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Nouvelle revue d'ethnopsychiatrie N° 13 : Cliniques nomades
Moro Marie Rose
PENSEE SAUVAGE
22,87 €
Épuisé
EAN :3260050065405
La démarche clinique, analyse approfondie de situations particulières, devient une méthode d'investigation privilégiée dans tous les domaines de la recherche. Telles un travelling, les méthodes d'observation sont obligées de se modifier pour saisir l'objet en mouvance. Là-bas, les cliniciens de toutes cultures formés dans nos universités se trouvent nécessairement amenés à aménager leurs techniques pour répondre aux transformations des hommes surpris dans les modifications de leur environnement. Là-bas encore, les anthropologues de toutes cultures, s'intéressant de plus en plus aux systèmes dynamiques de représentation de la maladie, s'engagent volens nolens dans des relations de type clinique. Ici enfin, les cliniciens de toutes cultures rencontrant un grand chef soninké du Mali provisoirement éboueur à la ville de Paris, se trouvent expulsés de lests certitudes et subrepticement amenés à réfléchir sur le métissage des techniques.
L'ensemble des lieux de soins des structures d'accueil et des institutions sociales et éducatives reçoivent de plus en plus de familles de migrants. Fondé sur la pratique quotidienne de consultations psychothérapiques, cet ouvrage établit les bases d'une pratique de soin qui prend en considération la culture spécifique de l'enfant immigré dans le diagnostic et le traitement de ses pathologies. Cette deuxième édition a été l'occasion de réactualiser la bibliographie.
Quiconque a approché les thérapies traditionnelles, s'est nécessairement rendu compte de la place centrale qu'y occupaient les objets tant dans l'établissement du diagnostic et le déroulement du processus thérapeutique que dans la résolution du transfert. Il s'agit tantôt de "faire parler" certains objets pour découvrir l'énigme du mal, tantôt de découvrir, puis d'annuler les objets maléfiques ou enfin de fabriquer des amulettes ou des talismans destinés à protéger la victime. Si les anthropologues se sont souvent attachés à décrire avec minutie la nature, l'industrie et l'utilisation des objets "enchantés", les psychologues en revanche n'y ont vu qu'une expression "symbolique" et naïve de désirs d'amour et de haine confusément perçus. Ce numéro prend naissance du triple constat suivant : 1) les thérapies traditionnelles semblent considérer que les objets constituent des opérateurs thérapeutiques spécifiques et efficaces ; 2) l'observation des processus montre que, sitôt qu'il apparait, l'objet contraint thérapeute et patient à modifier leur registre de fonctionnement ; 3) dans les conceptualisations occidentales, il n'existe aucune place pour traiter l'objet en dehors de l'univers du langage. Nous nous proposons donc d'explorer, et toujours de manière pluridisciplinaire, la fonction de l'objet dans les thérapies traditionnelles, sa possible utilisation dans les thérapies occidentales et enfin d'initier la nécessaire théorie générale de l'objet.
Je voudrais vous parler d'eux, de ces migrants et de leurs enfants, vous rapporter leur poésie, leurs rêves, mais aussi leurs difficultés, leurs raideurs et leurs tentatives pour se transformer et s'adapter. Je voudrais vous parler d'eux parce qu'ils sont sources de vie et de connaissances pour nous tous. Demain plus encore qu'aujourd'hui, tous les enfants, tous nos enfants auront à grandir et à se construire dans un monde qui bouge. Tous seront confrontés à la diversité des langues et à la pluralité des cultures. Tous seront des enfants nomades et des enfants métis." M. R. M.
Résumé : Commets soigner de manière efficace une famille migrante d'Afrique noire, du Maghreb... et son enfant vivant dans nos banlieues meurtries ? Une telle question, maintes fois entendue en clinique quotidienne dans des situations souvent tragiques (souffrance de (enfant, de la famille, menace de placement de l'enfant échec scolaire massif...), a été le point de départ de cet ouvrage. Nos outils de soins, nos Instruments théoriques et thérapeutiques classiques ne suffisent pas. Les dramatiques échec de la pratique quotidienne sots là pour le démontrer. Ce livre bouleverse nos a priori théoriques et techniques. Il propose la construction d'un nouveau champ théorique : l'ethnopsychiatrie parents-enfant à partir de la psychanalyse et de l'anthropologie. A travers l'analyse systématique et éclectique d'un corpus psychothérapique, une psychothérapie parents-bébé, il propose une nouvelle méthode de soins adaptée à la situation migratoire. Ce travail nous oblige aussi à repenser l'épistémologie de nos systèmes de soins qui visent l'universel en oubliant l'homme dans sa singularité tant individuelle que culturelle. Ce livre s'adresse à tous les professionnels qui travaillent avec les enfants de migrants et leurs familles : psychiatres, psychologues, éducateurs, assistantes sociales, infirmières, pédiatres, juges pour enfants, orthophonistes, psychomotriciens, enseignants... tous ceux qui sont confrontés quotidiennement aux difficultés de ces enfants et de leurs familles. Il fait le pari que l'on peut transformer les obstacles auxquels sots confrontés ces enfants exposés en potentialités créatrices.
Les mouvements de populations sont de tous les lieux et de tous les temps. Cependant, depuis la dernière guerre, la situation géopolitique a considérablement amplifié les phénomènes d'extermination, de déplacement ou d'acculturation violente de peuples entiers. L'exil est évidemment une perte et l'on ne sait pas ce que l'on a perdu : certes des personnes, des objets, des lieux, des odeurs, des couleurs mais surtout la grammaire pour nommer cette perte. Comme une langue, cette grammaire a besoin de s'étayer quotidiennement sur l'environnement. Privée de son support réel, le système s'étiole peu à peu, s'appauvrit, se rétracte, se rigidifie conduisant le sujet quelquefois trente ans après le départ à des pathologies spécifiques : névroses traumatiques, psychoses puerpérales, bouffées délirantes, etc. Pris dans une tentative permanente de déni de la modification de l'environnement culturel, les migrants qui réussissent à éviter la pathologie construisent des personnalités souvent riches mais clivées. Quelquefois, pour certains, les breaks psychotiques ne surviennent qu'à la génération suivante. L'exploitation de cette clinique spécifique nous conduit à envisager de manière nouvelle la fine homéostasie réglant les rapports de l'espace interne (psychique) et de l'espace externe (culturel). Ce numéro, issu de la clinique, invite à un questionnement nouveau de la métapsychologie psychanalytique.
Le sexe est inscrit dans le patrimoine génétique dès la fondation de l'individu ; pourtant l'expérience montre que l'identité sexuelle n'est pas immédiatement accessible, ni pour le sujet ni pour le groupe culturel. L'examen de la livraison de ce numéro montre les difficultés théoriques mais aussi émotionnelles qui surgissent dès lors qu'on tente d'explorer les marquages sexuelles de l'autre. A première analyse, les nôtres nous paraissent évidents et nécessaires, ceux des autres anecdotiques et barbares. Il apparaît d'ailleurs que sur des problèmes aussi importants que l'excision, par exemple, il soit bien difficile d'avoir un raisonnement scientifique : considérée comme un rite effectué dans une société traditionnelle, on accepte plus ou moins aisément de réfléchir à partir des descriptions anthropologiques, mais dès que cette pratique est pratiquée sur notre sol même, alors il n'y a plus guère de place pour la réflexion encore moins pour une approche scientifique. On serait tenté d'affirmer, à la lecture des textes et des faits récents, que sur ce sujet, il n'y a, actuellement, que des points de vue. Nous en sommes au balbutiement de la réflexion. La Nouvelle Revue d'Ethnopsychiatrie réunit des anthropologues, des psychopathologistes et des étholo-gistes autour de ces interrogations : pourquoi l'identité sexuelle doit-elle surgir de la confusion ? Quelles sont les logiques de la construction de l'identité sexuelle dans les sociétés traditionnelles ? Comment se constitue l'identité sexuelle dans des sociétés dénuées de tout rituel d'initiation défini comme tel, comme en Occident ?
De simple militant, j'ai bien vite été élu chef de cellule, puis chef de groupe, puis chef de la kasma de notre région. Je ne faisais pratiquement que militer dans le Parti. Au grand désespoir de ma grand-mère qui ne comprenait pas que je ne sois pas comme les autres militants du village. Un jour elle s'en plaignit auprès d'un ami, Yantren Chabane : - Pourquoi vous ne l'aidez pas un peu? Ali est tout le temps pris par le Parti, alors que vous vous occupez bien des travaux de vos champs ! - Mais Yemma Hadjila, il travaille pour son pays ! lui répondit Yantren. - Je ne comprends pas comment on peut travailler pour son pays et abandonner ses propres terres ! lui dit elle alors. En kabyle, la terre et le pays porte le même nom : Tamurt. Logiquement, je devais commencer par m'occuper de nos propres parcelles plutôt que du pays tout entier ! "
Qu'y a-t-il de commun entre le rituel de puberté chez les Bété du Cameroun et la prostitution homosexuelle des jeunes garçons dans les faubourgs parisiens ? Peut-on comparer le fonctionnement de l'initiation dans les rituels "thérapeutiques" du Candomblé de Bahia et la modification de la personnalité de jeunes gens engagés dans les sectes charismatiques en Occident ? Dans toutes ces situations, l'on observe une modification radicale de l'identité : une métamorphose. Ces transformations mettent-elles en tenure des processus fondamentaux de nature psychique ou même biologique ? Question insolite ! Pourtant les fourmis Raptiformica réussissent à maquiller leur odeur chimique pour mener à bien, incognito, leur entreprise de colonisation des Serviformica. La Nouvelle revue d'ethnopsychiatrie propose ici une idée originale née au confluent de disciplines diverses : toute entreprise de modification de la mémoire, psychique et biologique, se construit sur une utilisation systématique d'expériences traumatiques.