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SOCIO ANTHROPOLOGIE 30
MONJARET
PUB SORBONNE
18,00 €
Épuisé
EAN :9782859448028
Prêter attention à toutes ces petites choses, ces "choses banales" et moins banales, qui composent notre univers ordinaire, et que l?on finit par ne plus voir tant elles se fondent dans le décor devenu lui-même anodin, prêter attention à ces objets qui entrent dans les collections de musée qui ont parfois perdu leur sens originel, sont au coeur des préoccupations de ce numéro de la revue Socio-anthropologie consacré au "retournement des choses". Le "retournement" suppose un "changement radical", un "revirement", une "conversion", un "retour". Aussi, sortant des chantiers battus consacrés à la "biographie", la "carrière" ou à la "vie sociale" des choses (des objets), la réflexion pluridisciplinaire proposée ici se centre sur leur passage d?un état à l?autre, d?un statut à l?autre, d?un lieu à l?autre, d?une vie à l?autre, à travers l?analyse de cas historiques et contemporains. Etudier ce processus consiste à étudier précisément le moment de l?arbitrage, les circonstances de la transformation matérielle et donc physique des choses, et/ou les modalités de leur requalification et de leur réappropriation. La nature des choses se voit ainsi bousculée, leur frontière oscillée entre concret et abstrait, vivant et mort, imaginaire et réalité, profane et sacré, ordinaire et extraordinaire, etc. Ce numéro prend au sérieux les manières dont nous jouons, au propre et au figuré, avec ces choses. Il entend comprendre comment se fabrique un nouveau sens (la narration) et un nouvel usage (l?action).
Résumé : Alors que les exemples de reconstructions imaginaires de pays perdus sont nombreux en littérature et en peinture, le regard ethnologique permet lui aussi de révéler les multiples façons de se souvenir, de garder avec soi ce lieu "originel". Les "pays perdus" dont il est question ici sont des villages ou des villes du pourtour méditerranéen dont les images se diffusent bien au-delà, en suivant des mouvements migratoires plus globalisés : lieux de la Retirada de l'Espagne franquiste, de la Kabylie algérienne, de la frontière franco-italienne, de la Provence, de l'Italie napolitaine, de la Grèce insulaire (Rhodes) ou de l'Albanie. Les migrants qui cherchent à garder le contact avec leur "pays" habitent aujourd'hui aux Etats-Unis, en Afrique du Sud, en Israël, en Algérie urbaine, ou dans les pays de l'Europe occidentale. Les articles de ce numéro mettent en perspective les manières concrètes de reconstruire le pays quitté et montrent comment les migrants gardent le contact avec lui. Les supports de la mémoire mobilisent l'un des cinq sens, mais s'appuient aussi sur des réalisations concrètes et des récits qui rendent le souvenir présent et permettent des actions collectives. Les textes analysent aussi les différents usages sociaux et culturels de la nostalgie, tant la mobilisation du passé alimente les discours politiques, aide à la transmission de la mémoire, permet d'affirmer une identité de groupe et de construire celles des individus. L'expérience de la migration, de l'exode, de la déportation ou de la mobilité, malgré l'hétérogénéité des violences ressenties, implique toujours un sentiment de perte, comme l'a montré Abdelmalek Sayad, et un processus de reconstruction complexe du pays quitté, à la fois imaginaire et matérielle, sensible et poétique. S'il est possible de concevoir ces pratiques comme la quête nostalgique des racines, il est peut être plus fécond d'y voir une volonté positive qui donne du sens au présent et à l'histoire.
Résumé : Censées permettre aux individus de s'exprimer de manière toute personnelle, les pratiques artistiques peuvent apparaître à première vue détachées de l'emprise du genre : des garçons qui dansent, des filles qui font du rap, des femmes artistes de rue, des hommes qui chantent, etc. Pourtant, le genre se révèle premier pour rendre compte de ces mêmes pratiques artistiques. A travers les articles de ce numéro, qui s'appuient tous sur un terrain ethnographique, sont justement données à voir et à comprendre les manières dont les frontières du genre se dessinent et se redessinent in situ, comment elles se font et se défont au fil du temps. Reproduction, transgression ou brouillage du genre appartiennent à ces jeux qui façonnent le faire, le dire et l'être en arts, permettant en retour de réinterroger la question de la domination et des inégalités de genre. Les normes genrées influencent ainsi largement les manières dont se mettent en place et se maintiennent les pratiques artistiques, amateurs ou professionnelles, selon une distinction hiérarchisée entre pratiques féminines et masculines respectant le primat hétéronormatif. Mais ces mêmes normes font l'objet de jeux contraires et quelques artistes, certes minoritaires, démontrent leur désir de s'en affranchir, ouvrant la voie à de possibles changements dans les temps futurs.
Etudier les "carrières" n'est, en somme, pas très nouveau, demander à des collègues de revenir sur leur propre carrière en ethnologie et sociologie l'est sans doute davantage. Cet ouvrage réunit les textes de quatorze enseignants-chercheurs et chercheurs, tous ethnographes, attachés à des "terrains" en France ou à l'étranger. Ils et elles ont eu toute latitude pour se raconter, présenter leur parcours professionnel, ce qui fait l'originalité de ce collectif. De cette liberté de narration émergent les modalités personnelles d'une présentation de soi. Ainsi, nous saisissons la variété des manières de "faire carrière", de s'engager, certes dans une profession mais surtout dans une discipline. L'engagement ethnographique en ethnologie comme en sociologie passe par un attachement à une méthode voire à une démarche. Cet ouvrage collectif qui s'adresse à la fois à un public d'enseignants et d'étudiants permet d'observer une discipline en train de se faire ; il donne accès aux coulisses du métier de chercheur, de la pratique savante, de la construction des savoirs associés à des courants de pensée, inscrits dans des institutions ou des réseaux, etc. , confortant l'intérêt de la notion de carrière, entendue comme processus. Il montre aussi comment la recherche en ethnologie et sociologie se transforme depuis les années 1970 au gré des affinités intellectuelles, des mutations institutionnelles...
Résumé : Ethnologie française a 50 ans. A l'occasion de cet anniversaire, la revue est racontée en 53 mots ? sans doute pour des années qui comptent double. Les membres du comité de rédaction, éditrices et anciens collaborateurs de la revue ont choisi de le célébrer de façon toute personnelle. Pour certains, ce sera la déclinaison de quelques motifs d'attachement qui peuvent être des objets ou des démarches intellectuelles, mais aussi des lieux ou des situations. D'autres ont livré quelques " secrets " de fabrication : la manière dont un numéro se construit, se traduit, se corrige, etc. D'autres encore ont souligné la façon dont la revue s'emparait de vastes questions mais reposait pour cela sur beaucoup de " petits riens ". Loin du format et du ton académiques de la revue, dans un style très libre qui tient l'article à distance pour mieux permettre un retour affecté sur soi, cette livraison spéciale offrira de quoi sillonner entre " Anniversaire " et " Verbe " en passant, au gré de son humeur, par " Bureau ", " Grand Oral ", " Poème ", " Refus " ou " Classé X ". En somme un joli abécédaire qui est aussi un spicilège de ce qui fait l'identité de la revue.
Résumé : En mêlant réflexion théorique et perspectives opérationnelles, ce livre souhaite questionner les transformations urbaines occasionnées sur le temps long par l'émergence des mobilités partagées mises en oeuvre par de grandes firmes privées mondialisées. Dans quelle mesure la participation de ces nouveaux acteurs aux politiques de mobilité des villes transforme-t-elle le rôle des institutions publiques dans la gestion urbaine ? Ces systèmes de mobilité peuvent-ils répondre aux enjeux écologiques du XXIe siècle ? Quels sont les gagnants et les perdants de ces recompositions dans l'économie des transports, les institutions et les structures sociales urbaines ? Ces questions sont abordées à partir de l'analyse du développement récent des systèmes de vélos en libre-service et d'autopartage, en proposant une réflexion plus générale sur la place du capitalisme dans l'innovation en matière de mobilité et dans la fabrique de la ville. L'ouvrage permet de saisir les contours des nouvelles économies collaboratives en interrogeant la gouvernance "public-privé" des mobilités partagées. Cette seconde édition souhaite actualiser le développement de l'auteur à travers l'introduction d'une étude de cas de l'évolution historique des mobilités partagées à Paris, la prise en compte de l'arrivée des dispositifs de mobilité en free floating dans les grandes villes et l'intégration de nombreux éléments d'actualité (changement d'opérateur, nouveaux acteurs, etc.). Le livre souhaite offrir des outils de réflexion aux différents acteurs de la ville avant les élections municipales de 2020, période au cours de laquelle les mobilités partagées seront au coeur des débats politiques et citoyens.
Les désaccords philosophiques dont l'idée de liberté fait constamment l'objet ne font-ils pas signe, au-delà des querelles métaphysiques, vers la dynamique réelle de la liberté - et indissociablement de son idée - dans ses productions socio-historiques et, par conséquent, jusque dans ses négations ? Cet essai propose un travail généalogique autour du mot "liberté" : les significations successivement attribuées à ce concept sont essentiellement reliées à des expériences d'aliénation, dont elles constituent des projections en positif, idéalisées. Articulant histoire de la philosophie et philosophie sociale, Peggy Avez explore plusieurs configurations - la peur de l'exil dans l'Antiquité, la conception chrétienne de l'homme endetté, la crainte asservissante d'autrui pour les modernes et la peur contemporaine de l'objectivation unilatérale chacune forgeant des significations de la liberté comme autochtonie, rédemption, sécurité et réinsertion du sens. De la "dialectique négative" de l'idée de liberté - ce dont les idéaux de liberté veulent émanciper l'homme constitue ce qui le conduit à s'aliéner - à la dialectique de la praxis - dans laquelle l'idée de liberté devient mythe et mobilise des mécanismes psychologiques à la faveur desquels l'aspiration à l'émancipation se mue en désir d'adaptation et d'obéissance -, l'auteure suit comme fil directeur l'histoire de la philosophie, qui fournit des éléments fondamentaux non seulement pour réveiller les sens du terme "liberté", confusément sédimentés dans notre usage discursif, mais aussi pour comprendre le rôle essentiel de Vidée de liberté dans l'imaginaire social.
Hobbes nous dit que le mot "liberté" est spécieux. Il existe de fait un contraste frappant entre la plénitude que peut donner l'énonciation du mot, comme dans le célèbre poème d'Eluard, et le sentiment de vide provoqué par la désolante diversité des usages concrets, parfois ouvertement contradictoires. Tôt ou tard, la réflexion bute sur la polarité de la liberté comme affirmation de l'ordre censé nous protéger de la licence, de l'anarchie ou du nihilisme, c'est-à-dire de la "fausse" liberté, ou comme négation de l'ordre dont les contraintes sont suspectées d'être oppressives et incompatibles avec la "vraie" liberté. Les contradictions entre les conceptions de l'ordre associées à la liberté donnent une justification à la conception de la liberté comme négation. Mais celle-ci est également difficile à tenir car elle risque de nier son objet en basculant dans la licence illimitée. Le conflit entre la liberté comme affirmation et la liberté comme négation n'est pas un défaut du concept. Il faut plutôt dire : la liberté est l'un des concepts qui servent à penser la production historique d'objets par l'activité collective et conflictuelle des hommes. L'oscillation entre ces deux pôles, qui peut être embarrassante au point d'inciter à n'en plus parler, montre que de tels concepts ont une structure ludique, au sens de ce qui fait l'intérêt de jeux intellectuels aussi futiles que les échecs. Ce livre peut se lire comme une introduction au jeu conceptuel de la liberté.