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Cinéma et imaginaire baroque
Plasseraud Emmanuel ; Pisano Giusy
PU SEPTENTRION
20,00 €
Épuisé
EAN :9782757400234
Le style baroque, défini dans un premier temps par Aloïs Riegl et Heinrich Wölfflin à partir de l'art du XVIIe siècle, est devenu un concept qui s'est élargi au-delà de ses frontières initiales, si bien que l'on a pu l'appliquer, par exemple, au cinéma, art du 20e siècle. En effet, parce qu'il est un dispositif de projection d'ombres, d'artifices, d'illusions, de mise en mouvement des images, le cinéma semble correspondre au désir profond du baroque de dépasser la représentation réaliste du monde pour accéder à la dimension de l'imaginaire. Mais cette utilisation du concept de baroque au cinéma ne va pas de soi, et tout l'enjeu de ce livre, qui vient après des tentatives éparses et parfois contradictoires, est d'offrir une présentation synthétique d'un cinéma baroque qui est envisagé sous l'angle de sa métaphysique illusionniste et de sa physique de l'infiniment divers. Il s'agit donc de proposer une théorie du cinéma au regard du baroque, à partir d'analyses d'?uvres de cinéastes qui se sont dits influencés par ce style, comme Raoul Ruiz, Peter Greenaway ou Emir Kusturica. C'est aussi l'occasion de relire les films de réalisateurs reconnus, comme Orson Welles, Federico Fellini, Max Ophuls, Alain Resnais ou David Lynch et de découvrir des cinéastes plus marginaux, comme Kenneth Anger, Jos Stelling, Alejandro Jodorowsky, style du passé. Il est un miroir qui permet surtout de penser notre monde moderne, et d'offrir au cinéma des possibilités de renouvellement formel laissant espérer, pour l'avenir, de riches perspectives de développements.
Alors que l'Union européenne compte dorénavant 25 Etats et à l'heure où chacun cherche un fonds culturel commun à tous les Etats de l'Union européenne, il semble important de parler des minorités, car celles-ci font partie intégrante de la construction d'une "culture européenne". En effet, loin de s'opposer, métissage et maintien des cultures différentes et en particulier des langues sont complémentaires. La prise en compte de l'identité collective des groupes minoritaires, voire un certain enracinement, loin de n'être qu'un réflexe "tribal", apparaît souvent de nos jours comme un antidote aux dérives du fanatisme "identitaire" et de l'ensauvagement urbain. Et les désordres auxquels on assiste aujourd'hui, de la Tchétchénie aux banlieues des métropoles européennes, sont moins dus en effet au déchaînement d'un excès d'identité qu'au contrecoup différé d'une insuffisante reconnaissance identitaire. Les meilleurs spécialistes se trouvent ici réunis pour décrypter et analyser les minorités nationales, ethniques, linguistiques et culturelles de l'Europe, de l'Atlantique à l'Oural, qu'elles soient territoriales ou diasporiques. En une centaine de cartes et infographies, leur ambition est de montrer que les minorités, au-delà d'être un "problème", sont avant tout constitutives de l'Europe.
IntroductionJusqu'à la fin du XXe siècle, les observateurs s'accordaient à penser que l'homogénéisation des États et la mondialisation conduiraient inéluctablement les groupes ethniques minoritaires, qu'ils soient autochtones ou immigrés, à ne plus jouer qu'un rôle marginal sur la scène européenne. Beaucoup s'en réjouissaient alors que d'autres, plus rares, trouvaient ce phénomène d'entropie culturelle inquiétant.Or, il s'avère aujourd'hui que c'est le phénomène inverse qui s'est produit. Stimulées par leur résistance à l'homogénéisation, un certain nombre de minorités sont aujourd'hui au premier plan de l'actualité et tendent de plus en plus à imposer à l'Europe leur rythme. Ainsi, Régis Debray - pourtant de tradition jacobine - affirmait récemment que le XXIe siècle serait celui des minorités. Pierre Rosanvallon, professeur au Collège de France, lui faisait écho en écrivant «Le "peuple" ne s'appréhende plus comme une masse homogène, il s'éprouve plutôt comme une succession d'histoires singulières, une addition de situations spécifiques. C'est pourquoi les sociétés contemporaines se comprennent de plus en plus à partir de la notion de minorité. La minorité n'est plus la "petite part" (devant s'incliner devant une "grande part"): elle est devenue une des multiples expressions diffractées de la totalité sociale.»Cette évolution s'impose dans le contexte nouveau d'un affaiblissement historique des États nations européens. Pendant des siècles, ceux-ci n'ont cessé de renforcer leur pouvoir par centralisation croissante et intégration des périphéries. Aujourd'hui, sans que l'on en ait toujours bien pris conscience, tout a changé. Confrontés à une mondialisation qui érode à la fois leurs pouvoirs et leur raison d'être, contestés par leurs administrés qui ne font plus guère confiance au pouvoir politique, les États européens se voient cantonnés à un rôle secondaire. Entre les intérêts d'entreprises multinationales, toujours plus puissantes, les exigences des organisations intergouvernementales universelles (FMI, OMC, Banque mondiale, etc.), les diktats des agences de notation et les arcanes de l'intégration européenne, leurs appareils institutionnels et législatifs, vieillis, paraissent tourner à vide.
Des années 50 aux années 90, une chape de plomb est tombée sur la population litvake d'Union soviétique rescapée de la Shoah. Les survivants gardèrent le silence sur leur histoire et sur leurs souffrances. Cet ouvrage est le premier en France à restituer la parole oblitérée des héritiers d'une culture encore vivante, tirée aujourd'hui de l'oubli. Ces juifs de "nulle part" dont parle Czeslaw Milosz, ces esprits désireux d'être les témoins inflexibles de leur temps, qu'ils soient religieux ou séculiers, bundistes ou sionistes, yiddishistes, ou hébraïsants, lettrés ou non, ont, durant des siècles, façonné la "yiddishkayt" et marqué de leur empreinte toute une civilisation. Ici s'expriment la richesse, la spécificité et les contradictions d'une communauté que le nazisme et ses collaborateurs ont fait sombrer dans le néant. La diversité des points de vue contrastés, et parfois même conflictuels, ne nuit en rien à cet hommage. Bien au contraire, elle le renforce. --Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.
Chacun va au cinéma, aujourd'hui, avec le sentiment de vivre une expérience partagée, mais en même temps intime et singulière. La réception filmique ne fut pourtant pas toujours envisagée ainsi. Durant la période "muette", en France, elle était considérée comme un phénomène ressortissant aux lois de la psychologie collective. Les films ne s'adressaient pas à des individus mais à la foule. La foule était au centre des préoccupations d'une époque que Gustave Le Bon a baptisé d'"ère des foules". Sa Psychologie des foules est demeurée l'emblème de la psychologie sociale naissante. Pourtant, la vision négative des foules qui s'y dessine ne fut pas la seule manière de concevoir ce phénomène. La foule est aussi apparue comme l'expression d'une volonté de renouveau du communautarisme et du spiritualisme, au sein d'un monde moderne qui s'orientait vers l'individualisme et le matérialisme. C'est par rapport à ces débats que des critiques, cinéastes et théoriciens (Canudo, Gance, Delluc, Epstein, L'Herbier, Moussinac, Faure) envisagèrent d'octroyer au cinéma un rôle capital. Ils voulurent que ce spectacle populaire devienne l'art des foules. Ce n'était qu'ainsi qu'il pouvait offrir aux foules des moments de communion et d'élévation spirituelle, et qu'en même temps, cette mission "religieuse" conférée à l'art par le romantisme serait sauvée. Il était donc destiné à prolonger les idéaux romantiques dans le monde moderne, tout en préparant la venue d'un homme nouveau capable de fusion psychique, voire de télépathie. Psychologies des foules, histoire de l'art, pacifisme, universalisme, socialisme, occultisme et sciences psychiques sont ici convoqués pour exhumer les enjeux idéologiques de cette grandiose et utopique théorisation du cinéma comme Septième Art et de la réception filmique comme phénomène collectif.
Créé pour soutenir Vladimir Poutine, le parti Russie unie domine largement le paysage politique russe depuis plus de quinze ans. Résurgence du parti communiste de l'Union soviétique ou instrument entre les mains des dirigeants : quel rôle joue-t-il ? L'enquête, basée sur des entretiens et des observations auprès des représentants du parti, montre la situation inconfortable d'une institution qui ne cesse de se développer tout en restant sous le strict contrôle du pouvoir exécutif central. Elle apporte un éclairage nouveau sur les mécanismes de la domination politique à l'uvre dans la Russie de Poutine en insistant sur la place centrale occupée par les références étrangères dans la vie partisane : idéologie inspirée de la pensée conservatrice occidentale, primaires, dispositifs managériaux. A l'heure où les démocraties occidentales connaissent des transformations profondes, le cas de la Russie permet de poser un regard décentré sur la relation problématique entre un dirigeant et sa majorité.
Les articles suivent trois directions d'étude : ils cherchent d'abord à expliquer la façon dont Pozner " monte " ses livres au sens quasi cinématographique du terme, ouvrant ainsi la voie à une poétique de la littérature de montage. Ils explorent ensuite la dimension politique de cette recherche formelle pour montrer que ces récits se muent en fresque dynamique qui révèle la douloureuse expérience des événements politiques. Enfin, ils resituent Pozner dans l'Histoire littéraire du XXe pour lui donner sa juste place. L'ouvrage essaie donc de redonner toute sa place à ce frère talentueux de Boris Pilniak et de John Dos Passos qu'est Vladimir Pozner - une place à la fois considérable et insuffisamment reconnue - dans le contexte d'une littérature contemporaine aujourd'hui soucieuse d'explorer les territoires de la non-fiction.
Combattant les peintres académiques qui exposent aux Salons officiels, J.-K. Huysmans s'est posé dans L'Art moderne en promoteur de l'" art vivant " et des impressionnistes. Son roman A rebours (1884) marque une dissidence d'antimoderne qui ouvre aux oeuvres les voies de l'imaginaire. Avec lui s'opère un renouveau esthétique : le regard s'émancipe comme en témoigne sa vision de G. Moreau et sa libre interprétation de ses Salomé.
Les sneakers sont bien plus que des chaussures dédiées aux sports ou aux loisirs. Elles sont les fétiches qui cimentent une communauté : celle des sneakerheads. Ces passionnés ont créé une sous-culture autour d'elles, au sein même de la culture hip-hop. La sociologue Yuniya Kawamura a bâti son livre au carrefour de plusieurs disciplines et thématiques : l'anthropologie, l'histoire, la technique, la communication, la marchandisation, la mode, le genre ou encore la jeunesse. Elle y décèle l'ensemble de la dynamique qui a fait passer les sneakers de la marginalité du Bronx à la culture de masse mondialisée. "Je suis ce que je porte à mes pieds", dit un membre de la sous-culture. Taille haute ou basse, épurées ou bariolées, ces chaussures peuvent exercer une emprise sur leur porteur, lui conférer un statut, mais aussi être revendues pour une somme extravagante. Les sneakers sont un mythe contemporain. Ce livre est la première étude universitaire nous invitant à en suivre les aventures.