Vingt ans après sa mort, un collectif d'historiens revient sur la carrière politique de Pierre Bérégovoy. Car par-delà le mystère de sa disparition, qui polarise l'attention des médias, nous trouvons un homme politique atypique, formé en dehors du sérail. Ce livre analyse le parcours de cet ouvrier, fils d'un émigré russe, militant à FO et à la SFIO, représentant de Pierre Mendès France au PSU, puis adjoint d'Alain Savary et de François Mitterrand. Il s'interroge sur son ascension au sein du Parti socialiste en tant qu'expert et homme de dossiers. Il montre comment, propulsé, par son rôle de directeur de campagne, secrétaire général de l'Elysée en mai 1981, il devient rapidement ministre aux Affaires sociales (1982-1984), puis est nommé à l'économie et aux Finances (1984-1986 ; 1988-1992), où il acquiert une solide réputation de professionnalisme. Consécration ultime, il est, en avril 1992, le dernier Premier ministre socialiste de François Mitterrand. Cet ouvrage, enfin, permet de resituer dans une perspective historique " l'affaire Bérégovoy ", qui conduisit l'élu de Nevers à se suicider le 1er mai 1993.
Anceau Eric ; Castagnez Noëlline ; Gaudillere Bern
Né d'un coup d'Etat et disparu à la suite d'une défaite humiliante contre l'Allemagne, le Second Empire (1852-1870), dernière monarchie de l'histoire de France insérée entre deux Républiques, a été longtemps dénigré. Il constituait le répertoire idéal de tous les maux du politique : personnalisation du pouvoir, autoritarisme, anti-parlementarisme, instrumentalisation des masses, affairisme. Depuis quelques années, les historiens ont redécouvert ce régime qui est d'une incroyable modernité et offre des clés indispensables pour comprendre les décennies suivantes et le temps présent. Parlement a souhaité participer, à sa manière, à la commémoration du bicentenaire de la naissance de Napoléon III en proposant dans ce numéro thématique neuf articles qui, dans leurs diversité, témoignent de cette réévaluation.
A l'heure du village planétaire et de la remise en cause des réseaux sociaux, la nouvelle question proposée aux concours de recrutement de l'enseignement secondaire nous invite à réfléchir aux relations qu'entretiennent la culture, les médias et les formes de pouvoir aux Etats-Unis et en Europe occidentale au cours d'une période de mutations matricielle. De la fin de la Seconde Guerre mondiale à la dislocation de l'URSS en 1991, l'Occident s'est construit face au "bloc de l'Est", non seulement par ses orientations idéologiques mais aussi par ses choix culturels. Parlement[s] contribue à la préparation de cette question en proposant une vingtaine de sources commentées par des spécialistes. A travers un panel diversifié - affiches, films, actualités filmées, séries télévisées, bandes dessinées, magazines, textes normatifs, essais d'intellectuels, etc. - ce numéro permet d'étudier les vecteurs, acteurs, contenus et pratiques de la culture de guerre froide, de la culture de masse et de son américanisation. Il met en outre l'accent sur les contestations et les contre-cultures, ainsi que sur les politiques culturelles mises en oeuvre à diverses échelles. Le lecteur curieux comme le candidat au concours y trouveront des approches originales sur des enjeux toujours d'actualité.
La crise sanitaire mondiale qui bouleverse en profondeur les mondes du travail nous incite à considérer avec d'autant plus d'intérêt la nouvelle question posée aux concours (CAPES et agrégation), qui interroge les mutations économiques, sociales, politiques, culturelles et environnementales entraînées par l'industrialisation de l'Europe occidentale des années 1830 aux années 1930. La désindustrialisation qui s'accélère depuis les années 1970 ne se réduit pas à un recul de la production industrielle. Elle signifie aussi l'effritement d'une civilisation industrielle ainsi que la disparition de la centralité du travail qui érigeait la question ouvrière en enjeu politique et social majeur. Ce dossier réunit des spécialistes qui présentent et commentent des sources de natures variées - correspondances, photographies, textes législatifs, pétitions, caricatures, etc. - produites tant en France qu'en Grande-Bretagne, Belgique, Allemagne, Italie et Espagne. Il permet d'éclairer les mutations de l'organisation du travail, leurs impacts sur les conditions de vie et de travail des mains-d'oeuvre artisanales et industrielles, et la place de la question sociale dans la constitution du mouvement ouvrier et des Etats sociaux.
Ce livre confronte la mémoire de la direction du Parti socialiste avec celles de ses fédérations, municipalités et territoires. Il saisit un processus majeur d'acculturation des militants au socialisme en étudiant leurs commémorations, leurs symboles, les monuments et toponymes qu'ils ont durablement inscrits dans nos paysages. En comparant les pratiques mémorielles des socialistes avec celles de leurs adversaires communistes et gaullistes, il éclaire d'un jour nouveau notre mémoire d'après-guerre.
Ce livre n'est pas seulement le témoignage attendu de Pierre Ménat, ambassadeur de France en Tunisie au moment de la Révolution, qui, en 2011, mit fin au régime de Ben Ali. II constitue aussi une formidable contribution à l'analyse du métier, peu connu, d'ambassadeur. Les projets de coopération, les jeux politiques et médiatiques ainsi que la vie de la communauté française à l'étranger sont en effet le menu quotidien de notre diplomatie. Dans une période de crise intense comme celle qu'a vécue la Tunisie, le témoignage de cet ambassadeur sous le feu des critiques est passionnant. Les révélations de Pierre Ménat méritent le détour. Au contact des dirigeants et opposants tunisiens, mais aussi des Présidents Chirac et Sarkozy, ainsi que de personnalités françaises telles que Bertrand Delanoè, Bernard Kouchner, Alain Juppé ou Frédéric Mitterrand, son récit s'avère précieux, tant d'un point de vue historique que pour la compréhension de la mécanique contemporaine des relations internationales.
Afghanistan, Darfour, Haïti, tsunami : Autant de mots et d'images qui renvoient à la communication des ONG humanitaires. Au-delà de ce qui est dit et montré, cet ouvrage aborde des questions nouvelles. Pourquoi la communication est-elle considérée comme "le sale boulot" dans ces ONG ? Quelles sont les relations entre les agences publicitaires, les médias et les ONG ? Pourquoi la rhétorique humanitaire fait-elle problème ? Comment évaluer l'opportunité de parler dans l'espace public ? Dix auteurs, professionnels de la communication, humanitaires, journalistes et universitaires témoignent de leurs pratiques : diriger un service de communication, prendre en compte les questions "éthiques" au quotidien... Ils analysent le discours humanitaire au regard de sa professionnalisation, des débats qu'il suscite et de son rapport ambigu au politique.
Gavignaud-Fontaine Geneviève ; Garrigues Jean ; Al
Les actes du colloque Vin et République proposent, au moment du centenaire de la Révolution des Dimanches en Languedoc (1907), de revenir sur le rapport complexe entre questions viticoles et régime républicain. Cette rencontre, organisée sous l'égide du Comité d'Histoire Parlementaire et Politique, en partenariat avec le CEPEL (Montpellier I) et le Centre Croyances et Mentalités Contemporaines (Montpellier III), a pour originalité de ne s'inscrire ni dans la commémoration héroïque, ni même dans la geste vigneronne et de privilégier une approche pluridisciplinaire et comparative. L'objectif consistait en effet à concilier une analyse de la mobilisation du Midi rouge, de sa réalité mais aussi des représentations auxquelles elle a donné lieu, et une interrogation sur sa spécificité, sa postérité et son exemplarité à l'échelle du siècle et de la nation. Le plan de l'ouvrage et les thématiques qui y sont abordées témoignent de cette préoccupation. Les articles de la première partie, Echos et manifestations des révoltes viticoles, rendent compte de la manière avec laquelle la révolte a été perçue et souvent instrumentalisée dans la presse, les espaces professionnels et politiques. Si la crise de la viti-viniculture renvoie d'abord à des problématiques économiques et sociales, la deuxième partie, Les questions viticoles et l'action politique: enjeu national et contraintes locales, fait état de la mobilisation des milieux politiques à travers l'évocation du parcours et de l'action d'un certain nombre de "députés du vin", languedociens ou non. Les articles rassemblés dans la troisième partie, Vin, République et construction des identités territoriales, interrogent les relations qui se sont progressivement nouées entre le vin et les territoires dans une perspective multiscalaire.
Marta Maia a arpenté les forums Internet de discussion consacrés aux hépatites virales, maladies qui touchent 6 % de la population mondiale. Ces espaces de dialogue semblent jouer un véritable rôle de soutien, qui vient en renfort de celui de l'entourage direct du malade, y compris dans les moments les plus difficiles. L'auteure tente par ce canal d'accéder aux significations des discours des "hépatants " et de répondre aux questionnements qui surgissent au fil des rencontres. L'accès aux soins et au suivi médical se fait-il aisément pour tous ? Quelles sont les ressources mobilisées pour faire face à la maladie ? Quel est le rôle des réseaux de sociabilité et de solidarité, et sont-ils à même d'aider les individus à gérer un éventuel isolement ? Comment parvient-on à restaurer une image de soi ternie par la maladie ? Existe-t-il une identité du malade "hépatant" ? Et finalement, comment devient-on malade et comment guérit-on ? Le lecteur pourra ainsi partager la vie des "hépatants ", du diagnostic à la guérison en passant par tous ces moments d'espoir et d'angoisse que sont les examens, les traitements, les relations avec les médecins, avec l'entourage, les démarches administratives, mais aussi les effets secondaires des médicaments, la déprime et même les coups de gueule !