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L'art des foules. Théories de la réception filmique comme phénomène collectif en France (1908-1930)
Plasseraud Emmanuel ; Pisano Giusy
PU SEPTENTRION
27,00 €
Épuisé
EAN :9782757403358
Chacun va au cinéma, aujourd'hui, avec le sentiment de vivre une expérience partagée, mais en même temps intime et singulière. La réception filmique ne fut pourtant pas toujours envisagée ainsi. Durant la période "muette", en France, elle était considérée comme un phénomène ressortissant aux lois de la psychologie collective. Les films ne s'adressaient pas à des individus mais à la foule. La foule était au centre des préoccupations d'une époque que Gustave Le Bon a baptisé d'"ère des foules". Sa Psychologie des foules est demeurée l'emblème de la psychologie sociale naissante. Pourtant, la vision négative des foules qui s'y dessine ne fut pas la seule manière de concevoir ce phénomène. La foule est aussi apparue comme l'expression d'une volonté de renouveau du communautarisme et du spiritualisme, au sein d'un monde moderne qui s'orientait vers l'individualisme et le matérialisme. C'est par rapport à ces débats que des critiques, cinéastes et théoriciens (Canudo, Gance, Delluc, Epstein, L'Herbier, Moussinac, Faure) envisagèrent d'octroyer au cinéma un rôle capital. Ils voulurent que ce spectacle populaire devienne l'art des foules. Ce n'était qu'ainsi qu'il pouvait offrir aux foules des moments de communion et d'élévation spirituelle, et qu'en même temps, cette mission "religieuse" conférée à l'art par le romantisme serait sauvée. Il était donc destiné à prolonger les idéaux romantiques dans le monde moderne, tout en préparant la venue d'un homme nouveau capable de fusion psychique, voire de télépathie. Psychologies des foules, histoire de l'art, pacifisme, universalisme, socialisme, occultisme et sciences psychiques sont ici convoqués pour exhumer les enjeux idéologiques de cette grandiose et utopique théorisation du cinéma comme Septième Art et de la réception filmique comme phénomène collectif.
Des années 50 aux années 90, une chape de plomb est tombée sur la population litvake d'Union soviétique rescapée de la Shoah. Les survivants gardèrent le silence sur leur histoire et sur leurs souffrances. Cet ouvrage est le premier en France à restituer la parole oblitérée des héritiers d'une culture encore vivante, tirée aujourd'hui de l'oubli. Ces juifs de "nulle part" dont parle Czeslaw Milosz, ces esprits désireux d'être les témoins inflexibles de leur temps, qu'ils soient religieux ou séculiers, bundistes ou sionistes, yiddishistes, ou hébraïsants, lettrés ou non, ont, durant des siècles, façonné la "yiddishkayt" et marqué de leur empreinte toute une civilisation. Ici s'expriment la richesse, la spécificité et les contradictions d'une communauté que le nazisme et ses collaborateurs ont fait sombrer dans le néant. La diversité des points de vue contrastés, et parfois même conflictuels, ne nuit en rien à cet hommage. Bien au contraire, elle le renforce. --Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.
Alors que l'Union européenne compte dorénavant 25 Etats et à l'heure où chacun cherche un fonds culturel commun à tous les Etats de l'Union européenne, il semble important de parler des minorités, car celles-ci font partie intégrante de la construction d'une "culture européenne". En effet, loin de s'opposer, métissage et maintien des cultures différentes et en particulier des langues sont complémentaires. La prise en compte de l'identité collective des groupes minoritaires, voire un certain enracinement, loin de n'être qu'un réflexe "tribal", apparaît souvent de nos jours comme un antidote aux dérives du fanatisme "identitaire" et de l'ensauvagement urbain. Et les désordres auxquels on assiste aujourd'hui, de la Tchétchénie aux banlieues des métropoles européennes, sont moins dus en effet au déchaînement d'un excès d'identité qu'au contrecoup différé d'une insuffisante reconnaissance identitaire. Les meilleurs spécialistes se trouvent ici réunis pour décrypter et analyser les minorités nationales, ethniques, linguistiques et culturelles de l'Europe, de l'Atlantique à l'Oural, qu'elles soient territoriales ou diasporiques. En une centaine de cartes et infographies, leur ambition est de montrer que les minorités, au-delà d'être un "problème", sont avant tout constitutives de l'Europe.
Traitant de la construction identitaire nationale, l'auteur a choisi d'illustrer son propos par le cas d'un pays sans histoire étatique ancienne, la Lettonie. Cet ouvrage se focalise sur le rôle des arts visuels qui ont contribué à transformer ce qui n'était au départ qu'une idée nationale culturelle, prônée par une intelligentsia restreinte, en une revendication populaire d'indépendance. Dans les provinces de la future Lettonie, entre les deux grandes puissances qui les dominaient à la fin du XIXe siècle - la Russie et l'Allemagne - les "éveilleurs" lettons ne pouvaient avoir recours à un passé historique ou à une unité territoriale inexistants pour revendiquer leur autonomie, puis leur indépendance. Ils se tournèrent alors vers la culture, la langue et le folklore pour construire leur identité nationale. Ils cherchèrent notamment à s'inspirer d'un âge d'or dont témoignent leurs chants populaires, les dainas. pour se relier à un temps mythologique d'avant la conquête germanique du XIIIe siècle. Ainsi a pu s'affirmer une continuité entre une période archaïque et leur époque, esquivant les siècles passés sous dominance étrangère. Dans cette construction, les artistes ont utilisé cet héritage ancestral - en peinture, en sculpture, en architecture et dans les arts appliqués - jouant de ce fait un rôle éminent. Ce faisant, ils ont donné à voir la nation devenue Etat, tant dans l'espace public que privé, Riga devenant la vitrine privilégiée de ce processus. Le propos de cet ouvrage est de montrer, sur la toile de fond de l'histoire, comment les artistes se trouvèrent investis de la mission d'élaborer un art letton, dégagé des influences russe et allemande jusque-là dominantes. Comment s'établirent les liens entre le culturel et le politique et commuent le politique intervint dans la vie artistique. Enfin comment l'art letton enraciné dans la tradition parvint à s'adapter aux courants européens de la période de l'entre-deux-guerres, dépassant la tension entre ancrage national et modernité internationale. Cet ouvrage constitue également un apport à la réflexion sur les usages sociaux et politiques de l'art.
Il y a les guerres de tranchées, les guerres de mouvement, les guerres de cent ans, les guerres symétriques et asymétriques, mais il y a aussi les guerres de mots, les guerres d'idées, et notamment les guerres d'idées reçues qui circulent de nation à nation. Chacune essaie de disqualifier l'autre en s'appuyant sur des clichés, des stéréotypes éprouvés et souvent séculaires : l'autre est laid, l'autre est immoral, l'autre ne sait pas parler, l'autre est maladroit, puant, goinfre, vicieux, parjure, etc. Le présent essai est une tentative d'identifier ces stéréotypes racistes et xénophobes qui, au sein des principales nations européennes et au cours de l'Histoire, sont adressés par la France à ses voisins et par ses voisins à la France. Il en dresse la liste. Il tente de voir s'ils ont quelque logique systémique, et de comprendre par quels canaux (pamphlets, histoires drôles, petite presse, poèmes, chansons, grande littérature) ils se diffusent dans les opinions nationales avec souvent une remarquable longévité. "Boches" , "rosbifs" , "mangeurs de grenouilles" , "mal de Naples" , "perfide Albion" , "grippe espagnole" , "cosaques" , "vandales" et autres "macaronis" forment ainsi - au sein d'un vaste discours injurieux qui double le discours policé des diplomates - une sorte de rhétorique de dénominations haineuses, de grande mythologie et de panthéon européen qui méritait une cartographie et une anthologie.
La FMD poursuit ici deux démarches. La première consiste à inscrire dans la durée la journée d'étude grâce à la publication de ses communications. La seconde consiste à assumer sa vocation de transmission de l'histoire et de la mémoire dans la société civile en montrant la vitalité de la recherche, qui ouvre sur un dialogue interdisciplinaire enrichissant entre historiens, sociologues, médecins, enseignants, archivistes et bédéistes, complété ici par le regard de la société civile organisée que représente le CESE.
Hoppenot Eric ; Baudelle Yves ; Morzewski Christia
Ce volume propose des lectures inédites d'une partie relativement peu connue de l'oeuvre de Blanchot (hormis Thomas l'Obscur), ses premiers romans, Aminadab, Thomas l'Obscur et Le Très Haut. Les études proposées analysent les différents romans notamment dans leur contexte historique et philosophique. Elles mettent également en exergue la singularité esthétique d'une des oeuvres les plus originales du XXe siècle.
Les mémoires humaines - celles de nos sociétés, des mémoires collectives et individuelles - sont en pleine mutation dans un monde en formidable accélération et en production de nouvelles connaissances. Ces mémoires plurielles peuvent-elles tout conserver, se faire à la fois témoins, souvenirs, ressources et réflexions de notre époque dans un monde lui-même en transformation ? A cette question et d'autres, huit points de vue complémentaires apportent des éclairages actuels sur ces notions de mémoires. Ces regards scientifiques concernent l'histoire et la relation à notre passé, à son examen, son archéologie et ses enjeux modernes. Ils envisagent aussi notre mémoire humaine dans ses processus individuels grâce aux neurosciences et à la psychologie cognitive. De plus, les technologies actuelles de l'information interrogent les mémoires artificielles qui étendent notre mémoire humaine.
Créé pour soutenir Vladimir Poutine, le parti Russie unie domine largement le paysage politique russe depuis plus de quinze ans. Résurgence du parti communiste de l'Union soviétique ou instrument entre les mains des dirigeants : quel rôle joue-t-il ? L'enquête, basée sur des entretiens et des observations auprès des représentants du parti, montre la situation inconfortable d'une institution qui ne cesse de se développer tout en restant sous le strict contrôle du pouvoir exécutif central. Elle apporte un éclairage nouveau sur les mécanismes de la domination politique à l'uvre dans la Russie de Poutine en insistant sur la place centrale occupée par les références étrangères dans la vie partisane : idéologie inspirée de la pensée conservatrice occidentale, primaires, dispositifs managériaux. A l'heure où les démocraties occidentales connaissent des transformations profondes, le cas de la Russie permet de poser un regard décentré sur la relation problématique entre un dirigeant et sa majorité.