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Lettres à Carl Gustaf Bjurström. 1958-1976
Perros Georges
PART COMMUNE
15,00 €
Épuisé
EAN :9782844180032
Georges Perros (1923-1978) ne fut publié que grâce à Jean Paulhan - c'est ce qu'il confie dans l'une des quelque deux cents lettres adressées à C. G. Bjurström, traducteur du suédois, notamment de Strindberg, avec qui il avait travaillé en collaboration. Perros a affirmé lui-même quelque part que tout ce qu'il écrivait était "à sauver". Paradoxalement, ce n'était pas par prétention, mais au contraire par honnêteté et modestie. Il voulait dire par là, me semble-t-il, qu'il n'avait pas de langage de luxe, qu'il était toujours dans l'urgence et dans "le jour le jour intégral". "C'est bien d'écrire, ou de publier, tous les dix ans. Mais ça manque un peu de fraternité. Et comme nous en avons plutôt besoin, c'est tout une partie de la meilleure littérature qui est en panne". "L'art, oui, qu'est-ce que l'art ? Un déchiffrage, puis une gloire - celle de Dieu - puis une contestation passionnée (...) l'art, après tout, je crois que c'est un travail assisté par le hasard (tant pis pour la rime !), un travail qui ne finit jamais, parce qu'il porte en lui de quoi échapper à ce travail. Mais l'homme est devenu abstrait. Alors, il bricole." Oui, oui, chez Perros, "passant considérable" et "passager clandestin", décidément, tout - même le trivial, car ce dernier, chez lui, reste chargé de sens et d'électricité - est à sauver, dans une perspective cette fois qui nous concerne, nous, ses lecteurs. Ces lettres à C. G. Bjurström qui vont de 1958 à sa mort en sont à nouveau l'indubitable confirmation.
Volontairement, paresseusement, éperdument, Georges Perros note. Bribes et morceaux ; fulgurations, colères, angoisse, apaisement, selon l'humeur, la lecture, le lieu, bref comme tout le monde vit : par moments, par éclairs, par éclats. "... Pour ne rien perdre de cette incessante lecture, tout m'est bon - bouts de papier, souvent hygiénique, tickets de métro, boîtes d'allumettes, pages de livre. J'en suis couvert." D'où aujourd'hui ces papiers distribués, collés, un livre - la chambre de l'esprit, mais à travers laquelle passe cet air de fête ou ce vent fou qui les a fait se détacher de la vie. Avec ses Papiers collés, dont c'est ici le deuxième tome, Georges Perros a inventé un genre. Et il était le seul à pouvoir le porter à la perfection.
Georges Perros, l?auteur des incontournables Papiers Collés, était également poète, un poète du quotidien à la langue simple et pure. Comme la plupart des modestes, Perros s?était fort peu soucié de recenser ses ?uvres. Il les donnait à des revues, les envoyait à ses amis ou les offrait pour la Fête des Mouettes de Douarnenez?Retrouvés ici ou là, ces poèmes composent J?habite près de mon silence.4e de couverture : Georges Perros, l?auteur des incontournables Papiers Collés, était également poète, un poète du quotidien à la langue simple et pure. Comme la plupart des modestes, Perros s?était fort peu soucié de recenser ses ?uvres. Il les donnait à des revues, les envoyait à ses amis ou les offrait pour la Fête des Mouettes de Douarnenez?Retrouvés ici ou là, ces poèmes composent J?habite près de mon silence.
Résumé : "Ce que j'écris est à lire dans un train, par un voyageur qui s'ennuie, et qui trouve sur la banquette, oublié, un de mes bouquins". Seriez-vous prêt à être ce voyageur ? A être ce lecteur, désireux de prendre le temps de s'immerger dans l'oeuvre de Georges Perros (1923-1978), non pour passer le temps mais pour suivre ce passeur, cet homme de littérature, toutes les littératures ? Car Perros fut comédien, auteur, critique littéraire, lecteur de manuscrits, professeur de "cours d'ignorance". Un seul amour donc, celui du texte, des mots, de la diction. Un seul univers, celui de la littérature, pour lui qui connut les grands contemporains : Jean Paulhan et Jean Grenier, ses mentors ; Michel Butor et Gérard Philipe, ses "frères" ; Georges Lambrichs, Pierre Klossowski, Jean Roudaut, ses amis. De lui-même, il disait : "Je n'arrive pas à prendre mon écriture, comme on dit, au sérieux, je ne peux travailler que quand je suis distrait, quand je ne m'en aperçois pas". Un vagabondage, des écritures multiples caractérisent cet important ensemble de textes - certains totalement inédits (une quinzaine de carnets a été retrouvée), et d'autres parus uniquement en revue. Ils sont publiés dans le cheminement de leur création et accompagnés d'un choix d'oeuvres graphiques (dessin, peinture, gravure). Au lecteur d'emprunter ses propres sentiers, distraitement, dans les Ouvres de Georges Perros.
Sans aucun doute le livre le plus personnel de Léon Bloy, Le Sang du Pauvre est aussi celui dont la maturation fut la plus longue et la plus sourde. Ce sang du pauvre dont il est ici question n est autre que l argent, transfiguration audacieuse du sang versé par le Rédempteur: « Il est exécrable et adora-ble, symbole flagrant et ruisselant du Christ Sauveur. La force de Bloy est de nous happer dans son imaginaire intuitif, pour offrir une vision à charge du monde industriel. Mais un siècle après Sueur de Sang a paru en 1908 ce discours violent contre le matérialisme reste d une lucide actualité: l argent est la nouvelle foi des hommes, encline aux mêmes excès, au même fanatisme et au même dévoiement. Bloy se livre à une diatribe contre cette civilisation inhumaine régie par les seules lois de l économie. En somme, Bloy est, dans sa dénonciation de la société matérialiste, un précurseur de l altermondia-lisme qui aurait les emportements oratoires des prophètes de l Ancien Testament.
De leur rencontre en 1846 dans l'atelier du sculpteur James Pradier, jusqu'à leur rupture violente en 1854, Gustave Flaubert et Louise Colet échangèrent d'innombrables lettres. Quoi que l'une des plus belles correspondances amoureuses de la littérature, cet ensemble n'a inexplicablement jamais fait l'objet d'une publication isolée. Ces lettres accompagnent par ailleurs la germination de Madame Bovary. Flaubert, qui est encore un tout jeune homme de 25 ans quand il rencontre la belle et brillante Louise Colet, d'une dizaine d'années son aînée, y apparaît tour à tour tendre, malicieux, tourmenté par les " affres de la création " ou savoureusement paillard. Lire ces lettres, c'est découvrir la vraie nature humaine et littéraire de Flaubert, l'extraordinaire liberté de son génie et son tempérament passionné. C'est surtout s'initier à ce qui constitue sans doute l'un de ses chefs-d'?uvre : sa correspondance !
Confié à Gustave Flaubert par sa mère Laure - qui n'est autre que la soeur d'Alfred le Poittevin, ce « coeur frère qu'on ne retrouve jamais deux fois » - Guy de Maupassant doit ses années de formation à l'écrivain qu'il appelle son Maître. Leurs véritables relations se nouent à partir de 1872. Flaubert lit les manuscrits de son protégé, le conseille, le prend comme collaborateur en le faisant participer à ses recherches pour Bouvard et Pécuchet, et l'introduit parmi ses amis écrivains. Maupassant écrira de nombreux articles sur Gustave Flaubert, voulant défendre son oeuvre, mais aussi l'homme: « Comme il avait horreur du bourgeois (et il le définissait ainsi: quiconque pense bassement), il passa parmi la plupart de ses contemporains pour une espèce de misanthrope féroce qui eût volontiers mangé du rentier à ses trois repas. C'était au contraire un homme doux, mais de parole violente, et très tendre, bien que son coeur, je crois, n'eût jamais été ému profondément par une femme.»
Dans ces trois textes de la fin de sa vie, nourris de son expérience personnelle et de sa réflexion, la philosophe catholique et ouvrière Simone Weil se livre à une véritable profession de foi qui accrédite son idée d'une nécessaire révolution humaniste. Comme dans toute son oeuvre, ce qu'elle cherche à placer au centre de toute interrogation, de toute préoccupation et de toute construction d'un avenir partagé et commun, c'est l'homme, dans son essence comme dans son individualité. Lire Simone Weil relève autant du devoir que de l'obligation.