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Lémistè Tome 4 : Streitti. La confrontation
MONCHOACHI M.
OBSIDIANE
16,00 €
Épuisé
EAN :9782381460260
Comment le simple, l'inouï décrochage, un peuple allant trouver son allant contre le sentiment millénaire dès lors taxé d' "idolâtrie" ; contre l'adhésion commune aux riches pulsations de l'énigme, l'échappée- restée, le règne foisonnant de l'Ouvert, du là-sans-là, contre, allant prendre son allure dans l'Unique et dans la Lettre avant d'échouer, en fin de compte, en un monde uniformisé, Comment dès lors résonne cette embardée sur les parois de la terre vaste, chaque jour plus assourdissante encore, de sorte que la terre entière, aujourd'hui plus que jamais ait à en répondre. Du dispositif de la Lettre en signe, faisant disparaître le son qui véhicule la vibration des choses, la métamorphose du monde en l' Occident émerge. L'Occident, comme vecteur et véhicule du néant opérant par l'anéantissement des choses (ba-gaye, les dons égayés) auxquels il substitue les objets déchets (prend-jété). Toute chose s'absente laissant place au "réel" : le nihilisme pointe derrière la négation de la chose, sa dissolution en un conglomérat d'atomes, la chose que beauté seule préserve qui, en le scintillement de son articulation à l'espace, libère là une claicie. De la mutation de la lettre en l'ère informatique, le monde se vitrifie en se commuant irrésistiblement en nombre...
Le premier volume du cycle Lémistè, sous-titré "Liber America", était une approche par la parole de l'univers culturel et langagier du monde amérindien, à travers le choc entre les cultures européenne, africaine et caraïbe, qui se traduisit notamment, du point de vue de la langue et donc de la littérature, par l'invention à travers le créole d'une langue particulièrement sensuelle. Dans le présent volume, Partition noire et bleue, Monchoachi explore, à sa manière, le continent africain, sa puissance symbolique, son énergique vitalité. La grande originalité de la prosodie de ce livre, ? où l'incantation la plus mystérieuse et la réalité langagière la plus immédiate et triviale répondent par la parole poétique au génie tragique de l'Afrique, ? est de métaphoriser par une langue particulièrement riche et parleuse ses rites, ses masques, toute cette force merveilleuse qui "consiste à être relié par toutes les fibres du corps aux puissances de l'univers ". Monchoachi magnifie le Continent noir et ses riches cosmogonies face à l'emprise étouffante et froide de "la rationalité rapetissante, standardisante, nivelante, le fatalisme morne généré par un culte obtus rendu à l'évolutionnisme...". Un livre qui s'inscrit dans le continuum d'une incroyable et fascinante entreprise langagière. C'est à la fois le livre d'un explorateur, d'un penseur, d'un ethnographe aussi bien, mais par-dessus tout un grand poème fondateur.
Résumé : Monchoachi vit à la montagne Vauclin en Martinique. Dans les textes réunis ici, il montre que le lien entre parole et corps constitue l'élément fondamental, fondateur même, de l'humain comme tel, dont l'accord est soumis à des assauts incessants, et de plus en plus pressants à mesure que la techno-science étend et accentue son emprise sur les groupements humains. Ces assauts visent tour à tour - ou conjointement - parole et/ou corps, dans le but de les désagréger et de les dépecer, pour finalement les transmuter en nombres et en codes pouvant être agencés à guise. La pensée poétique de Monchoachi est une invitation à se débarrasser de l'Occident et de la civilisation.
Ce volume, à l'architecture complexe, ouvre un cycle poétique nouveau chez Monchoachi ; nouveau par son ampleur, nouveau par son universalité. Les thèmes, plus ou moins visibles aussitôt (la mort, le temps, la terre, la parole, la vérité) s'imposent et se développent tout au long du chemin tracé ici à travers les mythes du monde, les magies, les rituels cérémoniels - en partie recouverts et masqués aujourd'hui par ce qu'on nomme la Civilisation. Mais c'est en poète que Monchoachi pénètre, pour les vivifier, ces arcanes de l'homme. Et il les subjugue par la force conjuguée de sa double langue (le créole et le français), par le magnétisme de sa parole et la richesse infinie des rythmes et des variations musicales qui la scandent...
DONA (du latin Donum, don, présent, offrande) est une série de 46 poèmes dédiés principalement à des personnes, mais aussi à des lieux et des heures. Ce sont des envois, des hommages, à des vivants et des défunts, commémorés avec une certaine "piété" . Les destinataires peuvent être des amis chers, des parents, des poètes aimés (contemporains et classiques), des prophètes, des philosophes admirés ; mais aussi bien une nuit parisienne et un matin de février, un quartier de Lyon ou une station balnéaire normande ou un village breton... Tous et toutes m'ont parlé, inspiré, ouvert à une réalité autre qui est celle de la poésie, produit d'une interaction entre l'espace intérieur et le monde extérieur. Un va-et-vient incessant parcourt ce livre, entre la sphère de l'intime, du présent, et le murmure du passé, que nous transmettent la tradition et la mémoire". Gravures de Frédéric Couraillon
Rainer Maria Rilke offre un cas qui ne laisse pas d'être assez extraordinaire ; un poète profondément germanique, qui figure, sous sa forme la plus aiguë, la plus fragile, le rameau extrême du romantisme allemand au point où il va rencontrer les derniers prolongements du monde spirituel slave, découvre sa véritable identité au contact d'une ville française. Ce poète allemand trouve à Paris non seulement un domicile passager et des amitiés plus ou moins durables, mais une inspiration qui le guide vers les formes secrètes de son être. Pendant douze ans il y reviendçra presque année après annés, heureux et malheureux d'y retrouver des joies ou des souffrances toujours neuves et un paysage presque éternel. Cette ville lui prêtera le cadre et les thèmes d'une oeuvre par laquelle il a le sentiment de s'exprimer jusqu'au bord de l'indicible, jusqu'à envisager et accepter d'un coeur tranquille la mort au terme d'un livre dans lequel il a conscience d'avoir concentré toute la sève d'une vie.