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ERIKSKRONIKA
PENEAU
PUB SORBONNE
20,00 €
Épuisé
EAN :9782859445249
Le prologue de l'Erikskrönika évoque la création du monde, manière habile d'introduire, parmi tous les pays créés par Dieu, le royaume de Suède. Placée ainsi au seuil de l'?uvre, la Création renvoie aussi de façon métaphorique à l'acte même de rédaction de l'?uvre. Ce lieu commun prend une autre dimension si l'on souligne que l'auteur inconnu a rédigé une ?uvre dont le genre n'existait pas encore en langue suédoise. Il est aussi le premier à composer, dans la première moitié du XIVe siècle, une ?uvre à partir d'une matière originale, l'histoire de son propre pays, sur près d'un siècle. La Chronique d'Erik ou Erikskrönika met en scène les luttes qui ont déchiré le royaume de Suède entre les années 1220 et l'élection du roi Magnus Eriksson en 1319. Cette chronique rimée est très connue dans son pays d'origine, principalement en raison de passages d'anthologie dont le plus célèbre est la longue description de la traîtrise du roi Birger qui invita ses frères à un banquet et qui les fit mourir de faim. Mais elle apparaît aussi comme un document rare sur les conceptions sociales et politiques du milieu aristocratique pour lequel elle fut rédigée. Cette traduction a pour but de présenter et de rendre accessible au public français, dans son intégralité, un des textes fondateurs du Moyen Âge suédois et de mieux faire connaître ce royaume qui appartenait pleinement à l'Occident médiéval.
Les vingt-deux études rassemblées ici en l'honneur d'Élisabeth Mornet suivent les chemins du savoir à l'époque médiévale à travers les institutions, les hommes, les textes et les images. La Scandinavie médiévale est choisie comme champ d'étude spécifique et permet une ouverture sur la culture européenne, celle des laïcs par la littérature, l'écriture de l'histoire, la constitution de bibliothèques et celle des clercs dans le cadre spécifique des universités. La profonde unité culturelle de l'Occident à la fin du Moyen Âge ressort avec évidence des différents thèmes abordés: de l'arrivée des premiers cisterciens en Scandinavie au départ des clercs scandinaves vers les universités créées dans l'Empire; des différentes constructions hagiographiques, en Islande, en Suède ou en Italie, à la fondation des collèges à Paris ou à Oxford; de la constitution de nouveaux modèles historiographiques, en France ou en Finlande, aux habitudes culturelles des élites norvégiennes ou françaises. Enfin, ce livre, qui réunit des auteurs venus du Danemark, de Finlande, de France, d'Islande, de Norvège et de Suède, a pour ambition de montrer la richesse des divers modes d'interrogation des sources et de continuer, à la suite des rencontres organisées par Élisabeth Mornet, le fructueux dialogue entre les chercheurs français et nordiques.
La question de l'identité du Christ dessine les contours des grands enjeux théologiques des débuts de l'ère chrétienne. L'événement de sa Crucifixion constitue le coeur de cette interrogation. Qui meurt sur la croix? Qui est le sujet de la Passion et de la mort? Qui de Dieu ou de l'homme endure les souffrances et la mort? Est-ce le Fils de Dieu? Mais comment Dieu peut-il souffrir du fait de son impassibilité et mourir du fait de son immortalité? Comment l'Un de la Trinité peut-il endurer une telle mort incompatible avec son statut divin? Est-ce alors l'homme Jésus qui succomberait sur la croix tandis que le Verbe divin se dissocierait de lui au moment ultime? En quelques lignes se trouve résumé le conflit auquel sont confrontés les théologiens et qui met en péril l'unité du Dieu-homme. Ce livre retrace les étapes passionnantes et disputées de l'élaboration du visage du Crucifié pendant les premiers siècles jusqu'à la période iconoclaste.
Résumé : Au début de 2013, deux abdications souveraines se sont produites : celles de Beatrix, reine des Pays-Bas, annoncée le 28 janvier et celle du pape Benoît XVI, proclamée le 11 février. L'actualité prenait en écharpe les huit siècles que nous parcourons ici. L'abdication, ce renoncement au pouvoir, constitue l'état pur d'un acte de la volonté dans la sphère politique ou religieuse. Une instance souveraine, qui ne dépend de rien d'autre que de soi-même, décide de s'abolir. L'abdication apparaît alors non comme le simple abandon du pouvoir, mais comme un acte de pouvoir- celui de l'individu imposant son choix, se repliant sur son corps et abandonnant le corps politique - ou, du moins, comme une autre façon de le manipuler et de s'en saisir. Ce livre entend donner un écho et un prolongement au texte fondateur et magistral de Jacques Le Brun, Le Pouvoir d'abdiquer. Essai sur la déchéance volontaire, paru en 2009. Notre entreprise a étendu ces variations aux cas mentionnés par Jacques Le Brun sans qu'il en traite, soit dans l'arc temporel premier, pour l'abdication de Christine de Suède (Corinne Péneau), soit dans les temps antérieurs pour la renonciation du pape Célestin V, placée dans la perspective globale du mue siècle (Alain Boureau), ou postérieurs, quant aux départs de De Gaulle (Jean-Michel Rey). Pierre-Antoine Fabre, pour sa part, a ajouté au dossier le cas doctrinal de l'abdication du supérieur jésuite en faveur de son collatéral dans les Constitutions de l'ordre. Et Jacques Le Brun s'est attaché à repérer les échos contemporains de l'abdication dans le film Habemus Papam de Nanni Moretti et dans Le Roi Lear.
Les prétentions à incarner la communauté politique ou des groupes particuliers se multiplient. Elles s'expriment au sommet des institutions représentatives, mais aussi dans les mouvements sociaux contestataires. Elles sont portées autant par les leaders autoritaires que par les mouvements libertaires. Les articles ici rassemblés entendent éclairer ces phénomènes à l'aide de la notion de la représentation-incarnation. Cet idéaltype désigne une relation où l'entité représentante tend à être identifiée à l'entité qu'elle prétend incarner, sans que ce lien repose sur un mandat ou une volonté explicite. Cette relation contribue de façon décisive à forger l'identité et l'unité du groupe représenté. La représentationincarnation plonge ses origines dans la théologie chrétienne comme dans la philosophie et le droit public du Moyen Age, avec la notion de représentation-identité. Sécularisée, elle se retrouve sous des formes diverses dans les parlements d'Ancien régime, dans les controverses opposant Hobbes et les parlementaires anglais, dans les conflits de légitimité de la révolution de 1848, chez Edmund Burke, Carl Schmitt ou les théoriciens du populisme. La force des régimes politiques modernes a reposé sur leur capacité à fusionner la légitimité donnée par le mandat électoral et celle qui découle de l'incarnation de la communauté politique dans les représentants élus. Cette articulation est aujourd'hui remise en cause : la crise des systèmes représentatifs s'approfondit tandis que fleurissent des prétentions alternatives à incarner le peuple. Il est temps de se donner les moyens conceptuels de distinguer ces deux sources de légitimité.
L'immigration algérienne des années 1950-1970 est souvent associée à un stéréotype, celui d'hommes seuls, débarqués par bateau à Marseille, logés dans des foyers Sonacotra ou des bidonvilles, à proximité de l'usine où ils travaillent. Ce cliché repose largement sur l'idée que le regroupement familial n'a été instauré qu'en 1976, après avoir mis fin à l'immigration de travail, et a conduit les partisans d'une politique migratoire restrictive à présenter l'immigration familiale comme l'origine des difficultés sociales qui affectent les banlieues populaires au début des années 1980. Pourtant, plus de 80000 familles algériennes vivaient déjà en France à cette époque. Au croisement de l'histoire coloniale, urbaine et des migrations, cet ouvrage retrace les trajectoires des premières familles algériennes installées en France, principalement à Nanterre et dans l'ouest de la région parisienne. Il mobilise à la fois des archives administratives, pour appréhender les politiques publiques mises en place à l'égard de ces familles, mais aussi des dossiers de regroupement familial, des entretiens ainsi que les archives privées de Monique Nerva ? une figure militante qui s'est installée dans le bidonville de la Folie à Nanterre dès 1959 ?, pour saisir l'expérience vécue par ces populations. Ces matériaux, en partie inédits, dessinent une autre image de l'immigration algérienne, où se côtoient les familles des bidonvilles, qui font pour certaines partie intégrante de la société de consommation, et les familles "invisibles", lesquelles, comme les ouvriers français, connaissent les logements trop petits, les taudis, mais aussi, parfois, les logements sociaux. Malgré tout, l'existence même des bidonvilles et de quelques segments du parc social concentrant des Algériens a servi de prétexte au développement d'une politique d'immigration spécifique, qui limite l'arrivée des familles algériennes après l'indépendance. A la fin des années 1970, les tentatives visant à exclure les Algériens du territoire échouent, mais le contexte de la crise économique, les discours hostiles et les pratiques discriminatoires à leur égard entraînent une rupture du processus d'intégration socio-économique amorcé au cours des années 1960.
Résumé : Comment définir la famille en Grèce ancienne ? Qui invite-t-on chez soi ? Suivant quelles modalités ? Pourquoi ? Longtemps, les historiens ont exclu la famille du champ d'étude de la sociabilité, considérant qu'elle relevait de la sphère privée. L'analyse de célébrations ritualisées et normées, le plus souvent festives (mariage, naissance, décès ; sacrifices, banquets, processions, danses, chants), entre parents, amis et voisins, autrement dit entre familiers (oikeioi), ainsi que des discours qui y font référence (tragédies, comédies, plaidoyers civils, discours philosophiques, lois), conduit cependant à éclairer des formes de sociabilité plus ou moins formelle propres à appréhender la composition de la famille grecque dans l'Antiquité, son ouverture, ses limites et à définir ses normes, sa cohésion et son identité par des comportements spécifiques et les liens créés. Elle permet également de situer les individus dans l'oikos en fonction de leur statut, de leur âge et de leur sexe. Les célébrations sont organisées et transformées en spectacle, les relations forgées sont théâtralisées. La famille est ainsi comprise comme un noeud de solidarités organiques et imbriquées, un espace de visibilité sociale aux frontières perméables et floues, plutôt que comme une structure juridique figée et un lieu d'expression du privé à l'intérieur de la cité grecque. Le livre met en lumière les liens qui se nouent et perdurent à l'intérieur de la famille et la manière dont ces relations tissées dans un cadre domestique façonnent des interactions plus larges de la famille à la cité, principalement aux époques archaïque et classique, dans le monde grec. Il pose en définitive la difficile question de la nature de la cité.
Résumé : La différence sexuelle de l'homme et de la femme est-elle un fait physiologique ou un effet des normes sociales ? En 1990, dans Trouble dans le genre, Judith Butler soutient que la catégorie de " sexe " ne décrit pas la différence naturelle de l'homme et de la femme mais la produit, par la répétition des normes du genre que nos discours et nos pratiques sociales véhiculent sans cesse. Pour déconstruire ces catégories naturalisantes d'homme et de femme, Butler inscrit sa critique du sexisme dans une critique globale de l'hétéro-sexisme, c'est-à dire de l'injonction sociale à l'hétérosexualité obligatoire. Trouble dans la matière part du contexte polémique de la réception de Butler en France, dans les cercles où l'on reproche aux études de genre de semer le trouble dans la lutte des classes. L'ouvrage entreprend de mettre en lumière la dimension matérialiste de la thèse butlerienne de la construction discursive du sexe, mais aussi d'interroger, en retour, la fécondité de son analyse du pouvoir des mots pour la critique sociale d'inspiration marxiste. L'exploration de la postérité inédite de Marx qui se dessine entre Althusser et Foucault, au prisme de l'épistémologie de Canguilhem, fait de la construction du " sexe " le point de départ d'une réflexion générale sur la production de la réalité sociale par les discours qui la ressaisissent. L'ouvrage envisage ainsi de penser la matérialité discursive de l'existence sociale, c'est-à-dire la manière dont le discours, esquissant les contours des sujets et des objets qu'il nomme, les constitue socialement comme tels. Il vise, à partir du problème de la construction discursive du sexe, à proposer des éléments pour une épistémologie matérialiste qui considère le pouvoir du discours de produire et de transformer la réalité sociale, et non simplement de la décrire ou de la refléter.
La musique a-t-elle un genre ? " : dans les milieux autorisés, la question soulève encore souvent indifférence polie, sinon hilarité, voire mépris. Et pourtant ! Comme la littérature et la peinture, la musique n'échappe pas aux catégorisations genrées et encore moins aux inégalités de genre qui relèguent dans l'ombre les femmes artistes. Ce volume examine sur la longue durée ce phénomène d'invisibilisation des musiciennes à l oeuvre tant dans l'historiographie que dans l'imaginaire social, tant dans les discours que dans les pratiques de création et les programmations. Repérant les différentes voies de disqualification des talents féminins, les seize études réunies ici scrutent les indices de l'enfouissement des musiciennes dans les traités philosophiques et esthétiques, dans les manuels d'éducation, dans les témoignages du public, dans les récits de vie, comme dans les écrits savants et la critique musicale, y compris la plus récente. Surgissent ainsi autant de jalons pour débusquer et mieux déconstruire les stéréotypes de genre dans les écrits sur la musique et les pratiques musicales d'hier et d'aujourd'hui.