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Les Transformations de l'homme. (1956)
Mumford Lewis ; Pecheur Bernard
NUISANCES
20,30 €
Épuisé
EAN :9782910386276
L'homme moderne s'est déjà dépersonnalisé si profondément qu'il n'est plus assez homme pour tenir tête à ses machines. L'homme primitif, faisant fond sur la puissance de la magie, avait confiance en sa capacité de diriger les forces naturelles et de les maîtriser. L'homme post-historique, disposant des immenses ressources de la science, a si peu confiance en lui qu'il est prêt à accepter son propre remplacement, sa propre extinction, plutôt que d'avoir à arrêter les machines ou même simplement à les faire tourner à moindre régime. En érigeant en absolus les connaissances scientifiques et les inventions techniques, il a transformé la puissance matérielle en impuissance humaine: il préfèrera commettre un suicide universel en accélérant le cours de l'investigation scientifique plutôt que de sauver l'espèce humaine en le ralentissant, ne serai-ce que temporairement. Jamais auparavant l'homme n'a été aussi affranchi des contraintes imposées par la nature, mais jamais non plus il n'a été davantage victime de sa propre incapacité à développer dans leur plénitude ses traits spécifiquement humains; dans une certaine mesure, comme je l'ai déjà suggéré, il a perdu le secret de son humanisation. Le stade extrême du rationalisme posthistorique, nous pouvons le prédire avec certitude, poussera plus loin un paradoxe déjà visible: non seulement la vie elle-même échappe d'autant plus à la maîtrise de l'homme que les moyens de vivre deviennent automatiques, mais encore le produit ultime - l'homme lui-même - deviendra d'autant plus irrationnel que les méthodes de production se rationaliseront. En bref, le pouvoir et l'ordre, poussés à leur comble, se renversent en leur contraire: désorganisation, violence, aberration mentale, chaos subjectif.
Il y a là une véritable encyclopédie des techniques, depuis le Xe siècle jusqu'à nos jours, avec de bien intelligentes illustrations. L'auteur ne se borne pas à décrire et à renseigner : il fait oeuvre de sociologue et de moraliste. On sent, à chaque instant, un sens profond de l'humain. Il aperçoit, mieux que bien d'autres, comment pourrait se réaliser l'assimilation de la machine, dans un monde où l'Economique serait chose plus cohérente. Lewis Mumford s'exprime sans emphase, sans exagération doctrinale, sans parti pris... " Mercure de France. "Par la hardiesse et la netteté de ses vues de synthèse, Lewis Mumford se situe dans la brillante série des philosophes de l'histoire qui tentent d'ouvrir les chemins de l'avenir, par une meilleure compréhension du passé et du présent, et de répondre à quelques-unes de nos interrogations essentielles". Preuves. "Lewis Mumford a brillamment écrit un bilan historique et critique des effets du milieu sur l'homme, et de l'homme sur le milieu ; un bilan nécessaire, l'un de ceux que nous avons longtemps attendus". Waldemar Kaempffert, New York Times. "L'exposé le plus lucide et le plus convaincant qu'il m'a été donné de lire sur les promesses offertes à l'homme par la technique. Un livre ample et pénétrant. Stuart Chase, New York Herald Tribune.
Résumé : Un esprit libre et critique, érudit et militant, dit ce qu'est la ville et ce qu'elle pourrait être si la spéculation était jugulée et la circulation automobile maîtrisée ; il admire les bâtiments qui allient la qualité des espaces et leur convenance à ses habitants, mais critique - sévèrement - ceux qui privilégient l'image sans se soucier de l'usage. C'est écrit dans les années 1950, mais spéculation et pollution n'ont fait que croître et les bâtiments sont toujours là ; certains (l'Unesco, l'immeuble de Le Corbusier à Marseille) sont familiers du lecteur français. "La ville existe - écrivait-il - non pour la circulation des automobiles mais pour le bien-être et la culture des hommes."