
Marcher loin sous les nuages
Oumhani Cécile
APIC EDITIONS
12,00 €
Épuisé
EAN :
9789931468486
| Date de parution | 13/03/2018 |
|---|---|
| Poids | 900g |
| Largeur | 140mm |
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| EAN | 9789931468486 |
|---|---|
| Titre | Marcher loin sous les nuages |
| Auteur | Oumhani Cécile |
| Editeur | APIC EDITIONS |
| Largeur | 140 |
| Poids | 900 |
| Date de parution | 20180313 |
| Nombre de pages | 0,00 € |
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Pendant une décennie, elle a travaillé à la fondation puis à la direction du Poetry Project en 1968, Anne Waldman s'est toujours fait le champion de l'introduction de la poésie et de la protestation dans l'espace public. Elle a cofondé, avec Allen Ginsberg et Diane di Prima, le programme Jack Kerouac School of Disembodied Poetics à l'Institut Naropa de Boulder, dans le Colorado. Elle a été arrêtée à Rocky Flats avec Daniel Ellsberg et Allen Ginsberg dans les années 1970, alors qu'elle lisait des poèmes qui contestaient les livraisons de plutonium destinés aux les ogives nucléaires. Elle a participé aux protestations contre la guerre du Viêt Nam et à la piste des Sept de Chicago. Et toutes les actions actuelles d'intervention contre-culturelle dans les temps suivants, Occupy Wall Street. Elle travaille avec le collectif Rizoma à Mexico. Auteur de plus de 60 volumes de poésie, de poétique et d'anthologies, dont l'épopée de 1000 pages The Iovis Trilogy : Colors in The Mechanism of Concealment (Coffee House Press) qui a remporté le Pen Center Literary Prize for Poetry. Son album SCIAMACHY est sorti en 2020 chez Fast Speaking Music et à la Levy-Gorvy Gallery de New York. Patti Smith l'a qualifié d' "Extrêmement puissant. Un bouclier psychique pour notre époque" . A paraître, une anthologie : NEW WEATHERS, Poetics from the Naropa Archive (avec Emma Gomis), Nightboat 2022, Bard, Kinetic, Coffee House 2023, Mesopotopia 2023, Penguin. 2/ Comment répondre à une injonction brusque : "Définissez la poésie". Les poèmes sont les modèles extérieurs, intérieurs et secrets du monde. Et du cosmos, comme un poète peut rêver un cosmos. La poésie fait résonner la tête, l'oreille et le corps tout le temps en appelant aux mots, à l'action. A une cinétique du comment exister par rapport... à "l'autre" , à l'espace, au temps, à la gnose. Personne ne vous demande, ne vous supplie d'écrire de la poésie. Ce n'est pas une carrière, mais un appel persistant et joyeux, une commande, un voeu. Une recherche permanente sur le langage (quelle que soit sa particularité) et la traduction de ses complexités et de son pouvoir. Les tentacules émanent de tous les chakras du corps, de la parole et de l'esprit. Ce sont des réceptacles, comme le sont toutes les perceptions sensorielles. Et la poésie est également la mémoire du monde, et des mondes inconnus - des expériences, des continents entiers sont vivants dans des interstices cachés comme des terma - les trésors cachés par les adeptes dans les nuages, dans les rochers, dans le coeur d'un arbre. 3/ Prose et poésie, la distinction a-t-elle un sens ? La prose est plus facile à lire, plus heureuse pour l'acte de lecture. Avec la prose, la relation des mots entre eux est plus complète - basée sur l'intrigue des personnages. En poésie, on se bat pour chasser les étymologies, on peut s'enfuir, mais le poème nous prend au piège devenant... une rune, un koan, un noeud de vie, une amulette. Vous pouvez lire en cercles de temps et non en chroniques. Les distinctions sont moins précises avec ce qu'on appelle le poème en prose, un champ de condensation et emballé comme un rêve pourrait l'être avec des détails lumineux que vous capturez à l'aube. La distinction est dans le rythme, le pas de l'esprit, la danse, le danger, le précipice est dans la poésie. Vous pouvez atterrir avec la prose. Le texte est la mise en cage, l'oeil intérieur rougissant son propre coeur, la vocalisation est la transmission. Avec la prose traditionnelle, vous êtes libéré de l'obscurcissement, de la perplexité, vous êtes à l'aise dans votre simplicité en assemblant des phrases, des incréments de son. Le poème en prose est une exception, le sauvage rêve surréaliste compressé. La crise est un tourbillon, un pinacle, un précipice. Les mots sont devenus insignifiants dans un certain contexte, à une époque de dystopie, où les gens ne font pas attention à leurs mots, ils sont grossiers et mercenaires. Seulement là où ils vous mèneront dans le Capitalocène. Les mots sont censés vous envoyer sur quelque chose. Sommes-nous plus fidèles à la prose ? Quand la poésie nous déchire. 4/ De la forme (et du formel) en temps de crise. La forme pour moi est l'épickos en temps de crise. Raconter l'histoire du temps, du rêve, du monde de la mort, des charniers, des sites et des interstices de l'amour et du désir. J'ai écrit IOVIS TRILOGY : Colors In The Mechanism of Concealment (la TRILOGIE IOVIS : Les couleurs dans le mécanisme de dissimulation) pour m'attaquer au patriarcat dans ma vie, dans mon espace vital. L'espace mental est un champ de bataille, disent certains, de Mars. Des mondes en collision. Avec la sciamachie, la bataille avec les ombres. Dissonance cognitive. Commencé avec un dogtag (plaque d'identité que les soldats portent) sous mon bureau, dans le sous-sol de l'école primaire, pour me cacher de la menace de la bombe atomique. J'avais besoin d'une forme longue qui voyagerait avec moi pendant des années d'action, de protestation, et d'histoires, d'histoire de lutte et de changement et de communauté, de la voix solitaire criant dans le désert, et aussi d'être au centre du tourbillon de la poésie et de la "fabrication" et du chant aussi. L'opéra et le blues. Le free jazz dans la performance, en collaboration avec les bodhisattvas de l'instrument, de la pulsation et de l'esprit sauvage. Le barde avec ses cordes vocales. C'est ça aussi le travail, son oralité. L'attention aux archives du son et du souffle. 5/ Quel avenir pour la poésie ? Les archives, la transmission aux êtres nés maintenant et dans le futur, tout ce que nous en avons. Cette poésie a toujours existé avec la conscience, elle EST la conscience. Le travail de traduction et d'opération incertaine, le travail du silence, de la pause et du champ ouvert, la ré-imagination de nos mythologies et de nos désirs, la direction de la voix et de l'imagination répondant aux milliers de choses de ce monde chatoyant. Les soins de nos ancêtres en poésie, les peines de nos luttes, toutes espèces animales, les "arbres et la verdure et ainsi de suite" comme le dit une prière... les chants de la baleine à bosse. Comment nous regardons et considérons notre cosmos et le multi-vers. La grande cacophonie. Les grandes catastrophes. Vers le chemin de la gnose, du savoir, de la mémoire future, de la poésie "éternelle" , de l'interaction cinétique afin que nous puissions refléter notre Trouble et notre Beauté et aider à réveiller le monde à lui-même. 6/ La part de la prosodie dans l'élaboration du poème. Nous connaissons et étudions notre prosodie et celle des autres. Le rythme et le son, l'accentuation du Il, les ponctuations, les marques, le battement du coeur, la lamentation. Pas un monde anglophone, la poésie et la prosodie ne sont pas un empire colonial. Nous apprécions et savourons les détails, les mécanismes et ce qui a précédé. Nous aimons l'attention portée à la ligne, au souffle, à la forme. Nous savons quelles sont les choses qui stagnent. La boule de cristal est trouble. 7/ La place de la traduction dans l'écriture poétique. La traduction est essentielle à notre travail. Et il nous incombe de nous y essayer. Lorsque j'ai travaillé avec le Therigatha et le Theragatha (du Canon Pali - les premiers poèmes des mendiants bouddhistes, des moines et des nonnes errants et sans abri - avec le sanskritiste Andrew Schelling, nous sommes remontés à l'époque du bouddha historique. Pour reconnaître un monde de renoncement et de joie de la lutte. 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Traduction de romans, de poèmes, d'ouvrages de non-fiction et de pièces radiophoniques, de Philippe Soupault, Abdelwahab Meddeb, Assia Djebar et de nombreux autres Français. A publié de nombreux volumes de poésie avec des titres programmatiques : Sirènes de rire ("rires sirènes") (1985), Cibles civiles (1995), Religions froides (2004), Musée de l'impatience (2009), Conseiller pour des gens de tissu (2015), Dunlop (2016), Anarchimède enroué (2020). A travaillé à la maison d'édition Das Wunderhorn jusqu'en 2009. Depuis 2010, directeur de la Künstlerhaus (Maison de Poésie) Edenkoben. 2008-2017, collaboration au sein du présidium de PEN Allemagne et du Comité des écrivains pour la paix. Il place des Stèles pour les poètes décédés : https : //www. poetenladen. de/stelen/ 2/ Comment répondre à une injonction brusque : "Définissez la poésie". Il y a beaucoup de poésies, des positions changeant constamment d'une mobilité joyeuse ou douteuse. Si l'on ne peut pas se passer de définir, il faudrait alors trouver une définition qui devrait faire ses preuves à chaque poème réussi. Ecrire de la poésie est une activité qui redéfinit constamment la poésie. Quelle serait la définition la plus solide ? Pour moi, cela pourrait être : la poésie est une avancée linguistique vers le possible, vers l'improbable, si elle est concevable. Chaque texte serait alors un test. Ou (avec Inger Christensen) : la poésie est un jeu, peut-être un jeu tragique, que nous jouons avec un monde qui joue son propre jeu avec nous. 3/ Prose et poésie, la distinction a-t-elle un sens ? Tout à fait. Sans distinction, il n'y a pas de frontière. Et là où il n'y a pas de frontière, on ne peut pas la franchir. Bien sûr, la prose doit être poétique et la poésie doit pouvoir être prosaïque. 4/ De la forme (et du formel) en temps de crise. Je travaille sur un poème jusqu'à ce que je puisse le supporter. Il naît ainsi de la crise, la transforme et la transporte plus loin. Les formes inachevées sont ma partie préférée du processus. Le poème est un produit de la terreur et du plaisir. Et il devrait être lu avec plaisir. 5/ Quel avenir pour la poésie ? La poésie n'a pas encore épuisé son avenir. Le poème est toujours là avec son corps indemne, sa littéralité. Il est écrit dans un alphabet provisoire. En fin de compte, mes parrains sont Jean Arp, le maître de l' "opus null" . Et Harpo Marx, le frère silencieux, lorsqu'il sort un objet inattendu de sous son large manteau. 6/ La part de la prosodie dans l'élaboration du poème. Quant aux formes de la tradition classique, ma devise est : "Ni Dieu ni Mètre" , la corruption par Paul Feyerabend de la vieille formule anarchiste de Daniel Guérin : Ni Dieu ni Maître. Mais bien sûr, chaque phrase, chaque ligne a son rythme. Le langage émerge du rythme. Ici, le mélange parlé et écrit. Dans certains endroits, le poème "chante" , dans d'autres, il devient assez prosaïque. Ainsi, la musique en vers n'est plus une question de régularité. Je peux profiter de la belle harmonie des temps passés, je ne veux pas la reproduire. 7/ La place de la traduction dans l'écriture poétique. "En fin de compte, toute poésie est une traduction". (Novalis). La traduction est plus qu'un simple métier, c'est un état, une assurance ludique d'être dans la langue. De nombreuses idées proviennent de la pratique de la traduction constante, qui pourrait bien devenir une manie au fil des ans. Traduire les noms, retracer l'origine des mots, les échos phonétiques d'expressions apparentées et contrastées. Tout cela trouve sa place dans le poème, comme une citation, une blague, une erreur de parole. De plus, on peut travailler dans le poème avec des langues que l'on ne peut pas vraiment parler. Ils entrent par la fenêtre comme s'ils étaient soufflés par un vent lointain, ils sont scandés dans les rues de New York ou sur la place al-Tahrir. Des slogans en ukrainien, des bribes de Mo'allaqat, des slogans en zoulou, en kiswahili, par exemple, remplis d'une grande euphorie, ou les paroles martelantes d'une chanson rock. D'autres inspirations lointaines qui surgissent de la mémoire, comme un cadeau ou un ver d'oreille obsédant. Le poème comme lieu de multilinguisme, les poètes du Maghreb et des Antilles me l'ont montré. Ces derniers temps, le multilinguisme a également acquis une valeur poétique en Allemagne, et cela est représenté par la jeune génération de poètes dont la fierté n'est plus de pratiquer la fidélité à une seule langue.ÉPUISÉVOIR PRODUIT15,00 € -
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