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Eros volubile. Les métamorphoses de l'amour du Moyen Age aux Lumières
Parizet Sylvie
DESJONQUERES
26,30 €
Épuisé
EAN :9782843210259
Qu'est-ce que l'amour ? Pour le médecin du Moyen Age, c'est une maladie obsessionnelle. Pour les salons galants du XVIIe siècle, c'est un jeu mondain dont les moindres étapes, du premier regard aux manières de rompre, sont codifiées en des traités ou des devinettes que s'échangent en souriant des marquises, derrière les plumes de leur éventail. A la même époque les dramaturges, à l'inverse, exaltent l'incandescente pureté de cet amour mortifère qui consume la Phèdre de Racine. Enfin, à la lumière du libertinage du XVIIIe siècle, le verbe aimer retombe comme en disgrâce, tendant à devenir un symbole du confort et de la frilosité bourgeoises. Un seul nom, Eros, mais cent visages, de cette monstrueuse beauté que la douce Psyché craint d'éclairer de sa lampe, à la mignardise des amours en stucs peuplant les plafonds baroques. Eros volubile donc, pour voyager, voire s'égarer, dans cette carte du tendre, de l'Espagne à la France, du Moyen Age aux Lumières.
Résumé : Orgueil, confusion, chaos, voilà ce qu'évoque Babel dans l'imaginaire collectif, et plus encore aujourd'hui où elle est devenue l'emblème des désordres de l'époque moderne. Ce mythe qui, à la fois, déplore la fin de la langue unique et consacre la pluralité des langues, à des enjeux littéraires, philosophiques et surtout politiques. Dès lors, il n'est rien d'étonnant à voir resurgir Babel en un siècle qui fut celui des totalitarismes. Mallarmé, James, Kafka, Joyce, Dos Passos, Musil, Céline, Adonis... Nombre d'écrivains du XXème siècle, se sont attachés à faire revivre les multiples facettes de ce mythe. Mais il s'agit moins d'une reprise que d'une réinterprétation. A l'ancien défi lancé contre Dieu, au projet mégalomaniaque d'un pouvoir mondialisé et uniformisé, s'est désormais substitué un nouveau défila féconde acceptation de la pluralité des mondes, des langues, des cultures.
Poète, mais aussi essayiste, herméneute, diariste et traducteur, lauréat de prix prestigieux, Claude Vigée a publié une soixantaine d'ouvrages - du recueil inaugural intitulé La Lutte avec l'Ange (1950) à ce tout récent "judan" qu'est La Double Voix (2010). En 2008, son oeuvre a été couronnée par la " Bourse Goncourt de la poésie ", et ses poèmes réédités en un important volume, Mon heure sur la terre. Poésies complètes 1936-2008. Le temps semblait donc venu de rendre hommage au poète par un recueil d'études qui s'attache à cerner le souffle qui anime cette poésie riche de sept décennies d'écriture. Des travaux rassemblés dans cet ouvrage, on retiendra la figure du " poète qui éclaire la nuit ", qu'il s'agisse de ces " leçons de lumière " que sont les épiphanies musicales, la chair, la mémoire et le silence, ou de ces " clairs-obscurs " que tissent de grandes figures bibliques tels Abraham, Ruth, Jonas ou Jacob. Mais ce sont aussi, dans un esprit comparatiste, les liens que l'oeuvre de Claude Vigée entretient avec de grands écrivains étrangers, qui sont étudiés ici. Le poète ne cesse d'être en dialogue avec d'autres voix - comme celles de Hölderlin, Celan, Hopkins ou T. S. Eliot, ou encore celle d'Hegel, " ennemi intime " - et avec d'autres langues comme l'alsacien et l'hébreu. Le volume se clôt ainsi sur l'étude de ces deux phares que sont l'Alsace et la terre de Judée, source de " lumières hébraïques ", pour situer le destin de Vigée parmi celui des " Français juifs " de son temps, et mettre au jour l'art du 'hidoush qui est le sien.
Nous sommes portes a admirer les figures littéraires que la tradition nous a léguées. Dans un même temps, un mouvement de répulsion nous saisit lorsqu'on songe à la façon dont les politiques de tous bords ont pu utiliser certains grands récits mythiques. Mais peut-on raisonnablement croire en une continuité entre le texte littéraire, qui serait d'essence noble, et la vie politique, qui ferait un vil usage de ce précieux héritage? La distinction n'est pas si tranchée, et c'est précisément cette ambivalence des ?uvres d'art - poèmes, romans, pièces de théâtre, opéras ou films - qui s'avère intéressante. Si les mythes, qui possèdent souvent une dimension religieuse ou sacrée à l'origine, mettent en lumière des enjeux philosophiques, éthiques et métaphysiques, ils sont aussi porteurs d'une réflexion d'ordre politique. Cet ouvrage explore les arcanes de ces lectures politiques des mythes littéraires, peu étudiées jusqu'à présent, en privilégiant une période particulièrement mouvementée: le XXe siècle. La Révolution russe, l'éclatement de l'Europe en 1918, la naissance de "l'Empire américain", la montée des totalitarismes, la Shoah, Hiroshima, la décolonisation ou la guerre froide sont autant de douloureuses remises en question dont on trouve l'écho dans des ?uvres qui font appel à de grandes figures mythiques "revisitées".
Plus qu'aucune autre oeuvre, le texte biblique est reçu à travers un "filtre", celui des diverses traditions religieuses qui en ont assuré la diffusion. Mais comment l'imaginaire des écrivains fonctionne-t-il, lorsqu'il les conduit à faire appel à des réminiscences, conscientes ou inconscientes, de la Bible? Jusqu'à quel point les poèmes, pièces ou romans ainsi créés sont-ils marqués par des siècles de commentaires exégétiques? Le parcours proposé nous invite à examiner les oeuvres d'écrivains de diverses confessions, à travers toute l'Europe, mais aussi dans les Caraïbes ou en Amérique du Sud. Outre de célèbres "phares" du XIXe siècle (Blake, Pouchkine, Rimbaud, Dickens) et du XXe siècle (Claudel, Thomas Mann, Nelly Sachs, Paul Celan), ce livre s'intéresse aussi à la création plus contemporaine, avec des études sur quelques auteurs majeurs d'aujourd'hui comme l'Argentin Juan Gelman ou le romancier israélien d'origine russe Leonid Guirchovitch. Grâce à la richesse des oeuvres abordées, c'est la nature des enjeux propres à la littérature moderne qui se trouve ainsi examinée sous un jour nouveau.
Garcia-Baquero Gonzalez Antoni ; Bennassar Bartolo
Dès la découverte du Nouveau Monde, un intense trafic s'instaura entre les possessions européennes et les royaumes d'outre-mer du souverain des Espagnes. Il reçut le nom de Carrera de Indias : la Route des Indes occidentales, c'est-à-dire des Amériques. Ainsi naissait un réseau d'échanges aux dimensions de la planète, archétype de tous les systèmes économiques mondiaux ultérieurs : escortées par les galions, ses flottes transportaient par-delà l'Océan commerçants, aventuriers, militaires et missionnaires, épices, étoffes, armes, alcools, cuirs, perles, or et argent surtout, mais esclaves aussi. Mettant en rapport les hommes, les cultures et les denrées d'Europe, d'Afrique et d'Amérique, la Carrera de Indias fut un phénomène fondateur du monde moderne, que les esprits drapèrent du prestige du mythe. Ce livre en offre la première synthèse générale. Il fait le tableau des trois siècles du monopole espagnol, exercé depuis Séville d'abord et Cadix ensuite. Depuis l'aube du XVIe siècle jusqu'au crépuscule du XVIIIe ce trafic est envisagé dans ses aspects juridiques, administratifs et financiers, mais aussi dans son déroulement réel, à travers tempêtes, guerres, piraterie, variant au gré des progrès techniques et des vicissitudes économiques. Au fil de l'analyse se révèle la réalité d'une entreprise prodigieuse, compromis instable entre prétentions royales, ambitions négociantes, avidités étrangères et astreintes naturelles, ranimée sans relâche par les illusions fascinantes des imaginations éblouies.
Résumé : L'histoire de Pygmalion, amoureux d'une statue que Vénus transforme en une femme vivante, avait été racontée par Ovide dans ses Métamorphoses. Ce mythe a été repris au XVIIIe siècle dans un grand nombre d'opéras, d'opéras comiques, de comédies, de parodies, de transpositions dans le monde moderne. Ces adaptations très variées, dont les plus intéressantes sont réunies dans notre recueil, reflètent l'esprit du XVIIIe siècle français dans sa diversité, son goût du plaisir et de la fête, sa réflexion sur les problèmes de l'éducation, ses hypothèses sur la formation du moi et de sa relation avec l'autre, sa pensée critique en matière de métaphysique et de religion.
La découverte du rhum a suivi celle de l'Amérique. Dès le XVIe siècle, les Espagnols, les Portugais puis les Français et les Anglais découvrent la possibilité d'obtenir à partir du jus de canne une boisson fortement alcoolisée. D'abord réservé à l'usage des Nègres, des boucaniers et de tous les rustres qui écument le Nouveau Monde, le rhum va connaître un succès grandissant, surtout en Europe et en Amérique. L'évolution de la production reste très liée aux bouleversements coloniaux.
Les conquêtes d'Alexandre répandirent le grec jusqu'aux confins de l'Ancien Monde. Outre les Hellènes, des Egyptiens, des Syriens, des Hébreux, des Romains même allaient commercer, composer, chanter, philosopher et dogmatiser dans la langue nouvelle. Cette carrière universelle qui s'ouvrait à la culture née jadis en Hellade inaugura un nouvel âge, cette époque dite " hellénistique " qui allait assister aussi au bouleversement de l'ordre politique du monde : les cités-Etats de l'âge classique s'effacèrent devant les grandes monarchies des successeurs d'Alexandre, lesquelles à leur tour durent se fondre dans la domination romaine. C'est l'histoire de cette révolution culturelle que retrace le présent ouvrage, suite de l'Histoire de la littérature grecque d'Homère à Aristote publiée dans la même collection. Il évoque notamment toutes les formes nouvelles de culture qui, surgissant au cours de cet âge nouveau, en font le père de la modernité : la chronique se transforme avec Polybe en histoire universelle, elle-même charpentée par la première philosophie de l'histoire, d'inspiration stoïcienne ; Plutarque invente la réflexion historique, cependant que les lettres voient naître le roman, la poésie bucolique, la comédie de m?urs, la vogue de la satire et de la parodie. La science, avec Archimède et Ptolémée, accomplit des progrès décisifs, tandis que la philosophie procède à de vastes synthèses prétendant rendre compte de l'ordre du cosmos.Enfin l'époque hellénistique accueille avec ferveur les cultes orientaux, qui viennent s'unir aux traditions locales pour créer des formes syncrétiques de religiosité nouvelle. La principale de ces religions est le christianisme, qui use du grec pour propager son message dans tout le bassin méditerranéen. La façon dont il se mêle à l'héritage culturel hellénique, notamment à sa philosophie néoplatonicienne, est déterminante pour toute la civilisation ultérieure. Cette vaste aventure de l'esprit est dépeinte dans un récit qui, alliant la richesse à la clarté, révèle les racines de l'Occident moderne.