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Le miroir aveugle
Parant Jean-Luc
ARGOL
18,00 €
Épuisé
EAN :9782370690135
Inquiétante étrangeté de l'expérience archaïque à laquelle Jean-Luc Parant convie qui pose son regard sur ce "miroir aveugle". Il s'agit de mettre en question ce qui fonde et soude chaque sujet parlant : l'illusion que mon corps, mon image et mon nom font un. Questionner l'évidence pourquoi mon autoportrait doit-il offrir un moi ravi à ma vue mais qui s'isole du regard de l'autre ? La confiance absolue, radicale que nous vouons à l'image dans le miroir vacille car questionner l'évidence évide l'évidence ; la révélation du dispositif conduit en deçà de la vue. Il reste à suivre le chemin : regarder non pas ce qui se présente devant mais en arrière aux yeux de l'esprit ; voir sans les yeux qui masquent notre propre regard et se saisir de ce qui est ravi au regard. De là logiquement se déduit le moteur de la quête de Jean-Luc Parant : la puissance du continu. Le voici, sorti du fantasme de la géométrie euclidienne, hors de la représentation, sorti du calcul de la distance, ainsi prend-il appui sur le voisinage et la proximité. Rares sont les artistes qui s'aventurent dans cette discipline des mathématiques qu'est la topologie, ici la continuité (textes, dessins, boules) non seulement se révèle mais constitue le socle de l'écriture. Cyrille Noir.
«Il propulse l?oeil hors de l?orbite et le voit voyant le monde : c?est qu?il traverse la matière impénétrable des yeux et de tout l?espace, est au visible ; il voit sans fin jusqu?à se voir. Et il écrit les yeux comme il substitue le visible au toucher ; la main de la nuit se rétracte dans le bras jusqu?à disparaître : elle pense et il pousse alors en elle le visible pour que les signes soient amoncellement d?yeux : il fait doublement exister l?intouchable là où commence la nuit. Et il ne fait jamais qu?appeler les yeux là où ils sont aveugles, prolonger le tout de la matière vivante pour se tenir au plus loin de la disparition.» Depuis plus de trente ans, l?oeuvre plastique et l?oeuvre poétique de Jean-Luc Parant, artiste inclassable et unique, réitèrent une même obsession qui «tourne autour» de l?oeil, du regard et plus loin de toutes les sphérités ; et le comble, c?est qu?il ne l?épuise pas cette obsession ; comme si à travers l?oeil, c?est la planète entière qui défilait, la planète ronde que l?on a sous nos pieds et celle intérieure ou objectivée, qu?on l?on a sur nos épaules. L?oeuvre de Jean-Luc Parant pourrait presque être structurée dans un immense livre unique, c?est un peu cette idée qui a présidé à la structure de ce livre qui en contient quatre. Les Yeux c?est donc quatre livres en un, quatre variations sur une même antienne, sur un même refrain qui chaque fois ajouterait du sens au refrain précédent.
Soleil double se compose de deux parties "jumelles" – le lisible et l'illisible – comportant chacune le même nombre de mots : 9514. Ce sont deux livres qui se regardent. Le premier texte est le "je" véritable, tandis que le second est celui qui se regarde dans le miroir où le reflet, est toujours différent de la réalité, le lisible. Le "je" disparaît du second livre, l'illisible. Le dernier paragraphe du premier volume est aussi le premier paragraphe du second et forme une ligne de crête au-delà de laquelle il n'est pas possible de s'élever. Cette unique phrase répétée est le sommet d'une montagne gravie puis redescendue d'un volume à l'autre. Comme le visible, partagé entre le lisible et l'illisible, est une montagne dont les pentes opposées donnent l'équilibre – le jour et la nuit – à notre pensée.
Résumé : Un jour, Gaston Chaissac a saisi un pinceau. Que se passa-t-il alors ? Rien. Nulle foule rassemblée, nulle pluie d'étoiles, nul craquement sinistre de la machine du monde. Je m'étonne décidément que les gestes les plus importants ne soient jamais perçus comme tels aussitôt par quelqu'une des innombrables antennes sensibles qui vibrent dans les airs. La nuit tomba sur ce jour comme sur tous les autres, avec indifférence. Le lendemain, enfin, les ennuis commencèrent. Voici le peintre maigre à la recherche d'un peu de santé pour lui-même. Mais c'est le monde alentour qui reprend des couleurs. Regardez-les : les tableaux de Chaissac ne seront jamais ces marqueterie desséchées devant quoi l'esthète se prosterne, dont le souffle bavard décolle une à une les écailles. Les peintures des enfants ne sont pas si pimpantes, et pourtant, sommes-nous assez obtus encore pour n'y rien comprendre et ne rien voir de la solitude et de l'effroi de l'homme né dans un cerne noir ?
Jean-Christophe Bailly a écrit Col trend dans le sillage des images de Bernard Plossu. Des photographies toutes prises dans des trains circulant un peu partout en Italie, exposées à Rome en 2001 et jusqu'ici inconnues en France.
Sous le même Je, sept personnages composent un drôle de roman familial, plutôt iconoclaste et bouleversant. Qu'il l'ait vécu ou non, David Besschops témoigne que le pire se porte bien ! Il écrit et vous coupe le souffle. J'ai six ans et je dispose les ustensiles doucement pour ne pas alerter mes frères. Je cuisine avec mes petites mains. J'urine. Je dépasse d'une tête mon bout de ficelle. J'éprouve immédiatement mon existence. La sérénité. Mon sexe n'est pas un petit trou où je me cache quand il pleut. Mais un instrument de travail. Bientôt je dégotte d'autres moyens de feindre l'existence. Respirer par exemple.
Résumé : Jean-Christophe Bailly : poésie, art, philosophie, théâtre, récits ? Réponses jusqu'ici éparses : ce pourquoi cc livre s'est construit selon ce que son litre indique. Fidèle à la singularité d'une oeuvre fondée sur l'expérience et hanter par une pensée du sensible, le livre en explore, en ricochant d'une surface à une autre, les différents aspects, tout en poursuivant la réflexion sur le langage qui la sous-tend.