Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Art et technique (NED 2024). Six conférences de 1951
Mumford Lewis
LENTEUR
15,00 €
Épuisé
EAN :9791095432418
Art et technique regroupe une série de conférences données par Lewis Mumford dans une « université du soir », à New York, en 1951. On y voit les grands thèmes et le diagnostic du Mythe de la machine (1967) se mettre en place : l'être humain ne doit pas être considéré essentiellement comme un fabricant d'outils (« il faut placer Orphée aussi haut que Prométhée ») , la civilisation moderne a donné une place exagérée et tyrannique à la technique, aux dépens des autres aspects de la culture. À travers des réflexions lumineuses sur la Grèce ancienne, le Moyen Age des cathédrales, le déclin de l'artisanat sous le capitalisme, mais aussi l'invention de l'imprimerie et de la photographie, Mumford affirme la nécessité d'un nouvel équilibre entre technique et art -- « nous devons cultiver l'intériorité et la subjectivité comme au cours des trois derniers siècles nos ancêtres ont cultivé [l'efficacité] et l'objectivité. »
Résumé : Un esprit libre et critique, érudit et militant, dit ce qu'est la ville et ce qu'elle pourrait être si la spéculation était jugulée et la circulation automobile maîtrisée ; il admire les bâtiments qui allient la qualité des espaces et leur convenance à ses habitants, mais critique - sévèrement - ceux qui privilégient l'image sans se soucier de l'usage. C'est écrit dans les années 1950, mais spéculation et pollution n'ont fait que croître et les bâtiments sont toujours là ; certains (l'Unesco, l'immeuble de Le Corbusier à Marseille) sont familiers du lecteur français. "La ville existe - écrivait-il - non pour la circulation des automobiles mais pour le bien-être et la culture des hommes."
Mumford Lewis ; Cruz-Pierre Azucena ; Paquot Marti
Les Brown Decades ont commencé après la guerre de Sécession : elles ont pris fin avec l'adoption de la frontière. La couleur de la vie en Amérique a changé par la suite. L'électricité a effectué des progrès pour notre civilisation mécanique : la période néotechnique était née. Les nouveaux appareils de libération du territoire, l'automobile, l'avion et la radio, ont été inventés : l'atome a révélé la complexité insoupçonnée et la psychologie a mis en lumière des profondeurs jusqu'alors intactes dans l'esprit. A côté de ces impulsions vives à la réflexion et à l'action sont des éléments plus sombres, aussi sombres que tout ce qui a été généré par la guerre de Sécession : la journée du pionnier industriel finie, un impérialisme agressif commençait la recherche de nouveaux marchés et par une centralisation constante du pouvoir et de la richesse, des villes monstrueuses ont commencé leur existence : l'embrigadement des hommes et de la culture de choses ont suivi. Les Brown Decades finissaient : leurs créateurs et initiateurs ont été négligés, jetés avec mépris de côté, leurs espoirs sont devenus insolvables ; leurs seuls monuments ont ironiquement défié le temps. Nous avons gagné et nous avons perdu. Qui peut pleinement montrer où, qui peut estimer combien ? Un changement définitif dans notre vie a eu lieu vers 1895 et il y a quelque chose derrière celui qui se perd dans un simple compte des choses, des forces, des machines, des institutions, des événements : quelque chose qui nous échappe encore et semble détenir un indice. C'était peut-être que seulement une couleur. Mais ce qui était valable dans l'art et dans la pensée des Brown Decades n'a pas cessé d'exister, même si cela a été temporairement oublié. Si l'on met l'accent sur les personnes négligées des Brown Decades, il n'y a pas a dénigrer les leaders reconnus ou a rabaisser tout à fait leur travail : il s'agit plutôt de placer la totalité de la somme des réalisations dans une meilleure perspective et de mettre en premier plan les noms les plus illustres. Quand les artistes s'appelaient - Olmsted, Roebling, Richardson, Ryder - les Brown Decades devenaient dans les arts ce qu'était le Guilded Age dans la littérature : l'accomplissement du passé et un point de départ pour l'avenir. Ce travail mène-t-il vers notre propre génération ? Oui, au moins, dans une certaine mesure. Vers une réalisation encore plus solide que la nôtre ? Espérons-le.
Dans cette magistrale synthèse de l'histoire du développement humain, Lewis Mumford, face à l'énigme de l'asservissement total de l'homme moderne au système technique qu'il s'est créé, est amené à repenser de fond en comble le processus de l'humanisation. Il bat en brèche l'idée d'un homme essentiellement fabricant et utilisateur d'outils et montre que l'intelligence humaine s'est développée, tout autant sinon davantage, grâce à la création de symboles, de rites et d'idées. Pour Mumford, la nouvelle organisation sociale qui apparaît au quatrième millénaire, fondée sur la royauté de droit divin et sanctifiée par un corps de prêtres professionnels, fut bien plus le produit des mythes et du rituel que le résultat d'innovations techniques majeures. C'est à ce moment que prit corps un archétype de "machine invisible", baptisée "Mégamachine" par l'auteur et dont sont tributaires les grands ouvrages de l'Antiquité. Depuis lors, sous des formes variables nous la retrouverons à travers l'histoire au fondement de toutes les organisations sociales complexes, sous les triples espèces de la machine travail, de la machine militaire, de la machine bureaucratie. A travers sa généalogie de la violence mécanique, Mumford nous dévoile cette cruelle vérité que devraient méditer les chantres de la rédemption informatique de l'humanité globalisée : à attendre des remèdes aux méfaits de la technique en recourant à des solutions techniques, on ne fait que précipiter le désastre. Il démonte la façon dont le système technologique détruit l'autonomie individuelle, les bases d'une démocratie authentique et la civilisation elle-même. Ainsi, cinquante ans après sa parution, le livre de Mumford garde son caractère prémonitoire. Paru en deux tomes aux Etats-Unis en 1966 et 1970, Le Mythe de la machine, qui clôt le cycle d'ouvrages amorcé avec Technique et civilisation (1934), avait été traduit en français de façon quelque peu indigente et publié chez Fayard en 1974. Espérons que la présente version du premier tome saura mieux que la précédente rendre justice à ce texte prophétique.
Louart Bertrand ; Bourlier Pierre ; Gouilleux Anni
Résumé : Ce que j'appellerais technique démocratique est la méthode de production à échelle réduite, reposant principalement sur la compétence humaine et l'énergie animale mais toujours activement dirigée par l'artisan ou l'agriculteur, même lorsqu'ils utilisent des machines. (...) Alors que cette technique démocratique remonte aussi loin que l'usage des outils, la technique autoritaire est une réalisation beaucoup plus récente : elle apparaît à peu près au quatrième millénaire avant notre ère, dans une nouvelle configuration d'invention technique, d'observation scientifique et de contrôle politique centralisé qui a donné naissance au mode de vie que nous pouvons à présent identifier à la civilisation, sans en faire l'éloge. Sous la nouvelle institution de la royauté, des activités auparavant disséminées, diversifiées, à la mesure de l'homme, furent rassemblées à une échelle monumentale, dans une sorte de nouvelle organisation de masse à la fois théologique et technique. (...) Pour parler sans ménagement, la thèse que je défends est celle-ci : depuis la fin des temps néolithiques, au Moyen-Orient, jusqu'à nos jours, [ces] deux techniques ont bien souvent existé côte à côte, la [seconde] émanant du centre du système, extrêmement puissante mais par nature instable, la [première] dirigée par l'homme, relativement faible mais ingénieuse et durable. Si j'ai raison, à moins que nous ne changions radicalement de comportement, le moment est proche où ce qui nous reste de technique démocratique sera totalement supprimé ou remplacé (...). Lewis Mumford
1987. Wendell Berry décline avec "Pourquoi je n'achèterai pas d'ordinateur" , l'invitation à s'équiper. Il lui oppose la justice, l'écologie, le travail bien fait, la stabilité familiale ou communautaire. Il n'en faut pas plus pour éveiller les soupçons des lecteurs progressistes de la revue Harper's à qui il répond. - Poésie : Berry se plait au "pays du mariage" , Océane Murcia veut rendre à la Provence "son coeur et ses orages" - Nicolas Alep esquisse "quelques pistes de réflexion pour une décroissance numérique" et José Ardillo remercie malgré une "France [où] l'hiver ne finit pas" . - Recensions : "Contre la résilience" de Thierry Ribault et "Terre et Liberté" d'Aurélien Berlan : fantasme de délivrance contre quête d'autonomie matérielle. Si Nicolas Gey souscrit au propos, il pointe cependant des angles morts dans certains ouvrages récents sur le sujet - Paul Goodman poursuit la critique du développement urbain et de ses pathologies dans "La vie en campagne - 1984"
Résumé : Dans la plupart des civilisations ou des milieux sociaux, l'idée de la liberté qui prévaut est de pouvoir se décharger de la vie matérielle, des tâches de subsistance : sur les esclaves, sur les travailleurs manuels et les femmes, sur les machines... Dans cet essai philosophique remarquable, Aurélien Berlan ravive une conception opposée, subalterne, de la liberté portée par des mouvements populaires d'hier, en Occident, et des mouvements paysans d'aujourd'hui, dans les pays du Sud (en Inde et au Mexique, en premier lieu) : la prise en charge collective et égalitaire des besoins de base, des besognes nécessaires à la vie sur terre. Contre le rêve de délivrance, le projet d'autonomie , contre le libéralisme, le marxisme et notre société de services néo-domestique, la réappropriation de la part matérielle de nos vies.
Résumé : Ecrit par deux sociologues féministes de renom, cet ouvrage est un appel à redécouvrir la subsistance. A travers l'étude de diverses luttes et récits de vie émanant de femmes à travers le monde, les autrices nous invitent à adopter une "perspective de subsistance" . Il s'agit là d'emprunter le point de vue des femmes qui assurent la reproduction de la vie. La subsistance apparaît alors sous un jour nouveau : plutôt que d'être associée à la misère et à l'arriération, elle devient en fait la condition même de notre autonomie, de notre dignité, d'une nouvelle liberté, et la seule perspective viable pour sortir du capitalisme.