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Meurtre d'un bookmaker chinois de John Cassavetes. Strip-tease
Mouëllic Gilles
YELLOW NOW
12,50 €
Épuisé
EAN :9782873404055
Cosmo Vitelli (Ben Gazzara), patron d'une boîte de strip-tease à Los Angeles, est contraint par la mafia locale de tuer un bookmaker chinois pour rembourser une dette de jeu. Si ce bref résumé ne semble guère répondre aux préoccupations de John Cassavetes, le projet de Meurtre d'un bookmaker chinois (1976-1978) n'est pourtant pas si éloigné de Une femme sous influence, qu'il vient d'achever, et surtout de Opening Night (1978), son film suivant. Cassavetes s'approprie les codes du film noir et plus souterrainement ceux de la comédie musicale pour dessiner un portrait bouleversant d'un homme seul, acculé à accepter un terrible marché pour, croit-il, conserver sa liberté. Nombre d'exégètes ont vu dans Cosmo Vitelli un autoportrait de Cassavetes confronté aux exigences des producteurs hollywoodiens. Cette séduisante hypothèse masque peut-être son véritable dessein : une mise à l'épreuve de la frontière entre la vie et la scène, déjà effective dans Too Late Blues (1961) et qui trouvera une forme d'aboutissement avec Myrtle Gordon (Gena Rowlands), l'héroïne de Opening Night. Cosmo et Myrtle sont les deux faces d'une même médaille : le premier veut vivre sa vie comme un spectacle, la seconde ne peut jouer sur scène autre chose que sa propre vie.
Si l'improvisation est a priori associée aux arts de la performance, et en particulier au jazz, elle n'en a pas moins accompagné le cinéma depuis les premiers burlesques jusqu'aux expériences contemporaines de Rabah Ameur-Zaïmeche ou de Nobuhiro Suwa. Loin du mythe de l'improvisé comme expression du "génie créateur", le but de cet ouvrage est d'abord de comprendre les pratiques qui mettent sciemment en jeu l'improvisation au cinéma puis, dans un second temps, d'en révéler la capacité à générer des formes inédites. La diversité des films analysés témoigne à la fois de la permanence d'une "tentation" de l'improvisation depuis l'avènement du cinéma parlant et de la diversité des modalités de sa mise en oeuvre. A la présence, sans doute attendue, du cinéma de Jean Renoir, Roberto Rossellini, Jacques Rivette, Jacques Rozier, Shirley Clarke, John Cassavetes et Maurice Pialat, répond celle, moins évidente peut-être, de Jean Rouch et de Johan van der Keuken, de Pascale Ferran et de Samuel Collardey. Sans ignorer le regard historique suscité par ces quelques noms, il sera question tout au long de ces pages des rapports entre technique et esthétique, des frontières poreuses entre documentaire et fiction, d'une possible origine théâtrale du travail de l'acteur improvisateur, de l'implication physique nécessaire à l'acte de création improvisé, et enfin du jazz comme performance filmée. "La vérité de nos engagements avec le monde importe, y compris nos engagements avec des objets et des manifestations artistiques" écrit Jerrold Levinson: en interrogeant les tensions entre le jaillissement improvisé et la nécessité d'une écriture maîtrisée, cet essai contribuera peut-être à la vérité de nos rapports avec le cinéma.
Que dit le cinéma - documentaire ou de fiction - sur la naissance des ?uvres, qu'elles soient celles des autres arts ou les siennes propres? Pourquoi et en quels sens le cinéma est-il un instrument privilégié et fécond d'observation, d'analyse et d'interprétation de la genèse des ?uvres d'art? Que nous apprend le cinéma sur la relation du créateur à son ?uvre et sur les opérations de la création que celle-ci soit entendue comme l'acte par lequel une ?uvre d'art est instaurée comme nouvelle et significative, ou qu'elle soit pensée comme la première manifestation publique d'une ?uvre d'art quand elle doit d'être représentée ou exécutée? Telles sont les principales questions de cet ouvrage. La création n'y sera pas abandonnée à son mystère, à sa fulgurance ou à sa généralité. Au contraire, elle sera approchée au plus près des ?uvres, des artistes, des gestes et des processus.
Du pianiste des premières séances du cinématographe aux orchestres symphoniques hollywoodiens, des premières tentatives de synchronisation entre le son et les images aux infinies possibilités de l?électronique: cette étude propose de parcourir l?histoire du cinéma à travers les relations complexes entre le défilement des images et les différents modes d?apparition de la musique. Le cinéma a toujours été sonore: musiciens dans la salle, bonimenteurs chargés de doubler les personnages, bruiteurs, et la musique devient peu à peu un véritable enjeu esthétique pour les directeurs artistiques des grandes salles, directeurs artistiques qui sont souvent eux-mêmes compositeurs et chefs d?orchestre.
L'écriture, la langue et l'?uvre du dramaturge et romancier Koffi Kwahulé sont nourries par le jazz et ses interprètes. On ressent cette influence à la lecture ou à l'audition de ses textes tant ses mots traversent le corps de l'acteur ou l'épiderme du lecteur. Ruptures de rythme, répétitions, chevauchements des mots comme des notes, les écrits de Kwahulé entretiennent un rapport intime avec cette musique qui entraîne avec elle l'histoire du peuple noir. L'universitaire et critique musical Gilles Mouëllic échange avec Koffi Kwahulé sur ces rapports entre écriture et sonorités: plus qu'une influence, une façon d'écrire; plus qu'un dialogue, une recherche d'unisson. On voit ici le parcours d'un écrivain qui se définit comme un jazzman, maniant les mots comme John Coltrane ou Thelonious Monk composaient ou improvisaient: à la recherche du son et du rythme, au c?ur du mystère de la création. Voici une occasion unique d'apercevoir de façon concrète l'entremêlement de deux arts, théâtre et jazz, et de pénétrer dans l'atelier de création d'un écrivain mélomane.
Les cartons de Jean-Michel Vlaeminckx sont remplis de souvenirs de famille. Les proches qui l'ont entouré et accompagné sa vie durant : Michèle, Tom et ceux que Jean-Michel a accompagnés et suivis : Mary, Chantal, Marion, Jaco, Joachim, Luc et Jean- Pierre, Bouli... La grande famille du cinéma belge était aussi la sienne, sa famille de coeur qu'il admirait. Il a mis tout son savoir-faire au service des créateurs d'images, ceux qui se trouvent derrière la caméra, sur les côtés, hors champ, et devant la caméra. Il leur a donné ce qu'il recevait : reconnaissance, estime et connivence. Sans ces ingrédients, les photos de JMV seraient de simples clichés, témoins d'un réel révolu. Mais ses prises de vue vont au-delà, elles reflètent l'âme du septième art. "Le regard des regards", comme il aimait dire.
Le piano n'est pas un objet ordinaire à l'écran. Dans les films habités de sa présence, ce meuble joue un rôle clef, qui éclaire la poétique des cinéastes. Cet essai s'attache à la cinégénie secrète de l'instrument de musique par excellence. On a cherché à identifier quelques figures majeures du piano, telles que de grands auteurs les ont façonnées. Douze haltes ponctuent ce chemin, depuis Max Ophuls et ses pianos-miroir et horloge, Jean Renoir et son piano-boîte à musique, et Jean Grémillon avec son piano-moteur. On rencontre le piano-coeur de Lubitsch, le piano-rêve que partagent Dreyer et Bunuel, le piano-radio de Borzage et le pianopensée de Sirk ; ainsi que le piano-outil d'Hitchcock et le piano-sentiment de McCarey. Enfin, on s'aventure dans les séries du piano-démon (avec Robert Wiene, Karl Freund, John Brahm, Robert Florey et Edmond T. Gréville) et du piano-porte-voix (en compagnie de Roy Rowland, Nicholas Ray, Jean-Claude Guiguet, Robert Bresson, Pier Paolo Pasolini et Jean-Luc Godard), le piano-ange de Jacques Demy demeurant à part. En prélude et postlude, on fête le piano-cinéma d'Oliveira et Grémillon, et le piano-âme d'un trio de poètes d'aujourd'hui : Todd Haynes, Pere Portabella et Peter Sülyi. Après ce voyage, le lecteur ne considérera plus un piano dans un film du même oeil ni de la même oreille, c'est le bonheur qu'on lui souhaite.
Au cinéma, le téléphone pour ainsi dire crève l'écran. Il y a des téléphones partout - dans le cinéma parlant, dans le cinéma muet - qui englobent tous les genres imaginables, du burlesque au cinéma de complot, de la comédie romantique au cinéma d'horreur, du film d'action au drame psychologique. Sans doute cette prise de conscience de la présence si fréquente du téléphone au cinéma est-elle contemporaine de l'importance que cet instrument de communication a désormais dans nos vies quotidiennes. Aussi, les évolutions technologiques ont toujours entraîné une fascination pour le téléphone chez les cinéastes, parmi les plus grands. Il existe indéniablement une "cinégénie" téléphonique qui est en partie l'objet de ce livre écrit à deux voix, davantage qu'à quatre mains. Si le téléphone a tant inspiré le cinéma, en retour le cinéma rend sensibles, sur un mode à la fois documentaire et fabulé, les transformations que le téléphone a pu produire dans nos existences tout au long de son histoire.