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LE DEFI DE BABEL - UN MYTHE LITTERAIRE POUR LE XXIE
PARIZET SYLVIE
DESJONQUERES
20,10 €
Épuisé
EAN :9782843210334
Orgueil, confusion, chaos, voilà ce qu'évoque Babel dans l'imaginaire collectif, et plus encore aujourd'hui où elle est devenue l'emblème des désordres de l'époque moderne. Ce mythe qui, à la fois, déplore la fin de la langue unique et consacre la pluralité des langues, à des enjeux littéraires, philosophiques et surtout politiques. Dès lors, il n'est rien d'étonnant à voir resurgir Babel en un siècle qui fut celui des totalitarismes. Mallarmé, James, Kafka, Joyce, Dos Passos, Musil, Céline, Adonis... Nombre d'écrivains du XXème siècle, se sont attachés à faire revivre les multiples facettes de ce mythe. Mais il s'agit moins d'une reprise que d'une réinterprétation. A l'ancien défi lancé contre Dieu, au projet mégalomaniaque d'un pouvoir mondialisé et uniformisé, s'est désormais substitué un nouveau défila féconde acceptation de la pluralité des mondes, des langues, des cultures.
Qu'est-ce que l'amour ? Pour le médecin du Moyen Age, c'est une maladie obsessionnelle. Pour les salons galants du XVIIe siècle, c'est un jeu mondain dont les moindres étapes, du premier regard aux manières de rompre, sont codifiées en des traités ou des devinettes que s'échangent en souriant des marquises, derrière les plumes de leur éventail. A la même époque les dramaturges, à l'inverse, exaltent l'incandescente pureté de cet amour mortifère qui consume la Phèdre de Racine. Enfin, à la lumière du libertinage du XVIIIe siècle, le verbe aimer retombe comme en disgrâce, tendant à devenir un symbole du confort et de la frilosité bourgeoises. Un seul nom, Eros, mais cent visages, de cette monstrueuse beauté que la douce Psyché craint d'éclairer de sa lampe, à la mignardise des amours en stucs peuplant les plafonds baroques. Eros volubile donc, pour voyager, voire s'égarer, dans cette carte du tendre, de l'Espagne à la France, du Moyen Age aux Lumières.
Plus qu'aucune autre oeuvre, le texte biblique est reçu à travers un "filtre", celui des diverses traditions religieuses qui en ont assuré la diffusion. Mais comment l'imaginaire des écrivains fonctionne-t-il, lorsqu'il les conduit à faire appel à des réminiscences, conscientes ou inconscientes, de la Bible? Jusqu'à quel point les poèmes, pièces ou romans ainsi créés sont-ils marqués par des siècles de commentaires exégétiques? Le parcours proposé nous invite à examiner les oeuvres d'écrivains de diverses confessions, à travers toute l'Europe, mais aussi dans les Caraïbes ou en Amérique du Sud. Outre de célèbres "phares" du XIXe siècle (Blake, Pouchkine, Rimbaud, Dickens) et du XXe siècle (Claudel, Thomas Mann, Nelly Sachs, Paul Celan), ce livre s'intéresse aussi à la création plus contemporaine, avec des études sur quelques auteurs majeurs d'aujourd'hui comme l'Argentin Juan Gelman ou le romancier israélien d'origine russe Leonid Guirchovitch. Grâce à la richesse des oeuvres abordées, c'est la nature des enjeux propres à la littérature moderne qui se trouve ainsi examinée sous un jour nouveau.
Poète, mais aussi essayiste, herméneute, diariste et traducteur, lauréat de prix prestigieux, Claude Vigée a publié une soixantaine d'ouvrages - du recueil inaugural intitulé La Lutte avec l'Ange (1950) à ce tout récent "judan" qu'est La Double Voix (2010). En 2008, son oeuvre a été couronnée par la " Bourse Goncourt de la poésie ", et ses poèmes réédités en un important volume, Mon heure sur la terre. Poésies complètes 1936-2008. Le temps semblait donc venu de rendre hommage au poète par un recueil d'études qui s'attache à cerner le souffle qui anime cette poésie riche de sept décennies d'écriture. Des travaux rassemblés dans cet ouvrage, on retiendra la figure du " poète qui éclaire la nuit ", qu'il s'agisse de ces " leçons de lumière " que sont les épiphanies musicales, la chair, la mémoire et le silence, ou de ces " clairs-obscurs " que tissent de grandes figures bibliques tels Abraham, Ruth, Jonas ou Jacob. Mais ce sont aussi, dans un esprit comparatiste, les liens que l'oeuvre de Claude Vigée entretient avec de grands écrivains étrangers, qui sont étudiés ici. Le poète ne cesse d'être en dialogue avec d'autres voix - comme celles de Hölderlin, Celan, Hopkins ou T. S. Eliot, ou encore celle d'Hegel, " ennemi intime " - et avec d'autres langues comme l'alsacien et l'hébreu. Le volume se clôt ainsi sur l'étude de ces deux phares que sont l'Alsace et la terre de Judée, source de " lumières hébraïques ", pour situer le destin de Vigée parmi celui des " Français juifs " de son temps, et mettre au jour l'art du 'hidoush qui est le sien.
Avec ce quatrième numéro de l'année 2021 s'achève l'année du centenaire de la RLC. Expressément consacré aux autres revues comparatistes actuellement vivantes sur l'ensemble de la planète, il regroupe quatre-vingt-cinq titres, sans prétendre être exhaustif. Il s'ouvre avec un article consacré aux "premières revues comparatistes du XIXe siècle" , dont aucune n'est allée au-delà de 1910. A la fin de la Grande Guerre et à la suite de traités de paix porteurs de clauses sources de chaos que ces traités prétendaient éliminer, la situation n'était pas favorable à la multiplication de revues comparatistes à l'instar de la RLC, fondée au début de la période qu'on appellera ensuite celle de "l'entre-deux-guerres" . Une "Revue internationale des problèmes généraux de la littérature" lancée en 1938 en Hongrie sous le titre Helicon doit s'arrêter en 1943. A cette date, la RLC observe depuis 1940 un silence délibéré qui durera jusqu'en 1945, mais au Danemark, précisément en 1943, est créée Orbis litterarum, qui marque le début d'une floraison de publications comparatistes. Les revues sont classées dans le sommaire selon l'ordre alphabétique des pays où elles sont publiées à l'exception de la revue de l'AILC/ICLA, par définition internationale. Un tableau les range ci-après dans l'ordre chronologique de leur apparition. Cette double présentation permettra aux lecteurs, nous l'espérons, de naviguer plus aisément dans un ensemble riche d'informations, porteur d'une documentation importante sur le développement du comparatisme dans le monde.
Garcia-Baquero Gonzalez Antoni ; Bennassar Bartolo
Dès la découverte du Nouveau Monde, un intense trafic s'instaura entre les possessions européennes et les royaumes d'outre-mer du souverain des Espagnes. Il reçut le nom de Carrera de Indias : la Route des Indes occidentales, c'est-à-dire des Amériques. Ainsi naissait un réseau d'échanges aux dimensions de la planète, archétype de tous les systèmes économiques mondiaux ultérieurs : escortées par les galions, ses flottes transportaient par-delà l'Océan commerçants, aventuriers, militaires et missionnaires, épices, étoffes, armes, alcools, cuirs, perles, or et argent surtout, mais esclaves aussi. Mettant en rapport les hommes, les cultures et les denrées d'Europe, d'Afrique et d'Amérique, la Carrera de Indias fut un phénomène fondateur du monde moderne, que les esprits drapèrent du prestige du mythe. Ce livre en offre la première synthèse générale. Il fait le tableau des trois siècles du monopole espagnol, exercé depuis Séville d'abord et Cadix ensuite. Depuis l'aube du XVIe siècle jusqu'au crépuscule du XVIIIe ce trafic est envisagé dans ses aspects juridiques, administratifs et financiers, mais aussi dans son déroulement réel, à travers tempêtes, guerres, piraterie, variant au gré des progrès techniques et des vicissitudes économiques. Au fil de l'analyse se révèle la réalité d'une entreprise prodigieuse, compromis instable entre prétentions royales, ambitions négociantes, avidités étrangères et astreintes naturelles, ranimée sans relâche par les illusions fascinantes des imaginations éblouies.
Les conquêtes d'Alexandre répandirent le grec jusqu'aux confins de l'Ancien Monde. Outre les Hellènes, des Egyptiens, des Syriens, des Hébreux, des Romains même allaient commercer, composer, chanter, philosopher et dogmatiser dans la langue nouvelle. Cette carrière universelle qui s'ouvrait à la culture née jadis en Hellade inaugura un nouvel âge, cette époque dite " hellénistique " qui allait assister aussi au bouleversement de l'ordre politique du monde : les cités-Etats de l'âge classique s'effacèrent devant les grandes monarchies des successeurs d'Alexandre, lesquelles à leur tour durent se fondre dans la domination romaine. C'est l'histoire de cette révolution culturelle que retrace le présent ouvrage, suite de l'Histoire de la littérature grecque d'Homère à Aristote publiée dans la même collection. Il évoque notamment toutes les formes nouvelles de culture qui, surgissant au cours de cet âge nouveau, en font le père de la modernité : la chronique se transforme avec Polybe en histoire universelle, elle-même charpentée par la première philosophie de l'histoire, d'inspiration stoïcienne ; Plutarque invente la réflexion historique, cependant que les lettres voient naître le roman, la poésie bucolique, la comédie de m?urs, la vogue de la satire et de la parodie. La science, avec Archimède et Ptolémée, accomplit des progrès décisifs, tandis que la philosophie procède à de vastes synthèses prétendant rendre compte de l'ordre du cosmos.Enfin l'époque hellénistique accueille avec ferveur les cultes orientaux, qui viennent s'unir aux traditions locales pour créer des formes syncrétiques de religiosité nouvelle. La principale de ces religions est le christianisme, qui use du grec pour propager son message dans tout le bassin méditerranéen. La façon dont il se mêle à l'héritage culturel hellénique, notamment à sa philosophie néoplatonicienne, est déterminante pour toute la civilisation ultérieure. Cette vaste aventure de l'esprit est dépeinte dans un récit qui, alliant la richesse à la clarté, révèle les racines de l'Occident moderne.