Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
La crise maccabéenne. Historiographie juive et traditions bibliques
Nodet Etienne ; Baslez Marie-Françoise
CERF
39,60 €
Épuisé
EAN :9782204076418
Les lecteurs d'Etienne Nodet savent qu'il aime à provoquer et manie volontiers le paradoxe. Cet essai n'y manque pas, surtout pour l'historien invité par l'auteur à remonter systématiquement le temps au lieu de dévider le fil chronologique des événements. Au cours de la lecture, on apprend que l'événement commémoré par Hanoukka ne fut peut-être pas aussi important que cela. On découvre que les Samaritains, loin de constituer une dissidence ou une hérésie, auraient représenté la réalité régionale dominante en Palestine jusqu'au IIe siècle. Surtout, la crise maccabéenne, conventionnellement analysée comme l'expression d'une résistance identitaire aux excès du pouvoir grec, est relue par Étienne Nodet comme l'émergence d'un judaïsme jérusalémitain inédit. Pour lui, la crise n'éclate pas au nom de la défense et de la restauration d'un certain passé et d'un certain acquis, religieux ou politique ; c'est le début d'un nouvel âge, comme le signifie la fondation de plusieurs fêtes commémoratives, qui sont le point de départ de sa recherche. Même l'importance du grand prêtre dans la période antérieure est remise en cause... Provoquer le lecteur est toujours intéressant d'un point de vue heuristique, tant il importe de remettre sans cesse en cause les idées reçues. Dans le cas présent, l'historien s'y retrouve et prend davantage conscience, en lisant Etienne Nodet, que l'historiographie porte toujours la marque de son époque et de son environnement, en particulier l'historiographie du mouvement maccabéen. Les livres des Maccabées sont le plus souvent interrogés et décryptés en fonction de problématiques extérieures et générales. Etienne Nodet nous invite à les relire avec l'œil du bibliste et son immense culture, en s'intéressant exclusivement à l'évolution interne du judaïsme judéen. Là réside l'originalité de la démarche, parfaitement opérante. "
Résumé : Depuis la découverte des manuscrits de la mer Morte, aucun chercheur n'était parvenu à résoudre la question pourtant essentielle, sans laquelle toute hypothèse est caduque, de la présence des esséniens en plein désert. Répondre à cette énigme, c'est enfin comprendre ce qu'est réellement le site de Qumrân, les enjeux politiques qu'il recouvre et le rôle religieux joué par ce mouvement juif dans le christianisme naissant. Car, entre le Ve siècle av. J. -C et le Ier siècle de notre ère, le judaïsme n'est pas monolithique et ses institutions ne sont pas stables : samaritains. asmonéens, juifs d'Egypte et esséniens tentent d'imposer leur vision de la religion, ce qui débouchera sur le judaïsme rabbinique. Intégrant des données qumraniennes dans le contexte plus large de l'histoire du Proche-Orient ancien depuis l'époque perse jusqu'à la période romaine et prenant en considération les données culturelles et institutionnelles, Etienne Nodet renouvelle fondamentalement nos connaissances. Une pensée rigoureuse et originale pour une vision audacieuse : à la suite de Josué, l'entrée en Terre promise devient une métaphore de l'accès au Royaume de Dieu.
Quatrième de couverture Le christianisme, fondé sur l'annonce de la résurrection salvatrice de Jésus, et corrélativement sur la rupture de la frontière entre Juifs et Gentils, ne représente qu'une branche de la postérité de Jésus, très marginale à l'origine, mais c'est ce kérygme que le Nouveau Testament a pour centre. Le témoignage de Flavius Josèphe, combiné avec celui de plusieurs textes de Qumrân, aide à la compréhension des textes chrétiens. Par exemple, on voit que, dans le contexte juif et gréco-romain de l'époque, les premiers chrétiens ont eu à affirmer l'humanité du Christ, c'est-à-dire à proclamer « l'incarnation » : pour les auteurs du Nouveau Testament, il a été essentiel de souligner que la Passion fut un sacrifice réel. D'où l'importance pour nous d'une étude minutieuse des récits évangéliques de la Passion. Etienne Nodet se livre à une enquête historique qui l'amène à réexaminer la question synoptique (antériorité de l'évangile de Marc, théorie des deux sources) et à étudier le titre de « fils de Dieu ». Qumrân et les écrits non chrétiens sur Jésus et sa postérité sont le résultat d'une christianisation de la biographie de Jésus. Les récits de la Passion enfilent divers matériaux en une synthèse motivée : souligner que Jésus était bien le Serviteur souffrant d'Isaïe, mis à mort au nom de Dieu par ceux qu'il voulait sauver au nom de Dieu ; montrer que tous ont contribué à la mort de Jésus, de manière à ce que la rédemption ultérieure soit pour tous. D'où la Pâque fort peu juive des synoptiques, mais hautement symbolique, avec au centre la croix : la totalité du sens de la vie et de la mort de Jésus vient de la Passion.
Tout chrétien se demande, parfois obscurément, quel est le rapport entre ce qu'il vit aujourd'hui et ce qui s'est passé au temps des disciples de Jésus. Beaucoup ont quitté l'Eglise, la soupçonnant d'infidélité aux originesSuffit-il de vérifier que ce qu'on dit de Jésus est exact Rompant avec la classique démarche consistant à reconstruire (parfois à déconstruire) le christianisme à partir du Nouveau Testament, l'auteur, spécialiste du judaïsme mais aussi missionnaire, adopte une démarche à rebours qui lui permet de mesurer la trajectoire parcourue par la tradition pour retrouver des faits. D'où l'extrême attention portée aux institutions, à commencer par l'EucharistieLa "Vie de Jésus" qui occupe la moitié du livre n'est pas un récit simple et lisse, mais une série de dossiers passionnants à la découverte des étapes de la vie de Jésus: non seulement les grands moments que rappelle le Credo, mais aussi la vie publique, où Jésus suit les traces de Josué, depuis le Jourdain jusqu'au renouvellement de l'Alliance lors d'une Pâque d'entrée en Terre promiseEtienne Nodet cite en finale le mot de Lagrange: "Les évangiles sont les seules vies de Jésus qu'on puisse écrire. Il n'est que de les comprendre le mieux possible." Gageons que ce livre permettra à beaucoup d'entrer dans une compréhension renouvelée par la science et l'immense culture de l'auteur
Flavius Josèphe, l'historien juif du Ier siècle (37-100) n'a pas fini de nous renseigner sur le milieu des premiers chrétiens et du Nouveau Testament. Examinant son idéologie et ses méthodes de travail, cette étude se développe selon deux axes : l'écrivain et ses sources. Josèphe se veut un historien objectif, mais sa perspective est celle d'un défenseur du judaïsme devant Rome - d'où certaines réinterprétations un peu malaisées. D'autre part il s'attache à ne rien perdre de la documentation disparate qu'il a rassemblée. Il en résulte à l'occasion des doublets ou des incohérences que l'analyse peut parfois rectifier. Les notices sur Jésus, Jean Baptiste et Jacques sont bien de Josèphe, mais elles n'ont pas toutes la même origine. Celle sur Jacques provient de Jérusalem. Il fut lapidé en 62 pour blasphème, au terme d'un procès suscité par Anân, l'unique grand-prêtre sadducéen connu ; ce fut une affaire purement juive, sans interférence romaine. Jacques, grandi par le martyre, devint un modèle du Serviteur souffrant, dont on trouve des traces dans le Nouveau Testament. Celles sur Jean Baptiste et Jésus proviennent d'une confession de foi baptismale des chrétiens de Rome, recueillie par Josèphe vers 90. Centrée sur le kérygme paulinien et sans lien littéraire avec les évangiles, elle établit un contraste entre le baptême de repentance de Jean et le baptême au nom de Jésus ressuscité. Quant à la Résurrection, elle est étudiée à partir de ceux qui la nient, les Sadducéens, qui, en " réformateurs ", prônent un retour à l'Ecriture stricte.
Connu comme le fondateur du hassidisme, celui qu'on surnomme le Baal Shem Tov, le " maître du Bon Nom ", ne cesse de fasciner. Qui était-il : un mystique détenteur de secrets ? Un réformateur religieux venu valoriser la foi simple des humbles contre l'érudition talmudique ? Un annonciateur du messie ? Un guérisseur, voire un chamane pratiquant la transe, inspiré par des traditions préchrétiennes des Carpates ? A-t-il seulement fondé un nouveau mouvement, ou la légende a-t-elle dépassé l'histoire ? Jean Baumgarten, sans doute le plus éminent spécialiste français du hassidisme, nous invite à le suivre dans sa recherche du " vrai " Baal Shem Tov. A la fois portrait spirituel et plongée dans la sociologie religieuse des Juifs polonais du milieu du xviiie siècle, cet ouvrage nous livre la synthèse des travaux les plus récents sur cette figure majeure dont se réclament les " amis de Dieu " bien au-delà du monde juif.
Présentation de l'éditeur Pédagogique, ce guide de référence propose une lecture guidée de la Torah : il délivre l'histoire, les mots-clés, les grands récits et la philosophie de ce texte fondateur. Vivant, il repose sur de nombreuses citations et il décrit la position de la Torah sur les principales questions de société. Une approche nouvelle, qui introduit avec précision à la connaissance et à la compréhension de nos références culturelles communes.
Josy Eisenberg est rabbin et anime "A bible ouverte" et "La source de vie" sur France 2. Il a notamment publié Le Judaïsme pour les nuls (First, 2009). Adin Steinsaltz, rabbin et mathématicien, a reçu le prix Israël pour son commentaire des deux Talmuds.
Nahum André ; Chanfrault Bernard ; Bensoussan Albe
Depuis des siècles, toute une tradition populaire d'humour et de sagesse marque le monde de la Méditerranée. Ecrivain, conteur, André Nahum offre ici avec les farces de Ch'hâ, personnage mythique du bassin méditerranéen, une anthologie d'histoires, d'expressions et de proverbes utilisés par les juifs de Tunisie. Certains ont été adoptés et adaptés par les juifs à partir du folklore arabe, d'autres sont spécifiquement juifs. Recueillies, pour la plupart, auprès de personnes originaires d'Afrique du Nord et d'Egypte, ces expressions de la sagesse populaire ont accompagné vingt siècles de présence juive au Maghreb. Originaire de Tunisie, médecin, André Nahum (1921-2015) a voulu conserver par ses livres la mémoire de la communauté juive de Tunisie. Il est l'auteur d'une demi-douzaine d'ouvrages sur les traditions orales des différentes communautés du Maghreb, l'humour populaire et le personnage de Djoha. Il a également publié un roman historique, Le Médecin de Kairouan, chez Ramsay.