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Carrières
Monjaret Anne
PARIS OUEST
15,00 €
Épuisé
EAN :9782840163350
Etudier les "carrières" n'est, en somme, pas très nouveau, demander à des collègues de revenir sur leur propre carrière en ethnologie et sociologie l'est sans doute davantage. Cet ouvrage réunit les textes de quatorze enseignants-chercheurs et chercheurs, tous ethnographes, attachés à des "terrains" en France ou à l'étranger. Ils et elles ont eu toute latitude pour se raconter, présenter leur parcours professionnel, ce qui fait l'originalité de ce collectif. De cette liberté de narration émergent les modalités personnelles d'une présentation de soi. Ainsi, nous saisissons la variété des manières de "faire carrière", de s'engager, certes dans une profession mais surtout dans une discipline. L'engagement ethnographique en ethnologie comme en sociologie passe par un attachement à une méthode voire à une démarche. Cet ouvrage collectif qui s'adresse à la fois à un public d'enseignants et d'étudiants permet d'observer une discipline en train de se faire ; il donne accès aux coulisses du métier de chercheur, de la pratique savante, de la construction des savoirs associés à des courants de pensée, inscrits dans des institutions ou des réseaux, etc. , confortant l'intérêt de la notion de carrière, entendue comme processus. Il montre aussi comment la recherche en ethnologie et sociologie se transforme depuis les années 1970 au gré des affinités intellectuelles, des mutations institutionnelles...
Résumé : De nos jours, on l'appelle "agent d'accueil et de surveillance", mais dans l'imaginaire collectif, il est toujours le "gardien de musée". Artistes et écrivains ont participé à la fabrication de ce stéréotype, rarement valorisant. Pourtant, cette figure familière et emblématique n'a guère fait l'objet, en France, d'études qui présenteraient les multiples facettes d'une activité professionnelle qui concentre pas loin de la moitié des emplois dans le secteur muséal. L'ambition de cet ouvrage pluridisciplinaire est d'offrir un premier état de ce domaine de recherches. Il questionne les représentations du métier dans la photographie, en peinture, au cinéma ou dans la littérature enfantine et analyse sa réalité professionnelle à partir d'une série d'entretiens et de portraits. Ce sont les manières dont ces acteurs essentiels à la vie du musée construisent leurs rapports aux lieux, aux collections, aux publics et finalement à leur travail au quotidien, qui sont ici révélées.
Cet ouvrage retrace les tentatives d'émancipations symboliques et économiques de jeunes artistes évoluant dans les réseaux de l'art contemporain à partir d'une ethnographie de l'entourage amical et professionnel de l'auteur. Mélio Villemot montre que ces réseaux tiennent aujourd'hui en France une position hégémonique dans la légitimation des productions culturelles comme art, et tendent à se présenter comme seule voie d'accès légitime aux personnes qui prétendent à la qualification d'artiste. Il décrit également un fonctionnement qui donne un grand pouvoir symbolique aux élites politiques et économiques sous couvert d'offrir des espaces de visibilité pour les minorités et les voix d'opposition. Ses observations de terrain montrent que le conditionnement au talent de l'entrée dans ces réseaux occulte des mécanismes sociaux qui stratifient les carrières des professionnels ? ; que la versatilité des critères de sélection tend à invisibiliser des mécanismes de censure sous couvert d'originalité et d'innovation ? ; et que la précarisation économique et symbolique des artistes-auteurs les assujettit aux intérêts de diffuseurs et financeurs contraires à leurs valeurs. C'est le constat des identités et orientations politiques minoritaires de ses enquêtés, articulées aux formes de précarités inhérentes à leur métier, qui l'amène à formuler l'hypothèse selon laquelle l'apparent déclassement symbolique que parait constituer la réorientation de leurs pratiques expressives hors des réseaux légitimes de l'art contemporain peut en réalité être compris comme une forme de résistance à la domination d'un système qui institutionnalise tant leurs insécurités économiques et symboliques que l'assimilation de leurs productions culturelles contestataires.
Résumé : Si, longtemps, l'anthropologie de l'Europe s'est penchée sur la question des identités nationales, de la mosaïque culturelle, des dynamiques religieuses et de la place dans le monde de ces différents phénomènes, la construction de l'Union Européenne a suscité de nouvelles recherches sur la circulation des hommes et des objets, sur les frontières, ainsi que sur les institutions européennes. Dans ce contexte, Mairead Nic Craith notait que la citoyenneté est un concept aveugle aux questions culturelles chères aux anthropologues. Et l'on peut remarquer en miroir que l'ancienne obsession des anthropologues pour les spécificités culturelles historiques (régionales et nationales) les a rendus également aveugles aux constantes politiques, sociales et économiques de la vie des citoyens de l'Union Européenne du XXIe siècle et aux écarts qui se sont creusés entre la vie de ses citoyens et celle des autres Européens et extra-Européens à ses portes. Comme les crises qu'a traversées l'Union Européenne récemment (la gestion des réfugiés, le terrorisme ou le Brexit) le montrent, l'UE est devenue une évidence sousquestionnée, une unité qui va de soi et n'est interrogée que lorsqu'elle est remise en cause, contestée et niée. Dans ce registre, les questions de migrations et de gestion du multiculturalisme au sein des pays de l'UE, ont occupé l'essentiel des recherches, quand les contestations les plus fortes au sein de l'UE (autour du vote de la constitution européenne, par exemple) sont dues à l'incertitude d'une Europe sociale, qui se voudrait héritière des Etatsprovidence d'après-guerre. Quelle est donc la physionomie de cette Europe 25 années après le traité de Maastricht ? Et quelles ethnographies peut-on en proposer ?
Résumé : Vérités et mensonges sont au coeur de la représentation cinématographique, qu'elle soit documentaire ou fictionnelle. Comme l'indique le titre français du film d'Orson Welles, F For Fake [ Vérités et mensongesl, les deux notions sont souvent indissociables. Le statut ontologique de l'image filmique est déjà problématique car elle produit une illusion de réalité. Le cinéma joue également avec la "vérité" à tous les niveaux : celui de la fabrication du film, de la mise en scène, du travail sur les décors, les effets spéciaux, etc. Le numérique crée à son tour un niveau d'illusion supplémentaire puisqu'il n'a plus besoin de référent dans la réalité. Depuis le documentaire jusqu'au film de fiction, voire ses déclinaisons dans le format sériel, on interrogera donc le cinéma de propagande et le documentaire, le montage des documents et, plus spécifiquement, du côté de la fiction, la manipulation des images et du point de vue chez certains cinéastes. Quelles vérités attendre de l'usine à rêves ? Comme le dit le journaliste à la fin de L'Homme qui tua Liberty Valance (J. Ford, 1962) : " This is the West, Sir. When the legend becomes fact, print the legend " (" C'est l'Ouest, ici. Quand la légende dépasse la réalité, on publie la légende").
Jibokji Joséphine ; Maître Barbara le ; Pernac Nat
Architectures grandioses, expositions médiatisées à outrance et instituées en rituels saisonniers, le musée est aujourd'hui investi d'une attractivité touristique et d'une charge patrimoniale, politique, symbolique sans précédent. Ce qui s'y monnaye est-il cette "monnaie de l'absolu" dont André Malraux célébra l'universalité? L'interrogation court tout au long de cet ouvrage qui choisit le prisme du cinéma de fiction pour revisiter le musée, dans ses missions et mythologies traditionnelles mais aussi dans ses coulisses et sa violence. Au final, les intrigues muséales tramées entre autres par Michael Curtiz, Tsai Ming-liang, Jean-Luc Godard, les frères Quay, Sanjay Gadhvi, Marco Bellocchio ou Charles Crichton sondent notre rapport fétichiste à l'oeuvre d'art et notre regard sur le patrimoine. A travers des analyses subtiles et décapantes, muséologues, historiens de l'art et du cinéma nouent un dialogue qui atteste la puissance discursive de la fiction. Il en naît aussi une éclatante relance théorique sur les fonctions du musée, sur les valeurs qui s'y transmettent, s'y échangent, s'y révisent et s'y réinventent.
Artémidore n’est pas un philosophe, mais il s’occupe d’une question, la mantique, qui n’était pas étrangère aux philosophes de l’Antiquité. La divination par les songes ou toute autre divination fait partie des préoccupations des philosophes et particulièrement de la philosophie dominante sous l’Empire, le stoïcisme, ou même d’adversaires de la divination comme les Epicuriens. L’arrière-plan quasi idéologique de la sympathie universelle qui régit non seulement la pratique onirocritique telle que l’entend Artémidore, mais aussi bien un autre type de mantique, la divination par l’astrologie, ne saurait conduire à qualifier notre auteur de stoïcien. Les rêves, dans toutes les cultures, et depuis la plus haute Antiquité, ont de multiples usages, qui dépendent du sens qu’on leur donne. Leur interprétation est souvent considérée comme l’une des formes de la divination. Elle est attestée par les textes littéraires et a fait naître une littérature technique riche d’enseignements sur la société de l’époque et son imaginaire. Il ne s’agit donc pas seulement d’une constante psychologique, mais aussi de traditions culturelles multiples, qui ont chacune leur propre histoire et entrent à de nombreuses reprises en contact les unes avec les autres.
Avant-propos de Sandrine Dubel, Sophie Gotteland et Estelle OudotDepuis quelque temps déjà, nous étions plusieurs d'une même génération à souhaiter rendre hommage au travail et à la personnalité de Suzanne Saïd. Ce projet a immédiatement rencontré son adhésion. Elle n'y mettait qu'une condition: que le volume, contrairement à l'usage courant pour des Mélanges, rassemblât les contributions des étudiants qui avaient, de façon plus ou moins étroite, travaillé sous sa direction.Sa curiosité intellectuelle, son énergie inlassable, son goût sans cesse réaffirmé pour les textes ont trouvé à s'épanouir sous des horizons très variés: successivement assistante et maître-assistante à l'université de la Sorbonne, professeur à Grenoble, puis à Strasbourg et à l'université de Paris Ouest Nanterre La Défense, elle a ensuite poursuivi cette carrière déjà extrêmement riche à l'université de Columbia à New York. Ce parcours géographique, les liens qu'elle a su nouer avec d'innombrables chercheurs de tous pays, reflètent parfaitement, nous semble-t-il, son ouverture d'esprit et traduisent l'aura internationale qu'elle a acquise au fil de sa carrière.Suzanne Saïd n'est pas une enseignante ordinaire. Tous ses étudiants le diront: c'est un savant reconnu, qui toujours regarde devant elle. Loin d'attendre l'approbation immédiate et le respect figé devant une autorité, elle apprécie la réponse, la contradiction, bref la dialectique au sens où les Anciens l'entendent. Elle apprécie les nouveaux angles de lecture adoptés par d'autres, les interprétations inattendues qu'ils peuvent proposer. Jamais elle ne se tient à une position préétablie, jamais elle n'impose aux textes une grille académique. Elle prend à chaque fois le risque de nouvelles approches, mais elle les soumet, immanquablement, au crible de sa formation philologique et de sa profonde rigueur intellectuelle. Il en est résulté très vite des interprétations nouvelles, qui sont devenues des classiques.Suzanne Saïd a tracé différents chemins dans le paysage littéraire de la Grèce ancienne. Nos recherches reflètent, nous semble-t-il, la variété de ses travaux et de ses angles d'approche. Elles suivent également l'évolution de ses centres d'intérêt et de ses méthodes de recherche. Ces Mélanges ont donc été conçus, à travers nos contributions respectives, comme un reflet du parcours littéraire et philologique de Suzanne Saïd. Nous avons néanmoins choisi de les organiser selon la chronologie d'histoire littéraire.Ce livre n'aurait pu paraître sans la générosité de différents organismes et centres de recherche. C'est un plaisir pour nous de remercier, pour leurs contributions financières, l'université de Columbia (New York), le Centre de recherches sur les littératures et la sociopoétique (EA 1002, Clermont-Ferrand 2), l'équipe ESPRI UMR 7041 (CNRS - Paris Ouest Nanterre La Défense), l'équipe THEMAM (UMR ArScAn, CNRS - Paris Ouest Nanterre La Défense), ainsi que l'équipe d'Accueil 1491 «Édition et commentaire des textes grecs et latins» (Paris-Sorbonne). Que leurs directeurs respectifs trouvent ici l'expression de notre plus vive gratitude. Nous tenons également à remercier les Presses universitaires de Paris Ouest, qui ont bien voulu accueillir ce volume dans leur catalogue.