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L'analyse de film en question. Regards, champs, lectures
Nacache Jacqueline ; Degenève Jonathan ; Le Maître
L'HARMATTAN
24,99 €
Épuisé
EAN :9782296008151
Depuis la création des premiers enseignements de cinéma, l'analyse de film a étendu son domaine : elle concerne désormais aussi bien les étudiants des filières " arts du spectacle " que les élèves du premier et du second degré, ainsi que les candidats à divers concours d'enseignement. Pour autant, l'exercice n'a rien de consensuel, et donne lieu à des recommandations parfois déconcertantes. Face à cette situation complexe, plusieurs enseignants-chercheurs spécialistes de cinéma exposent leur vision de l'analyse, sur le mode de la démarche empirique ou de la réflexion théorique. Qu'en est-il de notre droit (juridique, moral, esthétique) à l'analyse ? Le cinéma est-il art de l'image ou art du plan ? Comment l'analyse articule-t-elle le texte filmique et son contexte ? En quoi la façon dont nous analysons les films révèle-t-elle notre conception du cinéma ? Ces questions et beaucoup d'autres préoccupations de la pédagogie et celles de la recherche, sont posées ici de façon assez large pour répondre aux attentes de tout lecteur intéressé par le cinéma. De nombreux exemples d'analyse en acte, autour de séquences ou de films entiers, font de ce recueil un instrument de travail pour l'étudiant comme pour l'enseignant.
Dès les années 1920, et plus nettement encore au cours des décennies suivantes, le cinéma américain fut déclaré " classique " en dépit de son évidente modernité. Ses défenseurs affirmaient ainsi leur confiance dans un art populaire et neuf, que ses liens avec l'industrie avaient très tôt rendu suspect aux gardiens de la tradition. Cette première phase de légitimation passée, ce fut ailleurs qu'on chercha la qualité classique d'Hollywood : dans la conformité à des normes stylistiques et narratives, dans la structure économique des studios de l'âge d'or, dans leur puissance d'innovation esthétique et technologique. A se déplacer ainsi, de génération en génération, la notion de " classicisme hollywoodien " devenait source de malentendus. Ce cinéma, d'abord destiné à des millions de spectateurs avides de divertissement, avait-il vraiment été classique, au sens que l'histoire du goût donne à ce mot ? Des films soumis à de stricts impératifs économiques, moraux et idéologiques peuvent-ils devenir des modèles pour penser l'homme et le monde ? Faut-il entendre désormais que Ford et Hawks sont classiques à l'égal de Racine ou Poussin ? À partir de ces interrogations, un séminaire puis un colloque organisés à l'École normale supérieure en 2007 ont réuni des chercheurs de toutes disciplines, invités à revisiter les grandes problématiques qui structurent la période classique d'Hollywood : acteurs et stars, genres, auteurs, fiction, transferts culturels, histoire et idéologie, évolution du studio system, analyse du style classique et de son héritage. Sur toutes ces questions, ce recueil ne se veut pas un bilan, mais l'occasion d'ouvrir de nouvelles perspectives à la recherche en études cinématographiques, et d'affirmer l'importance historique et symbolique de l'âge d'or hollywoodien dans l'histoire de l'art, de la culture et des idées.
Le récit filmique a sa rhétorique propre : l'ellipse en est une figure-clé, elle qui construit le temps magique du cinéma ; l'infilmé est ce qui permet de raconter sans images et sans mots, lorsque rien ne peut être dit, montré, ni même suggéré. Le cinéma hollywoodien classique, ensemble historique et esthétique d'une exceptionnelle cohérence, constitue un terrain de choix pour l'étude de ces figures. A Hollywood, terre de tous les excès, on a su, on a dû parfois cultiver le silence, sans que l'art de la retenue n'entre jamais en conflit avec l'opulence du spectacle et le mouvement de l'émotion. Il faudra ici retourner à la source, reprendre les œuvres les mieux connues et les plus étudiées de " l'âge d'or des studios " : mais on les regardera à contre-jour, dans les moments où le récit s'absente et se tait, où se tisse, de faille en faille, le discours clandestin des grands films hollywoodiens.
To Be Or Not To Be a suscité une abondante littérature critique au cours de ces trente dernières années, et la récente mise au programme du film au baccalauréat a accru encore cette production. Mais le film d'Ernst Lubitsch est une matière inépuisable, surtout lorsqu'on l'approche avec un faisceau de méthodes capables de révéler ce qui était jusqu'ici resté dans l'ombre. Le lecteur amateur ou spécialiste, l'enseignant et l'étudiant de cinéma trouveront dans ce livre non seulement tout ce qu'on attend d'une étude du film en termes d'histoire, d'esthétique, de style, de contenu, mais ils trouveront bien davantage, grâce à des spécialistes d'histoire, d'histoire culturelle, de sociologie, de génétique, de philosophie, d'études germaniques. Tous analysent le film avec la précision critique qu'on devrait toujours attendre de la passion cinéphilique. Le sociologue Jean-Marc Leveratto nous révèle ainsi la version radiophonique du film, grâce à laquelle Lubitsch entrait dans le quotidien du grand public américain de l'époque. Jean-Pierre Esquénazi examine tout ce qui inscrit To Be Or Not Be dans la descendance du Dictateur, mais aussi tout ce qui l'en sépare ; Clélia Zernik passe pour sa part le film au filtre du thème de la répétition envisagée comme un motif philosophique. Le film a souvent été étudié sous l'angle de la théâtralité, mais l'influence du célèbre couple de théâtre formé par Alfred Lunt et Lynn Fontanne n'avait jamais jusqu'ici été étudié de façon aussi détaillée que le fait Marguerite Chabrol, comme une matrice possible du couple formé par Joseph et Maria Tura. Le riche point de vue de François Genton et Matthias Steinle permet d'approcher le versant germanique du film, parfois sacrifié à sa dimension de comédie "américaine". La question de l'engagement des Etats-Unis dans la Seconde Guerre mondiale est de nouveau mise sur le métier : Katalin Por examine en détail le contexte d'écriture et de production du film, Alain Kleinberger brosse un panorama des comédies qui constituent le cadre culturel, générique et cinématographique du film de Lubitsch, Jacqueline Nacache se demande si Lubitsch avait pour but d'expliquer le nazisme ou d'en exposer l'incompréhensible nature. Enfin, le film étant proposé à l'analyse des lycéens, Barbara Laborde examine le film à la lumière de la nouvelle épreuve du baccalauréat et en déploie les ressources esthétiques et théoriques que permet la confrontation des photogrammes. Au terme de cette lecture, on n'aura certes pas fini de découvrir tous les sens, exposés ou voilés, de ce film exceptionnel. Mais To Be Or Not To Be apparaîtra sous un nouveau jour à tous ceux qui l'aiment et l'admirent depuis longtemps, et ne manquera pas d'émerveiller ceux qui le découvrent et l'analysent pour la première fois.
Amiel Vincent ; Nacache Jacqueline ; Sellier Genev
L'acteur fut longtemps un mal-aimé des discours savants sur le cinéma : sa présence semblait un matériau précaire, fuyant, offrant peu de prise à l'analyse et à la théorie. Cependant les temps changent et grâce aux efforts de nombreux critiques et universitaires, l'acteur s'est imposé au cours des dernières décennies comme objet légitime d'étude et de recherche. C'est de cette évolution qu'a voulu témoigner le colloque L'acteur de cinéma, approches pluridisciplinaires organisé à l'automne 2005 au Centre Culturel International de Cerisy-la-Salle et dont est né le présent volume. II se compose d'études riches et diverses qui relèvent non seulement de l'histoire et de l'esthétique du cinéma mais aussi de la sociologie de l'économie, de l'anthropologie, approches multiples qui assurent la vitalité des études cinématographiques contemporaines. On trouvera ici les grands motifs d'une pensée de l'acteur : héritages du théâtre, émotion et distanciation, mise en scène et mise en geste, analyse de la star comme signe culturel. On suivra les aventures du casting ou des retakes, une Dame de Shanghai pouvant en cacher une autre. On verra ce qu'apporte à l'écran français des années trente l'exotisme familier du jeu méridional, et comment nos acteurs nationaux voyagent d'une comédie bien française à son remake hollywoodien. On saura encore ce qui fait la valeur des stars de l'entreprise Cruise à l'auteur Eastwood. et pourquoi les acteurs sont autant en terme d'art que d'industrie. les forces vives du cinéma.
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.
Cette recherche part d'un intérêt pour la schizophrénie et des processus évolutifs qui peuvent être repérés. C G Jung a consacré sa vie à la description de ces dynamiques psychiques transformatrices. Ces potentiels s'animent lors de processus de crise psychique, de métamorphoses, ou lors d'épisodes psychopathologiques. Cette vision est de plus en plus partagée parmi les chercheurs en psychologie, en psychanalyse, en neurobiologie et dans les sciences du chaos.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.
Dans un contexte économique caractérisé par la mondialisation où les fusions, délocalisations et liquidations d'entreprises sont autant de risques pour les managers, la ressource principale de l'entreprise reste la connaissance. Véritable capital technique, social et culturel, il convient de la préserver, de l'enrichir et de la transmettre. Le capital mémoire de l'entreprise ouvre la voie au management des savoirs, à la gestion des connaissances et à l'ingénierie de la mémoire organisationnelle qui, chacun dans son domaine, cartographient les compétences et les savoirs que recèle l'entreprise et en définissent les enjeux stratégiques. Loin d'être un tout homogène, la mémoire de l'entreprise emprunte à de multiples sources, individuelles ou collectives, se pourrit de cultures conflictuelles et se fixe sur des supports composites - simples récits d'anecdotes, documents de presse ou institutionnels (affiche, film d'entreprise, banque de données...). Par-delà les clivages culturels, les querelles de territoires, les tactiques du secret, les justifications plus ou moins excusables de l'oubli, cet ouvrage montre en quoi la mémoire constitue, pour l'anticipation stratégique et la construction identitaire des collectifs de travail, un facteur-clef dé la communication d'entreprise. L'exemple des Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire illustre toute là complexité et la richesse du capital mémoire d'une grande organisation.