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Terrain N° 74, printemps 2021 : Brigands
Picherit David ; Michelutti Lucia
TERRAIN
23,00 €
Épuisé
EAN :9782955596487
Les mythes de bandits morts ou vivants se répandent aujourd'hui de manière instantanée par le biais des médias numériques. Des épopées traditionnelles, des vidéos, des photos, des musiques, ou encore des applications et des jeux vidéo sont bricolés pour célébrer des bandits plus ou moins sociaux, mais aussi des gangsters, des révolutionnaires et des politiciens mafieux. Ces bricolages transculturels et in situ, effectués par une multitude de "scénaristes" - dont les protagonistes eux-mêmes -, participent d'une écriture nouvelle des mythes de bandits. Ouvrant dans des économies politiques violentes et instables, ils deviennent des modèles d'autorité toujours plus populaires et/ou des objets de culte, ils suscitent la peur, l'admiration, des fantasmes et certains leur prêtent des qualités extraordinaires, du charisme et parfois même des origines divines. Vivant dans la clandestinité ou élus démocratiquement, ces bandits sont à la fois qualifiés de Robin des Bois, de gangsters ou de mafiosi, et de "criminels" ou "terroristes" . Ces figures contemporaines du bandit sont aussi largement mobilisées par des groupes politiques, des entreprises commerciales, ou encore des ONG environnementales. Malgré la prolifération de ces formes d'autorité, peu de travaux s'intéressent à l'écriture de ces mythes de bandits, à leurs temporalités et à leurs effets sur la production du pouvoir, de leur souveraineté et de leur légitimité.
Résumé : Edward Said, professeur de littérature anglaise et comparée à l'Université Columbia de New York, a refondé l'orientalisme moderne en situant son émergence dans le contexte impérialiste du XIXe siècle, mais selon des coordonnées géographiques et culturelles jugées trop restrictives : le point de vue occidental, limité au Royaume-Uni, à la France et aux Etats-Unis, sur un Orient circonscrit aux cultures arabomusulmanes du Proche-Orient. Mettre en relation les concepts d'orientalisme et de comparatisme conduit à se poser la question des interactions entre les deux champs d'études : en quoi l'orientalisme peut-il faire évoluer l'approche comparatiste ? Dans quelle mesure la méthodologie comparatiste peut-elle informer les études orientalistes ? En élargissant le champ de l'orientalisme de l'Espagne mauresque à la Chine, en passant par le Proche et Moyen-Orient et l'Inde, l'ouvrage se propose d'examiner comment la littérature comparée, discipline souvent inquiète et encline à scruter et questionner ses objets, peut faire "bouger" l'orientalisme que Said présente comme figé et trouver dans ce type d'études un moyen de repenser sa méthodologie à l'ère de la mondialisation, où études post-coloniales et globalization studios nouent de nouveaux rapports entre Orient et Occident.
Résumé : Tout semble opposer Marcel Proust et Louis-Ferdinand Céline : leur style, leur milieu social, leur regard sur le monde, leur sensibilité politique. Cependant la Grande Guerre représente une attache aussi profonde qu'intime reliant ces deux auteurs. Chacun reconnaît dans cet événement un tournant vécu comme une véritable catastrophe communautaire. Lire leurs oeuvres comme les deux volets d'une immense épopée, qui, s'organisant autour de cet événement, en raconte l'enjeu social, tel est le propos de cet ouvrage. Dans leur nouveauté radicale, les fictions céliniennes et proustiennes tentent de redéfinir le moi, le monde, le sacré afin d'instaurer les prémices d'un imaginaire social inédit. Elles sont à l'origine de deux grands courants, affectif et symbolique, qui n'en finissent pas d'influencer la littérature. Une approche originale de deux des plus grands auteurs français du XXe siècle.
Résumé : Cet ouvrage propose 128 fiches couvrant les examens de laboratoire le plus couramment prescrits à l'hôpital. Chaque fiche est déroulée du point de vue de l'infirmier(e) et rend compte des usages en milieu hospitalier (bilans par spécialités, dosages de médicaments, etc.). Les objectifs de l'examen y sont donnés au préalable, ainsi que les principes de prélèvement (déroulement, précautions). Suivent les valeurs usuelles de référence, assorties de données cliniques sur l'état du patient, et enfin, l'interprétation des résultats pathologiques avec une mise en garde en cas de valeur critique et d'urgence vitale.
Au-delà des formes de suspension multiples que la crise sanitaire du coronavirus engendre, elle donne également lieu à des reconfigurations, dont l'avenir nous dira dans quelle mesure elles sont ou non amenées à se pérenniser, de valeurs (métriques, mais aussi morales) à partir desquelles s'organisent les sociétés. Selon quelles mesures, dans ce cadre, la technocratie - entendue ici comme un mode de gestion politique fondée sur l'expertise techno-savante - est-elle conçue comme bénéfique ou délétère ? Quels sont les effets concrets des dispositifs techniques et administratifs qu'elle engendre ? Quelles lignes morales ceux-ci redistribuent-ils ou au contraire renforcent-ils ? Ces questionnements semblent être, plus que jamais, d'actualité, et ce numéro offrira à lire une série de propositions argumentées de document permettant d'enrichir les perspectives liées au sujet.
Résumé : Il est devenu presque banal de remarquer que l'humanité, avec l'invention de l'arme atomique, s'est trouvée confrontée pour la première fois à la possibilité de son annihilation en tant qu'espèce. Mais les idées de l'apocalypse ont une longue et diverse histoire et ce ne sont pas toutes les apocalypses qui prennent l'humanité tout entière ou exclusivement pour cible : l'extinction d'un peuple amérindien est-il moins apocalyptique pour ceux qui le subissent, parce qu'il se limite à une part précise de l'humanité? Ce numéro spécial explore l'idée que toute apocalypse vise une communauté morale différente, conçue - aux fins de son annihilation - comme un ensemble social et conceptuel forcément total, et s'intéresse à la relation entre la forme de l'apocalypse et son objet social.
Chatonsky Grégory ; Grimaud Emmanuel ; Nova Nicola
ChatGPT, Perceptron, Claude, ELIZA, Midjourney⦠La liste des entités relevant des intelligences artificielles imbriquées à notre quotidien est de plus en plus longue. Ni humaines ni simples outils logiciels, celles-ci sont devenues des créatures complexes, parfois inquiétantes, qui modifient nos pratiques et nos perceptions du monde. Et s'il fallait en faire le bestiaire ? En regarder la diversité des comportements comme les éthologues les animaux ? Sur la base d'études empiriques et de contributions artistiques, ce numéro éclaire la dimension matérielle, conceptuelle et imaginaire de ces IA, tout en interrogeant les limites et les paradoxes de notre coexistence récente avec elles.
En mêlant ethnographie, archéologie, sémiotique, sciences cognitives et histoire, ce numéro de Terrain entend montrer la fertilité de l'anthropologie contemporaine de l'écriture. Les auteurs ont tous voulus se tenir à distance des grands récits qui font de l'écriture un outil coercitif entre les mains de l'Etat. Ils ont préféré faire apparaître un processus généralisé de recyclage au coeur de leurs analyses de formes d'écritures les plus variées - écritures prophétiques, notations mathématiques, antiques hiéroglyphes, écritures universelles de la Renaissance, écritures inventées par des spirites... Ce processus de recyclage concerne des images et des pratiques : des codes graphiques acquièrent un sens linguistique ; des motifs décoratifs sont reconvertis en lettres, et inversement ; les emblèmes du pouvoir étatique se font objets de culte.