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La canonisation libérale de Tocqueville
Le Strat Claire ; Pelletier Willy
SYLLEPSE
24,99 €
Épuisé
EAN :9782849500668
Les libéraux ont, comme d'autres, leurs monuments, de ces références centrales qui obligent à la révérence. Promu héros intellectuel du libéralisme, construit comme équivalent fonctionnel de Marx, Alexis de Tocqueville est à ce titre aujourd'hui incontournable. On sait le sens public maintenant assigné à Tocqueville, convoqué (depuis 1994) au programme de Terminale en sciences économiques et sociales, pour définir la "société démocratique", "le changement social et les inégalités", les relations entre "liberté et égalité". D'exégèses savantes en exercices scolaires, ou en références journalistiques, connaître Tocqueville, c'est entrer en relation avec ce "déjà-là" qui l'institue tout à la fois sociologue, historien, philosophe, écrivain, moraliste, publiciste, homme politique... Mais surtout libéral, "le" prophète libéral de la démocratie. Il n'est pas question ici, quoique cela serait nécessaire, de mesurer "le libéralisme de Tocqueville", moins disposé quelquefois à l'extension des libertés que la présentation officielle ne le donne à voir - notamment en 1848. Il s'agira surtout de restituer comment l'image à présent consacrée de Tocqueville a été d'abord importée des Etats-Unis, pour partie retraduite, comment elle fut diffusée, comment elle fut imposée, comment les controverses à son propos paradoxalement l'ont renforcée. Sartre affirmait qu'"on entre dans un mort comme dans un moulin". Mais qui accède aujourd'hui à Tocqueville est, avant toute analyse, embarqué dans le connu, et informé par cette histoire récente qui l'a fait illustre. Cette histoire, jamais décrite, a une origine (le "moment" Aron comme "moment" inaugural) et des couches sédimentaires successives (les commentaires des aroniens qui, dans les années 1960 - 1980, ont mis en tradition, consolidé, puis rendu indiscutable la définition aronienne de Tocqueville). Cette histoire a ses conservateurs de mémoire, et ses conservatoires institués, à la fois universitaires, politiques et mondains. De telle sorte que la définition consacrée de Tocqueville, forte de toute la force sociale de ceux qui l'ont arrêtée (Aron et Furet entre autres), fait désormais consensus. Comment ce consensus a été fabriqué : c'est très précisément l'objet de ce livre.
Les administrations, les entreprises et les collectivités publiques recourent fréquemment à des prestations de conseil, d'étude ou de recherche appliquée. Le présent ouvrage s'intéresse à la professionnalisation de ce secteur d'activité. Comment se négocie une relation de consultance ? Quelles compétences mobilise-t-elle ? A quel type de professionnalité correspondelle ? L'ouvrage analyse plusieurs situations de consultance ; il interroge la conduite de l'activité mais également le contenu de cette activité, en l'occurrence les connaissances qui sont pro duites à cette occasion. L'ouvrage s'inscrit donc dans une double perspective, à la fois une sociologie du travail d'étude et de conseil et une épistémologie des savoirs mobilisés ou élaborés dans le cadre d'un diagnostic, d'une évaluation ou d'une étude. Une relation de consultance implique de nombreux acteurs, en particulier les salariés de l'entreprise ou de l'administration concernée. Comment l'intervenant interagit-il avec eux ? Quelle posture adopte-t-il ? Comment négocie-t-il sa venue ? Avec quelle méthodologie ? Sur la base de quels principes ? L'ouvrage retient donc une troisième perspective : une analyse en terme polémologique afin de questionner les interactions qui se font jour lors d'une consultance : les co-productions, les participations, les coopérations.
L'?uvre de Slimane Raïs se réalise sous le signe de l'échange et de la conversation. C'est aussi de cette façon que ce livre a été confectionné, sur le mode d'une conversation, une conversation qui s'amorce en février 2000 dans le cadre d'un séminaire de La Biennale d'art Contemporain de Lyon, plus précisément à l'occasion de l'initiative "L'art sur la Place", et qui se poursuivra sur deux années, au bon vouloir de l'un et de l'autre, en fonction des disponibilités d'emploi du temps et des contraintes de déplacement. Comme toute conversation, elle connut des lenteurs et des accélérations, ses temps de latence et ses moments plus intenses ; elle sut s'interrompre pour mieux se relancer. Ce livre est issu de ce cheminement (le fil discontinu d'une conversation) et sut profiter des entrecroisements qui jalonnent cet échange. " Pour parler ", Annemasse, 2001, Villa du Parc, centre d'art contemporain. En 1998, lors d'une exposition à l'Arteppes, espace d'art contemporain à Annecy, Slimane Raïs installe pour la première fois le dispositif interactif "Pour parler" constitué d'une ligne téléphonique directe entre le spectateur de l'exposition et l'artiste. La conversation créée entre le visiteur et l'artiste qui le surprenait à tout moment dans sa vie quotidienne se définissait comme l'?uvre elle-même dont la teneur n'était pas dévoilée. Ce livre est né d'une rencontre, la rencontre entre un artiste intrigué que l'on puisse parfois qualifier son ?uvre de sociologique et un sociologue intéressé par cette ?uvre précisément parce qu'elle était désignée ainsi. Assurément, la question n'est pas mince et la difficulté justifiait certainement qu'un artiste et un sociologue y réfléchissent en commun. Telle fut l'amorce de cette rencontre, sa motivation aussi.
Résumé : Les sécheresses estivales et hivernales que connaît la France mettent de nombreuses régions sous tension hydrique. Loin d'être exceptionnelle, cette situation va devenir notre quotidien. Face au risque d'une crise de l'eau, ressource naturelle la plus menacée par le dérèglement climatique, le "plan eau" du gouvernement propose des ajustements techniques tournés vers le court-terme et quelques intérêts privés. Il y a pourtant urgence à réinterroger les usages de l'eau, son partage et sa gestion, et à déployer une nouvelle politique - déjà à l'oeuvre sur de nombreux territoires urbains et ruraux - essentielle à la garantie d'une Terre habitable.
Résumé : Recueil de textes interdépendants sur le commun, travail conçu et construit par une communauté de personnes concernées qui s'engagent à produire et administrer une ressource en tant que ressource commune. Il puise son énergie émancipatrice dans la critique de l'Etat, qui dépossède les citoyens de l'administration des biens et services d'intérêt collectif, et du marché, qui isole les individus.
Rudder Véronique de ; Cognet Marguerite ; Eberhard
Résumé : Le racisme et les discriminations sont un système. Véronique De Rudder nous en dévoile ici les mécanismes et passe au crible les relations inter-ethniques qui en découlent. Elle explore la place de l'immigration et de sa descendance dans la société française. Ses textes s'avèrent d'une étonnante actualité, alors même que les enfants d'immigrés, désormais adultes, sont porteurs de revendications d'égalité. Elle nous propose une analyse critique du républicanisme français dont l'universalisme, inscrit en lettres d'or dans les textes constitutionnels, coïncide en pratique avec un système de discriminations tolérées, voire, à l'occasion, codifiées. Les victimes du racisme sont massivement les immigrés originaires des anciennes colonies et leurs enfants, citoyens français de plein droit, et pourtant de seconde zone, renvoyés à leurs origines comme à une marque d'indignité. Se réclamant d'un universalisme en actes, l'auteure souligne la nécessité de changer les politiques qui malmènent les valeurs démocratiques.
Le premier âge du capitalisme, c'est celui qui, du XVe au milieu du XVIIIe siècle, voit l'Europe occidentale partir à l'assaut des continents américain, africain et asiatique. Dans ce premier tome, Alain Bihr se penche sur cette expansion en détail. Il montre comment, par le biais du commerce forcé et déloyal, de l'échange inégal ou, plus directement encore, par la réduction au servage ou à l'esclavage de leurs populations, les sociétés qu'elle a affectées ont vu leurs propres circuits d'échange perturbés, leurs structures productives altérées, leurs pouvoirs politiques traditionnels instrumentalisés ou détruits. Avec pour principal résultat de soutenir la dynamique de formation du capitalisme en Europe même. Loin de verser dans le misérabilisme, l'auteur insiste cependant sur la résistance que ces sociétés ont su opposer aux Européens. Résistance inégale, fonction de leur développement historique antérieur, auquel l'ouvrage prête à chaque fois une grande attention, en fournissant de la sorte un panorama du monde à l'aube des temps modernes. En dernier lieu, l'auteur souligne les divergences entre les Etats européens qui vont se lancer dans cette aventure, les rivalités et conflits qui vont les opposer et redistribuer les cartes entre eux à différentes reprises, les bénéfices fort inégaux qu'ils vont en retirer. Autant de points dont la pleine explication est renvoyée aux deux tomes suivants de l'ouvrage.
Concluant sa somme sur le premier âge du capitalisme, Alain Bihr explore dans les deux volumes du troisième tome la constitution d'un premier monde capitaliste. Sont ainsi examinées en premier lieu les différentes formations d'Europe occidentale qui ont été, tour à tour, motrices de l'expansion outre-mer. Les avantages respectifs dont ces formations en ont tiré parti renvoient à leurs relations conflictuelles et aux rapports de force entre les ordres et classes qui les constituent. La Grande-Bretagne, s'appuyant sur les Provinces-Unies et les acquis de sa révolution bourgeoise, finit par en sortir victorieuse, au détriment de la France. Sont ensuite mis en relief le statut semi-périphérique et la forte hétérogénéité des formations d'Europe baltique, centrale, orientale et méditerranéenne. Toutefois, certaines d'entre elles (la Savoie, la Prusse, la Russie) pourront réunir des conditions leur permettant, par la suite, de jouer dans la "cour des grands". L'ouvrage examine enfin les principales formations sociales marginales, affectées par l'expansion européenne mais encore capables d'y résister et de se développer selon leur logique propre. Ce qui explique à la fois pourquoi le capitalisme n'a pas pu naître dans la Chine des Ming et des Qing, en dépit d'atouts évidents, et pourquoi, en se fermant, le Japon féodal a au contraire préparé les conditions de son rapide rattrapage capitaliste à l'époque Meiji.
Le capitalisme triomphant des années 1990 a perdu de sa superbe. Après avoir promis monts et merveilles, il s'est mué en une machine infernale produisant de la régression sociale et des inégalités, incapable de faire face au changement climatique, et sécrétant une montée générale de l'autoritarisme en lieu et place de la démocratie promise. Face à cela, les programmes de la gauche institutionnelle estiment qu'il faut repartager les richesses et orienter le capitalisme dans le sens de l'intérêt général. Si les profits des entreprises n'ont jamais été aussi imposants, ne pourrait-on pas les réduire pour faire place à plus de social et d'écologie, se demandent-ils ?? Mais ce n'est guère possible car la valeur de l'entreprise est spéculative et déterminée par les anticipations des dividendes. Si les profits sont moindres, les valorisations baisseront et les actionnaires cesseront d'investir même si l'entreprise gagne de l'argent. Une politique sociale et écologique sérieuse doit donc exproprier les actionnaires pour laisser place à des entreprises autogérées par leurs salariés, les usagers et les citoyens. Une nouvelle définition de la démocratie se dessine : une rencontre permanente entre des travailleurs et des usagers ou citoyens pour décider et réaliser ensemble. Le livre se conclut sur l'amorce d'un programme de transformation qui conjugue des mesures sociales et écologiques avec une stratégie d'éviction des actionnaires. Afin de faciliter la compréhension des mécanismes économiques ou de compléter ses connaissances, le livre renvoie à des "tutoriels" en ligne (economie.org) où l'auteur décrypte le fonctionnement de la finance, de l'argent ou encore de la macro-économie. Outil pédagogique, le livre est articulé avec les apports aujourd'hui indispensables de l'apprentissage et de l'acquisition des connaissances en ligne. L'ouvrage engage une réflexion sur le dépassement de la notion même de propriété des moyens de production et trace une voie de transition pour en sortir.