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Une nuit de chien
Onetti Juan Carlos ; Jolicoeur Louis
BOURGOIS
8,00 €
Épuisé
EAN :9782267022841
Une nuit, quelque part en Amérique du Sud, dans la zone incertaine du rio de la Plata qui relie ou sépare, c'est selon, l'Argentine et l'Uruguay. Une nuit dominée par la couleur jaune (des eaux de l'estuaire, des ampoules nues, de la fumée des cigarettes, des visages marqués par l'alcool et la peur). Le pays connaît le trouble, l'anarchie, la guerre. Mais quand est sans grande importance puisque tous les désordres se répètent et se ressemblent: il y a des chasseurs et du gibier, pas toujours facilement différenciables. Tous les personnages d'Une nuit de chien sont marqués par le désespoir. Ils ne tiennent plus et l'absurdité de leur condition culmine au cours de cette nuit extravagante faite d'horreur et de tremblement, d'où il ne peut sortir qu'un surcroît de folie et de haine. Parmi eux, Ossorio: pourchassé, en fuite, il traîne au long du roman la conviction effrayée que sa mort est imminente. À l'approche de cette catastrophe, Ossorio s'efforce de s'acquitter de la mission qui lui incombe: prendre soin de la fille d'un home qu'il a été tué. Une lettre la lui confie. Toute tentative pour s'en débarrasser demeure vaine. Au bout du compte, il aimera cette vengeance, et en redemandera. Mais l'échec est la seule issue de cet impossible jeu. Mais c'est lorsque tout est perdu que la possibilité d'un renouveau se profile. La qualité de ce livre politique est qu'il n'est pas politique mais humain et universel." (Marie-José Thériault, Le Devoir) Une nuit de chien est une descente aux enfers, un roman urbain et nocturne sans cesse menaçant. Il raconte une nuit d'horreur et de désespoir, de luttes entre factions et partisans de causes politiques opposées dans la vie d'une ville du Rio de la Plata. Le cadre de cette ville sans nom, géographiquement imprécise, est flou mais convient parfaitement à cette nuit de visions et d'espoirs manqués. Alors que l'Europe et l'Amérique latine vivent ou préparent la venue du fascisme ordinaire, des hommes sondent leur âme pour y trouver la force d'exister. Le tout sur fond de trahison, de double jeu, de folie et de mort, comme un prodigieux huis-clos à la frontière du réel et du rêve. Le lecteur y est pris dans une ambiguïté poétique permanente et soumis à une tension telle qu'il n'en ressort pas indemne. Un récit doublé par un autre roman (en italiques), qui est peut-être la trace clandestine d'un texte surréaliste auquel Onetti travaillait auparavant.????????
Résumé : " Larsen, le héros du Chantier, surprendra-t-il le lecteur européen ? On peut imaginer, au contraire, que celui-ci découvrira dans ce personnage " un air de famille ". Larsen ne nous est pas inconnu... Il a des cousins, sur le vieux continent, qui pourraient s'appeler Meursault ou Roquentin... Le chantier est le roman d'une sorte de mensonge existentiel. Ces hommes, d'ailleurs, détruisent ce qu'ils voudraient sauver. "
Résumé : " Pourquoi écrivez-vous ? " " Je suis un homme à ce point abandonné de la main de Dieu que je n'ai pas le moindre démon, pas le plus minuscule fantôme qui m'obligent ou me supplient de les exorciser. J'écris parce que c'est pour moi un acte amoureux qui me procure du plaisir. Je serais bien téméraire et je risquerais de me condamner à la stérilité si je décidais de découvrir et de révéler le mobile qui me force, par moments, à manipuler, parfois en plein jour, parfois dans l'insomnie du petit matin, un stylo et un morceau de papier pour dessiner une phrase, remplacer un adjectif inadéquat qui s'est échappé le jour précédent, ou écrire deux ou trois pages. Aussi ma réponse à votre question est-elle aussi simple qu'inutile : je ne sais pas pourquoi j'écris. Je peux certifier que je n'anticipe pas le destin de mes livres et qu'ils sont libres de tout engagement. Y compris à l'égard d'hypothétiques lecteurs. "
Ce qu'il restait de la nuit, la noirceur qui l'entourait, cherchaient à la convaincre de la nécessité d'une descente, d'une immersion lente et sans heurts. A bout de forces, elle se rebellait pourtant et parvenait à se revoir au milieu d'un bal de campagne, où seul le vin doré donnait de la joie, où personne n'était ivre, le cercle des danseurs tournoyait au rythme des chansons, se laissait porter par elles, ce cercle qui fut sien, où elle évoluait légère et vêtue d'une robe à fleurs, heureuse, ignorant rides et petites douleurs des articulations, la peau du visage si fraîche, si lisse, à laquelle l'heureuse fatigue donnait un teint de rose, un œillet dans les cheveux, un œillet dans la poitrine, un œillet dans la bouche. Si heureuse et redoutant tant de ne l'être plus qu'elle tâtonna dans l'ombre pour attraper d'autres somnifères, davantage de jerez... Le jour sombre dans les ténèbres, la réalité taraude le rêve, l'âge ronge les êtres comme des statues de sel, l'amour dépose ailleurs ses sortilèges : onze textes brefs d'un maître du genre disent le vertige qui saisit chacun d'entre nous face à son destin, aussi précaire qu'inexorable.
Onetti Juan Carlos ; Guille-Bataillon Laure ; Fouc
Dans un chantier naval en ruine, en proie à la rouille et à la décrépitude, l?ancien patron, son bras droit, Larsen, et deux ouvriers, viennent tous les jours faire semblant de travailler, pour rien, ou plutôt pour tenter de se persuader eux-mêmes qu?ils existent, qu?ils sont utiles, que l?on peut espérer de l?existence des satisfactions tangibles, alors qu?il n?y a rien d?autre à attendre que la lente et irréversible dégradation qui précède le néant? « Larsen, le héros du Chantier, surprendra-t-il le lecteur européen? On peut imaginer, au contraire que celui-ci découvrira dans ce personnage ?un air de famille?. Larsen ne nous est pas inconnu? Il a des cousins, sur le vieux continent, qui pourraient s?appeler Meursault ouRoquentin? C?est le roman d?une sorte de mensonge existentiel. Ces hommes, d?ailleurs,détruisent tout ce qu?ils voudraient sauver ». M-P Fouchet
Résumé : Suite à la mort des ses parents, Mélanie, une jeune adolescente, quitte sa belle maison de campagne avec son frère et sa soeur pour aller vivre dans le petit appartement londonien de son oncle Philip. Très vite, ce dernier, monteur de marionnettes, va se muer en personnage immense et effrayant, Barbe-Bleue en son château aux portes closes. Récit d'initiation, fable sur la confrontation du mal et de l'innocence, le roman d'Angela Carter est tout cela. Il joue des références littéraires et picturales : Lear, Carroll, mais aussi Coleridge, Melville et Poe sont convoqués dans cette histoire profondément mystérieuse et touchante.
« En ces heures où le paysage est une auréole de vie, j'ai élevé, mon amour, dans le silence demon intranquillité, ce livre étrange... » qui alterne chronique du quotidien et méditationtranscendante. Le livre de l'intranquillité est le journal que Pessoa a tenu pendant presque toute sa vie, en l'attribuant à un modeste employé de bureau de Lisbonne, Bernardo Soares. Sans ambitionterrestre, mais affamé de grandeur spirituelle, réunissant esprit critique et imagination déréglée,attentif aux formes et aux couleurs du monde extérieur mais aussi observateur de « l'infinimentpetit de l'espace du dedans », Bernardo Soares, assume son "intranquillité" pour mieux la dépasseret, grâce à l'art, aller à l'extrémité de lui-même, à cette frontière de notre condition ou lesmystiques atteignent la plénitude « parce qu'ils sont vidés de tout le vide du monde ». Il seconstruit un univers personnel vertigineusement irréel, et pourtant plus vrai en un sens que lemonde réel. Le livre de l?intranquillité est considéré comme le chef-d?oeuvre de Fernando Pessoa.
À l?occasion d?une conférence sur l?ironie, qu?il doit donner à Barcelone, un écrivain revient sur ses années de bohème et d?apprentissage littéraire à Paris. Sous la figure tutélaire d?Ernest Hemingway, il dit son amour pour cette ville à travers les souvenirs de ses premiers pas dans l?écriture, tandis qu?il habitait dans une chambre louée par Marguerite Duras à partir de 1974. Maniant en maître l?ironie et la digression, Vila-Matas offre une promenade décalée, à la fois tendre et grinçante, dans la mythique capitale.
Invité en 1966 à Princeton, à une session du Groupe 47, Peter Handke y fait un éclat en s'opposant à la vogue du "réalisme" en littérature : Une certaine conception normative de la littérature désigne d'une belle expression ceux qui se refusent à raconter encore des histoires, tout en étant à la recherche des méthodes nouvelles pour décrire le monde (...) : elle dit qu'ils "habitent une tour d'ivoire" et les traite de formalistes, d'esthètes. Que les écrivains se réfugient dans leur "tour d'ivoire", c'est ce que revendique paradoxalement Peter Handke. Confrontation avec Brecht, Horvath ou Bernhard, avec les méthodes du théâtre et du cinéma ou avec le discours de la justice, réflexions, critiques, satires, pamphlets..., cet ensemble de textes divers passe du sérieux à l'humour, des méditations austères aux "gais feuilletons". Handke s'attache à y définir sa position par rapport à l'écriture : longtemps, la littérature a été pour moi le moyen, si ce n'est d'y voir clair en moi, du moins d'y voir tout de même plus clair. Elle m'a aidé à reconnaître que j'étais là, que j'étais au monde.
Que de tours et de malices chez cette "vilaine fille", toujours et tant aimée par son ami Ricardo, le "bon garçon". Ils se rencontrent pour la première fois au début des années cinquante en pleine adolescence, dans l'un des quartiers les plus huppés de Lima, Miraflores. Joyeux, inconscients, ils font partie d'une jeunesse dorée qui se passionne pour les rythmes du mambo et ne connaît d'autre souci que les chagrins d'amour. Rien ne laissait alors deviner que celle qu'on appelait à Miraflores "la petite Chilienne" allait devenir, quelques années plus tard, une farouche guérillera dans la Cuba de Cassa, puis l'épouse d'un diplomate dans le Paris des existentialistes, ou encore une richissime aristocrate dans le swinging London. D'une époque, d'un pays à l'autre, Ricardo la suit et la poursuit, comme le plus obscur objet de son désir. Et, bien entendu, ne la perd que pour mieux la rechercher. Mario Vargas Llosa nous offre un cadeau inattendu: une superbe tragi-comédie où éros et thanatos finissent par dessiner une autre Carte de Tendre entre Lima, Paris, Londres et Madrid. Car Tours et détours de la vilaine fille est bien cela: la géographie moderne d'un amour fou.
Sur le front déchiqueté des Andes nous retrouvons le personnage de Lituma, échappé de La Chunga et de Qui a tué Palomino Molero?, sous-officier rétrogradé et grelottant de froid. Ou de peur. La menace de la guérilla du Sentier lumineux est ici permanente. Trois disparitions successives accentuent l'angoisse et l'effroi. Sur fond d'enquête, nous pénétrons dans le monde des mineurs et des aventuriers des Andes avec, au centre, le couple Dionisio et Adriana, réincarnation dégradée des mythes de Dionysos et d'Ariane. [...] Un univers truculent et glacé se met en place, un monde archaïque où les croyances de la nuit des temps refont surface, un monde barbare, magique et entêtant... Une fois de plus, Mario Vargas Llosa, dans la parfaite maîtrise de son talent romanesque, nous entraîne vers un destin qui n'est jamais qu'humain, trop humain.
Alors que le Brésil, en renversant l'empire et la société traditionnelle, se dote d'une république musclée, un prophète se lève dans le désert du Nordeste pour, rassemblant les gueux, prostituées, monstres et bandits du sertão, fonder une sorte de phalanstère mystique. Un Écossais, anarchiste et phrénologue, le suit à la trace et cherche vainement à rejoindre ce paradis libertaire, mais ses pulsions humaines, trop humaines, viennent ruiner ses espoirs. Cette cité rebelle aux lois, qui fulmine contre l'Antéchrist et refuse en bloc le paiement de l'impôt, le système décimal, le recensement, la circulation de l'argent et l'économie de marché, résistera victorieusement à trois sanglantes opérations militaires avant de succomber.