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Hors les murs
Pak Wan-seo ; Lebrun Hélène
ATELIER CAHIERS
11,00 €
Épuisé
EAN :9791091555258
Vivre "hors les murs", pour la mère de la narratrice, c'est la honte d'habiter un de ces villages de la lune qui abrite la "lie du peuple" à la périphérie de Séoul. "Hors les murs", c'est la ténacité de la mère, qui impose ses rêves de modernité à ses enfants, et lutte âprement pour déménager dans les beaux quartiers du centre. C'est encore la passivité du frère aimé, mais dont les choix malheureux en amour comme en politique vont plonger la famille dans le drame. C'est enfin la narratrice qui fait l'apprentissage de la liberté, liberté de vie et aussi de pensée dans une société pétrie de confucianisme déclinant et de luttes idéologiques qui mènent à la guerre (1950-1953) ; liberté à défendre aussi pour son pays qui, après le joug des colons japonais, doit lutter contre celui de ses propres dictateurs... C'est là que le destin de la Corée entre en résonance poignante avec celui de l'héroïne : "hors les murs" n'est pas que le symbole du rêve têtu de sa mère, c'est celui de tout un peuple malmené par l'Histoire. Pak Wan-seo nous offre avec cette autofiction une de ses plus grandes oeuvres, vendue un million et demi d'exemplaires en Corée du Sud.
Cette longue nouvelle de l écrivaine Pak Wan-seo met en scène une gynécologue « accoucheuse d anges » dans le Séoul des années 1980 à trois de jours de prendre sa retraite. Pendant ces 3 dernières longues journées d automne, elle fait le bilan des trente années écoulées et se demande désespérément s il lui sera donnée une dernière chance de mettre au monde un enfant vivant. A travers ce portrait sans concession d une femme face à son destin, c est un tableau de la Corée contemporaine que dresse, non sans humour, Pak Wan-seo. Comme toujours chez ce grand auteur, derrière le masque grimaçant des personnages et de leur misère, se cache un profond humanisme qui donne une résonance universelle à ce très beau texte coréen.
Résumé : Le portrait d'une jeune femme coréenne cherchant la voie de son autonomie pendant la guerre de Corée, par une des plus grandes écrivaines sud-coréennes. Premier roman de la grande écrivaine Pak Wan-seo publié en 1970, cette oeuvre autobiographique dépeint une jeune femme qui travaille dans une boutique de portraits pour les soldats américains. Tourmentée par le sentiment de culpabilité d'avoir perdu ses deux frères lors d'un bombardement, elle souhaite échapper à l'atmosphère sombre de sa maison où sa mère est longée dans le chagrin. Un jour, elle rencontre un peintre et les deux deviennent proches en se promenant dans les quartiers de Séoul. Cependant, leur relation ne dure pas longtemps. Cette oeuvre décrit la guerre de Corée vécue par une jeune femme qui hésite entre plusieurs choix de vie tout en cherchant une indépendance vis-à-vis de sa mère. Park Wan Seo est une écrivaine sud-coréenne née en 1931 qui a publié son premier roman, "l'Arbre nu", à l'âge de quarante ans. Ecrivaine prolifique, elle a écrit 14 romans et 10 recueils de nouvelles au cours d'une trentaine d'années. Une des écrivaines les plus connues en Corée, elle a reçu plusieurs prix littéraires notamment le prix littéraire de Corée et le prix Yi Sang. Elle est appréciée pour sa prose fluide à laquelle s'ajoutent délicatesse et réalisme. Elle peint le quotidien de manière saisissante, avec une franchise étonnante et une empathie non dénuée d'humour. Elle est décédée en 2011.
Ce court roman de l'écrivaine Pak Wan-seo met en scène une gynécologue "accoucheuse d'anges" dans le Séoul des années 1980 à trois jours de prendre sa retraite. Pendant ces trois longues dernières journées d'automne, elle fait le bilan des trente années écoulées et attend désespérément que lui soit donnée une dernière chance de mettre au monde un enfant vivant. A travers ce portrait sans concession d'une femme face à son destin, c'est un tableau de la Corée contemporaine que dresse, non sans humour, Pak Wan-seo. Comme toujours chez ce grand auteur, derrière le masque grimaçant des personnages et de leur misère, se cache un profond humanisme qui donne une résonance universelle à ce très beau texte.
Si l'?uvre et le nom de Pak Wansô sont si célèbres en Corée-du-Sud, cela tient en bonne partie au succès des Piquets de ma mère, roman "populaire", au meilleur sens du terme et du genre. En trois épisodes qui, d'une génération à l'autre, lui suffisent à mesurer tout un siècle, Pak Wansô met en scène des moments clefs de l'histoire de son pays. Son héroïne n'est encore qu'une enfant lorsque sa mère, cédant à l'exode rural, fait le pari de planter les piquets d'une nouvelle vie à Séoul. Devenue adolescente, la narratrice subit tous les aléas de l'occupation et de la guerre. Et c'est en adulte que, dans la troisième partie du livre, il lui faut assumer les conflits entre changement et tradition, et porter le deuil de cette mère qui voulait faire de sa fille une "femme moderne". Or ce qui fascine ici, c'est la concision narrative, l'économie descriptive, l'absence de commentaire, et la densité psychologique des portraits de femmes. Là où bien des écrivains coréens eussent convoqué les puissantes ressources d'un roman fleuve, Pak Wansô nous captive par une efficacité toute de justesse et de discrétion.
Piquant, pas piquant" : c'est un livre de cuisine coréenne à destination des francophones qui propose des recettes très simples à réaliser en deux versions : piquant (épicées) pas piquant (douces) avec un minimum d'ingrédients faciles à trouver en Europe ou au Québec (avec des listes d'épiceries coréennes, et un lexique détaillé des produits utilisés). La spécificité de cet ouvrage est qu'il est réalisé par une Coréenne qui réside en France, et qui non seulement connaît la gastronomie coréenne de l'intérieur, mais a su la transmettre au public francophone en choisissant des recettes réalisables et qui peuvent plaire aux palais les plus néophytes.
Nous sommes en mai 1958, un groupe d’intellectuels français s’embarque à bord d’un avion en direction de Pyongyang via Moscou. À son bord, des hommes en quête d’horizons nouveaux : Armand Gatti, journaliste, futur cinéaste et dramaturge ; Chris Marker, écrivain-cinéaste; Jean-Claude Bonnardot, acteur-cinéaste ; Francis Lemarque, chansonnier, et Claude Lanzmann, rédacteur-philosophe aux Temps Modernes de Sartre et Beauvoir, et futur maître du documentaire moderne. Gatti et Bonnardot ramèneront de cette expédition un film unique en son genre Moranbong, un film à part, insoluble dans le réalisme socialiste stalinien, trou noir dans l’histoire du cinéma français, une comète chargée de toutes les interrogations et contradictions d’une époque, en Corée du Nord comme en France. Chris Marker ramènera un album de photographies commentées qui fera date (Coréennes), Lemarque, des vues éparses filmées au cours du séjour, et Lanzmann, une histoire belle et triste d’amour impossible qu’il relatera dans ses mémoires (Le Lièvre de Patagonie). Le nord de la Corée est alors sous le contrôle de Kim Il-sung, fondateur d’une république dite populaire alliée de l’URSS et de la Chine.
LA VIE SAUVAGEJ'avais toujours le nez qui coulait. Et comme ce qui me bouchait le nez n'était pas liquide, mais gluant et jaunâtre, l'avais beau essayer de le dégager en soufflant très fort, d'un seul coup, ça ne partait pas très bien. Et je n'étais pas la seule dans ce cas. A cette époque, il en était de même pour tous les enfants. La preuve en est que lorsque les adultes grondaient un enfant, ils le traitaient de «morveux». Ce qui m'a le plus étonnée, lorsqu'à mon tour j'ai eu des enfants, c'est qu'à moins d'être enrhumés, ils n'avaient jamais le nez qui coulait. Et c'était pareil pour les enfants des autres. C'est ainsi qu'a disparu la coutume d'épingler un mouchoir sur la poitrine des enfants quand ils allaient au jardin d'enfants ou à l'école primaire. Et maintenant, j'en suis arrivée à me demander non plus pourquoi les enfants d'aujourd'hui n'ont pas le nez qui coule, mais pourquoi, nous, nous avions alors le nez qui coulait.En ce temps-là, papier et tissu étaient des objets précieux et j'ignorais jusqu'à l'existence des mouchoirs. Quand la morve m'arrivait à la bouche, je l'essuyais d'un coup de revers de manche. Le résultat en était que, vers la fin de l'hiver, le bas de ma manche était raidi par une couche de saleté, comme si on y avait posé un emplâtre. J'avais, pour tout l'hiver, une seule veste rembourrée de coton, aussi épaisse qu'un coussin. Quand maman en changeait le col, elle frottait vigoureusement la couche de saleté du bas des manches et secouait le tout, mais ce n'était pas très efficace. Je portais aussi, par-dessus un pantalon de coton, une ample jupe tenue par un boléro. Le tissu en était de toile de lin teinte en couleurs vives et bien amidonnée.A la campagne, la teinture était un produit de choix. Mon grand-père allait l'acheter à la ville de Songdo. Je suis née au hameau de Pakcheokgol du bourg de Muksongni, dans le canton de Cheongyo qui dépend de la commune de Gaepung, à environ vingt li au sud-ouest de la ville de Gaeseong. C'était un hameau retiré où n'habitaient pas vingt familles. Ses habitants appelaient «Songdo» la ville de Gaeseong. Pour l'enfant que j'étais, Songdo était un monde de rêve. Si on voulait acheter de la teinture, ou bien des chaussures de caoutchouc, des peignes en bambou, des rubans dorés, un sarcloir ou une faucille, il suffisait d'aller à Songdo.