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Les Brown Decades. Etude sur les arts aux Etats-Unis (1865-1895)
Mumford Lewis ; Cruz-Pierre Azucena ; Paquot Marti
ETEROTOPIA
17,00 €
Épuisé
EAN :9791093250045
Les Brown Decades ont commencé après la guerre de Sécession : elles ont pris fin avec l'adoption de la frontière. La couleur de la vie en Amérique a changé par la suite. L'électricité a effectué des progrès pour notre civilisation mécanique : la période néotechnique était née. Les nouveaux appareils de libération du territoire, l'automobile, l'avion et la radio, ont été inventés : l'atome a révélé la complexité insoupçonnée et la psychologie a mis en lumière des profondeurs jusqu'alors intactes dans l'esprit. A côté de ces impulsions vives à la réflexion et à l'action sont des éléments plus sombres, aussi sombres que tout ce qui a été généré par la guerre de Sécession : la journée du pionnier industriel finie, un impérialisme agressif commençait la recherche de nouveaux marchés et par une centralisation constante du pouvoir et de la richesse, des villes monstrueuses ont commencé leur existence : l'embrigadement des hommes et de la culture de choses ont suivi. Les Brown Decades finissaient : leurs créateurs et initiateurs ont été négligés, jetés avec mépris de côté, leurs espoirs sont devenus insolvables ; leurs seuls monuments ont ironiquement défié le temps. Nous avons gagné et nous avons perdu. Qui peut pleinement montrer où, qui peut estimer combien ? Un changement définitif dans notre vie a eu lieu vers 1895 et il y a quelque chose derrière celui qui se perd dans un simple compte des choses, des forces, des machines, des institutions, des événements : quelque chose qui nous échappe encore et semble détenir un indice. C'était peut-être que seulement une couleur. Mais ce qui était valable dans l'art et dans la pensée des Brown Decades n'a pas cessé d'exister, même si cela a été temporairement oublié. Si l'on met l'accent sur les personnes négligées des Brown Decades, il n'y a pas a dénigrer les leaders reconnus ou a rabaisser tout à fait leur travail : il s'agit plutôt de placer la totalité de la somme des réalisations dans une meilleure perspective et de mettre en premier plan les noms les plus illustres. Quand les artistes s'appelaient - Olmsted, Roebling, Richardson, Ryder - les Brown Decades devenaient dans les arts ce qu'était le Guilded Age dans la littérature : l'accomplissement du passé et un point de départ pour l'avenir. Ce travail mène-t-il vers notre propre génération ? Oui, au moins, dans une certaine mesure. Vers une réalisation encore plus solide que la nôtre ? Espérons-le.
Art et technique regroupe une série de conférences données par Lewis Mumford dans une « université du soir », à New York, en 1951. On y voit les grands thèmes et le diagnostic du Mythe de la machine (1967) se mettre en place : l'être humain ne doit pas être considéré essentiellement comme un fabricant d'outils (« il faut placer Orphée aussi haut que Prométhée ») , la civilisation moderne a donné une place exagérée et tyrannique à la technique, aux dépens des autres aspects de la culture. À travers des réflexions lumineuses sur la Grèce ancienne, le Moyen Age des cathédrales, le déclin de l'artisanat sous le capitalisme, mais aussi l'invention de l'imprimerie et de la photographie, Mumford affirme la nécessité d'un nouvel équilibre entre technique et art -- « nous devons cultiver l'intériorité et la subjectivité comme au cours des trois derniers siècles nos ancêtres ont cultivé [l'efficacité] et l'objectivité. »
L'homme moderne s'est déjà dépersonnalisé si profondément qu'il n'est plus assez homme pour tenir tête à ses machines. L'homme primitif, faisant fond sur la puissance de la magie, avait confiance en sa capacité de diriger les forces naturelles et de les maîtriser. L'homme post-historique, disposant des immenses ressources de la science, a si peu confiance en lui qu'il est prêt à accepter son propre remplacement, sa propre extinction, plutôt que d'avoir à arrêter les machines ou même simplement à les faire tourner à moindre régime. En érigeant en absolus les connaissances scientifiques et les inventions techniques, il a transformé la puissance matérielle en impuissance humaine: il préfèrera commettre un suicide universel en accélérant le cours de l'investigation scientifique plutôt que de sauver l'espèce humaine en le ralentissant, ne serai-ce que temporairement. Jamais auparavant l'homme n'a été aussi affranchi des contraintes imposées par la nature, mais jamais non plus il n'a été davantage victime de sa propre incapacité à développer dans leur plénitude ses traits spécifiquement humains; dans une certaine mesure, comme je l'ai déjà suggéré, il a perdu le secret de son humanisation. Le stade extrême du rationalisme posthistorique, nous pouvons le prédire avec certitude, poussera plus loin un paradoxe déjà visible: non seulement la vie elle-même échappe d'autant plus à la maîtrise de l'homme que les moyens de vivre deviennent automatiques, mais encore le produit ultime - l'homme lui-même - deviendra d'autant plus irrationnel que les méthodes de production se rationaliseront. En bref, le pouvoir et l'ordre, poussés à leur comble, se renversent en leur contraire: désorganisation, violence, aberration mentale, chaos subjectif.
Biorégion urbaine : c'est l'ensemble des relations sociales, économiques et culturelles qui caractérisent les espaces à l'âge de la révolution urbaine. Villes, collines en terrasses, campagnes travaillées, forêts animées, ont chacune des métabolismes qui se sont transformés à travers les civilisations successives, mais qui toujours entretiennent des structures vivantes. Le territoire, compris comme un système vivant naît et grandit. Il peut tomber malade, il peut mourir quand la relation de synergie est interrompue - nous parlerons alors de "crise des civilisations" - mais il peut aussi renaître.
Quatre femmes de nationalités différentes, de langues différentes, traversent les années tumultueuses de la révolution bolchevique. Elles s'appellent : Rosa Luxemburg, Clara Zetkin, Alexandra Kollontaï et Asja Lacis. Elles sont des militantes, des artistes, des activistes et chacune d'elles apportera une contribution spécifique et originale à la révolution. Elles sont des femmes et leur regard est plus libre, intéressé à mettre l'accent sur la dimension de la vie, des passions, de la créativité et du féminisme des premiers temps. Rosa Luxemburg, fondatrice de la Ligue de Spartacus questionnera les structures de pouvoir envisagés par les Soviets, elle luttera dans l'Allemagne épuisée de l'après-guerre pour affirmer le regard puissant et compatissant de ceux qui partagent la condition de l'oppression. Clara Zetkin fera de la bataille pour les droits des femmes un élément d'affirmation spécifique de la condition féminine qui ne peut pas être réduite à la seule lutte de classe.
Il nous faudrait absolument ce que j'appelle une "dromologie", c'est-à-dire une discipline qui s'intéresse aux ravages de l'accélération et de la course" disait Paul Virilio en 1977. Les évènements qui ont bouleversé 2020, avec la conjonction du drame écologique, de l'accident viral, des confinements, des couvre-feux, des multiples crises économiques et sociales, confortent les prémonitions de Paul Virilio et plus que jamais, imposent la nécessité d'une pensée de la vitesse. Une pensée ouverte aussi bien à la géopolitique qu'à la ville, aux territoires, mais aussi aux libertés et aux solidarités. Le nom de dromologie s'est imposé à un collectif international d'auteur.e.s souhaitant révéler, partager et approfondir cette nouvelle approche théorique du monde. "Nous allons vers un village global, annonce Paul Virilio en 1991, qui sera en réalité le plus grand confinement et la plus grande incarcération jamais vécus ". Nous y sommes. Il est temps d'en analyser les comment et les pourquoi. Ce premier volume annuel aborde le thème de la vitesse et de l'accélération à travers la philosophie, l'art, l'architecture, l'écologie, la sociologie... Et s'adresse à quiconque se questionne sur le déploiement technologique, le saccage des écosystèmes, la disparition d'espèces vivantes, le dérèglement climatique. Il participe aussi aux alternatives qui expérimentent des possibles et propagent l'esprit de résistance.