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PAPIERS COLLES. Tome 3
Perros Georges
GALLIMARD
11,00 €
Épuisé
EAN :9782070739639
Difficile de vivre dans un monde où les amoureux n'osent avouer leur amour - leurs amours - qu'après avoir réussi dans la société qu'ils ont essayé de dégoûter de tout amour. Aimer la littérature, c'est être persuadé qu'il y a toujours une phrase écrite qui nous re-donnera le goût de vivre, si souvent en défaut à écouter les hommes. Soi-même, entre autres." A la suite des deux premiers volumes des Papiers collés, voici le troisième, posthume, composé comme d'habitude de réflexions, fragments, aphorismes, esquisses de journal, lettres, où viennent s'intercaler des portraits (écrivains, hommes de théâtre et hommes de la rue) et des poèmes ou montages de poèmes. A sa manière, Perros parle de tout, et rien de ce qu'il dit ne tombe à côté. Au contraire, il y a dans ces pages une exactitude, un accent, qui ne laissent pas le lecteur tout à fait pareil à lui-même, après les avoir lues. Le ton, qui peut être âpre ou drôle, est toujours d'une rare gravité. La générosité, la tendresse, la droiture ne sont jamais démenties. A coup sûr, un livre "de chevet".
Résumé : "Ce petit livre est né d'une obsession d'origine musicale. Je me suis trouvé comme envahi, sous le coup d'une vermine, d'un pullulement qu'un rythme octosyllabique sollicitait, entraînait vers je ne savais, ni ne sais encore, trop quoi. Il me fallait nourrir cet écoulement, et j'ai pris ce qui me tombait sous la main, ou pour mieux dire, sous la note. Dès lors, jour après jour, et durant deux mois, un mince filet de voix s'est égaré dans des régions qui sont moins d'ordre autobiographique que du mouvement, de l'humeur en marche qui décrétait telle flaque d'écriture. Il n'était pas question de raconter ma vie, mais d'en réciter quelques séquences arrachées à l'écran poisseux du réel. Ce sont donc des huitains qui m'en ont fait voir de toutes les couleurs" Georges Perros.
Georges Perros était poète et, comme la plupart des poètes, il se souciait fort peu de recenser ses oeuvres. Il les donnait à des revues, les envoyait à ses amis ou les offrait pour la fête des mouettes de Douarnenez... Nous avons rassemblé tous ces poèmes, oubliés ici ou là.
Georges Perros (1923-1978) ne fut publié que grâce à Jean Paulhan - c'est ce qu'il confie dans l'une des quelque deux cents lettres adressées à C. G. Bjurström, traducteur du suédois, notamment de Strindberg, avec qui il avait travaillé en collaboration. Perros a affirmé lui-même quelque part que tout ce qu'il écrivait était "à sauver". Paradoxalement, ce n'était pas par prétention, mais au contraire par honnêteté et modestie. Il voulait dire par là, me semble-t-il, qu'il n'avait pas de langage de luxe, qu'il était toujours dans l'urgence et dans "le jour le jour intégral". "C'est bien d'écrire, ou de publier, tous les dix ans. Mais ça manque un peu de fraternité. Et comme nous en avons plutôt besoin, c'est tout une partie de la meilleure littérature qui est en panne". "L'art, oui, qu'est-ce que l'art ? Un déchiffrage, puis une gloire - celle de Dieu - puis une contestation passionnée (...) l'art, après tout, je crois que c'est un travail assisté par le hasard (tant pis pour la rime !), un travail qui ne finit jamais, parce qu'il porte en lui de quoi échapper à ce travail. Mais l'homme est devenu abstrait. Alors, il bricole." Oui, oui, chez Perros, "passant considérable" et "passager clandestin", décidément, tout - même le trivial, car ce dernier, chez lui, reste chargé de sens et d'électricité - est à sauver, dans une perspective cette fois qui nous concerne, nous, ses lecteurs. Ces lettres à C. G. Bjurström qui vont de 1958 à sa mort en sont à nouveau l'indubitable confirmation.
Georges Perros a voulu graver partout des signes et des lettres aussi impalpables que le vent. Il a voulu tracer, sur tout, des mots et des notes aussi insaisissables que l'eau. Georges Perros, en écrivant, a pris conscience qu'il n'y avait rien sous la main, sous la main qui trace les lettres et les mots et que tout n'existe que sous le soleil, éphémère, mais que rien n'est réel dans la nuit éternelle. La main n'a tracé que ce qu'elle ne pouvait pas toucher, et elle l'a tracé à cause des yeux qui la dirigeaient, à cause de la lumière qui l'éblouissait. La main qui écrit ne sait pas se relire, comme si les yeux se servaient d'elle pour lui faire écrire ce qu'ils voulaient, ce qu'elle n'aurait peut-être jamais écrit elle-même, ce qu'ils ne pouvaient pas écrire eux-mêmes. Avec Georges Perros, la main ne s'est pas trompée. Aveugle, elle a écrit ce qu'elle devait écrire dans sa nuit. Ses mots existent même sans nos yeux et le soleil. Les signes que les mains et les doigts ne voient pas, que le corps ne sent pas, que la mort ne comprend pas, ont été tracés partout, écrits sur tout. Les mots intouchables sont devenus des notes sous les mains, des sons dans la pensée. Tout entre dans notre tête, dans sa mémoire, comme un air nouveau qui ferait mieux respirer notre cerveau. Lire Georges Perros et relire ce que sa main a écrit, ce que sa main a pensé et recouvrir ce qui nous entoure sans rien recouvrir, comme si sa main qui avait écrit avait été transparente et qu'elle avait enveloppé le monde de ses mots et de ses notes, sans rien toucher jusqu'à laisser le monde intact.
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Les Souffrances du jeune Werther - Les Affinités électives - Wilhelm Meister: 1° Les années d'apprentissage - 2° Les années de voyage ou les renonçants. Traduit de l'allemand par Bernard Groethuysen, Pierre du Colombier et Blaise Briod, introduction de Bernard Groethuysen. Notes des traducteurs.
4e de couverture : Si saisissant de mouvements, si éclatant d'images, si envoûtant de sonorités arabes que soit le Coran, il reste toujours un langage clair. C'est pourquoi, bien qu'il soit intraduisible, on peut en tenter des traductions. Elles disent au moins le sens de l'étonnante prédication de Mahomet (570-632). Depuis des siècles il n'y avait plus de ces grandes révélations qui réveillent l'humanité et après Mahomet il n'y en aura plus. "Dieu seul est Dieu."Notes Biographiques : Jean Grosjean (1912-2006), ordonné prêtre en 1939, renonce à son sacerdoce après la Seconde Guerre mondiale. Commentateur et traducteur de la Bible, du Coran et des tragédiens grecs, il publie aussi récits et poèmes (Terre du temps, Fils de l'homme, La Gloire). Il devient à partir de 1967 membre du comité de rédaction de La NRF, dont il est l'un des contributeurs réguliers à partir de 1955.
Résumé : "Il n'est peut-être pas le plus grand, mais l'un des plus grands. Il peut encore défendre son titre de champion du monde, et je ne vois personne, dans la génération actuelle, qui puisse le lui ravir. Il est notre Byron, le héros couvert de gloire, couvert de femmes, couvert d'argent... Nous ne sommes pas les derniers, en France, à l'avoir aimé. Nous avions des raisons pour cela. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, nous avions accueilli un jeune Américain pauvre et déjà père de famille, qui se promenait dans nos rues et le long de notre fleuve, s'arrêtait dans nos bistrots pour y boire notre vin et écrivait dans des cahiers d'écolier des histoires de soldats et de chasseurs. Il allait au Musée du Luxembourg pour apprendre de nos peintres, M. Cézanne et M. Degas, à dire "la chose vraie". A Paris, Hemingway a vécu, aimé, écrit. Il n'a pas oublié sa dette envers notre ville et il lui a élevé un temple dédié au souvenir et au bonheur enfui : Paris est une fête. On trouvera ce texte dans le premier volume des Ouvres complètes de Hemingway. On y trouvera aussi Le Soleil se lève aussi, d'un accent si neuf, si souvent imité depuis, et L'Adieu aux armes qui demeure, comme l'a dit Malraux, le plus beau roman d'amour de la littérature moderne. La qualité des traductions de ces textes, dues à M. E. Coindreau, n'est plus à louer. On trouvera enfin, avec les nouvelles charmantes du cycle de Nick Adams qui nous donnent un portrait de l'auteur à dix-huit ans, quand il chassait et pêchait dans les forêts du Michigan, paradis perdu de son enfance, un texte jusqu'alors inédit en français : Torrents de printemps, amusante satire de certains maîtres que l'écrivain avait admirés et qu'il pastichait : ainsi un jeune homme qui pressent son génie signifie à ceux à qui il doit le plus son désir d'émancipation : c'est Barrès devant Renan, Montherlant devant Barrès, Hemingway devant Sherwood Anderson... Hemingway est le premier écrivain étranger contemporain à figurer dans le Panthéon de la Pléiade. Un jour, il faudra qu'une plaque soit apposée au coin de l'une de ces petites rues de la Montagne Sainte-Geneviève qu'Ernest Hemingway, romancier américain, 1899-1961, a si souvent parcourues. En attendant cet hommage municipal, voici un petit monument fait de papier bible, d'encre, de cuir et de colle, auquel les meilleurs esprits et les meilleurs ouvriers ont collaboré - le plus beau monument qu'un écrivain puisse souhaiter." Michel Mohrt, 1966.