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Désirs d'hospitalité. De Homère à Kafka
Montandon Alain
PUF
27,00 €
Épuisé
EAN :9782130526582
Il y a une érotique de l'hospitalité, ou plutôt des érotiques, tant l'hospitalité répond à divers désirs, désir d'être accueilli, mais également désir de recevoir et désir de donner. Depuis Homère dont L'Odyssée rejoue sans cesse l'épreuve de l'hospitalité, de Calypso à Circé, de Polyphème à Nausicaa d'Eumée à Pénélope et jusqu'à Klossowski, le geste de l'hospitalité, loin d'être statique, est bien au contraire agité de mille turbulences. Il offre un parcours dynamique qui suit une gamme calculée de gradations propres à la séduction et l'égarement. Les stratégies de l'hospitalité érotique prennent ainsi de nombreuses formes dans la littérature libertine, de Crébillon à Mandiargues, ménageant la surprise comme piment de la volupté dans une mise en scène théâtralisée, autant d'artifices qu'un Jean-Jacques Rousseau, quant à lui, ne tolère guère. L'ermite voit dans l'hospitalité aliénation, mensonge, tromperie. Hôte, voire parasite toute sa vie, il ne supporte ni d'inviter ni d'être invité. Le rêve de l'hospitalité réactive les fantasmes de l'oralité mettant en place le passage du dedans et du dehors, du manger et de l'être mangé, et figures du cannibale et de l'ogre. D'où une question qui hante les protagonistes : qui de l'hôte accueillant ou de l'hôte reçu mangera l'autre ? De nombreux mythes et légendes en montent les péripéties. La reprise que fait Flaubert de la Légende de Saint Julien l'hospitalier met en évidence l'importance du contact, du toucher, de la peau mais de la distance, de la violence qui s'exacerbe dans le crime et dans le sacrifice pour s'évaser dans le miracle ambigu d'une hospitalité inconditionnelle, d'une hospitalité " à corps perdu ", oxymore du supplice et du délice. L'hospitalité, qui touche à l'intime et au Moi, est aussi source d'angoisse devant l'étranger qui fait intrusion, devant le parasite qui dépossède l'hôte de son lieu et de son être, chez Maupassant comme chez Landolfi. Invitation au dialogue, à la conversation, désir de langage, la scène de l'hospitalité met également à l'épreuve la communication entre les êtres, souvent sous une forme tragique comme chez Vercors, Pirandello ou Camus. Kafka exprime mieux que quiconque la gêne engendrée par la cohabitation, la promiscuité de personnes étrangères l'une à l'autre, à commencer par les membres de sa famille qui l'emprisonnent d'une gluante et aliénante hospitalité. D'où la fuite et le mouvement pour la quête d'une intégration impossible. D'où la fatigue, le malaise, le mal-être de celui qui n'est pas que " l'hôte de la langue allemande ", nomade linguistique qui écoute les sons, les bruits, l'inaccompli de la musique. Le besoin d'autohospitalité se confond avec l'écriture, comme tentative d'hospitaliser sa propre étrangeté, et le désir d'hospitalité se confond avec le désir de littérature.
Le premier volume de la collection Poétique comparatistes est intitulé Littérature et anthropologie. Il tisse un dialogue critique entre les deux disciplines, proches par certains de leurs objets, proches par certaines de leurs méthodes tout en étant de nature fondamentalement différente. L'anthropologie comme la littérature ont l'homme pour objet, l'homme en général comme les hommes dans leurs particularités et singularités, replacés dans leurs sociétés et leurs cultures respectives. Outre de grandes synthèses, sur des problématiques essentielles, qu'il s'agisse de l'anatomie à l'âge d'or, des grandes options de l'anthropologie historique, de l'anthropologie culturelle et religieuse du point de vue de la littérature, ce volume offre des ouvertures et des analyses diversifiées sur des modèles anthropologiques dans la littérature des Lumières, les récits de voyage, la créolité et le nouveau culturalisme littéraire, en imaginant des ponts et des échanges féconds et stimulants entre les deux disciplines.
Résumé : Le XVIIIe siècle, siècle d'échanges et de traductions comme il n'en a jamais existé entre les littératures européennes, voit se multiplier non seulement les moyens d'édition, mais aussi croître considérablement ses publics. Epoque d'une formidable explosion romanesque pour la France, l'Angleterre, l'Allemagne et les Pays-Bas, ce siècle est celui de nouvelles formes et de nouveaux thèmes caractérisés par le mouvement, les déplacements, les agitations passionnées ou mondaines, par un regard qui se tourne dynamiquement vers le réel en réaction aux romans précieux, par l'agitation des débats moraux et les émois de la sensibilité également. Avec Richardson et Marivaux, Diderot et Sterne, Rousseau et Goethe, Prévost, Crébillon, Fielding et tant d'autres, le monde bouge sous le regard de la nouvelle subjectivité qui l'anime. A son contact, l'individu développe une irritation vitale, une sensibilité qui revêt de nombreuses formes. Le roman devient expérimental, il s'ouvre à la singularité de chaque individu. Confrontations multiples qui exigent de nouvelles formes, formes épistolaires, formes dialoguées, romans d'apprentissage et de nouvelles techniques narratives dans lesquelles le moment de la création vient occuper le devant de la scène, avec un narrateur conscient de lui-même et un lecteur interpellé dans l'acte même de sa lecture.
Dans ce second volume d'Attachement et perte, John Bowlby poursuit son travail sur l'importance de la relation parentale et le rôle qu'elle joue dans la santé mentale. Il étudie la séparation et l'angoisse concomitante: la peur d'une séparation imminente ou imaginée, la peur induite par les menaces parentales de séparation et l'inversion de la relation parent-enfant. John Bowlby réexamine les situations qui causent en nous un sentiment de peur et les compare à des observations du même ordre chez les animaux. Il conclut en montrant que la peur est suscitée le plus souvent par des situations inoffensives en soi mais qui servent à signaler l'accroissement du risque de danger.
La perte d'une personne aimée est toujours éprouvante et trop souvent aboutit à des perturbations émotionnelles durables et profondes, en particulier à de l'angoisse et de la dépression. Ce livre, troisième et dernier de l'oeuvre que John Bowlby a consacré au concept de l'attachement, décrit les réactions des enfants et des adolescents à la perte d'un parent en les comparant aux réactions des adultes à la perte d'un conjoint ou d'un enfant Une attention toute particulière est accordée aux perturbations du deuil aux différents âges et aux événements récents ou anciens qui les favorisent Les différents types de réactions ainsi que les circonstances qui aboutissent à des évolutions favorables ou perturbées s'avèrent être semblables à tous les âges. John Bowlby intègre à la théorie psychanalytique les notions les plus récentes tirées de l'éthologie, de la cybernétique et de la psychologie cognitive. Sa pensée stimulante est parfois controversée, mais elle a le mérite de conduire les cliniciens à une réflexion renouvelée sur les notions de perte, de deuil, de dépression, permettant des approches thérapeutiques nouvelles.
Dans ce volume, le premier d'une trilogie, John Bowlby examine à la lumière de travaux récents les processus qui sous-tendent la relation de l'enfant à sa mère. L'attachement chez le petit de l'homme est considéré comme un schème de comportement instinctif, ayant pour fonction de protéger l'enfant des dangers, en particulier des prédateurs. Son importance est donc équivalente à celle des schèmes aboutissant à la nutrition ou à la reproduction. Biographie de l'auteur De 1946 à 1972, Le Dr Bowlby travailla à plein temps comme psychiatre consultant à la Tavistock Clinic et au Tavistock Institute of Human Relations - pour une grande part sous les auspices du National Health Service joint au Medical Research Council. Il poursuit son oeuvre dans les deux institutions, à la fois comme chercheur et comme enseignant. Il a été président de la Société britannique de Psychanalyse et de l'Association internationale de Psychiatrie infantile et des Professions associées.
Ce vocabulaire est un succès inégalé depuis sa première édition en fascicules dans le Bulletin de la Société française de philosophie, de 1902 à 1923 puis en volume (18 éditions reliées, 2 éditions en poche). Le but originel de l'auteur était de contribuer à l'unité de la philosophie à travers la définition d'un langage philosophique commun, ce vocabulaire est ainsi devenu un manuel du « bon usage du langage philosophique permettant l'accord des esprits ».
Reid Martine ; Cerquiglini-Toulet Jacqueline ; Vie
Résumé : Résultat d'un travail collectif effectué par dix universitaires françaises et américaines pendant plusieurs années de recherches, cet ouvrage constitue le premier panorama à peu près complet des oeuvres de femmes en littérature, du moyen âge au XXIe siècle, en France et dans les pays francophones. Un tel panorama n'existait pas, les recherches dans ce domaine, aujourd'hui nombreuses en France comme à l'étranger, étant généralement ponctuelles et parcellaires, les quelques ouvrages sur le sujet anciens, et sensiblement moins ambitieux. Outil indispensable à la compréhension de la littérature pratiquée par les femmes et au rôle spécifique qu'elles y ont tenu au fil des siècles, les autrices se sont fixées pour objectifs de dresser l'inventaire des oeuvres publiées dans tous les genres existants (les découvertes dans ce domaine sont nombreuses : dès le moyen âge, c'est par dizaines qu'on compte les oeuvres de femmes en langue vernaculaire) ; accompagner les oeuvres de considérations d'ordre culturel (notamment sur l'histoire du livre et de l'édition) ; replacer ces productions non seulement dans l'histoire littéraire et l'histoire des femmes, mais aussi dans l'histoire des idées ; comprendre enfin la nature des difficultés spécifiques rencontrées par les autrices pendant des siècles et les raisons de leur oubli quasi général aujourd'hui, malgré les tentatives de redécouvertes opérées dans les années 1970. Pour la première fois, la présence continue de femmes en littérature pendant dix siècles, qui constitue l'une des singularités de la culture française, est illustrée par un nombre d'oeuvres aussi important que varié. L'ouvrage rend compte non seulement des productions dans les genres littéraires canoniques (poésie, théâtre, roman ? et, compte tenu du nombre toujours croissant de publications, se limite à ce seul genre à partir de 1914) mais aussi l'essai, la correspondance, le journal et l'autobiographie, le journalisme (à partir de la fin du XVIIe siècle), la littérature populaire et la littérature pour enfants ; la participation active des femmes à la vie littéraire de leur temps, leur présence dans les cours et couvents, les salons, cercles, groupes, réseaux et académies, est dûment répertoriée et le fonctionnement de ces formes spécifiques de sociabilité littéraire analysé. Cette synthèse invite à une réévaluation générale des oeuvres littéraires des hommes et des femmes, et à une autre appréhension de la littérature française et francophone, offrant un portrait plus juste d'une réalité où, pendant des siècles et jusqu'à aujourd'hui, hommes et femmes, ensemble et séparément, semblablement et différemment, n'ont pas cessé de créer, d'imaginer et de publier.
Résumé : "On aura peut-être été un peu surpris de voir dans ces discours l'accent porté par Camus sur la défense de l'art et la liberté de l'artiste - en même temps que sur la solidarité qui s'impose à lui. Cela faisait certes partie de ce que lui dictaient les circonstances et le milieu où il devait les prononcer, mais il est certain que Camus se sentait accablé par une situation où, selon ses propres paroles, "le silence même prend un sens redoutable. A partir du moment où l'abstention elle-même est considérée comme un choix, puni ou loué comme tel, l'artiste, qu'il le veuille ou non, est embarqué. Embarqué me paraît ici plus juste qu'engagé". Et malgré une certaine éloquence - qu'on lui reprochait également - il se sentait profondément concerné et douloureusement atteint par un conflit qui le touchait jusque dans sa chair et dans ses affections les plus enracinées", Carl Gustav Bjurström.
Ces "essais sur le roman" constituent la première manifestation théorique de l'école du "nouveau roman". Nathalie Sarraute y expose ses propres conceptions qui ont exercé une influence profonde sur les jeunes auteurs. De Dostoïevski à Kafka, de Joyce à Proust et Virginia Woolf, Nathalie Sarraute scrute l'oeuvre des grands précurseurs du roman moderne et examine leur contribution à la révolution romanesque de nos jours.
Résumé : "Cette littérature a commencé avec la négritude. Des idéologues de chez eux (les Occidentaux), pour justifier l'esclavage et la colonisation, avaient décrété que le nègre n'avait pas d'histoire parce que son histoire n'était pas écrite. Il s'est trouvé des Africains de chez nous pour le désir d'Afrique, qui se sont armés de la plume. Ils ont démontré que l'Afrique, le premier continent de l'humanité, avait ? écrites ou non écrites ? de multiples traces de son passé multimillénaire. Ils (les idéologues de chez eux) avaient arrêté que nous étions sans culture. On leur a répondu que les Africains de la plus longue histoire de l'humanité avaient la culture la plus riche de l'univers [Mongo-Mboussa] rappelle qu'au début nous savions à peine écrire le français, nous étions un tirailleur sénégalais. Puis ce furent des étudiants, la faim au ventre, qui reprirent le flambeau. Et quand ils quittèrent les universités, devinrent des intellectuels, prirent la relève des étudiants, ce fut pour aller à l'exil. C'est l'exil qu'ils ont continué à écrire. [...] M. Mongo-Mboussa a écrit un livre important sur la littérature africaine, un livre important pour l'Afrique." Ahmadou Kourouma On attend de la littérature africaine qu'elle soit à la fois exotique, porteuse d'une certaine oralité et conforme aux canons classiques du marché européen. Cet essai permet de comprendre un des paradoxes qui pèsent sur les auteurs africains.