Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Terrain N° 70, automne 2018 : Ecritures
Morin Olivier ; Déléage Pierre
TERRAIN
23,00 €
Épuisé
EAN :9782955596449
En mêlant ethnographie, archéologie, sémiotique, sciences cognitives et histoire, ce numéro de Terrain entend montrer la fertilité de l'anthropologie contemporaine de l'écriture. Les auteurs ont tous voulus se tenir à distance des grands récits qui font de l'écriture un outil coercitif entre les mains de l'Etat. Ils ont préféré faire apparaître un processus généralisé de recyclage au coeur de leurs analyses de formes d'écritures les plus variées - écritures prophétiques, notations mathématiques, antiques hiéroglyphes, écritures universelles de la Renaissance, écritures inventées par des spirites... Ce processus de recyclage concerne des images et des pratiques : des codes graphiques acquièrent un sens linguistique ; des motifs décoratifs sont reconvertis en lettres, et inversement ; les emblèmes du pouvoir étatique se font objets de culte.
Le terme de Réforme est, d'ordinaire, réservé aux protestants du XVIe siècle. Le phénomène semble en effet présupposer deux conditions sans lesquelles la rupture avec l'ancienne Eglise n'aurait pas été possible : l'humanisme et l'imprimerie. Or, le hussitisme ? du nom de son " fondateur " Jan Hus et dont la capitale est Prague ? est né trop tôt pour remplir ces critères. Ce double décalage a incité les historiens à ranger le hussitisme parmi les hérésies médiévales. Le mouvement tchèque n'a pourtant rien d'un groupe minoritaire déviant de la foi commune, puisqu'il a réussi, en Bohême et en Moravie, à conquérir la majorité des âmes et à se faire reconnaître une légalité publique. Le hussitisme appartient en réalité au nouveau modèle cultuel et social de la Réforme, et il oblige à en repenser la genèse. La synthèse proposée ici embrasse donc toute la destinée du hussitisme, depuis ses balbutiements dans les années 1400 jusqu'à sa disparation brutale. Des " martyrs " condamnés au bucher à la véritable guerre menée par un génie (pourtant aveugle) de la guerre médiévale, Jan Zizka, en passant par la politique des princes de la Renaissance et des papes ou la puissance des querelles théologiques, c'est un tableau passionnant et pourtant méconnu de l'histoire de l'Europe que dresse ainsi Olivier Marin.
Depuis des décennies, les anthropologues voient dans l'esprit le produit exclusif d'une culture coupée de toute base biologique ou naturelle. Ils ignorent ou rejettent ce que les sciences neuronales et la psychologie cognitive nous apprennent sur le fonctionnement de l'esprit humain. Occupés à distinguer l'inné du culturel, leurs critiques cognitivistes sont, quant à eux, enfermés dans la même dichotomie. Pour surmonter cette opposition, il faut se représenter la cognition humaine, non comme un état de choses statique, mais comme un processus unifié : une dynamique au sein de laquelle on peut distinguer l'histoire et les transformations du développement cognitif individuel, qui se déroulent ensemble. Retrouver une conception unitaire de l'esprit humain, telle est l'entreprise de ce livre novateur. Reprenant des questions classiques et controversées, le temps, le moi et la personne, les catégories de la pensée, la mémoire, il montre quels bénéfices l'anthropologie pourrait tirer d'un dialogue avec les sciences cognitives.
Le Saint-Esprit est-il le parent pauvre de la spiritualité occidentale ? Ce volume entend revenir sur ce débat en réunissant des médiévistes autour d'un objet empirique, la fête de la Pentecôte. Celle-ci s'est progressivement imposée en importance et preuve de son efficacité sociale et anthropologique, elle est devenue un moment privilégié de l'action charitable et une référence obligée pour de nombreuses formes de vie communautaire et de "réveil" religieux. Au croisement de l'histoire du Moyen âge et des interrogations contemporaines, c'est à une réflexion sur la dialectique entre les moyens institués et l'actualité de la grâce que convie ce livre.
Depuis le 1er janvier 2020, les fonctions de juge des tutelles des majeurs sont confiées à un nouveau juge, le juge du contentieux de la protection, qui siège au sein du tribunal judiciaire ou dans un tribunal de proximité. Alors que les réformes intervenues ces dix dernières années en droit des tutelles n'ont cessé de replacer la personne majeure vulnérable au coeur des dispositifs de protection, la loi n° 2019-222 du 23 mars 2019 de programmation 2018-2022 et de réforme pour la justice et son décret d'application du 22 juillet 2019 en la matière entendent promouvoir l'autonomie du majeur protégé pour permettre à ce " nouveau " juge des tutelles de concentrer son office sur les difficultés les plus complexes. L'objectif de l'ouvrage est de présenter les différents régimes de protection afin d'en faciliter la compréhension et l'appropriation par les différents acteurs judiciaires et tutélaires. En outre, cette quatrième édition intègre les nombreux changements fonctionnels et procéduraux auxquels les magistrats, avocats, notaires, médecins, tuteurs et services sociaux doivent s'adapter : - la mise en place d'une procédure unique devant le juge du contentieux de la protection, en vue de prononcer une mesure de protection judiciaire ou d'habilitation familiale ; - l'élargissement de la mesure d'habilitation familiale aux hypothèses d'assistance ; - ou encore le renforcement de l'obligation d'inventaire et l'instauration de nouveaux modes de contrôle pour la vérification et l'approbation des comptes de gestion. Considérablement enrichie, cette réédition apporte des réponses claires et précises aux questions les plus délicates : - Comment a évolué le rôle du juge des tutelles depuis 1968 ? - Quelle est la place de la famille dans une mesure de protection juridique ? - Comment saisir le procureur de la République d'une demande de placement sous protection ? - Quel est le rôle du médecin inscrit sur la liste du procureur de la République ? Très pédagogique et assortie des formulaires utiles à la pratique, elle aidera les professionnels nouvellement engagés dans le métier comme les plus chevronnés.
Comment sonder l'infinie profondeur de l'esprit ? Ce numéro examine la manière dont la folie est devenue, dans nos mondes contemporains, un champ privilégié d'expérimentation et d'exploration de l'humain. On y rencontrera des neurologues idéalistes, des singes dépressifs, des poètes volubiles, des maquettes de ville verte et des investisseurs dans le marché des data. On y partagera l'expérience si troublante des hallucinations, obsessions, délires, et autres désordres de l'esprit. On y apprendra, aussi, comment les conceptions de la folie participent à façonner notre monde et à penser celui de demain.
Les mythes de bandits morts ou vivants se répandent aujourd'hui de manière instantanée par le biais des médias numériques. Des épopées traditionnelles, des vidéos, des photos, des musiques, ou encore des applications et des jeux vidéo sont bricolés pour célébrer des bandits plus ou moins sociaux, mais aussi des gangsters, des révolutionnaires et des politiciens mafieux. Ces bricolages transculturels et in situ, effectués par une multitude de "scénaristes" - dont les protagonistes eux-mêmes -, participent d'une écriture nouvelle des mythes de bandits. Ouvrant dans des économies politiques violentes et instables, ils deviennent des modèles d'autorité toujours plus populaires et/ou des objets de culte, ils suscitent la peur, l'admiration, des fantasmes et certains leur prêtent des qualités extraordinaires, du charisme et parfois même des origines divines. Vivant dans la clandestinité ou élus démocratiquement, ces bandits sont à la fois qualifiés de Robin des Bois, de gangsters ou de mafiosi, et de "criminels" ou "terroristes" . Ces figures contemporaines du bandit sont aussi largement mobilisées par des groupes politiques, des entreprises commerciales, ou encore des ONG environnementales. Malgré la prolifération de ces formes d'autorité, peu de travaux s'intéressent à l'écriture de ces mythes de bandits, à leurs temporalités et à leurs effets sur la production du pouvoir, de leur souveraineté et de leur légitimité.
Au-delà des formes de suspension multiples que la crise sanitaire du coronavirus engendre, elle donne également lieu à des reconfigurations, dont l'avenir nous dira dans quelle mesure elles sont ou non amenées à se pérenniser, de valeurs (métriques, mais aussi morales) à partir desquelles s'organisent les sociétés. Selon quelles mesures, dans ce cadre, la technocratie - entendue ici comme un mode de gestion politique fondée sur l'expertise techno-savante - est-elle conçue comme bénéfique ou délétère ? Quels sont les effets concrets des dispositifs techniques et administratifs qu'elle engendre ? Quelles lignes morales ceux-ci redistribuent-ils ou au contraire renforcent-ils ? Ces questionnements semblent être, plus que jamais, d'actualité, et ce numéro offrira à lire une série de propositions argumentées de document permettant d'enrichir les perspectives liées au sujet.
Delaplace Grégory ; Manceron Vanessa ; Vienne Emma
Résumé : Des morts apparaissent - dans les bunkers des îles Anglo-Normandes, dans les foyers vietnamiens d'après-guerre, dans les plaines désolées de Sibérie, dans les villages médiévaux italiens ou dans les salons bourgeois européens ; des morts apparaissent - aux prêtres taoïstes, aux moines bénédictins, aux adolescents curieux ou aux hommes courageux ; des morts apparaissent et obligent les vivants à les accueillir, à leur ménager une place dans un monde ébranlé par l'événement saisissant de leur surgissement ; des morts apparaissent - ce sont les fantômes. Ce numéro de Terrain questionne le mode d'existence de ces êtres impérieux et fuyants, donnant ainsi à voir la matière dont l'invisible est fait.