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Le milieu de l'horizon
Buti Roland
ZOE
18,00 €
Épuisé
EAN :9782881828942
C'était au mois de juin de l'année 1976. C'était le début des grandes vacances de mes treize ans. C'était l'année de la sécheresse.Des wagons-citernes acheminaient de l'eau puisée au fond des lacs vers les villages; sous un ciel aussi jaune que du papier maïs, les militaires avec leurs camions et leurs motopompes s'occupaient des arrosages de secours pour sauver les plantations qui pouvaient encore l'être. Les autorités avaient activé le plan ORCA.Il ne pleuvait plus depuis des semaines; comme il n'avait pas neigé sur les montagnes durant l'hiver, les nappes phréatiques ne s'étaient pas remplies au printemps. Tout était sec en dessous, tout était sec en surface et notre campagne ressemblait à un vieux biscuit dur. Certains disaient que le soleil s'était soudain rapproché de la Terre; d'autres disaient que la Terre avait changé d'axe et que c'était elle qui, au contraire, était attirée par le soleil. Je pensais que cette chaleur particulière était causée par un astéroïde tombé non loin de chez nous, par un gros corps céleste constitué d'un métal inconnu dégageant des vapeurs toxiques invisibles. Comment expliquer autrement que par des gaz lentement diffusés vers les maisons du village nous empoisonnant à notre insu la modification insidieuse du caractère de maman, sa transformation en une autre personne, la perte de la maîtrise de nos vies au cours de cet été, la fin du monde de mon enfance?Depuis quelques jours, Rudy me disait que l'herbe sentait mauvais. Quand je lui avais demandé pourquoi, il m'avait répondu triste et sérieux que c'était parce qu'elle souffrait. Rudy était exactement le genre d'individu capable d'imaginer une végétation qui manifesterait son inconfort par une transpiration malodorante. Dans l'air de notre arrière-cour parsemée de brins d'herbe malingres piétines par le bétail, il planait une odeur de céleri et de soufre. Le vert terne du lierre agrippé au muret du jardin potager était devenu presque noir. Le soleil chauffait la pierre, froissait ses feuilles, en tordait les tiges ratatinées qui faisaient un dernier effort pour ne pas se détacher de leur branche et basculer dans le sol sablonneux. En m'approchant pour observer les crampons de la plante, pareils à de minuscules poings serrés par le désespoir, je devais bien admettre qu'elle puait.
ST-TROPEZ, "pittoresque port de pêche", "aimable port de cabotage". Sain Trop', "fille de la mer" et station balnéaire internationale... Les clichés et les réalités sont connus qui écrasent un passé maritime réduit aux labels de cité "corsaire" ou "du bailli". Pourtant Saint-Tropez, petit port d'un complexe portuaire centré sur Marseille a connu de la fin du XVIIe siècle au début du siècle, un temps de croissance de l'espace urbain et de la population en réponse au dynamisme de la vie maritime. Plus de la moitié de la population active masculine est alors composée de marins soumis au service des classes sur les vaisseaux du roi. A côté d'une petite pêche côtière aux techniques traditionnelles qui ne mobilise qu'un nombre réduit de travailleurs, des fermiers exploitent des pêcheries fixes ou madragues pour la capture des thons, source de revenus et objets de longs conflits. Toutefois Saint-Tropez est avant tout un port d'armement qui dispose d'une flotte marchande importante - la troisième en nombre et en tonnage de la France méditerranéenne au XVIIIe siècle -, variée et en constant renouvellement, issue de chantier locaux ou voisins. Ces bâtiments de mer sont mis au service d'un petit cabotage pour approvisionner la cité relativement isolée et distribuer les ressources de terroirs voisins (bois. vin, châtaignes, liège). Les navettes, lignes et circuits établis entre le Languedoc, la Provence, la rivière génoise et la Toscane dessinent les contours de cet espace marchand et rendent compte d'un grouillement le long des rives méditerranéennes. Cependant, si le cabotage de proximité anime le mouvement portuaire, les expéditions vers le Levant demeurent fondamentales. La caravane maritime, forme de tramping dans le bassin oriental de la Méditerranée et vers l'Afrique du nord donne les impulsions majeures à la vie de la cité, jusqu'à définir le XVIIIe siècle tropézien. Dans ce type de navigation. où se mêlent transport et négoce, les capitaines colporteurs ou "vagabonds des mers" à l'instar du modèle génois. sont les pivots d'entreprises originales. Ces capitaines aventuriers. qui pratiquent la cueillette dans les eaux ottomanes sont au coeur d'organisations marchandes qui apporter aux sociétés des petits ports d'armement la flexibilité indispensable pour se glisser dans les interstices laissés libres par Marseille. Le cas de Saint-Tropez tend à montre combien un petit port peut être un observatoire et le miroir des mutations des sociétés littorales et des économies maritimes considérées sur le temps long.
Grand National est le récit d'une crise dans la vie de Carlo. Sa mère disparaît, son employé - colosse sentimental au passé douloureux - est roué de coups pour une mystérieuse raison, sa femme le quitte. Le voici face au manque, mesurant son intime connaissance de l'être aimé et découvrant la jeunesse romanesque de sa mère pendant la Seconde Guerre mondiale : l'occasion pour lui de porter un regard étonné et neuf sur le monde. Roland Buti a l'art de nous mettre tout contre ses personnages, de nous les rendre familiers de manière tactile, concrète et sensuelle. Le corps, le visage, les mouvements de chacun, la nature et les émotions sont saisis avec une infinie douceur, en dépit de la violence ou du comique des scènes.
Résumé : Barbaresques, boucaniers, flibustiers, guerres de course, abordages, razzias, butins, partages de prises, chasses au trésor, canonnades... Corsaires et pirates jalonnent de leurs exploits la vie maritime et peuplent notre imaginaire. Voici le dictionnaire historique sur ces aventuriers des mers : près de 600 entrées, une oeuvre monumentale, les meilleurs spécialistes pour faire revivre ces personnages hauts en couleur, des plus emblématiques comme Drake, Jean Bart, Surcouf, Duguay-Trouin, Dragut, Barberousse, aux oubliés de l'histoire ainsi qu'aux discrets mais indispensables armateurs. Un voyage dans le temps et à travers les océans où sont visités les principaux lieux associés à la course et à la piraterie, d'Alger aux Caraïbes, en passant par Boston, La ? Rochelle, Dunkerque, Salé, Saint-Malo jusqu'au golfe d'Aden, Sainte-Marie de Madagascar et les eaux de l'Asie du Sud-Est. Grand prix de l'Académie de Marine 2014
La France est secouée par des émeutes. Patrick, policier suisse dépêché par Europol, se trouve en Seine-Saint-Denis, département 9-3, dans la couronne parisienne. Il mène l enquête au c ur d organisations mafieuses chinoises, mais les circonstances vont le rendre témoin du fossé qui se creuse entre la police française et la population, notamment en banlieue. Patrick nous entraîne dans le sillage de bandes de jeunes Français et dans l univers d un commissariat, et il constate que son métier de flic de banlieue disparaît pour ne laisser place qu au seul maintien de l ordre, par une police qui se comporte comme une armée d occupation. Une histoire de flics, écrite par un flic, qui oscille entre la nostalgie des romans policiers style Quai des Orfèvres et les défis que doivent maintenant relever les polices d Europe. Troisième récit de Patrick Delachaux, Grave Panique est la véritable histoire de l une des dernières missions du policier Delachaux.
Ce petit livre reproduit une oeuvre presque inconnue: les trois premiers textes personnels de Nicolas Bouvier et douze gravures de Thierry Vernet, publiés en 1951 dans un portfolio à tirage limité. Les deux amis allaient le faire connaître à ceux qui croyaient en leur création et qui étaient prêts à les soutenir dans leur projet : le grand voyage vers l'Orient. C'est le point de départ de L'Usage du monde, le sceau d'une amitié infaillible.
Tout commence lorsque David Chariandy est victime, dans un restaurant éthique de Vancouver, d'un acte de racisme ordinaire en présence de sa fille de trois ans. Dix ans plus tard, l'élection de Donald Trump lui donne l'occasion d'adresser à sa fille désormais adolescente une lettre pour évoquer les questions universelles de l'identité et de la race. Chariandy puise dans son propre passé, dans celui de ses ancêtres afro-asiatiques et dans des épisodes concrets vécus en famille une réflexion sur l'héritage de l'esclavage, le statut de " minorité visible " et d'immigré de deuxième génération : que ressent-on lorsqu'on est considéré comme un étranger alors que l'on est né au Canada ? Lorsqu'on nous demande, inlassablement, " non, mais d'où viens-tu vraiment ? "
Il faut se pénétrer de l'idée que l'Aide, dans l'univers de l'informatique grand public, est purement factice. Elle fait penser à ces aliments en plastique ou en carton-pâte qui permettent aux petites filles de jouer à l'épicière. Mais les petites filles savent bien qu'elles ne peuvent pas manger ces objets. " Ici, l'auteur raconte les découvertes et mésaventures de l'usager moyen, et se demande comment faire pour que l'informatique et Internet, inventions géniales, ne servent pas à fabriquer des ignares et des aliénés. Comment éviter d'être les esclaves de ces machines. Bref, comment faire de l'ordinateur un domestique plutôt qu'un tyran.
Résumé : Et vous, quel geste vous trahit ? Il y a les gestes qui disent l'embarras, d'autres la satisfaction de soi, certains encore le simple plaisir d'exister, là maintenant, sur cette terre. Mais tous nous révèlent, dans nos gloires comme nos petitesses, nos amours comme nos détestations : le selfie, geste roi de nos vies modernes ; le " vapotage ", qui relègue l'art de fumer à un plaisir furtif, presque honteux ; les hommes de pouvoir qui se grattent le dessous de leur chaussette ; cette façon qu'on a parfois de tourner le volant avec la paume de la main bien à plat ; un verre qu'on tient à la main sans le boire...
Il était une fois, dans un grand bois, une pauvre bûcheronne et un pauvre bûcheron.Non non non non, rassurez-vous, ce n'est pas Le Petit Poucet ! Pas du tout. Moi-même, tout comme vous, je déteste cette histoire ridicule. Où et quand a-t-on vu des parents abandonner leurs enfants faute de pouvoir les nourrir ? Allons...Dans ce grand bois donc, régnaient grande faim et grand froid. Surtout en hiver. En été une chaleur accablante s'abattait sur ce bois et chassait le grand froid. La faim, elle, par contre, était constante, surtout en ces temps où sévissait, autour de ce bois, la guerre mondiale.La guerre mondiale, oui oui oui oui oui.J.-Cl. G.Prix spécial du jury du prix des Libraires 2019.Prix des lecteurs L'Express/BFMTV 2019.
Résumé : " Vous vous demandez sans doute ce que je fais dans la chambre de ma mère. Moi, le professeur de lettres de l'Université catholique de Louvain. Qui n'a jamais trouvé à se marier. Attendant, un livre à la main, le réveil possible de sa génitrice. Une maman fatiguée, lassée, ravinée par la vie et ses aléas. La Peau de chagrin, de Balzac, c'est le titre de cet ouvrage. Une édition ancienne, usée jusqu'à en effacer l'encre par endroits. Ma mère ne sait pas lire. Elle aurait pu porter son intérêt sur des centaines de milliers d'autres ouvrages. Alors pourquoi celui-là ? Je ne sais pas. Je n'ai jamais su. Elle ne le sait pas elle-même. Mais c'est bien celui-ci dont elle me demande la lecture à chaque moment de la journée où elle se sent disponible, où elle a besoin d'être apaisée, où elle a envie tout simplement de profiter un peu de la vie. Et de son fils. "