Le premier volume de la collection Poétique comparatistes est intitulé Littérature et anthropologie. Il tisse un dialogue critique entre les deux disciplines, proches par certains de leurs objets, proches par certaines de leurs méthodes tout en étant de nature fondamentalement différente. L'anthropologie comme la littérature ont l'homme pour objet, l'homme en général comme les hommes dans leurs particularités et singularités, replacés dans leurs sociétés et leurs cultures respectives. Outre de grandes synthèses, sur des problématiques essentielles, qu'il s'agisse de l'anatomie à l'âge d'or, des grandes options de l'anthropologie historique, de l'anthropologie culturelle et religieuse du point de vue de la littérature, ce volume offre des ouvertures et des analyses diversifiées sur des modèles anthropologiques dans la littérature des Lumières, les récits de voyage, la créolité et le nouveau culturalisme littéraire, en imaginant des ponts et des échanges féconds et stimulants entre les deux disciplines.
Si l'on connaît Théophile Gautier grâce au Capitaine Fracasse, on oublie combien il promena sa gourmandise éclairée à travers l'Espagne, l'Allemagne, la Suisse, l'Angleterre, l'Italie, la Turquie. la Grèce, l'Algérie ou la Russie. Ce livre rend justice au goût du voyage cher au grand écrivain. Un voyage qui passe par l'assiette... Celui qui prônait pour régime bordeaux, gigot et haltères ne confiait-il pas aux Goncourt: "Moi, le matin, ce qui m'éveille, c'est que je rêve que j'ai faim"? Au gré des pages, Alain Montandon nous plonge dans les carnets gourmands de Théophile Gautier, nourris d'impressions et de recettes. Où il est question d'orgie. de soupe à la tortue, de côtelettes de tigre, de tomates "à se lécher les doigts jusqu'au coude" ou de jambon d'ours... Où l'on croise aussi des mets d'une vraie actualité, tel un succulent risotto au riz du Piémont, un blanc-manger ou des spumas de chocolat à Madrid. Théophile Gautier rêvait d'être un oiseau. On retrouve ici cette faculté de se transposer d'un battement d'ailes dans l'ailleurs. Elle doit beaucoup à l'imagination sans bornes de ce témoin voyageur qui passe allègrement du souvenir au fantasme.
Revue trimestrielle fondée en 1971 par la Société des études romantiques et dix-neuviémistes et éditée par Dunod, Romantisme publie des dossiers et des articles centrés sur le XIXe siècle et ouvrant sur une perspective trans-séculaire et pluridisciplinaire. Les contributions de chercheurs français et étrangers concernent l'ensemble de l'Europe et participent à la connaissance des différents courants littéraires, artistiques, scientifiques, historiques, politiques...
Le nouvel éclairage urbain au XIXe siècle, modifiant la sensibilité et la perception de l'espace, du temps et de la société, est à l'origine d'un nouveau regard, de nouveaux modes d'appropriation de la ville et de nouvelles poétiques caractéristiques de la modernité. A la figure du veilleur de nuit du romantisme allemand, qui traverse les rues désertes en déclinant les heures, spectateur nocturne et solitaire, figure d'un poète désespéré, succède celle d'un flâneur qui se fait noctambule et voyeur de la vie citadine plongée dans de singulières ténèbres, qui, sous les nouveaux lampadaires, prend un nouveau visage.
Duchamp n'est pas un précurseur (au sens avant-gardiste du mot), mais un anticipateur. Il n'est pas de connivence avec la logique moderniste et son mythe d'un Novum qui, par la mode, revient éternellement même sous un visage apparemment autre. Il est, en somme, l'inventeur de l'inédit, d'un événement qui ne prend pas sens par rapport à une diachronie guidée vers une lin, mais dans une relation plus libre avec les conditions historiques de la création. (:'est ce qui explique, non pets à proprement parler la " modernité de Duchamp, niais plutôt sa présence intempestive et son retentissement contemporain. Cet essai propose une interprétation du readymade à partir de la situation de Marcel Duchamp en son temps et il tente de saisir, à travers l'humour, la désinvolture, une paresse revendiquée, la pensée de derrière " d'un artiste qui s'affirme de se dénier et craint par dessus tout l'esprit de sérieux.
Lavaud Martine ; Citti Pierre ; Aziza Claude ; Bli
Le XIXe siècle voit se constituer l'archéologie comme discipline à part entière. Le lien avec la littérature est immédiat, professionnel parfois: en 1834, Mérimée occupe la fonction nouvelle d'inspecteur général des monuments historiques; en 1860, Alexandre Dumas père devient le directeur certes éphémère des fouilles de Pompéi. Flaubert correspond avec l'archéologue Froehner après avoir ressuscité Carthage, Gautier collabore avec l'égyptologue Feydeau pour son Roman de la momie, et nombreux sont les romans qui se penchent sur les derniers jours de Pompéi (Bulwer-Lytton), Byzance ou la Rome décadente. Certains historiens littéraires ont même l'idée de fouiller sous les monuments de la littérature officielle pour faire parler les écrivains méconnus. 21 spécialistes de littérature ou d'histoire ont ici tâché d'exhumer les cas les plus significatifs d'une littérature d'imagination scientifique profondément renouvelée par le modèle archéologique. Biographie de l'auteur Textes rassemblés et présentés par Martine Lavaud, Maître de conférences à l'Université de Nîmes et membre du centre de recherches R.I.R.R.A. 21 (Montpellier III).