En 1997, les juges du TPIY affirment, à lappui de leur premier jugement de condamnation (Jugement Erdemovic, 1996): « Les crimes contre lhumanité transcendent lindividu puisquen attaquant lhomme, est visée, est niée, lHumanité. Cest lidentité de la victime, lHumanité, qui marque la spécificité du crime contre lhumanité. » Par cette formulation à la fois juridique (« crime », « victime ») et philosophique (« en attaquant lhomme, est visée, est niée, lHumanité »), les juges entendaient marquer avec force la spécificité du crime contre lhumanité, notion qui avait déjà été inscrite dans le statut du Tribunal de Nuremberg, mais non exploitée juridiquement par la suite. Lexpression même de « crime contre lhumanité » distingue ce crime de tous les autres. Il semble évident que sa première spécificité découle de son extrême gravité qui en fait, en toutes circonstances, un crime particulièrement inhumain. Mais tout crime, aussi inhumain soit-il, ne constitue un crime contre lhumanité quà condition de présenter, de surcroît, un caractère massif. Cet ouvrage propose de faire le point sur cette dénomination pénale, afin den explorer la richesse et den pointer aussi les ambiguïtés et les développements probables dans les années à venir.
Phénomène majeur des dernières décennies, l'intégration dans l'ordre juridique d'instruments juridiques internationaux de plus en plus nombreux et hétérogènes, est source d'incertitude et de déstabilisation des systèmes de droit. Les liens d'interdépendance se renforçant, les "droits venus d'ailleurs" se multiplient et pénètrent les droits nationaux.Le mouvement d'intégration est entendu comme la recherche d'un droit commun ou plutôt d'un droit en commun, d'une mesure commune, qui permettrait de communiquer et d'échanger, de "commercer" dans tous les sens du terme, sans exclure la multiplicité des systèmes juridiques nationaux. Juridiquement l'intégration se traduit moins par la substitution de normes supra nationales aux normes nationales que par la superposition des unes aux autres.Cet ouvrage se limite aux aspects juridiques du phénomène, en évoquant parfois le débat politique sous-jacent. Cette analyse de ces mouvements d'intégration, d'unification et même d'un objectif plus complexe telle l'harmonisation, a été menée dans le cadre de l'école doctorale de droit comparé de Paris, en s'attachant principalement à la question du "bon usage du droit comparé".
Résumé : Crise européenne, enlisement des réformes onusiennes, difficultés à mettre en place le protocole de Kyoto ou la Cour pénale internationale, tensions entre droits de l'homme et droit du commerce : le paysage juridique de ce début du XXe siècle est dominé par l'imprécis, l'incertain, l'instable. Nous sommes à l'ère du grand désordre : celui d'un monde tout à la fois fragmenté à l'excès par une mondialisation anarchique et trop vite unifié par une intégration hégémonique, dans le silence du marché et le fracas des armes. Comment y construire un ordre sans l'imposer, comment, par-delà le relatif et l'universel, admettre le pluralisme sans renoncer à un droit partagé ? Ni fusion utopique ni autonomie illusoire, le " pluralisme ordonné ", véritable révolution épistémologique, est l'art de dessiner un espace juridique commun, par un équilibrage progressif qui préserve la diversité du monde et en accompagne le mouvement. Car les forces imaginantes du droit doivent pouvoir, à défaut d'instaurer un ordre immuable, inventer une harmonisation souple, propre à laisser espérer la refondation de valeurs communes.
Le droit peut-il être flou? Publié en 1986 sous ce titre provocateur, cet essai se révèle être, de nos jours, précurseur d'une dimension du droit devenue une réalité apparaissant même comme un garde-fou nécessaire face à la complexité croissante des systèmes de droit. Il s'inscrit dans la suite prestigieuse d'une réflexion initiée par Jean Carbonnier avec Flexible droit. Pour une sociologie du droit sans rigueur (LGDJ, 10e éd., 2001)"Le réalisme (en droit) est peut-être de faire le pari que le flou, le doux et le mou pourraient être les garde-fous de cette complexité qui nous protège du risque d'unification bureaucratique ou hégémonique."
Guillaume Madeleine J. ; Tymowski Jean-Claude de ;
L'acupuncture est une méthode thérapeutique héritée de la médecine chinoise, dont la technique repose sur le placement judicieux d'aiguilles métalliques en des points précis du corps humain. Quelles sont l'histoire, la méthode et les indications de cette médecine millénaire qui doit à son refus des traitements standardisés une grande part de son succès?
Résumé : La Franc-maçonnerie offre à ses adeptes un univers de signes, de figures, d'objets ou de mots qui sont tous dotés d'un sens moral ou spirituel. rien, ou presque, n'est insignifiant dans une loge maçonnique, qu'il s'agisse de sa décoration, de son agencement ou de sa disposition. Il en va de même pour les ornements dont se parent les francs-maçons ou les termes utilisés dans les rituels. Pour autant, la plupart de ces symboles ne sont pas spécifiques à la maçonnerie. Si certains proviennent du métier de maçon (le ciseau, le niveau), d'autres sont astronomiques (soleil, lune), alchimiques (sel, mercure), bibliques (Temple de Salomon), voire à caractère universel comme le triangle ou le cercle. D'Abeille à Voûte, du nombre Quinze à la Houppe dentelée, ce lexique est une invitation à découvrir plus de 200 symboles en usage dans la franc-maçonnerie et à les replacer dans leur histoire.
Les Aztèques ou Mexicains dominaient avec éclat la plus grande partie du Mexique quand les conquérants espagnols y pénétrèrent en 1519. Leur langue et leur religion s'étaient imposées de l'Atlantique au Pacifique, au cours du XIIIe siècle, au détriment des anciennes populations mexicaines. Avec la défaite des Aztèques disparaissait la dernière civilisation autochtone du Mexique.