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Les yeux quatre. L'Envolement des yeux
Parant Jean-Luc
CORTI
18,25 €
Épuisé
EAN :9782714309211
Avec ce quatrième volume se poursuit l'oeuvre unique de Jean-Luc Parant.«Ce sont les yeux qui sont venus s'écrire, habitant l'écriture, l'usant comme d'une cavité où se loger, et jusqu'à ce que la chair des mots se confonde en chair voyante.Ainsi les mots s'ouvrent et déboulent sur les pages : comme des membres en fuite, ils se précipitent hors d'eux-mêmes, tirant sur leur propre chair jusqu'à dépasser les limites de leurs corps. Et ils roulent, se déroulent intensément ; ils se tendent et s'étendent immensément - se lovant dans l'espace des lignes, se mouvant dans les creux et sur les reliefs des pages jusqu'à leurs extrémités.C'est une immense traversée jusqu'à la cime des signes et l'horizon des lignes : celle de l'écriture qui réfléchit en miroir l'immense traversée des yeux sur la terre jusqu'à l'horizon.Et les mots glissent plus avant : ils courent et roulent plus vivement, battant des paupières, s'essoufflant et cillant comme pour reprendre leur souffle. Et ils se jettent, se projettent jusqu'au vertige ; ils sautent et bondissent jusqu'à perdre pied - enjambant les pages et se déployant au-delà. Ainsi lancés et élancés, ils volent, ailés, pris de vitesse et de légèreté.C'est une infinie volée sur les pages : celle de l'écriture qui se munit d'ailes pour refléter l'infinie volée des yeux dans les cieux jusqu'au feu du soleil.Ainsi, les mots marchent jusqu'à courir, courent jusqu'à voler, pris d'ivresse, ivres d'espace et de mobilité.Or ils restent toujours perchés sur les lignes, nichés et blottis dans leurs creux : toujours suspendus et immobiles - et pourtant si infiniment mobiles : battant de l'aile infiniment comme pour rouler de la terre au soleil. Toujours sans mouvement au coeur des pages mais basculant aussi de vertige, s'étoilant et étoilant leur chair à l'infini. Tout à la fois immobiles, comme en repos dans leur nid, et mobiles jusqu'à perte de vue ; tout à l'image des yeux, si étroitement abrités dans les orbites et pourtant si immensément projetés jusque dans le soleil.Et, ainsi, écrire sur les yeux jusqu'à ce que les yeux envahissent l'écriture. Comme pour porter jusque-là la chair voyante, pour la sentir et l'éprouver jusqu'à perdre souffle, intensément jusqu'au sein des signes.»
Résumé : Inquiétante étrangeté de l'expérience archaïque à laquelle Jean-Luc Parant convie qui pose son regard sur ce "miroir aveugle". Il s'agit de mettre en question ce qui fonde et soude chaque sujet parlant : l'illusion que mon corps, mon image et mon nom font un. Questionner l'évidence pourquoi mon autoportrait doit-il offrir un moi ravi à ma vue mais qui s'isole du regard de l'autre ? La confiance absolue, radicale que nous vouons à l'image dans le miroir vacille car questionner l'évidence évide l'évidence ; la révélation du dispositif conduit en deçà de la vue. Il reste à suivre le chemin : regarder non pas ce qui se présente devant mais en arrière aux yeux de l'esprit ; voir sans les yeux qui masquent notre propre regard et se saisir de ce qui est ravi au regard. De là logiquement se déduit le moteur de la quête de Jean-Luc Parant : la puissance du continu. Le voici, sorti du fantasme de la géométrie euclidienne, hors de la représentation, sorti du calcul de la distance, ainsi prend-il appui sur le voisinage et la proximité. Rares sont les artistes qui s'aventurent dans cette discipline des mathématiques qu'est la topologie, ici la continuité (textes, dessins, boules) non seulement se révèle mais constitue le socle de l'écriture. Cyrille Noir.
Et nous sommes d'immenses êtres ailés Bien trop grands pour pouvoir déployer leurs ailes Et nous sommes indéployables parce qu'insoulevables Et déployés notre envergure recouvrirait l'univers d'un voile transparent Et l'espace qui nous recouvre est une véritable couche de terre qui nous enserre Et nous sommes ensevelis sous l'univers comme nous le serions sous la terre Et nous sommes tous morts aux yeux de l'infini Aux yeux de l'infini Et nous sommes tous fixés à notre emplacement Et tous immobiles dans l'infime espace que nous contenons.
Et ce texte jouit sans fin, les mots s'y tendent comme les mains se tendent pour caresser et embrasser la nuit : les signes s'accouplent avec le touchable pour presser les courbes de la terre comme les membres touchants s'unissent aux reliefs de l'obscurité pour creuser la matière et jouir en son sein. C'est la joie des yeux fermés, le déploiement des doigts amoureux de l'invisible. Les mots s'y tendent comme les yeux se tendent pour s'unir l'un l'autre et s'unir à la lumière : les signes s'accouplent entre eux et se projettent dans le feu du soleil comme les membres voyants fusionnent à la source du regard pour que naisse la vue, fusionnent avec le globe brûlant à l'extrémité du regard pour que naisse le visible. C'est la joie des yeux ouverts, le déroulement de l'oeil amoureux de son double et des yeux amoureux du visible. Et les mots glissent et s'éboulent comme sans ponctuation de la nuit au jour là où les yeux glissent et s'éboulent sans respiration, des doigts se déployant et étreignant l'obscurité aux yeux se déroulant, s'étreignant et étreignant la lumière. Parce que si les organes de la vue portent en eux la jouissance, de leur rétractation à leur déploiement, un texte sur les yeux porte l'accouplement jusque dans les mots et les yeux mêmes : des mots pénétrant la terre aux mots se pénétrant et pénétrant le soleil, et des yeux fermés dans la chair touchante aux yeux ouverts dans la chair voyante. Comme pour porter la jouissance jusqu'au vif d'elle-même dans sa traversée de la matière et du feu, de l'opacité et de la transparence.
Résumé : Ce livre est né de dix années d'affût, et d'un si long regard que l'oeil qui observait s'est peu à peu identifié à l'oiseau qu'il pourchassait. Chasseur pacifique, chasseur d'images, qui a épié les faucons pèlerins dans une vallée débouchant sur les marécages de l'estuaire de la Tamise, entre octobre et avril, quand les étangs désertés se chargent des brumes et des silences de l'automne, des soleils pâlis et des drames de la nature, et qui, à son tour devenu proie, s'est fondu dans le paysage mouillé, s'est fait lui-même roman, journal, livre de nature, poème-jeté, comme l'oiseau, point dans le ciel, parole dans le silence. Ce livre, d'abord publié au Mercure de France, en 1968, était épuisé, nous le rééditons enrichi d'une postface de Francis Tabouret, dans la traduction d'Elisabeth Gaspar, revue.
J'ignore tout de Solange Brillat ou plus exactement, j'ignorais tout. La presse, ces derniers jours, évoque sa disparition et publie une photo noir et blanc. Solange sourit, et derrière son sourire il y a un lac. Où cela peut-il être ? Qui a pris cette photo, à quelle occasion ? Un journaliste qui avait frappé à ma porte la semaine dernière cite mon témoignage, quelques mots que je me souviens vaguement avoir prononcés : "Selon son voisin, c'était une jeune femme très discrète, banale." J'imagine Solange Brillat quelque part à une table de café, lisant les épithètes de sa gloire et tentant de se remémorer son voisin. Très discrète, banale. Ces mots aujourd'hui, je les regrette"
L'Amazonie.Perdue sous la canopée, une tribu d'Indiens isolés, fragilisés, menacés par les outrages faits à la forêt. Au-dessus de leurs têtes, un homme d'affaires seul et pressé, aux commandes de son avion, survole l'immense cercle formé par la boucle du fleuve délimitant leur territoire.Une rencontre impossible, entre deux mondes que tout sépare. Et pourtant, le destin va l'organiser.À la découverte de la " Chose ", tombée du ciel, un débat agite la tribu des Yacou : homme ou animal ? C'est en essayant de leur prouver qu'il est humain que l'industriel finira par le devenir.Le Cercle des Hommes n'est pas seulement un puissant roman d'aventures, d'une richesse foisonnante, c'est aussi un livre grave sur le monde d'aujourd'hui et notre rapport à la nature.Photographe, journaliste, réalisateur, Pascal Manoukian a couvert un grand nombre de conflits. Ancien directeur de l'agence CAPA, il se consacre désormais à l'écriture. Il a publié notamment, au Seuil, Le Paradoxe d'Anderson.
Il était une fois, dans un grand bois, une pauvre bûcheronne et un pauvre bûcheron.Non non non non, rassurez-vous, ce n'est pas Le Petit Poucet ! Pas du tout. Moi-même, tout comme vous, je déteste cette histoire ridicule. Où et quand a-t-on vu des parents abandonner leurs enfants faute de pouvoir les nourrir ? Allons...Dans ce grand bois donc, régnaient grande faim et grand froid. Surtout en hiver. En été une chaleur accablante s'abattait sur ce bois et chassait le grand froid. La faim, elle, par contre, était constante, surtout en ces temps où sévissait, autour de ce bois, la guerre mondiale.La guerre mondiale, oui oui oui oui oui.J.-Cl. G.Prix spécial du jury du prix des Libraires 2019.Prix des lecteurs L'Express/BFMTV 2019.
Résumé : Les histoires d'amour ne se ressemblent pas. Cependant elles entretiennent des correspondances secrètes à travers le temps et l'espace. Alice et Vincent s'aiment, aujourd'hui, à Paris : ils ont l'art et l'érotisme en partage. Leur passion entre mystérieusement en résonance avec d'autres amours, des collines de Rome aux rivages du Brésil, et jusque dans la Grèce antique. Dans cette chasse éperdue où l'on ne sait plus qui fuit et qui assaille, on croise Piero di Cosimo, l'énigmatique peintre de la Renaissance, Diane et Actéon, chasseurs illustres, Ariccia et Philippe, égarés en Italie pendant la Seconde Guerre mondiale, et bien d'autres amants pris dans les tumultes de l'Histoire.