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L'injustice en héritage. Repenser la transmission du patrimoine
Plouviez Mélanie
LA DECOUVERTE
23,00 €
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EAN :9782348078804
Depuis les années 1970, les inégalités de patrimoine ne cessent de se creuser. L'héritage en est en grande partie responsable : un petit nombre hérite aujourd'hui de beaucoup tandis que la majorité hérite de peu. Est-il juste que notre destin soit déterminé par la fortune ? ou l'infortune ? de nos parents ? Est-il même efficace que la richesse se transmette héréditairement ? Ces questions anciennes sont de nouveau brûlantes d'actualité.De là l'importance de ce livre qui exhume les pensées oubliées de l'héritage, depuis la Révolution française jusqu'à l'orée du XXe siècle. Pensées oubliées mais pensées lumineuses qui posent des questions essentielles. L'héritage va-t-il de soi ? Et, si ce n'est pas le cas, que penser à sa place ? Au XIXe siècle, la question de l'héritage était sur toutes les lèvres. Étudiée, interrogée, contestée, la transmission familiale du patrimoine faisait l'objet de multiples projets de réforme ou de transformation radicale.Certains, à l'instar de Merlin de Douai, de Mirabeau, de Robespierre, d'Agier, de Fichte, des saint-simoniens ou encore de Durkheim, comprirent que cette institution pouvait être retournée contre elle-même. L'héritage, au lieu de propager l'inégalité de génération en génération, ne pourrait-il pas devenir un instrument de justice sociale ?Grâce à cette passionnante enquête philosophique, Mélanie Plouviez nous invite à tirer pour aujourd'hui les leçons de ces réflexions ensevelies. Car il est urgent, insiste-t-elle, de repenser l'articulation entre la propriété privée et l'intérêt général.Table des matières : Introduction. Le retour de l'héritageLa transmission des inégalitésLes reculs de la fiscalité successoraleL'héritage au XIXe siècle, une question omniprésenteDes perspectives multiplesDes propositions radicalesAu coeur de la question socialeRouvrir les possibles de l'héritageI. À LA RECHERCHE DE LA JUSTICE SOCIALE.LA RÉFORME DE L'HÉRITAGE SOUS LA RÉVOLUTION FRANÇAISEChapitre 1. L'égalité successorale entre enfants. Mirabeau contre le " despotisme testamentaire "Comment réaliser l'égalité parfaite : la loi de nivôse (janvier 1794)Les déshérités de l'Ancien Régime : les filles, les cadets, les enfantsnaturels, les religieux ?; Égalité vs liberté successorales ?; Égalité pour l'avenir, égalité pour le passéLe discours sur l'égalité des partages de Mirabeau (avril 1791)Le " dernier soupir " de Mirabeau ?; Les dispositions volontaires, restes intériorisés de féodalitéTransmettre et hériter, des droits de l'homme ?Le droit de disposer des pères, un droit civil limité ?; Le droit d'hérédité, un droit naturelLes reculs de l'égalité parfaite : l'égalité successorale limitée du code civilChapitre 2. L'égalité successorale entre citoyens. Merlin de Douai et l'abolition de la féodalitéLa féodalité, un mode de propriétéLes biens nobles ?; Propriété directe et propriété utile ?; Propriété et souveraineté ?; La tenureAbolir la succession féodaleDénaturer les biens nobles ?; Abolir le droit de primogéniture mâle ?; La difficile dénaturation de la succession féodale ?; Héritage et régime politiqueLa constitutionnalisation de la question successoraleL'égalité successorale, condition adjuvante de l'égalité politique ?; Le droit successoral, le plus constitutionnel des droits civilsLes restaurations de la primogéniture au XIXe sièclePremier acte : les majorats napoléoniens ?; Second acte : l'hérédité de la pairieChapitre 3. L'égalité successorale comme égalité sociale. Robespierre et la réduction des inégalités de fortuneDiviser les fortunesÀ droite de la Constituante : lutter contre le morcellement des propriétésContre l'égalité mathématique ?; Contre le morcellement des propriétés ?; Le spectre de la loi agraireÀ gauche de la Constituante : réduire l'extrême disproportion des fortunesAvec Mirabeau ?; Robespierre contre Mirabeau : l'égalité sociale ?; L'intérêt public, norme des partages successoraux ?; Égaliser les fortunes par " des lois douces et efficaces "La loi de nivôse ou comment égaliser grâce à la mortPrincipe de l'unité du patrimoine ?; Dévolution descendante ?; La dévolution par parentèle ?; Le principe de la hiérarchie des parentèles ?; La transmission du patrimoine vers les jeunes générations ?; La multiplication du nombre des héritiers ?; La circulation du patrimoine entre les familles alliéesPourquoi égaliser grâce au droit successoralLoi successorale et loi agraire ?; Droit successoral et fiscalité successoraleChapitre 4. Changer la famille, réinventer l'héritage. La surprenante proposition d'Agier : l'adoption obligatoireLa proposition de loi de Pierre Jean AgierHéritage et démographie : les effets inégalitaires du partage égalLes parents pauvresLes préjugés féodaux contre l'adoptionAdoption obligatoire vs loi agraire" Dans le sein de la grande famille "II. VERS LE SOCIALISME DE TRANSMISSION.RÉFLEXIONS SUR L'ABOLITION DE L'HÉRITAGE FAMILIAL AU XIXe SIÈCLEChapitre 5. L'État héritier. La propriété et sa transmission chez FichteChacun héritier de tous. (Considérations sur la Révolution française)A-t-on le droit de faire la Révolution ? Fichte contre Rehberg ?; L'inappropriable, l'appropriable, la propriété ?; Les antinomies de la propriété ?; Propriété et temps de vie ?; Travail et héritage : Fichte, Locke, Filmer ?; La faille logique du droit naturel de transmettre : Fichte, Rousseau, Pufendorf ?; L'humanité héritière ?; La convention sociale d'hérédité ?; La famille réduite à la proximité spatiale : Hegel contre Fichte ?; Une théorie anarchiste de l'héritage opposableL'État, héritier de la propriété-activité . (La Doctrine du droit de 1812)La doctrine de l'héritage ?; De la propriété-chose à la propriété-activité ?; Propriété relative et propriété absolue ?; Héritage et État socialiste ?; Héritage et État social ?; Socialisme et propriété individuelle ?; Socialisme et propriété familialeChapitre 6. Fin de l'héritage, tous successeurs. La capacité contre l'hérédité chez les saint-simoniensL'héritage, tunique de Nessus de la Révolution françaiseLe partage successoral égal, reste de féodalité ?; Mirabeau terrassé ?; Les contradictions révolutionnaires sur l'héritageL'héritage, brevet d'oisivetéLes travailleurs et les oisifs ?; L'exploitation comme sur-position ?; Le droit successoral, un droit du plus fort ?; " À chacun selon sa capacité, à chaque capacité selon ses oeuvres, plus d'héritage ! "Reconfigurations de la propriétéDe la propriété individuelle à la propriété sociale ?; La propriété individuelle, concession de la propriété sociale le temps d'une vie ?; Propriété-chose et propriétéfonction ?; Tous propriétaires-fonctionnaires, ou la propriété-responsabilité ?; Hériter, c'est remplacerChapitre 7. Que les morts cotisent ! Héritage et démocratie sociale selon DurkheimL'héritage familial moderne, une monstruosité sociologiqueDurkheim et la famille ?; La loi de contraction familiale ?; Le communisme familial ?; L'inaliénabilité de la propriété familiale élémentaire ?; De l'héritage collectif à l'héritage individuel ?; La mort comme dévoilement de la nature sociale de la propriété ?; Le droit successoral comme droit de copropriété familiale ?; L'héritage moderne comme archaïsmeLe transfert de l'héritage familial au groupement professionnelQuelle instance légataire ? Ni la famille ni l'État ?; Le choix de la profession ?; La profession organisée démocratiquement ?; La profession détentrice des moyens de production ?; Réglementer le travail ?; Démocratiser l'économieFinancer la protection sociale par l'héritageUne contribution obligatoire ?; Des droits sociaux universels contre la logique assistancielle ?; Un paritarisme professionnel ?; L'héritage comme cotisation sociale post mortemConclusion. Socialiser l'héritageUne réalité plurielleL'héritage va-t-il de soi ?Le droit successoral reconsidéréL'héritage au travailAbolition de l'héritage familial et État socialCe que nous laissons aux générations futuresGlossaireIndex des auteurs citésNotesRemerciements.
Résumé : Le huitième volume de Droit et Philosophie comprend les actes du colloque que l'Institut Villey a organisé en octobre 2014 en hommage à Michel Villey, pour le centenaire de sa naissance. Il contient également les actes du cycle de conférences données par Benoît Frydman dans le cadre de la Chaire Villey 2015, intitulé "Les métamorphoses d'Antigone". Un article de Véronique Champeil-Desplats sur la question du rapport du positivisme aux droits de l'homme au prisme des conceptions de Kelsen et Bobbio complète cette publication.
Dans une perspective diachronique et transnationale, il s?agit de proposer une nouvelle lecture de la place et du rôle des colonies dans les systèmes de défense des principales puissances impériales. Territoires plus ou moins éloignés de la métropole, pièces maîtresses dans la politique économique et de domination des puissances impériales, les colonies ont bénéficié d?un investissement stratégique pour les protéger d?incursions ennemis ou, le cas échéant, de servir de poste avancé à l?action militaire. Dans ce contexte, ces espaces n?ont donc pas été uniquement de simples remparts opposés à une puissance étrangère mais également des bases, ou des relais, pour mondialiser les conflits. Par ailleurs, dès lors que les colonies ont pu être des points d?appuis pour étendre la guerre aux confins du monde, ce furent elles-mêmes des territoires soumis aux opérations militaires.
Résumé : Associer Nantes à la guerre de course au XVIIIe siècle a de quoi surprendre tant la ville et son port ont bâti leur richesse sur la traite négrière et le commerce des denrées coloniales, le sucre notamment. Toutefois, la révolte de Saint Domingue le 22 août 1791 et, surtout, les déclarations de guerre successives de 1793, d'abord à la Grande Bretagne et aux Provinces-Unies le 1er février, puis à l'Espagne le 7 mars, rebattent les cartes commerciales et contraignent les milieux économiques nantais à s'adapter à cette nouvelle conjoncture. Faute de pouvoir commercer facilement dans l'Atlantique et sur les eaux européennes, l'armement en course représente une alternative risquée mais potentiellement lucrative à laquelle les Nantais s'adonnent en grand nombre, faisant de la ville la première place corsaire en 1797 et la seconde en 1798, derrière Dunkerque, avant l'éclatement de cette bulle spéculative marqué par une vague de faillites sans précédent pour la ville au cours de l'an VII. A partir d'une exploitation systématique et renouvelée des archives relatives à la guerre de course à Nantes pendant la Révolution, l'objectif de cet ouvrage est de faire la lumière sur un phénomène de courte durée mais dont l'impact économique et financier a été très important pour la ville et l'estuaire de la Loire. Derrière quelques figures emblématiques, tel l'armateur Félix Cossin qui parvient à asseoir fortune et élévation sociale grâce à une série de prises très rémunératrices, la guerre de course conserve sa réputation de loterie et fait une majorité de malchanceux, à Nantes comme ailleurs. Pourtant, au-delà des armateurs et actionnaires bénéficiaires ou non, l'activité corsaire a représenté un moteur et a entraîné dans son sillage de nombreux secteurs d'activité telles que les entreprises de construction et réparation navales ou les métiers liés à l'avitaillement et au convoyage sur le fleuve, autant d'éléments invitant à reconsidérer le dynamisme des ports français au cours de la Révolution.
Le Grand Remplacement est à nos portes ! ", "La civilisation européenne est menacée ! ", "Le féminisme a proclamé la fin des hommes ! ", "Les valeurs de la nation sont bafouées ! "... Ce bref florilège serait risible par son absurdité s'il ne cachait pas des croyances bien réelles et une percée idéologique virulente, appelant à un nécessaire retour aux sources du "roman national". C'est donc à déjouer les pièges de cette fiction que s'emploie Elise Thiébaut. Elle s'interroge d'abord sur sa propre "identité" : qu'est-ce que l'histoire de cette Française dite "de souche" a-t-elle à nous dire de l'histoire de France ? En se livrant à des tests ADN, à des recherches généalogiques et archivistiques, elle pose des questions qui révèlent des tabous et impensés de la mémoire collective. Que nous apprend la génétique ? Quels sont les liens entre généalogie et patriarcat ? Quel impact la traite négrière et la colonisation ont-elles eu sur sa famille et plus largement sur son pays ? Quel rôle les cocottes et courtisanes du XIXe siècle ont-elles joué dans le mythe de la séduction à la française ? Avec un plaisir aigu et une vivacité pugnace, l'autrice livre une autobiographie de la France singulière comme antidote au roman national.
Composée de plus de 1,3 milliard d'habitants, la société chinoise fascine ou effraie. Depuis 1949, elle a connu l'arrivée des communistes au pouvoir, le maoïsme, les réformes à partir de Deng Xiaoping et la reprise en main du pays dès 2013 par Xi Jinping. De manière inédite dans l'histoire du capitalisme, elle concilie un libéralisme économique d'Etat et un régime officiellement de " dictature démocratique du peuple ". Concrètement, comment la Chine en est-elle arrivée à cette modernité contrastée et quels sont les effets d'un régime autoritaire sur les différentes strates de la société chinoise ? La trame chronologique suivie dans ce livre permet d'analyser la société chinoise sous de multiples angles : éducation, travail, santé, appartenance ethnique, migrations, rapports hommes-femmes, jeunesse, religion, inégalités sociales, mouvements de contestation, questions sociales et environnementales. Les nombreux encadrés apportent des éclairages précis et des données récentes sur des aspects souvent méconnus de la société et de ses acteurs, au-delà des clichés sur la modernisation chinoise en ce début de XXIe siècle.
Que signifie "protéger la nature" ? Répondre à cette question concrète, urgente, suppose d'affronter une question proprement philosophique. Car la notion même de "nature" ne va plus de soi. On a pris l'habitude d'aborder l'environnement à partir des oppositions entre nature et culture, naturel et artificiel, sauvage et domestique, que la globalisation de la crise environnementale a effacées : le changement climatique remet en cause la distinction traditionnelle entre histoire de la nature et histoire humaine. Ces oppositions tranchées n'ont plus lieu d'être, mais leur effacement ne signifie pas pour autant le triomphe de l'artifice. On peut continuer à parler de "nature" et même en parler mieux, parce qu'il n'y a plus à choisir entre l'homme et la nature, mais plutôt à se-soucier des relations entre les hommes, dans leur diversité, et la diversité des formes de vie. Que l'on s'intéresse à la protection de l'environnement, aux techniques ou à la justice environnementale, cet ouvrage montre qu'il est possible de concilier le souci de la nature, la diversité des cultures et l'équité entre les hommes ; et qu'il existe aussi des manières d'agir avec la nature et pas contre elle.
Crawley Quinn Josephine ; Pignarre Philippe ; Bonn
Qui sont les Phéniciens ? Un peuple de l'Antiquité auquel les Grecs auraient emprunté l'alphabet ? Des commerçants et des navigateurs exceptionnels partis du Levant (Tyr, Sidon, le Liban actuel) pour fonder Carthage, dont l'empire concurrencera les cités grecques en Sicile ou en Sardaigne, jusqu'à sa destruction par Rome ? Un peuple pratiquant une religion cruelle avec un dieu exigeant l'immolation d'enfants, source d'inspiration du Salammbô de Flaubert ? Pourquoi, comparés aux Grecs et aux Romains, sont-ils finalement presque insignifiants dans nos histoires et nos récits de l'Antiquité ? Comme dans une enquête policière, l'auteure retrace tout ce que l'on sait sur eux et qui renverrait à une " identité " phénicienne, à un peuple original. Elle explore successivement la langue, la religion, les colonies, l'influence régionale de Carthage. Elle s'appuie sur l'épigraphie, la numismatique, l'architecture, les dernières découvertes archéologiques. A chaque fois que l'on croit saisir cette identité, elle s'échappe... On n'est désormais même plus du tout certain que Carthage ait été une colonie de Tyr ou de Sidon... Les Phéniciens constituaient-ils un véritable peuple ? Etaient-ils reconnus comme tel par leurs contemporains ? Ce qui est certain, c'est qu'ils ont fait l'objet d'une multitude d'opérations d'instrumentalisation (et de fantasmes ! ) : par les Grecs, les Romains et, quelques siècles plus tard, par les Irlandais puis les Anglais et, enfin, les Français !
Naess Arne ; Afeissa Hicham-Stéphane ; Ramadier Ma
Résumé : Voici enfin disponible la sagesse d'un pionnier de la pensée écologiste. Etonnamment méconnue en France, l'écosophie d'Arne Naess, philosophe majeur du XXe siècle, est ici présentée à travers dix textes accessibles et sensibles. On y apprend ce qu'est véritablement l'écologie profonde et comment cette philosophie est née d'une relation intime avec la montagne. Prolongeant la pensée de Spinoza, Naess montre comment l'affection pour tout ce qui est vivant ? et non le rapport objectivant, gestionnaire ou dominateur sur la nature ? est au coeur du développement personnel, de la formation de l'identité sociale... et d'une société plus juste. Arne Naess (1912-2009) est le fondateur de la deep ecology et de l'écosophie. Figure majeure de la philosophie contemporaine et de la pensée écologique, il a publié de nombreux livres et reçu plusieurs distinctions en tant que penseur, résistant de la Seconde Guerre mondiale, puis militant de la cause écologique. Hicham-Stéphane Afeissa est professeur agrégé de philosophie, docteur en philosophie ainsi qu'en géosciences et environnement. Spécialiste d'Arne Naess, il est également l'auteur d'une dizaine d'ouvrages de philosophie environnementale. Mathilde Ramadier est philosophe, scénariste et traductrice. Elle a récemment publié un roman graphique consacré à l'écologie et à Arne Naess : Et il foula la terre avec légèreté (Futuropolis, 2017, avec Laurent Bonneau). Textes traduits du norvégien par Naïd Mubalegh, et de l'anglais par Pierre Madelin, sous la direction scientifi que de et révisés par Hicham-Stéphane Afeissa. Textes présentés par Hicham-Stéphane Afeissa et Mathilde Ramadier.
Résumé : Les forêts deviennent une industrie ! Parée du discours trompeur de l'énergie verte et des vertus de la biomasse, une entreprise massive et silencieuse de transformation de la sylve en matière se déploie en France. Nous pensons la forêt comme le refuge de la liberté, nous la parcourons pour respirer le parfum de la nature, nous nous y réfugions des trépidations urbaines. Mais les abatteuses, les voies forestières démesurées, les centrales à biomasse sont en train de l'avaler, de la quadriller, de la standardiser. Cette dramatique industrialisation de la forêt, on ne l'avait pas encore racontée. Pendant des mois, des Landes au Morvan, de l'Auvergne aux Vosges, Gaspard d'Allens a couru les bois pour décrire et raconter le désastre en cours. Car la forêt subit maintenant la logique productiviste qui a ravagé l'agriculture, détruisant les emplois, dispersant les produits chimiques, gaspillant l'énergie, réduisant la biodiversité. Mais il est encore possible d'inverser le cours de la destruction. Des bûcherons réinventent leur métier, des forestiers promeuvent un usage doux de la forêt, des Zad luttent contre les machines. L'espoir est là, l'alternative est vivante, les humains et les arbres peuvent se réconcilier.
Edward T. Hall a montré, dans La Dimension cachée, que l'espace interpersonnel est une dimension de la culture. Le Langage silencieux avait conduit cette réflexion sur d'autres systèmes du même genre, et notamment le temps. Qu'est-ce qu'être en retard? qu'est-ce qu'attendre? par exemple. Le message exprimé là est différent selon qu'il vient d'un Européen, d'un Américain ou d'un Japonais. Ainsi le temps et, plus largement, la culture, sont-ils communication, autant que la communication est culturelle. Communication qui cache plus de choses qu'à première vue elle n'en révèle. A travers de nombreux exemples aussi précis que souvent cocasses, Edward T. Hall développe ainsi la théorie des systèmes de communication non verbaux.
Bernard E. Harcourt propose une critique puissante de notre nouvelle transparence virtuelle. Il livre une analyse de ce que les technologies big data font à nos vies, et de la manière dont elles s'y introduisent, et révèle l'ampleur de notre renoncement, volontaire, à la liberté ? jusqu'à l'acceptation de toutes les dérives sécuritaires. Ces atteintes à nos libertés sont flagrantes ; pourtant, nous ne semblons pas nous en soucier.Exploitant notre désir sans fin d'avoir accès à tout, tout le temps, les géants d'Internet dressent un portrait de notre propre intimité, collectent des millions de données sur nos activités, nos centres d'intérêt et nos relations, tandis que les agences de renseignement les croisent aux milliards de communications qu'elles enregistrent chaque jour. Nous continuons cependant, et malgré notre connaissance de l'instrumentalisation de ces données, de publier nos photos de familles, nos humeurs et nos pensées. Nous donnons en caisse, en même temps que notre carte bleue, nos adresses email et postale. D'où vient le sentiment de fatalité à l'égard de cette transgression du public et du privé ?Ce livre montre d'une manière saisissante comment les nouvelles technologies exploitent notre désir illimité d'accéder à tout, tout le temps et sans attendre ? au risque de la surveillance généralisée. Et invite à la désobéissance et à la résistance.Professeur de droit à Columbia University où il dirige le Center for Contemporary Critical Thought, Bernard E. Harcourt est aussi directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales et avocat de condamnés à mort dans l'État d'Alabama. Il a établi l'édition des deux cours de Foucault donnés au Collège de France, dont Théories et institutions pénales et La Société punitive. Il est par ailleurs l'auteur, en français, L'illusion de l'ordre.