La crise sanitaire mondiale qui bouleverse en profondeur les mondes du travail nous incite à considérer avec d'autant plus d'intérêt la nouvelle question posée aux concours (CAPES et agrégation), qui interroge les mutations économiques, sociales, politiques, culturelles et environnementales entraînées par l'industrialisation de l'Europe occidentale des années 1830 aux années 1930. La désindustrialisation qui s'accélère depuis les années 1970 ne se réduit pas à un recul de la production industrielle. Elle signifie aussi l'effritement d'une civilisation industrielle ainsi que la disparition de la centralité du travail qui érigeait la question ouvrière en enjeu politique et social majeur. Ce dossier réunit des spécialistes qui présentent et commentent des sources de natures variées - correspondances, photographies, textes législatifs, pétitions, caricatures, etc. - produites tant en France qu'en Grande-Bretagne, Belgique, Allemagne, Italie et Espagne. Il permet d'éclairer les mutations de l'organisation du travail, leurs impacts sur les conditions de vie et de travail des mains-d'oeuvre artisanales et industrielles, et la place de la question sociale dans la constitution du mouvement ouvrier et des Etats sociaux.
La science, parce qu'elle est fondée sur l'esprit critique, peut constituer une arme de destruction politique massive. Elle peut être utilisée par les pouvoirs en place, qu'ils soient despotiques, colonisateurs, voire totalitaires, mais aussi se retourner contre eux. Le prestige de la science, la rigueur de son organisation, la séduction exercée par ses modèles théoriques ainsi que la mobilisation des réseaux de chercheurs contribuent à enchevêtrer les liens qui unissent les détenteurs du savoir à ceux du pouvoir, tout particulièrement lors des épisodes révolutionnaires. La Révolution française, la Commune de Paris, la Révolution nationale de Vichy, les indépendances des Etats-Unis et du Mexique, et les Révolutions communistes en Europe de l'Est et en Chine sont autant d'exemples de l'intervention des scientifiques, au nom de la science ou de valeurs dites universelles. Résolument comparatif, à la fois dans l'espace et le temps, ce dossier croise des approches historiographiques diverses qui se rejoignent sur l'essentiel : le rôle méconnu des sciences dans la vie politique en général et le processus révolutionnaire en particulier.
Une analyse des évolutions sensibles au sein du Parti socialiste et de la façon dont il s'est préparé à conquérir puis à exercer le pouvoir, à l'échelle nationale, fédérale et internationale. Les auteurs examinent notamment le contenu des programmes, de Changer la vie en 1972 au Projet socialiste en 1980, ainsi que ses prises de position sur des questions de société.
Résumé : Vingt ans après sa mort, un collectif d'historiens revient sur la carrière politique de Pierre Bérégovoy. Car par-delà le mystère de sa disparition, qui polarise l'attention des médias, nous trouvons un homme politique atypique, formé en dehors du sérail. Ce livre analyse le parcours de cet ouvrier, fils d'un émigré russe, militant à FO et à la SFIO, représentant de Pierre Mendès France au PSU, puis adjoint d'Alain Savary et de François Mitterrand. Il s'interroge sur son ascension au sein du Parti socialiste en tant qu'expert et homme de dossiers. Il montre comment, propulsé, par son rôle de directeur de campagne, secrétaire général de l'Elysée en mai 1981, il devient rapidement ministre aux Affaires sociales (1982-1984), puis est nommé à l'économie et aux Finances (1984-1986 ; 1988-1992), où il acquiert une solide réputation de professionnalisme. Consécration ultime, il est, en avril 1992, le dernier Premier ministre socialiste de François Mitterrand. Cet ouvrage, enfin, permet de resituer dans une perspective historique " l'affaire Bérégovoy ", qui conduisit l'élu de Nevers à se suicider le 1er mai 1993.
Comment la population française a-t-elle vécu la défaite de 1940 ?? Pour répondre à cette question, cet ouvrage étudie les réactions et comportements des Français en 1939-1940, par le prisme de la population orléanaise. En articulant histoire "? par le haut ? " mais surtout "? par le bas ? ", cette étude confronte et compare les points de vue des élites et des civils pour comprendre les bouleversements du quotidien des Français amenés par la guerre. Longtemps réticente à rentrer pleinement dans cette nouvelle guerre, la population française est brutalement ramenée à la réalité par l'offensive allemande du 10 mai 1940. Il est cependant trop tard et cette dernière ne peut que constater l'effondrement de son pays. L'auteur retrace, ici, le parcours, durant la drôle de guerre, la campagne de France et l'exode, de ceux que la guerre emporte dans sa déferlante, ces acteurs à part entière, à la fois témoins et victimes des événements. Plus qu'une histoire locale, cet ouvrage d'histoire sociale éclaire la façon dont les Français ont vécu la défaite de 1940.
Au Moyen-Age le pouvoir se conjugue aussi au féminin. A rebours de la conception française du rôle des princesses de haut rang définie par la loi salique, les comtés de Flandre et de Hainaut sont, entre 1244 et 1503, le lieu d'exercice d'un pouvoir par les femmes. Marguerite de Constantinople, Marguerite de Flandre, Jacqueline de Bavière ou encore Marie de Bourgogne ne sont pas seulement filles, épouses, et mères : elles sont avant tout des femmes régnantes. Outils de validation et de pouvoir, leurs sceaux permettent de définir les contours de leur pouvoir politique et la singularité de leur statut. Par leurs spécificités iconographiques, héraldiques et emblématiques, les sceaux des princesses soulignent la place des femmes au sein de leurs lignées et comtés. Ce corpus sigillaire inédit, mis en regard avec les actes au bas desquels ils sont apposés (chartes, mandements, quittances), révèle les effets concrets de leur gouvernement. A travers l'histoire des pratiques de l'écrit et des représentations, ce sont les pratiques politiques des comtesses de Flandre et de Hainaut qui sont interrogées. In fine, cet ouvrage sur le pouvoir des femmes et les femmes de pouvoir se veut une contribution à l'histoire des femmes et du genre. Préface de Olivier Mattéoni
Une histoire du peuple de Bretagne, de la Préhistoire à nos jours. Les histoires de Bretagne ne manquent pas... Mais celle-ci adopte un point de vue inédit : celui des paysans, des ouvriers, des marins, celui des hommes et des femmes sans histoire, sans papiers. Elle porte attention aux plus humbles, pas seulement aux puissants ; s'intéresse à la vie concrète et aux rêves qui s'y enracinent, pas seulement aux couronnements et aux batailles ; risque d'autres chronologies ; ruine quelques évidences... La crise économique de l'âge du fer, l'arrivée des Bretons en Armorique, la condition paysanne pendant la féodalité, la révolte des Bonnets rouges, la traite négrière, la Révolution et la Chouannerie, le développement du chemin de fer, l'émigration bretonne, la Grande Guerre, la Résistance, la crise du modèle agricole breton, Notre-Dame-des-Landes... Autant de moments de notre histoire examinés d'un oeil neuf. Emergent ainsi de nouvelles figures, émouvantes ou pittoresques, jusque-là noyées dans l'anonymat des siècles. Et de nouveaux sujets : manger à sa faim, lutter pour sa dignité, découvrir de nouveaux horizons, accéder au savoir, devenir citoyen... Pas de jargon, un rythme de lecture facile : cette histoire a été rédigée avec le souci de s'adresser au plus grand nombre tout en obéissant à la rigueur du métier d'historien. Ce livre a été rédigé par trois historiens et un journaliste : Alain Croix, Thierry Guidet, Gwenaël Guillaume et Didier Guyvarc'h. Ils sont les auteurs de nombreux autres ouvrages dont, chez le même éditeur, l'Histoire populaire de Nantes.
La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ?A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre Hirsch4e de couverture : La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ?A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre HirschNotes Biographiques : Jean-Luc Mastin est maître de conférences en histoire économique et sociale contemporaine à l'université Paris 8.
Epiphénomènes d'une mutation sociétale, fruit de l'économie numérique, les tiers-lieux interpellent les décideurs publics territoriaux sur l'attitude à adopter, de l'intérêt bienveillant à une tutelle complète. L'ouvrage réunissant une équipe pluridisciplinaire de chercheurs présente un matériau empirique original sur cette réalité émergente, encore mal connue : celle de la multiplication des tiers-lieux dans les villes et hors des centres métropolitains. Il pose de nouvelles questions, encore peu traitées dans la littérature, en s'intéressant à la trajectoire sociale des fondateurs d'espaces de coworking, aux nouvelles manières des jeunes générations de travailleurs du numérique de conjuguer leurs aspirations de liberté et d'épanouissement dans les domaines professionnel et privé, ainsi qu'à leurs nouveaux rapports à la collaboration, au travail, au territoire, à la mobilité et aux questions écologiques.