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Daniel H. Contribution d'un modeste pâtissier à l'équilibre terrestre
Oury Joëlle
HERMANN
39,25 €
Épuisé
EAN :9782705683467
Extrait de la préface de Jean AllouchAu fond, même si tous les hommes du monde étaient raisonnables, il y aurait encore, toujours, la possibilité de traverser le monde de nos signes, le monde de nos mots, de notre langage, de brouiller leur sens les plus familiers et de mettre par le seul et miraculeux jaillissement de quelques mots qui s'entrechoquent le monde de travers.Michel FoucaultDeux décalages rendent très précieux dans sa singularité cet ouvrage de Joëlle Oury, l'un, temporel, l'autre fonctionnel. Temporel, car elle a su prendre le temps qu'il fallait pour transformer en livre la thèse que, jeune psychiatre, elle soutint en 1970. Elle se trouve ainsi en heureuse compagnie, celle de Marguerite Yourcenar qui, évoquant le nombre d'années passées à écrire son Hadrien, déclarait: «En matière de livre, il faut savoir attendre». Fonctionnel, car elle ne fut jamais, à l'endroit de Daniel H., en position de soignante. C'est en archiviste qu'elle aborde celui qu'elle ne rencontra pas, même si elle put, à l'occasion, apprécier les gâteaux que l'hôpital lui permettait de produire et de vendre et même si, un certain mémorable jour, elle l'aperçut, émue presque aux larmes, au travers de la porte entr'ouverte du pavillon qu'il allait devoir quitter. Elle ne répond à aucune demande, ni à celle de Daniel H. ni à celle d'aucune institution qui la solliciterait pour être son médecin. La demandeuse, c'est elle. A plusieurs années de distance, Daniel H. «revient» dans sa vie, écrit-elle, cela jusqu'à ce jour d'aujourd'hui où elle franchit le pas d'un large faire savoir. Certes, elle s'adresse nommément au jeune psychiatre, mais qui ne l'est pas en un temps où traiter quelqu'un de «parano» est devenu courant? C'est tout un chacun qui est concerné.Joëlle Oury ne se satisfait toujours pas de la sorte de lassitude, du délaissement qui a frappé les psychiatres de Sainte-Anne après avoir été un temps vivement intéressés par le cas de Daniel H. (on a d'abord beaucoup parlé de lui dans les couloirs du service à la suite de ce qu'il en a été dit dans la presse, on a discuté le premier diagnostic de l'expert, il a fait l'objet de plusieurs présentations de malade). Ce qu'elle appelle son témoignage, soit, pour elle, les nombreuses et diverses traces qu'il a laissées, mais aussi les propos qui ont été tenus sur lui et les écrits qui lui furent consacrés, ne saurait sombrer dans l'oubli. Voici sa demande, son voeu: que n'advienne pas cet oubli, pas maintenant; on ne saurait, selon la formule d'Hugo, «jeter ce qui n'est pas tombé». Daniel H.: «Moi je ne tombe pas». Pourtant, on le lira, il est tombé Daniel H., et mal tombé; si ce final ne peut être rectifié, qu'au moins il se sache..., un dernier mot, non, il ne l'était pas.On est saisi, attristé, effaré par les deux photographies du cimetière de l'hôpital psychiatrique (Saint-Alban) qui, une seule fois regardées, ne permettront plus à chacun d'ignorer que les tombes de ceux qui décédèrent en ce lieu asilaire sont sans mention de noms. Un numéro de matricule en tient lieu, ou bien plutôt n'en tient précisément pas lieu; mort et enterré, un fou n'a pas droit à son nom (en 1921, Oscar Panizza fut lui aussi enterré anonymement au sanatorium Mainschloss, près de Bayreuth). Ainsi, en 1985, Joëlle Oury n'a-t-elle pas pu se recueillir sur la tombe de Daniel H. comme ce dernier avant elle n'avait pu le faire sur celle de son père, Gaston H., lui aussi inhumé à l'hôpital psychiatrique (Perray-Vaucluse) après s'y être pendu. Joëlle Oury ne veut pas d'un tel oubli poussé si tôt si loin que l'on ne pourrait plus même dire de quelqu'un qu'il a vécu (tombes qu'il n'y aurait aucun sens à profaner, tombes sur lesquelles personne ne peut seulement envisager de cracher). Un tel oubli était d'ailleurs déjà à l'oeuvre du vivant de Daniel H., il n'est immédiatement plus question de lui à Perray-Vaucluse après qu'une décision préfectorale (significative quant à la détermination du lieu où est le véritable pouvoir dans l'asile) eut exigé de le changer d'hôpital, de le conduire très loin de cet amour qui alors l'habitait, en un lieu inconnu de lui et qu'il devait appeler «l'antichambre du cimetière», un lieu où, peu après, il se pendra, au même âge que son père, empêchant à jamais Joëlle Oury de le rencontrer. (...)
Extrait de la préface de Pierre Delion : "La sortie de cet ouvrage est un événement. Issu des douze conférences données de Novembre 1984 à Mai 1986 par Jean Oury à la faculté de Psychologie de l'Université de Paris-VII, à la demande de Ginette Michaud, le texte que vous allez lire est un trésor d'intelligence et d'humanité. Il permet aujourd'hui de tenir une position éthique dans le rude combat pour la défense d'une psychiatrie humaine. Oury, dans la suite directe de son maître et ami Tosquelles, est un grand personnage de la psychiatrie. La lecture de ces séminaires vient le situer parmi les plus significatifs de notre histoire de la psychiatrie : Pinel et Pussin, Freud, Tosquelles et Oury. Non que tous les autres soient moins importants, mais Oury a ceci de particulier qu'il incarne, avec Tosquelles, le renouveau de la psychanalyse pour peu qu'on veuille en étendre les compétences aux domaines des psychopathologies graves telles que la schizophrénie. Mais ces ouvertures ne se sont pas faites sans qu'il effectue un énorme travail de pensée de l'ensemble de la psychiatrie. La manière dont il articule ses concepts est celle d'un maître. Ses connaissances bibliographiques et ses capacités à les utiliser sont impressionnantes. Ses références sont très ouvertes sur le monde des Arts, de la littérature, des sciences, de l'histoire. Et si la psychanalyse occupe une place centrale, il n'a jamais cédé à la tentation, trop fréquente, de la fétichiser. " L'ouvrage comprend aussi un schéma de Jean Oury grand format en couleur, et un ensemble de deux conférences sur "Le corps et la psychose".
C'est le matin de la rentrée et Petit Ours refuse de se lever. Il a peur et il le dit. Il traversera pourtant la forêt, rassuré par de tendres paroles. Et au bout du chemin, retrouvant les autres petits devant l'école, il sera prêt.
Cet ouvrage propose une structure : étape par étape allant de l'organisation des révisions, à la découverte des 5 épreuves qui rythme le concours de l'ENA , à l'examen lui-même, en passant par les incontournables de chaque matière.
Les principes directeurs du présent livre sont la libre pensée et la libre expression, ouvertes, mobiles et affranchies des idéologies conservatrices ou progressistes". La guerre des sexes n'est pas morte : sous la pression de mouvements dénonciateurs ou en raison de clivages politiques grandissants, hommes et femmes semblent poussés à l'affrontement. Aussi nombreuses que soient les voix s'élevant pour arbitrer la rixe, celle de Camille Paglia connaît peu d'égales. Ce recueil convie à un riche programme : l'histoire du féminisme, les rapports entre l'inné et l'acquis, l'avortement, la chirurgie plastique, les femmes en politique, le sadomasochisme ou encore l'esthétique (qu'il s'agisse de la représentation évolutive des corps féminins dans l'histoire de l'art ou de l'étude de figures inspirantes, du buste de Néfertiti à la belle du Sud, en passant par Madonna et Germaine Greer). Pareille diversité atteste un apport précieux et original aux débats féministes et culturels contemporains.
Résumé : " Une peinture est un tout organisé, un ensemble de formes (lignes, surfaces colorées...) sur lequel viennent se faire ou se défaire les sens qu'on lui prête. Le contenu de cet ensemble n'est pas un équivalent d'émotion, de sensation, il vit de lui-même. Ces relations entre les formes sont un transfert de relations de l'univers à une autre signification. Dans ce qu'elle a d'essentiel la peinture est une humanisation du monde. " Pierre Soulages (1948) Voici réunis, dans leur variété, leur constante et exemplaire rigueur, quelques-uns des textes et entretiens de Pierre Soulages. Ils explicitent pour nous son oeuvre immense.
Les technologies visant à augmenter les capacités physiques et psychologiques des soldats ont toujours fait partie intégrante de l'histoire militaire. Toutefois, les recherches actuelles n'ont plus rien à voir avec les expériences du passé, à tel point qu'il est désormais possible de parler d'une révolution de la condition humaine qui mènera à plus ou moins brève échéance à une situation où les guerres du futur seront menées par des "super soldats". Cette possibilité, qui est de plus en plus réelle et inévitable, mais qui demeure étonnamment négligée par les éthiciens, ouvre la porte à une série de questions fondamentales : ces technologies sont-elles moralement problématiques ? Si elles sont permises, en vertu de quels critères est-il possible de distinguer celles qui sont acceptables de celles qui ne devraient pas être tolérées ? Ces innovations vont-elles enfreindre les principes moraux de la "guerre juste" ? Quels devraient être les paramètres éthiques du développement de ces technologies ? Ce premier ouvrage en langue française sur le soldat augmenté cherche à répondre à ces questions. Refusant d'adopter un point de vue manichéen sur cette question, Jean-François Caron explique que les nouvelles technologies d'augmentation entraînent un dilemme moral important. D'un côté, elles peuvent être interprétées comme une obligation morale de la part de l'armée à l'égard des soldats. De l'autre, elles peuvent également entraîner des violations des règles de la guerre. A la lumière de cette tension, l'auteur propose une vision nuancée des tenants et aboutissants de ces technologies militaires et suggère un cadre éthique original permettant de délimiter leur développement et leur utilisation.
Cénat Jude Mary ; Cyrulnik Boris ; Dérivois Daniel
Même si, avec plus de 200 000 morts et des dizaines de milliers de blessés, le séisme du 12 janvier 2010 a déjà suscité nombre de réflexions sur l'histoire et la population haïtiennes, on a rarement l'occasion de lire des témoignages aussi poignants ainsi qu'une fine analyse des traumatismes et de la résilience des survivants. Tout le monde s'en souvient : isolés, sans abri, sans nourriture, débordés par la dévastation et dans l'attente des secours, les insulaires ont vécu parmi les morts et avec les morts pendant de nombreuses semaines. Ces témoignages de survivants nous font précisément entrer dans cet enfer, dans le récit d'une souffrance insupportable, mais qui refuse toute attitude condescendante. Par-delà blessures et amputations, le dialogue avec l'auteur laisse lentement apparaître les voies salutaires de la résilience, une sortie proprement humaine vers la vie, comme une renaissance que donne en partage le peuple haïtien à l'humanité entière. Cela nous donne un ouvrage touchant, rigoureux et engagé. Un ouvrage édifiant.
« L âge de raison », qui précède « l'âge bête », est vu par Freud comme « la période de latence ». Elle recouvre ces années de 6 à 12 ans d'une importance fondatrice pour le développement de l'enfant, de ses capacités intellectuelles, de ses relations sociales et de sa vie affective. Ce qui est censé être « latent » à cette époque, c'est la sexualité infantile; mais elle ne l'est en fait pas tant que cela: c'est surtout son expression à l'égard des adultes qui s'efface avec ce que Freud appelait « le déclin du complexe d'Oedipe ». La vie psychique y est intense et prépare l'enfant à affronter les orages de l'adolescence, comme en témoignent les textes réunis dans ce volume.
Rejet du « réel » au profit du « virtuel », banalisation de la violence, perte de légitimité des figures de l'autorité, montée des diverses toxicomanies, attitudes inédites face à la procréation comme face à la mort, nouvelles formes de libertinage, difficultés d'une jeunesse sans perspectives, multiplication spectaculaire des états dépressifs... la liste est longue des changements récents qui témoignent d'une évolution radicale des comportements des individus et de la vie en société. Et qui provoquent une véritable crise des repères suscitant le désarroi des humains, à commencer par ceux qui font profession d'éduquer, de soigner ou de gouverner leurs semblables. C'est à une véritable mutation à la fois de la subjectivité et de l'existence collective que nous assistons aujourd'hui; où l'on voit apparaître ce que l'on peut déjà appeler, avec Charles Melman, « la nouvelle économie psychique ». Son moteur n'est plus le désir mais la jouissance. L'homme du début du XXIe siècle est sans boussole, sans lest, affranchi du refoulement, moins citoyen que consommateur, un « homme sans gravité », produit d'une société libérale aujourd'hui triomphante, qui semble n'avoir plus le choix: il est en quelque sorte sommé de jouir.
4e de couverture : Notre corps ne ment jamais. Quand nous tombons malades, quand nous faisons l'expérience de la dépression, de la toxicomanie, de l'anorexie, c'est que nous sommes traversés par un conflit intérieur entre ce que nous ressentons et ce que nous voudrions ressentir. D'un côté, il y a notre corps, qui garde intacte la mémoire de notre histoire - et tout particulièrement des mauvais traitements que nos parents ont pu nous infliger -, de l'autre, il y a notre esprit et notre volonté, conditionnés par la morale et notre éducation, qui nous déterminent à aimer et honorer, quoi qu'il arrive, ces mêmes parents. Ce livre explore, à travers de nombreux exemples - notamment des vies d'écrivains célèbres -, les conséquences parfois dramatiques de ce conflit, mais il montre aussi qu'il existe des raisons d'espérer. Non, nous ne sommes pas obligés d'être les «bons» enfants de nos parents s'ils nous ont fait du mal et s'ils continuent de pratiquer le chantage affectif. Oui, c'est notre responsabilité que d'être attentifs aux signaux d'alerte que nous envoie notre corps. Au terme de ce chemin exigeant par lequel nous acceptons de relire l'histoire de nos rapports avec nos parents, il y a l'espoir de naître à une authentique liberté intérieure.Notes Biographiques : Alice Miller (1923-2010) a exercé la psychanalyse jusqu'en 1980 avant de se consacrer entièrement à ses recherches sur l'enfance. Traduite dans le monde entier, elle est l'auteur de nombreux ouvrages sur les causes et les conséquences des mauvais traitements infligés aux enfants, dont en Champs-Flammarion Notre corps ne ment jamais, C'est pour ton bien et Ta vie sauvée enfin.
Brun Anne ; Roussillon René ; Chouvier Bernard ; D
Ce nouvel ouvrage correspond à l'anniversaire des vingt ans des colloques et ouvrages du CRPPC (Centre de recherche en psychopathologie et psychologie clinique) sur la thématique de la symbolisation, sa clinique et ses psychopathologies. Il propose d'aborder les "environs" singuliers qui façonnent le rapport à la symbolisation d'un sujet : comment la virtualité symbolisante ou les enjeux désymbolisants des contextes participent-ils à la subjectivation ou, au contraire, produisent-ils des effets désubjectivants ? L'ombre de l'objet, selon la célèbre formulation freudienne, tombe aussi sur les processus de symbolisation, et il importe de traiter de ses effets subjectivants ou désubjectivants dans le rapport à la symbolisation de tout sujet. Un des enjeux essentiels de ce travail de symbolisation concerne la transformation et l'appropriation des expériences premières, en lien avec les objets premiers de l'environnement. La symbolisation comme la désymbolisation ne s'effectuent jamais de manière solipsiste, mais elles sont liées à la réflexivité potentielle de l'objet pour le sujet, à la groupalité psychique et aux cadres métasociaux. Les environnements concernés à ce niveau sont multiples, depuis la contextualisation familiale des origines jusqu'à la configuration socioculturelle dans laquelle le sujet se situe et symbolise, c'est-à-dire transforme, métabolise et donne forme à ses expériences, se créant lui-même et le monde qui l'entoure dans cette mise en forme symbolisante. Les symbolisations entendues comme processus de transformation impliquent l'inter-subjectivité ainsi que les parts archaïques de la psyché. Cette symbolisation s'effectue à partir de la transformation et de l'appropriation des objets premiers de l'environnement qui vont de la contextualisation familiale des origines jusqu'à la configuration socio-culturelle. Cette thématique réunit les principaux théoriciens de cette clinique de la symbolisation et clôture ainsi les 20 ans de travaux du laboratoire de psychopathologie Lyon 2. V. DI ROCCO, N. DUMET, R. KAES, R. MINIARD, S. MISSONNIER.