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Les arts de la nation. Construction nationale & arts visuels en Lettonie (1905-1934)
Pourchier-Plasseraud Suzanne ; Pomian Krzysztof
PU RENNES
24,00 €
Épuisé
EAN :9782753522275
Traitant de la construction identitaire nationale, l'auteur a choisi d'illustrer son propos par le cas d'un pays sans histoire étatique ancienne, la Lettonie. Cet ouvrage se focalise sur le rôle des arts visuels qui ont contribué à transformer ce qui n'était au départ qu'une idée nationale culturelle, prônée par une intelligentsia restreinte, en une revendication populaire d'indépendance. Dans les provinces de la future Lettonie, entre les deux grandes puissances qui les dominaient à la fin du XIXe siècle - la Russie et l'Allemagne - les "éveilleurs" lettons ne pouvaient avoir recours à un passé historique ou à une unité territoriale inexistants pour revendiquer leur autonomie, puis leur indépendance. Ils se tournèrent alors vers la culture, la langue et le folklore pour construire leur identité nationale. Ils cherchèrent notamment à s'inspirer d'un âge d'or dont témoignent leurs chants populaires, les dainas. pour se relier à un temps mythologique d'avant la conquête germanique du XIIIe siècle. Ainsi a pu s'affirmer une continuité entre une période archaïque et leur époque, esquivant les siècles passés sous dominance étrangère. Dans cette construction, les artistes ont utilisé cet héritage ancestral - en peinture, en sculpture, en architecture et dans les arts appliqués - jouant de ce fait un rôle éminent. Ce faisant, ils ont donné à voir la nation devenue Etat, tant dans l'espace public que privé, Riga devenant la vitrine privilégiée de ce processus. Le propos de cet ouvrage est de montrer, sur la toile de fond de l'histoire, comment les artistes se trouvèrent investis de la mission d'élaborer un art letton, dégagé des influences russe et allemande jusque-là dominantes. Comment s'établirent les liens entre le culturel et le politique et commuent le politique intervint dans la vie artistique. Enfin comment l'art letton enraciné dans la tradition parvint à s'adapter aux courants européens de la période de l'entre-deux-guerres, dépassant la tension entre ancrage national et modernité internationale. Cet ouvrage constitue également un apport à la réflexion sur les usages sociaux et politiques de l'art.
En 1945, le nageur Jacques Cartonnet, champion du monde, est condamné à mort par contumace. Que lui reproche-t-onA ? Son appartenance à la Milice et surtout la dénonciation de son rival, Alfred Nakache, déporté avec sa femme et sa fille. Cartonnet, lui, se cache en Italie. Pour raconter cette histoire, il faut revenir aux sourcesA : les archives judiciaires et la presse sportive. Se dessine alors une carrière qui propulse un jeune nageur aux sommets de la natation mondiale, puis s'effondre. Paralysé par la compétition, Cartonnet est à la dérive. La rumeur d'homosexualité court. Il se perdrait dans les plaisirs⦠Pour rapporter cette faillite, les témoins se suivent : Amis, nageurs, entraîneurs, journalistes⦠Mais une voix se distingue. Celle d'un professeur de philosophie qui, pour sa thèse, tente de comprendre l'individu. Qui est donc ce CartonnetA ? Seul dans son coin, cet homme traqué parce que juif, nous apporte enfin la vérité. Yves Pourcher est professeur à l'IEP de Toulouse.
Minczeles Henri ; Plasseraud Yves ; Pourchier Suza
Au c?ur du vaste yiddishland, en Litvakie - sur le territoire de l'ancien grand-duché de Lituanie -, s'est développée durant des siècles une civilisation originale, dont se réclamaient plus d'un million et demi de Juifs avant la Seconde Guerre mondiale. Baltes, Polonais et Biélorussiens, ces Litvaks ou "Juifs lituaniens" affirmaient leur spécificité dans un univers à la fois ouvert sur le monde et intimement attaché aux traditions. Religieux ou laïcs, très souvent engagés sur les plans culturel, linguistique et politique, ils ont compté d'éminentes personnalités, dont certaines ont acquis une stature internationale: Marc Chagall, Sergueï Eisenstein, Emmanuel Levinas, Jacques Lipschitz, Golda Meir, Chaïm Soutine, etc. Dans ce livre, les auteurs retracent l'histoire méconnue de cette civilisation: ils montrent comment, à Vilnius, Minsk, Bialystok ou dans les shtetleh, sous l'influence du Gaon de Vilna, les Litvaks ont fortement imprégné le judaïsme dans son ensemble grâce à leurs talents et à leur humanisme. La Litvakie a alors débordé bien au-delà de ses limites "naturelles". Quelques dizaines de milliers de Litvaks ont survécu aux souffrances et à l'horreur de la Shoah. Mais plus d'un million d'entre eux avaient quitté le "vieux pays" pour perpétuer, sur les cinq continents, une certaine manière de vivre, une éthique exigeante qui les rendait à la fois semblables et différents des autres Juifs. L'originalité de cet ouvrage qui rappelle le destin des Litvaks est d'éclairer la richesse de leur civilisation et de leur héritage, bien vivant, de New York à Melbourne, de Paris au Cap via Tel Aviv.
Se fondant sur des archives exceptionnelles - notamment celles de l'INA et du procès de 1945 - Yves Pourcher analyse la trajectoire d'un petit journaliste agité prêt à tout pour se hisser en haut de l'affiche. Localier magouilleur dans les journaux de Nancy, il devient polémiste politique à Paris. Jean Hérold découvre la radio et ses effets dévastateurs. Sa voie est tracée. Il sera le relais et l'amplificateur de tout ce qui râle et dénonce. D'abord soutien de l'Action française puis animateur du service français de Radio Saragosse, au micro des Franquistes. Après la défaite, Hérold-Paquis entre au service de Vichy où son zèle et son agressivité finissent par déranger. Le Maréchal est trop mou ? Hérold-Paquis rejoint les nazis, nouveaux maîtres de Radio-Paris. Après le débarquement, il fuit en Allemagne où il continue son métier de speaker enragé. Arrêté, il est jugé, condamné à mort et fusillé le 11 octobre 1945. A 33 ans. Cette histoire est aussi celle des années conquérantes de la radio, l'influenceur le plus puissant de la période 1930-1940. Yves Pourcher en restitue de manière très vivante la profusion, l'inventivité aussi bien que les ambiguïtés. De quoi faire réfléchir, à l'heure tout aussi vertigineuse des réseaux sociaux et des infox...
En Lozère, la terre, la religion et la parenté tiennent les hommes d'une main de fer. L'ordre du granit fixe les droits et les rangs. Les maîtres du pays grandissent sur les domaines et commandent dans la langue des paysans. Alors, dans l'aire du clocher et du château, les siècles s'usent sans rien changer. Etre notable sur cette terre de granit, c'est se soumettre à des rites et veiller à ne jamais déroger. Yves Pourcher retrace, depuis le XVIIIe siècle, le parcours initiatique de ces élites accompli sous la tutelle vigilante de l'Eglise et des familles. Il nous montre leur extraordinaire capacité de résistance aux grands chocs historiques qui ébranlent la France. La justice change ? Ici, les coutumes l'emportent. La conscription réclame des hommes pour les armées du roi, de l'empereur ou de la République. On la fuit. Il faut aller à Paris pour réussir. Chacun garde un bout de terre car le Lozérien sait trop le prix des choses pour les abandonner. Et du village au canton, des lignées politiques se forment dans les passions électorales. Ici, les Chambrun, les Las Cases, et là, les Giscard, Ramadier et autres Mendras se succèdent de père en fils comme maire, conseiller général ou député. Telle est cette Lozère des notables, conservatoire étonnant des coutumes qui semblent d'un autre âge.
Au Moyen-Age le pouvoir se conjugue aussi au féminin. A rebours de la conception française du rôle des princesses de haut rang définie par la loi salique, les comtés de Flandre et de Hainaut sont, entre 1244 et 1503, le lieu d'exercice d'un pouvoir par les femmes. Marguerite de Constantinople, Marguerite de Flandre, Jacqueline de Bavière ou encore Marie de Bourgogne ne sont pas seulement filles, épouses, et mères : elles sont avant tout des femmes régnantes. Outils de validation et de pouvoir, leurs sceaux permettent de définir les contours de leur pouvoir politique et la singularité de leur statut. Par leurs spécificités iconographiques, héraldiques et emblématiques, les sceaux des princesses soulignent la place des femmes au sein de leurs lignées et comtés. Ce corpus sigillaire inédit, mis en regard avec les actes au bas desquels ils sont apposés (chartes, mandements, quittances), révèle les effets concrets de leur gouvernement. A travers l'histoire des pratiques de l'écrit et des représentations, ce sont les pratiques politiques des comtesses de Flandre et de Hainaut qui sont interrogées. In fine, cet ouvrage sur le pouvoir des femmes et les femmes de pouvoir se veut une contribution à l'histoire des femmes et du genre. Préface de Olivier Mattéoni
Le Bon Marché, les Galeries Lafayette, le Printemps, Le Bazar de l'Hôtel de Ville : ces enseignes aux noms évocateurs désignent des grands magasins. Temples de la consommation et symboles d'une société qu'ils ont contribué à produire, ils attirent depuis la fin du XIXe siècle des clients à la recherche d'affaires, parfois, et de distinction, souvent. Mais les grands magasins sont aussi des lieux de travail. Or, de ses travailleuses, on connaît peu le quotidien, sauf à se contenter des observations faites il y a plus de cent trente ans par Emile Zola dans Au Bonheur des Dames. A partir d'une longue enquête de terrain par entretiens et observation participante, cet ouvrage invite le lecteur dans les rayons d'un grand magasin prestigieux, que l'on appellera le Bazar de l'Opéra, afin d'y découvrir le travail de la vente (ses techniques, ses contraintes, mais aussi ses réjouissances) et les trajectoires de celles qui l'effectuent. Son objectif est de contribuer à la compréhension d'un travail, celui de la vente, et d'un ensemble de la société française, celui des employés de commerce.
Pourquoi établir des liens entre des images de films radicalement différents, au-delà des auteurs, des pays et des époques ? Parce que ces images convoquent des motifs visuels qui hantent le cinéma depuis ses origines : la fenêtre, la nuque, l'escalier, le miroir, le labyrinthe, le téléphone, le chat, le cri, et tant d'autres... Ces motifs ont des affinités profondes avec le langage et le récit cinématographiques. Ils sont de ce fait universels, pluriels, ambigus, et chaque cinéaste est incité à les adopter, les transformer et les réinterpréter. Les motifs de cinéma ont une grande agilité à se mouvoir : migrer d'un film à l'autre, d'un cinéaste à l'autre, d'une époque à une autre. Par le jeu des reprises et des différences, ils imprègnent la mémoire émotionnelle du spectateur et ouvrent une nouvelle perspective à l'histoire du cinéma. Les soixante motifs analysés et le millier de films cités donnent la mesure de l'impact visuel et narratif de ces images séminales, souvent reliées à la tradition picturale. Ce livre établit des liens comparatifs entre des créateurs qui ont confronté leur art à un même motif, permettant ainsi d'identifier leur singularité, leur rapport intime et personnel à ce motif, et leur rapport à l'histoire commune des images cinématographiques. Une des ambitions principales de cette riche collection de textes, adossés à des photogrammes choisis par les auteurs eux-mêmes, est de susciter l'émergence d'une possible théorie du motif en cinéma.
Le secteur culturel vit une période de profondes remises en cause. Les politiques culturelles doivent se réinventer, notamment dans leurs liens aux publics. Dès lors, il ne s'agit plus de considérer les publics comme tels, mais comme des personnes qui portent et produisent leur propre culture. Cette posture, défendue par le référentiel des droits culturels, interroge les contributions des différentes parties prenantes de l'écosystème concerné. Ainsi, de la création aux enjeux de diffusion, d'appropriation et de participation, toutes les fonctions de la chaîne de valeurs artistiques sont interrogées : qui est créateur (légitime), diffuseur, prescripteur ? Sans oublier le numérique, nouvel espace médiatique, qui contribue également à redistribuer les rôles. Cet ouvrage, par une approche pluridisciplinaire renouvelée, présente plusieurs analyses tant conceptuelles qu'empiriques de ce nouveau contexte. Il permet d'en éclairer les différents enjeux : comment passer de la notion de publics (voire de non-publics) à celle de personne ? Comment passer d'enjeux transactionnels (partages ponctuels) à des enjeux relationnels (logiques apprenantes longitudinales) ? Comment les différents acteurs se saisissent du numérique dans ces nouveaux processus ?