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Essai sur les origines du christianisme. Une secte éclatée
Nodet Etienne ; Taylor Justin
CERF
45,00 €
Épuisé
EAN :9782204069687
Quatrième de couverture Depuis toujours, les chrétiens connaissent deux rites fondamentaux et complémentaires : le baptême et l'eucharistie, l'un commandant l'accès à l'autre. Le propos de cette étude est de caractériser le milieu de la communauté primitive en recherchant l'origine de ces institutions, mais en les considérant comme liées. Le résultat peut s'énoncer très simplement : le milieu d'origine se rattache aux esséniens, chez qui le baptême sanctionne un parcours d'initiation, et dont le geste communautaire essentiel est un repas eschatologique où dominent le pain et le vin. Au sein de cette culture marginale s'est opérée une transformation profonde, dont le moment décisif fut le contact avec les païens. Tel est le sens du sous-titre proposé, car il s'agit bien d'un éclatement, d'un cataclysme. Ces nouveautés n'ont cependant pas détruit les racines : un cadre s'est conservé, comme l'atteste bien la patrologie ancienne. Les rapprochements entre les chrétiens et l'ensemble formé par les thérapeutes de Philon et les esséniens de Josèphe se sont multipliés depuis les découvertes de Qumrân, non sans une attention excessive à la communauté qui occupait le site, d'où un gauchissement monastique. De fait, on montre que les esséniens et les disciples de jésus d'abord, puis ensuite les fondateurs du judaïsme rabbinique (tannaïtes) sont, à l'origine, des milieux marginaux semblables, méfiants à l'égard du Temple et des autorités de Jérusalem.
Résumé : Des juifs dégradés et condamnés à une existence folklorique, les Samaritains ? C'est en grand bibliste et historien qu'Etienne Nodet exhume la singularité et la grandeur de ces témoins irréductibles de la diversité du judaïsme antique. Une plongée dans les origines et les marges éblouissante d'enseignements sur aujourd'hui. Qui sont les Samaritains de la Bible ? Comment se sont-ils agrégés dans la Palestine antique autour de leur temple sur le mont Garizim ? Quel effet a eu sur eux le fait de ne pas connaître l'Exil ? A quoi doivent-ils leur si mauvaise réputation ? Comment se fait-il que, de l'Ancien Testament à l'Evangile, leur judaïsme dégradé les érige en contre-exemple, ce dont le " bon Samaritain ", qui fait mentir l'image reçue, constitue la preuve indirecte ? Et pourquoi se sont-ils étiolés à partir de la romanité chrétienne ? Voici la plus grande investigation jamais entreprise sur l'origine des Samaritains, établissant leur généalogie, dévoilant leur histoire. L'examen critique des écrits de Flavius Josèphe, la confrontation des traditions juives et de l'histoire, l'étude comparée des sources archéologiques permettent au bibliste Etienne Nodet d'éclairer leur mystère et de restaurer leur identité israélite. Un ouvrage éblouissant.
Chapitre I - De cyrus au pharisiens Chapitre II - Le sabbat et la guerre Chapitre III - Le sabbat dans la bible Chapitre IV - Les samaritains et sichem Chapitre V - De l'origine des samaritains Chapitre VI - La crise maccabéenne Chapitre VII - De Simon le juste à Hillel Chapitre VIII - Esdras et néhémie Chapitre IX - Bilan et perspectives
Résumé : Comment les premiers chrétiens ont-ils compris et exprimé l'identité de Jésus ? Voici une réflexion neuve sur les origines du christianisme, les manuscrits de Qumrân, les écrits de saint Jean et saint Paul, par un maître de l'Ecole biblique de Jérusalem. "Messie" , "Crucifié" , "Serviteur souffrant" , "Juste condamné" , "Saint" , "Fils de Dieu" . Comment les premiers chrétiens ont-ils nommé et identifié Jésus ? C'est en immense spécialiste, internationalement reconnu, qu'Etienne Nodet renouvelle cette question cruciale et se livre à une enquête historique qui l'amène à réexaminer la question synoptique et à étudier l'appellation de "Fils de Dieu" . Oui, le thème du Serviteur souffrant de rang divin, annoncé par Isaïe, présent dans les manuscrits de la mer Morte, est essentiel. Oui, parmi les quatre évangiles, le récit de Jean, sans procès au Sanhédrin, est le plus proche des faits, avec une bonne chronologie. Oui, le titre de Fils de Dieu, a des précédents bibliques depuis David, romains depuis Auguste. Oui, Paul, dont l'influence est perceptible dans la rédaction finale des évangiles, l'a utilisé. Mais en le rattachant à la résurrection. Car, non, les premiers chrétiens n'ont pas cherché à diviniser Jésus. Au contraire, ils ont voulu affirmer son humanité. Un extraordinaire renversement de vue qui restitue enfin le sens primordial de la Passion.
Flavius Josèphe, le fameux historien juif du Ier siècle, est surtout connu par ses descriptions de Jérusalem et par ses récits de la guerre qui aboutit à la ruine du Temple en 70. Mais sur le tard, il a composé une histoire de son peuple, les Antiquités juives, pour en montrer les origines lointaines (car seul ce qui est ancien est vénérable). Pour cette histoire, il paraphrase la Bible. Mais quelle Bible ? Il affirme avoir traduit lui-même un texte hébreu, mais on l'a soupçonné longtemps de s'être servi d'une traduction préexistante en l'agrémentant de quelques hébraïsmes. L'étude n'avait cependant jamais été poussée très loin, car la composition de Josèphe est trop lâche pour prétendre à autre chose qu'à un rang secondaire parmi les témoins du texte. L'examen détaillé de son traitement du Pentateuque, présenté dans ce volume, fournit quelques résultats précis pour l'histoire du texte biblique. D'abord, Josèphe traduit bien de l'hébreu, comme il le dit, et il utilise des manuscrits vénérables, souvent altérés par l'usage, mais garnis de corrections et de gloses qu'il n'a pas voulu perdre ; ces rouleaux, ainsi révisés et destinés à être copiés, proviennent très probablement d'une bibliothèque de Jérusalem. D'autre part, le texte qu'ils offrent est proche de la source de la Septante, et certains éléments annexes permettent de conclure que le texte hébreu actuel (celui qu'on appelle le texte massorétique) est le résultat d'une révision ultérieure. La Septante, quant à elle, a été considérée très vite par les juifs comme une Bible chrétienne, d'où par réaction vers 100-110, la traduction d'Aquila, qui atteste un texte déjà très proche du texte massorétique définitif. L'étude du Pentateuque de Josèphe apporte donc des éléments utiles pour l'histoire plus large du texte biblique tel qu'il est couramment utilise et traduit aujourd'hui.
L'histoire du christianisme commence par l'acte de foi des disciples juifs de Jésus devant son tombeau vide: ils croient en sa résurrection et le reconnaissent comme le Messie annoncé dans la Bible. Le christianisme n'est alors qu'une de ces nombreuses religions de salut, qui multiplient les adeptes dans le monde gréco-romain. Mais d'emblée, il définit le salut comme un événement historique unique et non comme le résultat d'initiations individuelles à la façon des religions à mystères; il donne à cet événement uneportée universelle, et ouvre la communauté de Jérusalem au monde polyglotte et diversifié que vient d'unifier l'empire romain. Par là, il lie son destin à celui de Rome, ce qu'affirment très tôt les auteurs chrétiens: l'Église et l'Empire sont les deux seules structures de l'Antiquité à penser la mondialisation, ce qui facilitera la christianisation de l'État et du pouvoir au IVe siècle, après celle de la société. Or, quoi qu'on en ait, il est impossible de restituer une histoire linéaire et complète de l'Église primitive, de Jésus à saint Augustin, non plus qu'une histoire complète de la christianisation de l'Empire. La nature des sources - le plus souvent indirectes, apologétiques ou postérieures aux événements - ne permet que des approches ponctuelles, diversifiées, particulièrementriches pour certaines régions comme la Palestine, Rome et, plus encore, l'Asie Mineure. C'est donc une histoire partielle, en kaléidoscope, à travers une Bible plurielle et des groupes éclatés, très personnalisés, que retracent une soixantaine d'historiens, archéologues et biblistes, tous spécialistes de ces cinq siècles décisifs. Les chapitres de cet ouvrage, remis à jour et complétés pour ce volume, ont initialement paru dans la revue Le monde de la Bible. Il est le troisième et dernier volume du triptyque commencé, dans cette même collection, avec Le monde de la Bible (n° 88) et Aux origines du christianisme (n° 98).
Pouderon Bernard ; Salamito Jean-Marie ; Zarini Vi
Premiers : les plus anciens de ces textes sont immédiatement postérieurs aux derniers écrits des apôtres (fin du I ?? siècle) ; les plus tardifs se situent à la frontière du II ? et du III ? siècle. Le corpus commence avec des hommes qui ont connu les apôtres : Clément de Rome fut proche de Pierre. Il prend fin avec les disciples de leurs disciples : Irénée de Lyon se réclame de Polycarpe de Smyrne, qui avait connu Jean. - Certains témoignages et quelques poèmes sont moins anciens. Ecrits : les auteurs, "Pères de l'Eglise" pour la plupart, ne cherchent pas encore à bâtir une oeuvre. Ils disent qui ils sont, comment ils vivent et meurent, ce qu'ils croient. Leurs textes adoptent les formes les plus variées : lettre, récit, traité, dialogue, discours judiciaire, poème... formes empruntées à la littérature de leur univers culturel, l'hellénisme, à moins qu'elles n'aient des parallèles dans la littérature juive, comme les actes de martyrs, dont l'Ancien Testament offre l'archétype. Pour exprimer les réalités nouvelles, les vieux mots changent de sens : baptizein, "immerger ", devient "baptiser" ; ekklesia, "assemblée ", signifie désormais "église". Chrétiens : la période est celle de l'autodéfinition du christianisme. Le terme apparaît autour de 117, chez Ignace d'Antioche. C'est le temps de la séparation, plus ou moins rapide et marquée selon les aires culturelles, d'avec le judaïsme. Se constituent peu à peu des usages liturgiques, des règles communautaires, un canon des Ecritures, des doctrines qui formeront le dogme de l'Eglise "catholique", c'est-à-dire universelle. Naissance d'une religion, d'une Eglise, d'une littérature. A la fin du Il ? siècle, sous l'oeil des "païens" et des juifs (dont on présente aussi, en ouverture, les témoignages), l'Eglise est en passe d'unifier ses usages et d'installer ses institutions. Le christianisme a trouvé sa place dans la société. Il a propagé ses idées dans le monde intellectuel. De cette aventure, car c'en est une, les Premiers écrits chrétiens retracent les divers aspects, d'une manière extraordinairement vivante.
En ces temps de crise profonde, la relation entre les hommes et les femmes à l'intérieur de l'institution ecclésiale impose plus que jamais son actualité. Certes, le magistère entend, depuis quelques décennies, valoriser la part féminine de l'Eglise. Mais le constat s'impose : stéréotypes et préjugés sont demeurés intacts, tout comme des pratiques de gouvernance qui maintiennent les femmes sous le pouvoir d'hommes - des clercs en l'occurrence. Sortant de ces ornières, il s'agit d'éprouver ce que le " temps des femmes " qui cherche à advenir peut apporter de renouvellement dans l'intelligence des textes scripturaires qui ont modelé l'imaginaire en monde chrétien. Il s'agit aussi de montrer combien la prise en compte des femmes questionne à frais nouveaux l'identité de l'Eglise, l'économie en son sein du sacerdoce des baptisés et du ministère presbytéral, donc également les modalités de sa gouvernance. Un livre qui nous montre une série d'" éclats de féminin " pour suggérer les gains qui seraient ceux de cette ouverture. Et si, la femme était l'avenir de... l'église !
Quand Rome est mise à sac (410 ans ap. J. -C.), un soupçon naît chez les Romains adversaires du christianisme : serait-il responsable du déclin de Rome ? Augustin relève le défi de cette interrogation. La force et l'originalité de La Cité de Dieu consistent à proposer un principe pour éclairer le jugement, pour comprendre des événements inédits qui instaurent de nouveaux équilibres. Augustin distingue en effet entre le devenir de deux cités : la cité de Dieu et la cité terrestre. Leur destin ne doit pas être confondu : le règne du Christ et la domination terrestre ne sont pas la même chose. La paix de Dieu et celle des hommes ne se recouvrent pas. La cité de Dieu est certes présente dans l'Eglise, et donc dans le monde : elle n'y est pas "réalisée" et ne le sera jamais. Bien au contraire, la cité de Dieu représente un principe critique par rapport à la cité de la terre. En celle-ci, tout - y compris donc l'empire romain - doit être relativisé, même si, dans la perspective du Jugement dernier, tout garde une valeur unique. Le chrétien vit dans cette ambiguïté, constitutive pour lui, de deux histoires. Les résonances politiques, religieuses, culturelles de La Cité de Dieu, dont c'est la première traduction intégrale en "poche", ont été immenses dans l'histoire de l'Occident.