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Les Samaritains
Nodet Etienne ; Joosten Jan
CERF
24,00 €
Épuisé
EAN :9782204149945
Des juifs dégradés et condamnés à une existence folklorique, les Samaritains ? C'est en grand bibliste et historien qu'Etienne Nodet exhume la singularité et la grandeur de ces témoins irréductibles de la diversité du judaïsme antique. Une plongée dans les origines et les marges éblouissante d'enseignements sur aujourd'hui. Qui sont les Samaritains de la Bible ? Comment se sont-ils agrégés dans la Palestine antique autour de leur temple sur le mont Garizim ? Quel effet a eu sur eux le fait de ne pas connaître l'Exil ? A quoi doivent-ils leur si mauvaise réputation ? Comment se fait-il que, de l'Ancien Testament à l'Evangile, leur judaïsme dégradé les érige en contre-exemple, ce dont le " bon Samaritain ", qui fait mentir l'image reçue, constitue la preuve indirecte ? Et pourquoi se sont-ils étiolés à partir de la romanité chrétienne ? Voici la plus grande investigation jamais entreprise sur l'origine des Samaritains, établissant leur généalogie, dévoilant leur histoire. L'examen critique des écrits de Flavius Josèphe, la confrontation des traditions juives et de l'histoire, l'étude comparée des sources archéologiques permettent au bibliste Etienne Nodet d'éclairer leur mystère et de restaurer leur identité israélite. Un ouvrage éblouissant.
Les lecteurs d'Etienne Nodet savent qu'il aime à provoquer et manie volontiers le paradoxe. Cet essai n'y manque pas, surtout pour l'historien invité par l'auteur à remonter systématiquement le temps au lieu de dévider le fil chronologique des événements. Au cours de la lecture, on apprend que l'événement commémoré par Hanoukka ne fut peut-être pas aussi important que cela. On découvre que les Samaritains, loin de constituer une dissidence ou une hérésie, auraient représenté la réalité régionale dominante en Palestine jusqu'au IIe siècle. Surtout, la crise maccabéenne, conventionnellement analysée comme l'expression d'une résistance identitaire aux excès du pouvoir grec, est relue par Étienne Nodet comme l'émergence d'un judaïsme jérusalémitain inédit. Pour lui, la crise n'éclate pas au nom de la défense et de la restauration d'un certain passé et d'un certain acquis, religieux ou politique ; c'est le début d'un nouvel âge, comme le signifie la fondation de plusieurs fêtes commémoratives, qui sont le point de départ de sa recherche. Même l'importance du grand prêtre dans la période antérieure est remise en cause... Provoquer le lecteur est toujours intéressant d'un point de vue heuristique, tant il importe de remettre sans cesse en cause les idées reçues. Dans le cas présent, l'historien s'y retrouve et prend davantage conscience, en lisant Etienne Nodet, que l'historiographie porte toujours la marque de son époque et de son environnement, en particulier l'historiographie du mouvement maccabéen. Les livres des Maccabées sont le plus souvent interrogés et décryptés en fonction de problématiques extérieures et générales. Etienne Nodet nous invite à les relire avec l'œil du bibliste et son immense culture, en s'intéressant exclusivement à l'évolution interne du judaïsme judéen. Là réside l'originalité de la démarche, parfaitement opérante. "
Quatrième de couverture Le christianisme, fondé sur l'annonce de la résurrection salvatrice de Jésus, et corrélativement sur la rupture de la frontière entre Juifs et Gentils, ne représente qu'une branche de la postérité de Jésus, très marginale à l'origine, mais c'est ce kérygme que le Nouveau Testament a pour centre. Le témoignage de Flavius Josèphe, combiné avec celui de plusieurs textes de Qumrân, aide à la compréhension des textes chrétiens. Par exemple, on voit que, dans le contexte juif et gréco-romain de l'époque, les premiers chrétiens ont eu à affirmer l'humanité du Christ, c'est-à-dire à proclamer « l'incarnation » : pour les auteurs du Nouveau Testament, il a été essentiel de souligner que la Passion fut un sacrifice réel. D'où l'importance pour nous d'une étude minutieuse des récits évangéliques de la Passion. Etienne Nodet se livre à une enquête historique qui l'amène à réexaminer la question synoptique (antériorité de l'évangile de Marc, théorie des deux sources) et à étudier le titre de « fils de Dieu ». Qumrân et les écrits non chrétiens sur Jésus et sa postérité sont le résultat d'une christianisation de la biographie de Jésus. Les récits de la Passion enfilent divers matériaux en une synthèse motivée : souligner que Jésus était bien le Serviteur souffrant d'Isaïe, mis à mort au nom de Dieu par ceux qu'il voulait sauver au nom de Dieu ; montrer que tous ont contribué à la mort de Jésus, de manière à ce que la rédemption ultérieure soit pour tous. D'où la Pâque fort peu juive des synoptiques, mais hautement symbolique, avec au centre la croix : la totalité du sens de la vie et de la mort de Jésus vient de la Passion.
Résumé : Comment les premiers chrétiens ont-ils compris et exprimé l'identité de Jésus ? Voici une réflexion neuve sur les origines du christianisme, les manuscrits de Qumrân, les écrits de saint Jean et saint Paul, par un maître de l'Ecole biblique de Jérusalem. "Messie" , "Crucifié" , "Serviteur souffrant" , "Juste condamné" , "Saint" , "Fils de Dieu" . Comment les premiers chrétiens ont-ils nommé et identifié Jésus ? C'est en immense spécialiste, internationalement reconnu, qu'Etienne Nodet renouvelle cette question cruciale et se livre à une enquête historique qui l'amène à réexaminer la question synoptique et à étudier l'appellation de "Fils de Dieu" . Oui, le thème du Serviteur souffrant de rang divin, annoncé par Isaïe, présent dans les manuscrits de la mer Morte, est essentiel. Oui, parmi les quatre évangiles, le récit de Jean, sans procès au Sanhédrin, est le plus proche des faits, avec une bonne chronologie. Oui, le titre de Fils de Dieu, a des précédents bibliques depuis David, romains depuis Auguste. Oui, Paul, dont l'influence est perceptible dans la rédaction finale des évangiles, l'a utilisé. Mais en le rattachant à la résurrection. Car, non, les premiers chrétiens n'ont pas cherché à diviniser Jésus. Au contraire, ils ont voulu affirmer son humanité. Un extraordinaire renversement de vue qui restitue enfin le sens primordial de la Passion.
Flavius Josèphe, l'historien juif du Ier siècle (37-100) n'a pas fini de nous renseigner sur le milieu des premiers chrétiens et du Nouveau Testament. Examinant son idéologie et ses méthodes de travail, cette étude se développe selon deux axes : l'écrivain et ses sources. Josèphe se veut un historien objectif, mais sa perspective est celle d'un défenseur du judaïsme devant Rome - d'où certaines réinterprétations un peu malaisées. D'autre part il s'attache à ne rien perdre de la documentation disparate qu'il a rassemblée. Il en résulte à l'occasion des doublets ou des incohérences que l'analyse peut parfois rectifier. Les notices sur Jésus, Jean Baptiste et Jacques sont bien de Josèphe, mais elles n'ont pas toutes la même origine. Celle sur Jacques provient de Jérusalem. Il fut lapidé en 62 pour blasphème, au terme d'un procès suscité par Anân, l'unique grand-prêtre sadducéen connu ; ce fut une affaire purement juive, sans interférence romaine. Jacques, grandi par le martyre, devint un modèle du Serviteur souffrant, dont on trouve des traces dans le Nouveau Testament. Celles sur Jean Baptiste et Jésus proviennent d'une confession de foi baptismale des chrétiens de Rome, recueillie par Josèphe vers 90. Centrée sur le kérygme paulinien et sans lien littéraire avec les évangiles, elle établit un contraste entre le baptême de repentance de Jean et le baptême au nom de Jésus ressuscité. Quant à la Résurrection, elle est étudiée à partir de ceux qui la nient, les Sadducéens, qui, en " réformateurs ", prônent un retour à l'Ecriture stricte.