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Lectures politiques des mythes littéraires au XXe siècle
Parizet Sylvie
PARIS OUEST
24,99 €
Épuisé
EAN :9782840160403
Nous sommes portes a admirer les figures littéraires que la tradition nous a léguées. Dans un même temps, un mouvement de répulsion nous saisit lorsqu'on songe à la façon dont les politiques de tous bords ont pu utiliser certains grands récits mythiques. Mais peut-on raisonnablement croire en une continuité entre le texte littéraire, qui serait d'essence noble, et la vie politique, qui ferait un vil usage de ce précieux héritage? La distinction n'est pas si tranchée, et c'est précisément cette ambivalence des ?uvres d'art - poèmes, romans, pièces de théâtre, opéras ou films - qui s'avère intéressante. Si les mythes, qui possèdent souvent une dimension religieuse ou sacrée à l'origine, mettent en lumière des enjeux philosophiques, éthiques et métaphysiques, ils sont aussi porteurs d'une réflexion d'ordre politique. Cet ouvrage explore les arcanes de ces lectures politiques des mythes littéraires, peu étudiées jusqu'à présent, en privilégiant une période particulièrement mouvementée: le XXe siècle. La Révolution russe, l'éclatement de l'Europe en 1918, la naissance de "l'Empire américain", la montée des totalitarismes, la Shoah, Hiroshima, la décolonisation ou la guerre froide sont autant de douloureuses remises en question dont on trouve l'écho dans des ?uvres qui font appel à de grandes figures mythiques "revisitées".
Résumé : Orgueil, confusion, chaos, voilà ce qu'évoque Babel dans l'imaginaire collectif, et plus encore aujourd'hui où elle est devenue l'emblème des désordres de l'époque moderne. Ce mythe qui, à la fois, déplore la fin de la langue unique et consacre la pluralité des langues, à des enjeux littéraires, philosophiques et surtout politiques. Dès lors, il n'est rien d'étonnant à voir resurgir Babel en un siècle qui fut celui des totalitarismes. Mallarmé, James, Kafka, Joyce, Dos Passos, Musil, Céline, Adonis... Nombre d'écrivains du XXème siècle, se sont attachés à faire revivre les multiples facettes de ce mythe. Mais il s'agit moins d'une reprise que d'une réinterprétation. A l'ancien défi lancé contre Dieu, au projet mégalomaniaque d'un pouvoir mondialisé et uniformisé, s'est désormais substitué un nouveau défila féconde acceptation de la pluralité des mondes, des langues, des cultures.
Biographie de l'auteur Claude Vigée est né à Bischwiller en Alsace en 1921. Poète, essayiste, conteur, diariste, traducteur, il a enseigné quarante ans la littérature comparée en Nouvelle-Angleterre et à l'Université hébraïque de Jérusalem. Auteur d'une uvre considérable, Le Soleil sous la mer, La lune d'hiver, Un panier de houblon, Aux portes du labyrinthe, il a reçu de nombreuses distinctions. Citons seulement le prix international Johann-Peter Hebel (1984), le grand prix de poésie de l'Académie française (1996), le prix Würth pour la littérature européenne (Stuttgart, 2002) et le prix de I'Amitié judéo-chrétienne de France, (Paris, 2006). Sylvie Parizet enseigne la littérature comparée à l'université de Paris X-Nanterre. Spécialiste du mythe de Babel, qui a fait l'objet de sa thèse de doctorat, elle poursuit ses recherches en étudiant l'influence de l'inspiration biblique sur la littérature contemporaine.
Poète, mais aussi essayiste, herméneute, diariste et traducteur, lauréat de prix prestigieux, Claude Vigée a publié une soixantaine d'ouvrages - du recueil inaugural intitulé La Lutte avec l'Ange (1950) à ce tout récent "judan" qu'est La Double Voix (2010). En 2008, son oeuvre a été couronnée par la " Bourse Goncourt de la poésie ", et ses poèmes réédités en un important volume, Mon heure sur la terre. Poésies complètes 1936-2008. Le temps semblait donc venu de rendre hommage au poète par un recueil d'études qui s'attache à cerner le souffle qui anime cette poésie riche de sept décennies d'écriture. Des travaux rassemblés dans cet ouvrage, on retiendra la figure du " poète qui éclaire la nuit ", qu'il s'agisse de ces " leçons de lumière " que sont les épiphanies musicales, la chair, la mémoire et le silence, ou de ces " clairs-obscurs " que tissent de grandes figures bibliques tels Abraham, Ruth, Jonas ou Jacob. Mais ce sont aussi, dans un esprit comparatiste, les liens que l'oeuvre de Claude Vigée entretient avec de grands écrivains étrangers, qui sont étudiés ici. Le poète ne cesse d'être en dialogue avec d'autres voix - comme celles de Hölderlin, Celan, Hopkins ou T. S. Eliot, ou encore celle d'Hegel, " ennemi intime " - et avec d'autres langues comme l'alsacien et l'hébreu. Le volume se clôt ainsi sur l'étude de ces deux phares que sont l'Alsace et la terre de Judée, source de " lumières hébraïques ", pour situer le destin de Vigée parmi celui des " Français juifs " de son temps, et mettre au jour l'art du 'hidoush qui est le sien.
Qu'est-ce que l'amour ? Pour le médecin du Moyen Age, c'est une maladie obsessionnelle. Pour les salons galants du XVIIe siècle, c'est un jeu mondain dont les moindres étapes, du premier regard aux manières de rompre, sont codifiées en des traités ou des devinettes que s'échangent en souriant des marquises, derrière les plumes de leur éventail. A la même époque les dramaturges, à l'inverse, exaltent l'incandescente pureté de cet amour mortifère qui consume la Phèdre de Racine. Enfin, à la lumière du libertinage du XVIIIe siècle, le verbe aimer retombe comme en disgrâce, tendant à devenir un symbole du confort et de la frilosité bourgeoises. Un seul nom, Eros, mais cent visages, de cette monstrueuse beauté que la douce Psyché craint d'éclairer de sa lampe, à la mignardise des amours en stucs peuplant les plafonds baroques. Eros volubile donc, pour voyager, voire s'égarer, dans cette carte du tendre, de l'Espagne à la France, du Moyen Age aux Lumières.
Jibokji Joséphine ; Maître Barbara le ; Pernac Nat
Architectures grandioses, expositions médiatisées à outrance et instituées en rituels saisonniers, le musée est aujourd'hui investi d'une attractivité touristique et d'une charge patrimoniale, politique, symbolique sans précédent. Ce qui s'y monnaye est-il cette "monnaie de l'absolu" dont André Malraux célébra l'universalité? L'interrogation court tout au long de cet ouvrage qui choisit le prisme du cinéma de fiction pour revisiter le musée, dans ses missions et mythologies traditionnelles mais aussi dans ses coulisses et sa violence. Au final, les intrigues muséales tramées entre autres par Michael Curtiz, Tsai Ming-liang, Jean-Luc Godard, les frères Quay, Sanjay Gadhvi, Marco Bellocchio ou Charles Crichton sondent notre rapport fétichiste à l'oeuvre d'art et notre regard sur le patrimoine. A travers des analyses subtiles et décapantes, muséologues, historiens de l'art et du cinéma nouent un dialogue qui atteste la puissance discursive de la fiction. Il en naît aussi une éclatante relance théorique sur les fonctions du musée, sur les valeurs qui s'y transmettent, s'y échangent, s'y révisent et s'y réinventent.
La première partie de l'ourvage : La contribution de philosophie politique de Stéphane Haber met en discussion la trilogie que Schmitt considère comme fondatrice des sociétés politiques : prendre/partager/exploiter, pour en proposer une alternative : donner/posséder et gérer en commun/préserver, en s'appuyant notamment sur l'anthropologie du don et la théorie des communs. Sa conclusion vise néanmoins à mettre en garde contre toute tentative de réduction du réel à un modèle théorique pur. Le chapitre écrit par Pierre Crétois considérant la philosophie du droit de propriété, critique l'approche courante selon laquelle le droit de propriété comme contrôle absolu de l'individu sur son bien est un élément essentiel d'une théorie de la justice. Il montre que les différentes formes d'appropriation expriment et régulent des relations sociales quant aux ressources. Maxime Desmarais-Tremblay, proposant une étude de philosophie de l'économie, analyse, dans sa contribution, les prolongements qu'a connus un des concepts dû à Richard A. Musgrave, ayant fait l'objet d'une forte polémique parmi les économistes, à savoir celui de "bien méritoire" . En particulier, il vise à clarifier les différents arguments ayant été mobilisés jusqu'à aujourd'hui pour justifier la non-appropriation privative de ce type de biens. Martin Deleixhe, se plaçant sur le terrain de la théorie politique, met en lumière l'intérêt des tenants de la démocratie radicale pour les biens communs, pour autant que ces derniers sont associés à une autogestion durable de la production, réinstituant les parties prenantes en maîtres de leur propre destin. L'autogestion des biens communs apparaît alors comme la forme de référence du renouvellement des pratiques démocratiques. La deuxième partie de l'ouvrage : Tout d'abord, Léa Eynaud, entend revenir sur le problème de la fondation politique de la catégorie de biens communs. Plus précisément, son article vise, au travers d'une approche de sociologie pragmatiste, à étudier les pratiques d'acteurs qui s'engagent à contre-sens de la privatisation des ressources, notamment avec les cas d'une coopérative de fourniture d'énergie renouvelable (Enercoop) et d'une ressourcerie. Rémi Schweizer, quant à lui, se propose de revenir aux expériences historiques des communs en les explorant sous l'angle des dynamiques d'appropriation qu'elles impliquent. L'enjeu consiste à repartir du terrain pour en tirer certains enseignements pour les communs modernes. Le cas des Alpes suisses est pour ce faire mobilisé : à travers l'exemple des Bisses Valaisans, c'est-à-dire d'un réseau d'eau entretenu et utilisé au sein d'une communauté agricole. Loin d'échapper aux logiques d'appropriation et d'exclusion, l'enchevêtrement de droits qui accompagnent l'exploitation des bisses ne repose ni sur une négation de la propriété, ni sur une subversion qui romprait avec une tradition exclusiviste. Les bisses se rapprochent au contraire, à certains égards, de biens clubs au sein et à la marge desquels les relations de pouvoir et les inégalités doivent être interrogées. Le texte de la politiste, Eleonora Gentilucci, présente les arguments des opposants à la "biopiraterie" , cette appropriation privée de semences qui sont considérées comme un bien commun de l'humanité. Un panorama des actions menées face à cette menace pour la biodiversité entend montrer l'efficacité de cette action quand elle est d'abord menée au niveau local. Natalia Frozel Barros, enfin, fait une analyse politique l'évolution du principe juridique de patrimoine commun de l'humanité gérant les ressources minières des fonds marins. D'abord élaboré dans un souci de communalisation de ces fonds, qui visait à empêcher une appropriation par les Etats, à réduire les inégalités internationales, et même à promouvoir la paix mondiale, celui-ci s'est orienté vers la possibilité d'une marchandisation et d'une appropriation étatique qui ne dit pas son nom. L'auteur mène cette étude en analysant les discours des négociateurs, qui disent vouloir s'adapter à la conjoncture internationale alors que ce sont eux qui participent de cette évolution libérale.
Artémidore n’est pas un philosophe, mais il s’occupe d’une question, la mantique, qui n’était pas étrangère aux philosophes de l’Antiquité. La divination par les songes ou toute autre divination fait partie des préoccupations des philosophes et particulièrement de la philosophie dominante sous l’Empire, le stoïcisme, ou même d’adversaires de la divination comme les Epicuriens. L’arrière-plan quasi idéologique de la sympathie universelle qui régit non seulement la pratique onirocritique telle que l’entend Artémidore, mais aussi bien un autre type de mantique, la divination par l’astrologie, ne saurait conduire à qualifier notre auteur de stoïcien. Les rêves, dans toutes les cultures, et depuis la plus haute Antiquité, ont de multiples usages, qui dépendent du sens qu’on leur donne. Leur interprétation est souvent considérée comme l’une des formes de la divination. Elle est attestée par les textes littéraires et a fait naître une littérature technique riche d’enseignements sur la société de l’époque et son imaginaire. Il ne s’agit donc pas seulement d’une constante psychologique, mais aussi de traditions culturelles multiples, qui ont chacune leur propre histoire et entrent à de nombreuses reprises en contact les unes avec les autres.
Résumé : " Il y a des dates qui comptent, d'autres qui tombent en poussière. Tandis que 1896 ou 1907 se laissent oublier et ne marquent plus pour nous que des heures surannées, 1900 est une échéance, un jubilé, noces d'or du passé et de l'avenir ". C'est en orfèvre que Paul Morand célébrait 1900, trente ans après. Entre temps il aura été un des héraults des Années folles et, tout particulièrement, de l'année 1925, qui tout autant que 1900 a marqué une échéance et s'est vite imposée à la mémoire collective comme une année mythique. Étonnante et durable fortune ! Entre l'armistice de 1918 et la crise de 1929, les années vingt, profondément marquées par les horreurs de la Grande Guerre, présentent un singulier mélange de désarroi, de révolte et de frivolité. À la fin des combats qui ont dévasté l'Europe, tout un monde s'écroule, plongeant modèles et valeurs dans une crise durable. En cette période d'extraordinaire effervescence, la table rase et l'expérimentation sans tabous sont à l'ordre du jour. Les moeurs oscillent entre deux tendances fortes : émancipation et détraquement. Amour et libertinage jouent à cache-cache aux quatre coins de l'Europe galante. Discréditée par un conflit qu'elle a provoqué ou qu'elle n'a pas su empêcher, la politique hésite entre les tentations du communisme et du fascisme. Et la littérature, gagnée elle aussi par la difficulté d'être, cherche les voies de son renouvellement. Pour restituer l'esprit de cette époque qui à tant d'égards dialogue avec la nôtre, il fallait remplir deux conditions. Réunir, en premier lieu, des recherches travaillant dans des disciplines différentes. Se croisent ici des travaux de spécialistes d'architecture et de cinéma, de littérature française et de littérature comparée, d'études anglo-américaines et de Kulturwissenschaft, des hispanistes et des slavistes, des italianistes et des historiens du sport. D'autre part, il était indispensable de faire appel à des spécialistes internationaux.