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Ethnologie française N° 3, octobre 2020 : Europe 27. La fabrication de la citoyenneté européenne
Monjaret Anne ; Le Gall Laurent
PUF
24,00 €
Épuisé
EAN :9782130823216
Si, longtemps, l'anthropologie de l'Europe s'est penchée sur la question des identités nationales, de la mosaïque culturelle, des dynamiques religieuses et de la place dans le monde de ces différents phénomènes, la construction de l'Union Européenne a suscité de nouvelles recherches sur la circulation des hommes et des objets, sur les frontières, ainsi que sur les institutions européennes. Dans ce contexte, Mairead Nic Craith notait que la citoyenneté est un concept aveugle aux questions culturelles chères aux anthropologues. Et l'on peut remarquer en miroir que l'ancienne obsession des anthropologues pour les spécificités culturelles historiques (régionales et nationales) les a rendus également aveugles aux constantes politiques, sociales et économiques de la vie des citoyens de l'Union Européenne du XXIe siècle et aux écarts qui se sont creusés entre la vie de ses citoyens et celle des autres Européens et extra-Européens à ses portes. Comme les crises qu'a traversées l'Union Européenne récemment (la gestion des réfugiés, le terrorisme ou le Brexit) le montrent, l'UE est devenue une évidence sousquestionnée, une unité qui va de soi et n'est interrogée que lorsqu'elle est remise en cause, contestée et niée. Dans ce registre, les questions de migrations et de gestion du multiculturalisme au sein des pays de l'UE, ont occupé l'essentiel des recherches, quand les contestations les plus fortes au sein de l'UE (autour du vote de la constitution européenne, par exemple) sont dues à l'incertitude d'une Europe sociale, qui se voudrait héritière des Etatsprovidence d'après-guerre. Quelle est donc la physionomie de cette Europe 25 années après le traité de Maastricht ? Et quelles ethnographies peut-on en proposer ?
Résumé : Alors que l'histoire nationale est marquée par la prégnance politique et culturelle de la capitale, il a fallu attendre le développement de l'anthropologie urbaine pour que Paris devienne un terrain d'exploration pour les ethnologues. D'abord centrés sur la transformation de ses quartiers, l'installation des migrants ou les activités industrielles et artisanales, les travaux se sont ensuite orientés vers ses lieux emblématiques, hauts sites politiques, financiers ou touristiques. Paris était alors plutôt pris pour cadre que pour cible de la recherche, et l'ethnologie de Paris était principalement une ethnologie dans Paris. Ville festive, ville mythique, ville patrimoniale, c'est à ce Paris-là qu'est consacré ce numéro. L'ethnographe y passe et repasse et, à petits pas, se nourrit des micro-espaces géographiques ou sociaux qui font la capitale. Il s'intéresse aux manières d'occuper la ville, d'y vivre, comme à la façon dont les populations s'y croisent. Il traite ainsi d'un Paris incarné par des lieux souvent chargés d'histoire, mais qui sont aussi ceux de la vie ordinaire et culturelle des Parisiens ou des gens de passage. Lieux d'habitation : un immeuble haussmannien, des squats, des résidences secondaires, des ateliers-boutiques. Lieux de consommation et de distraction : un grand magasin, un bistrot, des dancings, le Moulin Rouge. Lieux de balade et de recueillement : des jardins et des squares, le cimetière du Père-Lachaise. Lieux de culture : la tour Eiffel, le Louvre et sa pyramide. Lieux de circulation enfin, avec les Halles et la gare du Nord. Tous contribuent à leur manière à la "fabrique de Paris".
Résumé : Alors que les exemples de reconstructions imaginaires de pays perdus sont nombreux en littérature et en peinture, le regard ethnologique permet lui aussi de révéler les multiples façons de se souvenir, de garder avec soi ce lieu "originel". Les "pays perdus" dont il est question ici sont des villages ou des villes du pourtour méditerranéen dont les images se diffusent bien au-delà, en suivant des mouvements migratoires plus globalisés : lieux de la Retirada de l'Espagne franquiste, de la Kabylie algérienne, de la frontière franco-italienne, de la Provence, de l'Italie napolitaine, de la Grèce insulaire (Rhodes) ou de l'Albanie. Les migrants qui cherchent à garder le contact avec leur "pays" habitent aujourd'hui aux Etats-Unis, en Afrique du Sud, en Israël, en Algérie urbaine, ou dans les pays de l'Europe occidentale. Les articles de ce numéro mettent en perspective les manières concrètes de reconstruire le pays quitté et montrent comment les migrants gardent le contact avec lui. Les supports de la mémoire mobilisent l'un des cinq sens, mais s'appuient aussi sur des réalisations concrètes et des récits qui rendent le souvenir présent et permettent des actions collectives. Les textes analysent aussi les différents usages sociaux et culturels de la nostalgie, tant la mobilisation du passé alimente les discours politiques, aide à la transmission de la mémoire, permet d'affirmer une identité de groupe et de construire celles des individus. L'expérience de la migration, de l'exode, de la déportation ou de la mobilité, malgré l'hétérogénéité des violences ressenties, implique toujours un sentiment de perte, comme l'a montré Abdelmalek Sayad, et un processus de reconstruction complexe du pays quitté, à la fois imaginaire et matérielle, sensible et poétique. S'il est possible de concevoir ces pratiques comme la quête nostalgique des racines, il est peut être plus fécond d'y voir une volonté positive qui donne du sens au présent et à l'histoire.
Résumé : Censées permettre aux individus de s'exprimer de manière toute personnelle, les pratiques artistiques peuvent apparaître à première vue détachées de l'emprise du genre : des garçons qui dansent, des filles qui font du rap, des femmes artistes de rue, des hommes qui chantent, etc. Pourtant, le genre se révèle premier pour rendre compte de ces mêmes pratiques artistiques. A travers les articles de ce numéro, qui s'appuient tous sur un terrain ethnographique, sont justement données à voir et à comprendre les manières dont les frontières du genre se dessinent et se redessinent in situ, comment elles se font et se défont au fil du temps. Reproduction, transgression ou brouillage du genre appartiennent à ces jeux qui façonnent le faire, le dire et l'être en arts, permettant en retour de réinterroger la question de la domination et des inégalités de genre. Les normes genrées influencent ainsi largement les manières dont se mettent en place et se maintiennent les pratiques artistiques, amateurs ou professionnelles, selon une distinction hiérarchisée entre pratiques féminines et masculines respectant le primat hétéronormatif. Mais ces mêmes normes font l'objet de jeux contraires et quelques artistes, certes minoritaires, démontrent leur désir de s'en affranchir, ouvrant la voie à de possibles changements dans les temps futurs.
Résumé : Prêter attention à toutes ces petites choses, ces "choses banales" et moins banales, qui composent notre univers ordinaire, et que l?on finit par ne plus voir tant elles se fondent dans le décor devenu lui-même anodin, prêter attention à ces objets qui entrent dans les collections de musée qui ont parfois perdu leur sens originel, sont au coeur des préoccupations de ce numéro de la revue Socio-anthropologie consacré au "retournement des choses". Le "retournement" suppose un "changement radical", un "revirement", une "conversion", un "retour". Aussi, sortant des chantiers battus consacrés à la "biographie", la "carrière" ou à la "vie sociale" des choses (des objets), la réflexion pluridisciplinaire proposée ici se centre sur leur passage d?un état à l?autre, d?un statut à l?autre, d?un lieu à l?autre, d?une vie à l?autre, à travers l?analyse de cas historiques et contemporains. Etudier ce processus consiste à étudier précisément le moment de l?arbitrage, les circonstances de la transformation matérielle et donc physique des choses, et/ou les modalités de leur requalification et de leur réappropriation. La nature des choses se voit ainsi bousculée, leur frontière oscillée entre concret et abstrait, vivant et mort, imaginaire et réalité, profane et sacré, ordinaire et extraordinaire, etc. Ce numéro prend au sérieux les manières dont nous jouons, au propre et au figuré, avec ces choses. Il entend comprendre comment se fabrique un nouveau sens (la narration) et un nouvel usage (l?action).
Daniel Ligou est professeur émérite à l'Université de Dijon. Auteur de nombreux ouvrages, ses travaux et publications sur la franc-maçonnerie font autorité.
Héraclès, Thésée, Jason, Athéna, Zeus... Tous ces héros et ces dieux nous sont familiers, mais connaît-on véritablement les mythes qui s'attachent à leurs noms? Pourtant, Ceux-ci revêtent une importance considérable pour qui se passionne pour l'histoire de la pensée humaine. Mais l'intérêt de les connaître concerne aussi chacun d'entre nous. Constamment repris, réutilisés dans la littérature antique, médiévale, mais également contemporaine, ils sont devenus des références que nul ne peut ignorer, un patrimoine que chacun se doit de connaître. Pierre Grimal, grand spécialiste des études latines, n'a pas eu pour objectif de proposer un système explicatif de ces mythes, mais de les faire connaître et d'apporter ainsi des éléments indispensables à la compréhension de nombreux textes et oeuvres d'art. Fruit d'un colossal travail d'inventaire et de classement des textes, ce dictionnaire est d'un abord simple, clair et précis. Classés par ordre alphabétique, les mythes sont accompagnés des références des textes qui en font mention. Complet et pratique, cet ouvrage publié en 1951, réédité de très nombreuses fois, est toujours précieux.
Les enseignants et formateurs du XXIe siècle peuvent-ils espérer que la psychologie scientifique les aide dans leur pratique? Cet ouvrage prend le parti d'affirmer que, même si la science ne peut apporter toutes les réponses attendues, elle peut identifier des conditions nécessaires mais non suffisantes! pour « apprendre et faire apprendre »: des conditions liées aux caractéristiques des apprenants en interaction avec celles de leur environnement d'apprentissage. Les psychologues d'aujourd hui n'étudient plus l"« Apprentissage » avec un grand « A », comme s'il s'agissait d'un objet défini et statique. Ils préfèrent en décrypter les mécanismes et les dynamiques spécifiques. Leur objet est donc moins « l'apprentissage » qu" « apprendre », verbe d'action qui permet d'intégrer les facettes cognitives, affectives et sociales en jeu. L'expression « faire apprendre » rappelle par ailleurs que l'action ne se déclenche pas nécessairement d'elle-même. Elle nécessite une implication de l'apprenant lui-même, mais aussi de celui qui lui transmet connaissances et compétences: l'enseignant, le formateur ou tout autre éducateur. Les auteurs ont dès lors choisi de convoquer les sous-disciplines de la psychologie qui, en 2006, peuvent l'éclairer: les neurosciences cognitives, dont fait partie la psychologie cognitive, la psychologie différentielle, qui cherche à comprendre les spécificités individuelles, la psychologie du développement, mais aussi la psychologie sociale et la psychologie de la motivation. En plus d'être collectif, cet ouvrage est donc pluridisciplinaire et fondé sur les travaux de recherche les plus récents, tout particulièrement dans les différents pays francophones.
Dans ce volume, le premier d'une trilogie, John Bowlby examine à la lumière de travaux récents les processus qui sous-tendent la relation de l'enfant à sa mère. L'attachement chez le petit de l'homme est considéré comme un schème de comportement instinctif, ayant pour fonction de protéger l'enfant des dangers, en particulier des prédateurs. Son importance est donc équivalente à celle des schèmes aboutissant à la nutrition ou à la reproduction. Biographie de l'auteur De 1946 à 1972, Le Dr Bowlby travailla à plein temps comme psychiatre consultant à la Tavistock Clinic et au Tavistock Institute of Human Relations - pour une grande part sous les auspices du National Health Service joint au Medical Research Council. Il poursuit son oeuvre dans les deux institutions, à la fois comme chercheur et comme enseignant. Il a été président de la Société britannique de Psychanalyse et de l'Association internationale de Psychiatrie infantile et des Professions associées.