer qu'en référence au clivage originaire du social, Castoriadis va défendre l'idée qu'une politique de l'émancipation doit avoir pour but principal l'abolition de la division entre ceux qui exercent le pouvoir et ceux qui le contestent. Refusant de séparer la question du psychique et celle du social, Castoriadis cherche à penser en rapport à la psychanalyse le sens d'une dynamique individuelle et politique de l'émancipation, ou mouvement de reprise permanente, de telle sorte que le sujet et la société parviennent à entretenir avec eux-mêmes un rapport réflexif. Aussi la réflexion que poursuit Nicolas Poirier dans ce livre permet-elle de saisir la signification de la politique comme l'union et la tension de la création et de l'insitution, au sens où ce qui tend à se clore et à se répéter est inséparable de ce qui vient briser la clôture et créer de nouveau.
A l'heure du succès des idées "écoresponsables", "anti-gaspillage" et de la promotion du recyclage, l'objectif de ces 38es Journées de Flaran a été de faire le point sur le rapport au déchet dans les campagnes de l'Occident médiéval et moderne : qu'est-ce qui était considéré comme déchet ? Quelles en étaient les chaînes de traitement entre valorisation et simple dépôt ou stockage ? Une première thématique a concerné le rôle des déjections humaines et animales mais aussi des déchets domestiques (alimentaires) et techniques (de traitement des récoltes) dans les cycles culturaux. Les contributions ont permis de documenter les chaînes opératoires de traitement de ces déchets, depuis leur accumulation jusqu'à leur épandage éventuel dans les parcelles à amender. Un second axe a envisagé le rôle structurant de ces pratiques du point de vue de la géographie agraire et des ressources environnementales. En effet, le recours à différentes ressources végétales périphériques des finages (buis, ajonc, goémon), comme produit d'amendement, amène à une relecture de l'espace agraire par ses marges. Enfin, la question des amendements a revisité le dossier des relations ville-campagne dans une perspective inversée et renouvelée. Le colloque a permis de montrer comment la ville approvisionne les campagnes en ordures qui deviennent dès lors des fumures. Le tout est évidemment soumis au système de gouvernement urbain et rural, considérant ces déchets tantôt comme des biens communs affermés au plus offrant, tantôt comme des produits dérivés. Une lecture juridique, administrative et surtout politique de la question a donc été aussi proposée.
Assimilé à la French Theory, Jean Baudrillard a été aussi célèbre, ou presque, sur les campus américains que Foucault, Derrida, Deleuze, Guattari ou Lacan. Mais il est loin d'avoir aujourd'hui leur diffusion mondiale. Il a même presque totalement disparu des écrans radars. Officiellement sociologue, aucun sociologue ne le cite, aucun étudiant de sociologie ne le lit. Il faut dire qu'il a tout fait pour brouiller les pistes, en se refusant à tout simulacre de réalisme pour mieux tenter de prendre la réalité de vitesse, jusqu'à annoncer son évanescence dans l'hyper-réalité du virtuel. Sa pensée, fulgurante, attirait étrangement, mais on pouvait croire que cette séduction fatale tenait à un goût tout pataphysicien des paradoxes. Or, force est de se demander s'il n'avait pas au bout du compte vu plus juste et mieux anticipé que tous ses contemporains ce qu'est désormais devenu notre monde. Ce volume, qui réunit sociologues, philosophes, économistes, théoriciens de l'esthétique et des médias, permet de prendre la mesure de son ?uvre inclassable. Avec des contributions de : Gérard Briche, Alain Caillé, Jean-Paul Curnier Françoise Gaillard de Serge Latouche, Chin Min, Katharina Niemeye, Nicolas Poirier, Anne de Rugy, Clara Schmelck, François Séguret, Jean-Louis Violeau.
Cet ouvrage est une invitation à penser avec plutôt que sur Miguel Abensour, parce que le meilleur hommage que l'on puisse rendre à un maître n'est pas d'arpenter en long et en large le chemin qu'il a déjà parcouru, mais de reprendre le flambeau pour l'amener plus loin. La pensée de Miguel Abensour n'est pas un objet d'étude. Elle est une force vive, une source d'interrogations continûment renouvelées, une puissance intempestive inquiète de l'ordre des choses et qui pourtant ne s'en accommode jamais. Composer avec elle, c'est recomposer notre façon d'envisager le monde. Parce qu'il a été leur professeur, leur éditeur, leur directeur de thèse ou simplement un inspirateur, tous les contributeurs et toutes les contributrices de cet ouvrage ont une dette envers Miguel Abensour. La meilleure façon d'honorer cette dette n'est pas de rendre au créancier - et que lui rendrait-on, d'ailleurs ? - mais de préserver le souffle de ce qu'il a transmis. Le souffle insurgeant de la démocratie, le souffle imaginatif de l'utopie, le souffle révolutionnaire de l'émancipation, le souffle vivant de la philosophie. Des souffles qui se mêlent, s'emmêlent et se démêlent. Des souffles désordonnés qui ont la vertu de nous désarçonner. Nous n'avons ni voulu domestiquer ces souffles, ni les mettre à l'unisson, mais avons, chacun et chacune à notre manière, choisi de nous laisser porter, et emporter, tout simplement, par le souffle d'une pensée.
Cet ouvrage, tiré d'une thèse de doctorat en archéologie soutenue à l'université François-Rabelais de Tours, a pour objectif de restituer les étapes de la construction d'une micro-région du Berry par les sociétés de la Protohistoire à l'époque contemporaine. La combinaison de la micro-échelle spatiale et du temps long constitue l'originalité de l'approche et favorise un meilleur repérage des ruptures et des continuités dans l'occupation du sol. Mais considérer l'évolution d'un espace dans la longue durée implique la nécessité de traiter plusieurs sources différentes: données archéologiques, sources textuelles et planimétriques, données environnementales. Sur le plan méthodologique, cette approche est l'occasion de définir des outils aptes à étudier les dynamiques de l'occupation du sol de manière diachronique et à favoriser les comparaisons micro-régionales, notamment par la mise en oeuvre de modélisations statistiques et spatiales au sein d'un système d'information géographique. Ainsi, la comparaison des évolutions observées dans la microrégion étudiée avec d'autres études de cas, ainsi que sa restitution au sein d'un contexte régional élargi au Berry antique et médiéval, permet de mesurer tous les apports de l'approche microrégionale à la connaissance des dynamiques de l'occupation du sol, en dégageant les tendances communes des particularismes locaux.
Résumé : Les hommes sont, plus souvent qu'on ne le reconnaît, hystériques. Ceux-là affectent d'être pervers ou prétendent que le sexe ne les intéressent pas, souffrent d'impuissance, de frigidité du sentiment ou d'éjaculation précoce. Mais que craignent-ils donc de rencontrer chez la femme ? A travers les grands textes fondateurs de notre imaginaire (la Bible, Shakespeare, Cervantès, mais aussi Alfred Jarry ou Albert Cohen), à travers surtout Don Juan, et en s'appuyant sur les analyses de Spinoza, Charcot, Freud et Lacan, le psychanalyste Jean-Pierre Winter dessine les contours d'un homme perpétuellement instable, décevant, toujours ailleurs et toujours dans l'attente.
Eugène Minkowski (1885-1972) est l'un des plus grands spécialistes de psychopathologie que la France ait connus. Son oeuvre est structurée par une remarquable trilogie - La Schizophrénie (1927), Le Temps vécu (1933) et Traité de psychopathologie (1966) - dont voici réédité le premier volet. Il nous y donne une leçon de clarté et de précision, l'une des rares définitions sérieuses de la schizophrénie. À partir de la philosophie bergsonienne de l'élan vital, il souligne que la base même du processus schizophrénique est une perte du contact vital avec la réalité. Ce que le schizophrène perd, ce n'est pas la possibilité d'un simple contact sensoriel avec l'ambiance, mais bien la dynamique de ces contacts, c'est-à-dire tout ce qui fait le caractère vivant de la relation du sujet à autrui.
Il y a des circonstances qui font que l'on se tait. La parole est alors empêchée: par la prudence, les usages, par la maladie ou la mort& Mais il arrive aussi que les mots se tarissent d'eux-mêmes, se cherchent sans se trouver ou qu'un événement nous laisse sans voix. Le silence qui passe ou qui s'installe alors n'est pas un simple défaut de parole. C'est un blanc qui pèse, qui effraie, contre lequel on peut se défendre en bavardant. Mais parler, ce n'est pas remplir le vide de ses silences. C'est au contraire nouer le fil de ses paroles à une nécessité intérieure qui ne se révèle qu'entre les mots. Les pauses silencieuses de notre vie intérieure nous confrontent à nous-mêmes, et préparent une parole à venir. "La vérité, que seul le silence ne trahit pas", écrivait Bataille. C'est à cette éloquence silencieuse que reconduit le travail de la cure analytique. L'écoute du psychanalyste, faite de son propre silence, donne corps aux moments de vérité où le discours du patient s'évanouit devant l'excès de sens qu'il vient d'énoncer. Pourtant (mais est-ce un paradoxe?), les textes sur la question du silence sont relativement rares dans la littérature analytique. Les principaux sont rassemblés ici, sous la direction de J.-D. Nasio, à côté de contributions cliniques et théoriques de psychanalystes contemporains. Des éléments de réflexion précieux sur cette question essentielle du Silence en psychanalyse. -Emilio Balturi
Pourquoi Descartes était-il toujours attiré par les femmes qui louchaient, et Rousseau excité par un trait émotionnel très particulier ? Pourquoi y a-t-il des fétichistes de l'?il, de la main, des cheveux, de l'odeur, du mouchoir, de la voix, des fesses, des bottines (la liste est infinie), voire d'une qualité psychique ? Qu'est-ce que le fétichisme sexuel ? Dans ce texte fondamental qui marqua les plus grands psychiatres (Krafft-Ebing), psychanalystes (Freud) et sexologues (Ellis), Alfred Binet (1857-1911) dévoile comment, et pourquoi, par le biais d'un fétiche, il peut arriver à chacun d'entre nous d'obtenir une excitation sexuelle.
Résumé : " Ce livre n'est pas un manuel d'éthique destiné aux candidats bacheliers. Il ne parle ni des auteurs importants ni des grands courants historiques de la théorie morale. Et je n'ai pas cherché à mettre l'impératif catégorique à la portée de tous les publics. Ce n'est pas non plus un catalogue de réponses moralisatrices aux problèmes que nous rencontrons tous les jours dans le journal ou dans la rue, de l'avortement à l'objection de conscience en passant par les préservatifs. L'éthique n'a jamais permis de trancher un débat, même si son rôle est de les ouvrir tous. Ce livre ne prétend pas être autre chose qu'un livre personnel et subjectif, comme les rapports existant entre un père et son fils ; et par là-même universel, comme la relation père-fils, la plus ordinaire. Il a été pensé et écrit pour être lu par des adolescents : il n'apprendra sans doute pas grand-chose à leurs maîtres. Son objectif n'est pas de fabriquer des esprits bien-pensants (et encore moins mal tournés), mais de stimuler une pensée libre ".
Résumé : Emmanuel Levinas a renouvelé en profondeur la philosophie, qu'il s'agisse de la définition de la subjectivité par la responsabilité, des implications politiques de cette conception du sujet ou de son insistance sur la corporéité, pensée comme vulnérabilité ou associée à une phénoménologie du "vivre de" et des nourritures. Dans un séminaire qui s'adressait à des étudiants en philosophie et à des soignants, Corine Pelluchon donne les clefs pour comprendre cette oeuvre exigeante et communique une expérience de pensée liée à la manière dont la réflexion et le style de Levinas l'ont bouleversée. Elle montre en quel sens il a inspiré ses propres travaux, qui prolongent et parfois discutent ses thèses, soulignant aussi l'actualité de Levinas, y compris lorsqu'on s'intéresse à des sujets sur lesquels il ne s'est pas exprimé, comme la médecine, l'écologie et le rapport aux animaux.
Résumé : "Cher Alain, Nous avons donc décidé d'échanger des lettres plutôt que de nous entretenir de vive voix. Malgré mon goût de l'affrontement, je craignais de me heurter en temps réel sur du non-négociable et de voir bientôt se lézarder une chère et ancienne amitié". "Chère Elisabeth, En refusant la violence du tac au tac, tu ne t'es pas dérobée, tu as opté pour la franchise de l'écriture. Les impondérables de la conversation ne t'auraient peut-être pas permis de me dire aussi crûment ce qui te brouille continuellement et solitairement avec moi". Correspondance épistolaire qui donne lieu à un débat passionnant, En terrain miné est la rencontre de deux esprits politiquement opposés, unis par une amitié philosophique.
Lorsque ces Réflexions sur la peine capitale sont parues, en 1957, la guillotine fonctionnait encore en France, pour les crimes de droit commun, et plus souvent encore pour ceux liés à la guerre d'Algérie. Quand ce livre a été mis à jour pour la dernière fois, en 1979, presque vingt ans après la mort d'Albert Camus, la peine de mort était encore en vigueur en France. Moins de deux ans plus tard, Robert Badinter, nommé garde des Sceaux, fit voter l'abolition par le Parlement le 9 octobre 1981. Pour autant, le débat ne s'est pas interrompu. Il s'est déplacé et il s'est élargi, en devenant international. Si l'abolition a prévalu en Europe et gagné du terrain partout dans le monde, la peine de mort est encore appliquée dans de nombreux pays, parfois à grande échelle. Il nous a paru intéressant d'apporter au débat ces Réflexions d'Arthur Koestler et d'Albert Camus qui n'étaient plus disponibles.