
L arracheur dedans
Corona René
APIC EDITIONS
15,00 €
Épuisé
EAN :
9789931468790
| Date de parution | 01/03/2021 |
|---|---|
| Poids | 140g |
| Largeur | 140mm |
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| EAN | 9789931468790 |
|---|---|
| Titre | L arracheur dedans |
| Auteur | Corona René |
| Editeur | APIC EDITIONS |
| Largeur | 140 |
| Poids | 140 |
| Date de parution | 20210301 |
| Nombre de pages | 0,00 € |
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Le sens culturel change à travers le monde, de même que le sens de la poésie. La culture est globalement perçue comme une marchandise dont la valeur est réduite à sa rentabilité matérielle. Cette direction impose de plus en plus ses lois sur les littératures, les arts, les connaissances et les critères esthétiques. Ceci a pour conséquence de rendre ceux qui détiennent le monopole de la culture et/ou de la littérature plus importants que les intellectuels et les écrivains. On parle beaucoup ces dernières années de la mort de la poésie. Peut-on cependant évoquer la mort de la poésie sans regarder les changements qu'a subi le monde depuis la seconde moitié du XXème siècle ? Ce qui a atteint d'autres champs de la création encore vivants aujourd'hui - avec des divergences bien sûr - ne diffère pas tellement de ce que vit la poésie. Peut-on par ailleurs ignorer le défi qu'impose le développement scientifique ? Peut-on faire fi des inventions technologiques qui incarnent certaines visions et donnent forme à l'intuition, devançant ainsi bien souvent les romans de science-fiction, allant même jusqu'à ouvrir devant le rêve de nouveaux horizons ? Le développement technologique et son impact ne devraient-ils donc pas être pris en considération dans le profond changement des sociétés et des relations humaines et environnementales ? Dans l'actuel tableau culturel, en Orient comme en Occident, la poésie n'est pas seule à bouger. Elle fait partie d'une mesure culturelle aux aspects changeants comme change la manière d'interagir avec elle, la façon de la considérer au sein même de la vie en tant qu'elle est un tout. En Occident, la poésie est réduite au minimum. Certaines sociétés comme la société française par exemple posent sur la poésie le même regard qu'elles posent sur la langue latine aujourd'hui révolue. Les festivals de poésie ayant lieu ici et là parfois sous couvert de bienfaisance ne signifient nullement que la poésie se porte bien. Dans le monde arabe, que signifie que l'on parle de poésie ? Et le fait d'en parler rend-il compte de sa présence ? Dans les médias arabes, la poésie n'est présente que parce que la plupart des responsables des pages cultuelles, à Beyrouth notamment, sont eux-mêmes des poètes. Pourtant, l'abondance des articles relatifs à la poésie et la couverture médiatique des poètes et de leurs livres ne veut pas dire pour autant que la poésie soit présente. La publication s'est éloignée de cet "étrange être" que si peu lisent et dont beaucoup de poètes eux-mêmes se détournent. Il se peut que la poésie trouve dans internet un nouveau souffle. Certains sites spécialisés dans la poésie peuvent à l'évidence jouer un rôle important pour les chercheurs arabes et occidentaux, mais ces sites s'apparent plus à un entrepôt poétique où toutes sortes de poésie cohabitent, la bonne comme la médiocre. Or ceci entrave parfois la recherche du poème. Dans l'accumulation quantitative et l'absence de critique, on peut craindre de voir se perdre les Bachiques d'Abou Nawwâs, L'épitre du pardon de Maarrî et La Divine Comédie de Dante... Jamais le poème n'a été aussi étranger qu'il ne l'est aujourd'hui. Pas seulement étranger à l'autre, mais aussi à lui-même. S'il sort de sa cachette, nul ne le reconnaît et il ne reconnaît personne. Cela ne concerne pas seulement le poème, mais toute la littérature de valeur, toute la création de valeur qui parce qu'elles sont en dehors du cercle économique, se retrouvent en dehors du petit écran, en dehors de l'espace social. Le recul de la valeur sociale de la littérature se répercute ainsi négativement sur les talents créatifs et sur l'écriture elle-même. "La voix de la poésie" est recouverte par cette autre voix que chante Sophocle depuis des âges profondément enfuis : "Ô enfant de l'espoir doré, parle... Ô voix de l'éternel ! " . 6/ La part de la prosodie dans l'élaboration du poème. Le poème est libre et n'obéit à aucun ordonnancement. Il est par essence contre toute entrave, toute capture. 7/ La place de la traduction dans l'écriture poétique. La traduction de la poésie, si difficile soit-elle, a réussi à faire connaître un grand nombre d'expériences poétiques de par le monde et de contribuer à l'interaction entre les poètes, leur ouvrant bien des perspectives.ÉPUISÉVOIR PRODUIT12,00 € -
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Dans le poème qui conclut ce livre, on peut lire : le langage a dit / "ceci est un papillon" / "j'aime le papillon" / "y a-t-il un papillon ? " // un mot /celui-ci /qui n'est pas (mais n'est pas étranger) /un sens /un corps /un monde /un je /le lieu où l'espèce résout les problèmes /qui l'assiégeaient. Ces vers offrent une définition cachée de la poésie. Le poème est cet usage de la langue qui diffère des usages communs qui ont pour sujet un moi et qui décrivent le monde ou raisonnent dans un champ conceptuel. La langue du poème n'est pas étrangère au sens, ni au concept, ni aux désirs d'un moi, mais elle se dirige vers ce temps et ce lieu où l'humanité résout les problèmes qui l'assiègent et qui sont souvent impossibles à articuler. La langue de la poésie est celle qui surgit d'un langage dévasté : par la guerre, par un événement personnel, par ce qui nous fait taire et nous laisse sans voix. Même ainsi, un. e poète écrit un poème. La langue dévastée n'est jamais pleinement dévastée, il reste toujours quelque chose. Un. e poète écrit ce reste. C'est toujours un nom qu'on n'est pas capable de dire. Le poème connaît l'impossibilité, connaît l'échec ; même ainsi, il écrit ce nom. Un ou une poète est un être dont le métier est de disparaître, de céder sa place à la langue du poème. La langue d'un poème se prononce à la troisième personne. Cette troisième personne peut être un cheval, un bâtiment, un océan, un arbre, une intrigue, par l'amour, la naissance, la mort ou les morts... . Le poème ne parle pas d'un bâtiment, ni de chevaux, ni de papillons, ni des intrigues, ni des morts. C'est le cheval linguistique qui écrit le poème. C'est l'océan linguistique qui écrit le poème. C'est le papillon linguistique qui écrit le poème... . Un poème est toujours un être de langue, il s'écrit avec des mots et avec la syntaxe ou l'absence de syntaxe qui articule les mots. Définir la poésie, c'est comme vouloir traverser un arc-en-ciel ou tracer une asymptote. Nous ne traverserons jamais l'arc-en-ciel, nous ne serons jamais assez proches. 3/ Prose et poésie, la distinction a-t-elle un sens ? Un poème peut frôler le conte, l'histoire, l'essai. Il s'arrête toujours de tel ou tel côté de la frontière, ne la franchit jamais. Pourtant nous savons que rien n'est plus poreux qu'une frontière. 4/ De la forme (et du formel) en temps de crise. Une fois qu'une forme existe, l'entropie la saisit. Et soudain l'incertitude règne. Ensuite, la forme disparaît et une nouvelle forme fleurit. Le chaos et l'incertitude sont les matrices de la forme, la crise de la forme. Aucune forme n'est stable, les formes sont comme les eaux d'une rivière ; ils chantent dans un même lit, sans jamais être les mêmes. 5/ Quel avenir pour la poésie ? J'aime dire, en espérant qu'on ne me mécomprenne pas, que la poésie n'a pas d'avenir. La poésie est strictement contemporaine. Je comprends le contemporain comme opposé à l'actuel. Contemporain, c'est le moment où une lectrice ouvre un livre et lit le poème. Contemporain, c'est le moment où une poète écrit un poème. Ceci est le temps de la poésie. 6/ La part de la prosodie dans l'élaboration du poème. En bref, je dirais que la poésie occidentale a choisi de se détacher du chant et de la ligne mélodique pour se lier au silence de l'écriture et être lue avec les yeux et non chantée ou récitée par une voix. Disons que le point sans retour est le poème de Mallarmé "Un coup de dés" . En bref je dirais qu'au 21e siècle tout est possible, même récupérer la mélodie. En bref, et de façon un peu cryptique, je propose ce qui suit : imaginons que la poésie a la forme d'un papillon ou d'un scarabée. L'insecte étend ses ailes. La gauche est la prosodie, la droite est le chiffre, la pensée mathématique. La gauche est l'un des rêves limites du poème, celui de disparaître dans la sonorité de la langue, de manquer de sens. La droite est un autre des rêves limites, celui de disparaître dans l'abstraction d'un nombre. Ce qui soutient ces rêves est le corps central du papillon, du scarabée. Sans ce corps il ne peut pas voler. 7/ La place de la traduction dans l'écriture poétique. Un pain est un pain, mais à chaque four son pain. Quand nous voyageons et mangeons du pain, nous reconnaissons que ce qu'on met dans la bouche est du pain, mais en chaque pays le pain est différent. En chaque langue, le mot pour pain signifie un pain, mais les lettres du mot diffèrent. Le pain est un nutriment, mais en même temps, un infini. Répétition et différence. C'est ça la traduction, ce mot qui nous nourrit se répète et dans sa répétition est la différence. C'est ça la nutrition. D'autre part, l'écriture poétique est déjà en soi une traduction. Si celui qui écrit le poème est le cheval, nous devons reconnaître que lorsque le cheval du monde devient un cheval linguistique, on traduit. Comme j'ai déjà dit, un ou une poète doit disparaître, céder sa place au cheval, c'est le cheval qui traduit.ÉPUISÉVOIR PRODUIT15,00 €



