Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
La rumeur du fleuve
Peer Oscar
ZOE
19,90 €
Épuisé
EAN :9782881824395
Revenu sur les lieux de son enfance, un homme se retourne sur son passé dont il ne reste que de rares vestiges. Mais il retrouve des souvenirs au gré des rencontres, au détour des paysages, des ruelles, des odeurs. Des événements quotidiens lui reviennent en mémoire, à l'école ou en famille, bêtises et punitions, disputes et réconciliations. Des figures importantes revivent, le père, cheminot et lecteur insatiable, la mère passionnée d'écriture, les amis, les maîtres, la vie rude et parfois rocambolesque des deux grands-pères. Son histoire se reconstitue peu à peu, fruit d'une tradition orale transmise de génération en génération. Souvenirs et reconstruction imaginaire se relaient ainsi pour recréer l'atmosphère et le quotidien de sa vie dans l'Engadine des années trente et quarante, avec le grondement sourd de l'Inn en guise de basse continue. C'est l'occasion pour l'écrivain de s'étonner de la mémoire humaine, de la manière dont elle s'éveille, et dont elle garde la trace des événements du passé. Il y avait longtemps que je n'avais plus vu la première demeure de ma vie ; au fond, je n'avais aucune raison de venir ici en visite, après tant d'années. Qu'est-ce que je fais à Carolina ? J'y monte presque par hasard, sans en rien attendre. Il n'y a pas grand-chose à voir dans un coin aussi solitaire. Ici l'Engadine se cache, ni Giacometti ni Segantini n'ont peint ici. Carolina n'est qu'une gare des Chemins de fer rhétiques, cinq kilomètres à partir de Zernez, cinq à partir de Cinuos-chel. Au fond, juste une gare de croisements au milieu de la forêt, deux voies ferrées sur du gravier brunâtre, quatre maisons identiques pour les employés, mais désormais désertes ; maintenant plus personne n'habite ici, et la majeure partie des trains ne fait que passer. Quelque part, une fontaine complètement tarie et renversée sur le flanc ; tout au bout du terre-plein, un magasin pour le matériel et les outils ; et, juste à côté, une profonde gorge, un grand viaduc. Pour le reste, partout, partout autour, la forêt.
Résumé : Chasper vient d'hériter de la vieille maison familiale, ainsi que des lourdes dettes laissées par son père. Il devra les rembourser, s'il veut conserver la demeure à laquelle il est viscéralement attaché. Mais Lemm, l'influent bistrotier, est décidé à s'emparer de la maison dont il pressent la grande valeur. Le village de montagne devient un huis-clos dans lequel se déploie ce roman de l'inéluctable, racontant dans une langue brute et puissante la lutte d'un individu contre des forces qui le dépassent. Oscar Peer (1928-2013) a écrit une quinzaine d'ouvrages en romanche, la langue du canton alpin des Grisons, dont il est l'un des écrivains emblématiques. "Il avait refermé les yeux, s'était rendormi. L'odeur du feu était encore là, depuis la forêt un peu de vent, depuis le fond de la vallée la rumeur de la rivière, et en même temps une rumeur à l'intérieur de lui-même".
Peer Oscar ; Gateau-Brachard Marie-Christine ; Koe
Le village de Falun est un monde sans fêtes ni péchés depuis que la rigueur du pasteur Anton Perl y sévit. Mais Eva, une jeune femme venue on ne sait d'où, va le révolutionner. Une seule des quatre auberges est restée ouverte, et c'est là que va éclore, grâce aux talents fabuleux d'Eva, le nouveau centre du village. Mais comme renaît la nature sous les rayons d'un soleil printanier, les pulsions refoulées des Falunais vont s'éveiller à une vie nouvelle. Les fêtes reprennent et le désordre s'installe. Fou de rage, le pasteur décide alors d'exorciser Eva et lui ordonne de s'installer chez lui.
Biographie: Oscar Peer, né en 1928 en basse Engadine, est l'auteur d'une quinzaine de romans et de nouvelles. Coupe Sombre, paru en 1999. son premier livre traduit en français, a reçu le prix des auditeurs de la Radio Suisse Romande et le prix Lipp Zurich. Traduit du romanche par Marie-Christine Gateau-Brachard
C'est l'heure de l'Afrique pour les opérations de maintien de la paix (OMP) qui sont entrées dans une nouvelle période de leur histoire. L'avenir des OMP, en Afrique particulièrement, passe définitivement par un partenariat entre l'Organisation des Nations unies et l'Union africaine. Ce partenariat pourrait être parrainé à la fois par l'Union européenne et par l'Organisation internationale de la Francophonie. Les avantages pour les Etats africains sont immenses puisqu'ils vont prendre en compte leur propre sécurité. L'Afrique, particulièrement l'Afrique francophone, entre ainsi dans le grand jeu international grâce à une alliance de fait avec l'ONU. Ce livre vise à démontrer l'évolution de cette politique à la fois onusienne et africaine. L'Institut Themiis remercie les participants au colloque organisé le 4 juin 2018 à l'UNESCO sur le thème de l'Afrique et des opérations de maintien de la paix, ainsi que les chercheurs et les rédacteurs qui ont bien voulu renforcer ses travaux par leurs apports éclairés.
Ce petit livre reproduit une oeuvre presque inconnue: les trois premiers textes personnels de Nicolas Bouvier et douze gravures de Thierry Vernet, publiés en 1951 dans un portfolio à tirage limité. Les deux amis allaient le faire connaître à ceux qui croyaient en leur création et qui étaient prêts à les soutenir dans leur projet : le grand voyage vers l'Orient. C'est le point de départ de L'Usage du monde, le sceau d'une amitié infaillible.
C'était au mois de juin de l'année 1976. C'était le début des grandes vacances de mes treize ans. C'était l'année de la sécheresse.Des wagons-citernes acheminaient de l'eau puisée au fond des lacs vers les villages; sous un ciel aussi jaune que du papier maïs, les militaires avec leurs camions et leurs motopompes s'occupaient des arrosages de secours pour sauver les plantations qui pouvaient encore l'être. Les autorités avaient activé le plan ORCA.Il ne pleuvait plus depuis des semaines; comme il n'avait pas neigé sur les montagnes durant l'hiver, les nappes phréatiques ne s'étaient pas remplies au printemps. Tout était sec en dessous, tout était sec en surface et notre campagne ressemblait à un vieux biscuit dur. Certains disaient que le soleil s'était soudain rapproché de la Terre; d'autres disaient que la Terre avait changé d'axe et que c'était elle qui, au contraire, était attirée par le soleil. Je pensais que cette chaleur particulière était causée par un astéroïde tombé non loin de chez nous, par un gros corps céleste constitué d'un métal inconnu dégageant des vapeurs toxiques invisibles. Comment expliquer autrement que par des gaz lentement diffusés vers les maisons du village nous empoisonnant à notre insu la modification insidieuse du caractère de maman, sa transformation en une autre personne, la perte de la maîtrise de nos vies au cours de cet été, la fin du monde de mon enfance?Depuis quelques jours, Rudy me disait que l'herbe sentait mauvais. Quand je lui avais demandé pourquoi, il m'avait répondu triste et sérieux que c'était parce qu'elle souffrait. Rudy était exactement le genre d'individu capable d'imaginer une végétation qui manifesterait son inconfort par une transpiration malodorante. Dans l'air de notre arrière-cour parsemée de brins d'herbe malingres piétines par le bétail, il planait une odeur de céleri et de soufre. Le vert terne du lierre agrippé au muret du jardin potager était devenu presque noir. Le soleil chauffait la pierre, froissait ses feuilles, en tordait les tiges ratatinées qui faisaient un dernier effort pour ne pas se détacher de leur branche et basculer dans le sol sablonneux. En m'approchant pour observer les crampons de la plante, pareils à de minuscules poings serrés par le désespoir, je devais bien admettre qu'elle puait.
Jenna et Joanna, deux écrivaines à succès, mènent une vie tranquille entre leurs familles et les plateaux de télévision. Dans le monde simplifié qui est le leur, les livres sont devenus de banals objets, dont la valeur et l'intérêt s'arrêtent à la couverture. Présentateur, acheteur ou écrivain, plus personne ne songe à les ouvrir. Le geste est tombé dans l'oubli. Mais cette simplification va plus loin et s'étend à tous les domaines de la vie. La musique est un objet. Les enfants peuvent être des autocollants. Les amis ne sont plus qu'un mot. Il n'y a plus de for intérieur. Satire du monde du livre ou fable hyperréaliste, ce roman est avant tout une réflexion sur les façons que nous avons de vivre aujourd'hui. Dans cet univers confiné aux accents futuristes on progresse entre inquiétude et rire, pour s'apercevoir enfin que c'est de notre quotidien qu'il s'agit.
Voici trois textes réunis autour d'un sujet rarement traité par Bouvier : son enfance. Dans le récit central éponyme, l'écrivain raconte les étés passés dans la propriété des grands-parents maternels et comment, petit garçon de huit ans, il triompha de l'"une des figures les plus détestées de [s]on enfance" : Bertha, la gouvernante prussienne tyrannique.