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Nature morte dans un fossé
Paravidino Fausto
L ARCHE
11,00 €
Épuisé
EAN :9782851816177
Un patelin paumé entre Gênes et Milan. La nuit. Boy rentre de boîte. Emboutit la voiture dans un arbre. Descend, fait quelques pas, et découvre, dans un fossé, le cadavre de la jeune Elisa Orlando. La fête endiablée commence. L'enquête, menée par un vieux flic en crise et deux affidés pas trop futés, met à nu parents dérivant, dealers et teenagers, flics, putes et pègre. Nature morte dans un fossé décrit avec une précision médicale un monde où l'argent et la misère font couler sang et boue, sperme et sueur, larmes et vomissures. L'auteur, armé d'une connaissance solide de cet univers, fait la satire d'une jeunesse sans repères éthiques, logiques ou politiques. Une satire qui se lit comme le meilleur des polars. En dénonçant les travers de son monde sans acrimonie, en faisant un poème de sa colère, en refusant de disjoindre morale et politique, Paravidino marche sur les traces de Goldoni et de Dario Fo.
Qualifié souvent de «dernier pape du Moyen Age», Boniface VIII (1295-1303) est surtout resté dans les annales de l?Histoire comme l?infortuné pontife que les tribunaux du roi de France, Philippe le Bel, décrétèrent hérétique avant de chercher à porter atteinte à sa vie. Cette inconcevable offense devait bouleverser l?équilibre de la Chrétienté et précipiter l?exil de la papauté en Avignon. Issu d?une famille de petite noblesse du Latium, Benedetto Caetani est un clerc ambitieux qui, formé au droit et à la carrière diplomatique, se taille une place de cardinal de premier plan. Exploitant les faiblesses de son prédécesseur, Célestin V, il lui conseille habilement d?abdiquer, un acte encore extraordinaire, favorisant ainsi sa propre élection en 1295. Dès lors, Boniface va se faire le principal artisan de l?absolutisme pontifical, imposant avec beaucoup de fermeté la médiation de l?Église dans les conflits politiques qui déchirent alors la Chrétienté. Après les deux succès majeurs que sont la canonisation de saint Louis en 1297 et le jubilé de 1300, premier de l?histoire chrétienne, le pape se heurte de plein fouet à l?hostilité du roi de France, Philippe le Bel, qui cherche à affirmer sa propre autonomie en tant que chef d?État. La promulgation de l?intransigeante bulle Unam sanctam entraîne la condamnation de Boniface, accusé en outre de péchés graves tels que la sodomie. Capturé lors du fameux «attentat d?Anagni» par les troupes de Guillaume de Nogaret et des Colonna, une aristocratique famille romaine menacée par l?autoritarisme et le népotisme du pape, ce dernier s?enfuit de justesse et meurt un mois plus tard. Ses successeurs, otages du roi de France, n?auront d?autre choix que de s?exiler en Avignon pendant presque sept décennies (1309-1377). La fin tragique de ce pontificat et ses conséquences désastreuses mettent en évidence de façon particulièrement aiguë le débat fondamental qui devait agiter la Chrétienté pendant des siècles autour du pouvoir temporel de la papauté. Homme d?une intelligence supérieure, alliant une haute idée du pouvoir pontifical à une évidente volonté de puissance, Boniface VIII fit preuve d?une inventivité fertile, sur le plan de la symbolique, au service de son autorité. En témoignent son tombeau dans la basilique Saint-Pierre de Rome ou les nombreuses statues le représentant, vivants exemples d?auto-célébration. Sa cour fut aussi le foyer où de grands penseurs discutèrent de l?intégrité de la personne physique du pape et où des armées de médecins versés dans l?alchimie cherchèrent à prolonger sa vie terrestre en lui faisant ingurgiter de l?or. Dans une enquête digne du Nom de la Rose, Agostino Paravicini Bagliani traque, avec le souci du détail et la passion de l?archive qui le caractérisent, les moindres faits de la vie du pontife pour mieux en souligner la portée exceptionnelle, sans jamais se départir d?un sens du récit digne d?un romancier. Dans cette première biographie jamais consacrée à Boniface VIII, il n?a pas craint de se mesurer à la légende noire du pape, aujourd?hui encore mis à l?index de l?Église, allant jusqu?à conclure que son vif intérêt pour la dispute intellectuelle le poussa sans doute à se laisser séduire par des courants de pensée trop audacieux.
Résumé : La tension qui existe entre le corps physique du pape et sa très haute fonction religieuse fait l'objet, dès le milieu du XIe siècle, d'attentions neuves et multiples, dont témoignent le discours, le rituel, l'iconographie. A Paravicini Bagliani a étudié dans ce livre les dispositifs complexes qui se mettent en place durant tout le Moyen Age pour souligner cette opposition entre le corps mortel et l'institution immortelle. Une partie de ces dispositifs reste en place jusqu'à nos jours. Lors de la mort du pape, en particulier, les thèmes du caduc et du transitoire sont élaborés de manière plus radicale. Avec la nudité marquée du pape défunt, on souligne que " même le pape meurt ", alors que l'Eglise est éternelle. Pour arrêter les saccages habituels des Romains dans la maison pontificale, on fut amené à distinguer plus nettement entre le domaine privé du pape et l'institution papale. Pour marquer à l'inverse le pouvoir spirituel, le rituel incorpore toutes sortes d'éléments nouveaux de purification symbolique. Simultanément, l'intérêt croît pour le corps physique vivant du pape : papes et cardinaux montrent un vif intérêt pour la médecine et les sciences de la nature, avec l'espoir d'une possible prolongation de la vie, qui limiterait le caractère caduc et transitoire de la vie terrestre du pontife.
Né le 15 juin 1976 à Gênes, Fausto Paravidino a stupéfié l'Italie par l'étendue de son talent : acteur sur les planches et à l'écran, traducteur de Shakespeare et de Pinter, scénariste et, avant tout, auteur de pièces où, à chaque fois il expérimente une nouvelle forme dramatique. Les deux pièces que nous publions ici en témoignent. Elles nous parlent en effet, mais sur deux modes totalement opposés, du même sujet : la répression qui s'est abattue sur les manifestants alter-mondialistes lors du sommet du G8 à Gênes au printemps 2001. Répression illustrée par la mort du jeune Carlo Giuliani, tué par un carabinier. Gênes 01 est structuré par les voix de personnages qui commentent les événements, se les rappellent, et mènent l'enquête. Ces voix construisent un espace de discussion sur la scène. Peanuts n'a pas pour objet précis le sommet du G8. Mais la pièce traite davantage les problèmes soulevés par ces événements, les facteurs qui les ont permis. Elle se concentre sur une bande de copains, en amont et en aval du sommet. Elle est écrite en courtes scènes, comme les planches de la bande dessinée Peanuts, dont les personnages sont des avatars. La recette est surprenante, mais le résultat est remarquable : les répliques incisives, les jeux d'échos et de contrepoints entre les scènes des deux parties, l'humour côtoyant toujours l'horreur quotidienne ou policière. A la fin, il y a des méchants et des victimes - mais où sont les bons, où sont les justes ? On peut après tout refuser de cautionner une répression policière, mais ensuite ?
Fo Dario ; Cecchinato Toni ; Colchat Nicole ; Rame
Le nouveau dirigeant est arrivé et il nous a dit : "Bravo, vous avez bien fait de désobéir la dernière fois à l'autre dirigeant, qui après tout n'était qu'un révisionniste, un contre-révolutionnaire Vous avez bien fait ! Il faut toujours avoir les tigres avec soi quand l'ennemi est là. Mais à partir de maintenant, ce n'est plus nécessaire. L'ennemi est en fuite... Ramenez immédiatement les tigres dans la forêt." "Comment, encore ?" "Obéir au parti !" "Question de dialectique ?" "Evidemment !" "Bon, suffit !"
L'Amour de Phèdre semble occuper une position singulière parmi les pièces de Sarah Kane et il est de fait très rare qu'un auteur anglais adapte une pièce classique. L'adaptation s'intègre parfaitement dans l'univers de l'auteur : réapparaissent notamment la dissection d'une émotivité masculine malsaine et nihiliste, tout comme la question de Dieu et les conséquences de la violence.
Anéantis, la première pièce de la dramaturge anglaise fut créée en 1995 à Londres au Royal Court Theatre. La pièce comme l'auteur devenaient immédiatement célèbres, faisant les gros titres de la presse britannique parce qu'ils décrivaient le viol, la torture et la brutalité de cette guerre qu'on appelle civile.
Ce qu'il faut dire est une invitation à habiter ses spiritualités. Dans un monde où les nominations sont enjeux de domination, Léonora Miano invite à prendre ses responsabilités et ses distances quant aux assignations, véhiculées par la langue et les grands récits nationaux. Sa parole, d'une puissance poétique incisive, exhorte à la reconquête des mémoires pour Etre Tout simplement Soi. Requiem pour une vieille Europe des privilèges, ces trois chants sont à lire à voix haute, comme un hymne à la connaissance de soi.