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Soleil double. Le lisible, l'illisible
Parant Jean-Luc
FATA MORGANA
21,00 €
Épuisé
EAN :9782377920648
Soleil double se compose de deux parties "jumelles" – le lisible et l'illisible – comportant chacune le même nombre de mots : 9514. Ce sont deux livres qui se regardent. Le premier texte est le "je" véritable, tandis que le second est celui qui se regarde dans le miroir où le reflet, est toujours différent de la réalité, le lisible. Le "je" disparaît du second livre, l'illisible. Le dernier paragraphe du premier volume est aussi le premier paragraphe du second et forme une ligne de crête au-delà de laquelle il n'est pas possible de s'élever. Cette unique phrase répétée est le sommet d'une montagne gravie puis redescendue d'un volume à l'autre. Comme le visible, partagé entre le lisible et l'illisible, est une montagne dont les pentes opposées donnent l'équilibre – le jour et la nuit – à notre pensée.
Et ce texte jouit sans fin, les mots s'y tendent comme les mains se tendent pour caresser et embrasser la nuit : les signes s'accouplent avec le touchable pour presser les courbes de la terre comme les membres touchants s'unissent aux reliefs de l'obscurité pour creuser la matière et jouir en son sein. C'est la joie des yeux fermés, le déploiement des doigts amoureux de l'invisible. Les mots s'y tendent comme les yeux se tendent pour s'unir l'un l'autre et s'unir à la lumière : les signes s'accouplent entre eux et se projettent dans le feu du soleil comme les membres voyants fusionnent à la source du regard pour que naisse la vue, fusionnent avec le globe brûlant à l'extrémité du regard pour que naisse le visible. C'est la joie des yeux ouverts, le déroulement de l'oeil amoureux de son double et des yeux amoureux du visible. Et les mots glissent et s'éboulent comme sans ponctuation de la nuit au jour là où les yeux glissent et s'éboulent sans respiration, des doigts se déployant et étreignant l'obscurité aux yeux se déroulant, s'étreignant et étreignant la lumière. Parce que si les organes de la vue portent en eux la jouissance, de leur rétractation à leur déploiement, un texte sur les yeux porte l'accouplement jusque dans les mots et les yeux mêmes : des mots pénétrant la terre aux mots se pénétrant et pénétrant le soleil, et des yeux fermés dans la chair touchante aux yeux ouverts dans la chair voyante. Comme pour porter la jouissance jusqu'au vif d'elle-même dans sa traversée de la matière et du feu, de l'opacité et de la transparence.
Et ce texte jouit sans fin, les mots s'y tendent comme les mains se tendent pour caresser et embrasser la nuit : les signes s'accouplent avec le touchable pour presser les courbes de la terre comme les membres touchants s'unissent aux reliefs de l'obscurité pour creuser la matière et jouir en son sein. C'est la joie des yeux fermés, le déploiement des doigts amoureux de l'invisible. Les mots s'y tendent comme les yeux se tendent pour s'unir l'un l'autre et s'unir à la lumière : les signes s'accouplent entre eux et se projettent dans le feu du soleil comme les membres voyants fusionnent à la source du regard pour que naisse la vue, fusionnent avec le globe brûlant à l'extrémité du regard pour que naisse le visible. C'est la joie des yeux ouverts, le déroulement de l'oeil amoureux de son double et des yeux amoureux du visible. Et les mots glissent et s'éboulent comme sans ponctuation de la nuit au jour là où les yeux glissent et s'éboulent sans respiration, des doigts se déployant et étreignant l'obscurité aux yeux se déroulant, s'étreignant et étreignant la lumière. Parce que si les organes de la vue portent en eux la jouissance, de leur rétractation à leur déploiement, un texte sur les yeux porte l'accouplement jusque dans les mots et les yeux mêmes : des mots pénétrant la terre aux mots se pénétrant et pénétrant le soleil, et des yeux fermés dans la chair touchante aux yeux ouverts dans la chair voyante. Comme pour porter la jouissance jusqu'au vif d'elle-même dans sa traversée de la matière et du feu, de l'opacité et de la transparence.
Avec ce quatrième volume se poursuit l'oeuvre unique de Jean-Luc Parant.«Ce sont les yeux qui sont venus s'écrire, habitant l'écriture, l'usant comme d'une cavité où se loger, et jusqu'à ce que la chair des mots se confonde en chair voyante.Ainsi les mots s'ouvrent et déboulent sur les pages : comme des membres en fuite, ils se précipitent hors d'eux-mêmes, tirant sur leur propre chair jusqu'à dépasser les limites de leurs corps. Et ils roulent, se déroulent intensément ; ils se tendent et s'étendent immensément - se lovant dans l'espace des lignes, se mouvant dans les creux et sur les reliefs des pages jusqu'à leurs extrémités.C'est une immense traversée jusqu'à la cime des signes et l'horizon des lignes : celle de l'écriture qui réfléchit en miroir l'immense traversée des yeux sur la terre jusqu'à l'horizon.Et les mots glissent plus avant : ils courent et roulent plus vivement, battant des paupières, s'essoufflant et cillant comme pour reprendre leur souffle. Et ils se jettent, se projettent jusqu'au vertige ; ils sautent et bondissent jusqu'à perdre pied - enjambant les pages et se déployant au-delà. Ainsi lancés et élancés, ils volent, ailés, pris de vitesse et de légèreté.C'est une infinie volée sur les pages : celle de l'écriture qui se munit d'ailes pour refléter l'infinie volée des yeux dans les cieux jusqu'au feu du soleil.Ainsi, les mots marchent jusqu'à courir, courent jusqu'à voler, pris d'ivresse, ivres d'espace et de mobilité.Or ils restent toujours perchés sur les lignes, nichés et blottis dans leurs creux : toujours suspendus et immobiles - et pourtant si infiniment mobiles : battant de l'aile infiniment comme pour rouler de la terre au soleil. Toujours sans mouvement au coeur des pages mais basculant aussi de vertige, s'étoilant et étoilant leur chair à l'infini. Tout à la fois immobiles, comme en repos dans leur nid, et mobiles jusqu'à perte de vue ; tout à l'image des yeux, si étroitement abrités dans les orbites et pourtant si immensément projetés jusque dans le soleil.Et, ainsi, écrire sur les yeux jusqu'à ce que les yeux envahissent l'écriture. Comme pour porter jusque-là la chair voyante, pour la sentir et l'éprouver jusqu'à perdre souffle, intensément jusqu'au sein des signes.»
Né en 1944 à Tunis, Jean-Luc Parant, peintre et sculpteur, est l'auteur d'une ?uvre vaste et tout à fait singulière, encore mal perçue dans sa diversité et sa continuité. Depuis les premiers dessins de 1960 jusqu'aux " bibliothèques " et aux récentes " boules éclatées ", sa cohérence n'a pourtant pas échappé à des écrivains tels que Michel Butor, Henri Peshonnic, Pierre Bettencourt, Bernard Lamarche-Vadel, Jean-Marie Le Sidaner, Georges Prece, Jean Dubuffet, Michel Vachey, Eric Meunié... Ce parcours rétrospectif de l'?uvre, accompagné de textes de et sur Jean-Luc Parant, donne la dimension de cet artiste atypique, un des plus importants de sa génération.
L'art de Daniel de Montmollin - Frère (et fondateur) de la communauté de Taizé et aujourd'hui reconnu comme l'un des grands maîtres de la céramique - dépasse de loin la simple fabrique des objets. Son travail n'est pas celui de la recherche mais plutôt celui d'une perpétuelle interrogation, toujours à la croisée de la terre et du feu. La beauté qu'il nous offre est celle d'une découverte, "dispensatrice d'une joie qui traverse toute son oeuvre écrite". Ces quatre textes inédits cuisent les paradoxes de la poterie ? : sur le tour, "l'argile paraît immobile comme en un vivant repos. C'est là ce repos qui s'étend à l'être même du potier. "
Trois voyages : l'Andalousie, la Grèce et, tout récemment, l'Egypte, donnent naissance à trois proses qui sont, comme toujours avec Jaccottet, à la fois de poétiques notations d'instants privilégiés et de graves réflexions sur l'univers méditerranéen. Vignette de Pierre Tal Coat.
La coquetterie littéraire n'a point sa place ici. De cette attente "avant que l'horizontalité ne l'emporte sur tout le reste" , de cette agonie d'un homme sur le point de mourir, du quotidien d'un malade sans protection dans ce qu'il a de plus désarmant, décrits avec un prosaïsme délibéré, il ne reste que l'essentiel : une odeur evanescente ou une sensation diffuse.