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Lémistè Tome 3 : Fugue vs Fug
MONCHOACHI
OBSIDIANE
15,00 €
Épuisé
EAN :9782381460109
Poursuivant son " enquête " poétique monumentale sur l'aventure de la poésie à travers les cultures et les langues, par le prisme élocutoire du créole, Monchaochi présente ainsi, ce troisième volume de son cycle Lémistè : " Fugue vs Fug ouvre ainsi sur la circonstance décisive en Grèce antique, de l'avènement des voyelles ("Les Saintes Filles") dans une écriture alphabétique jusqu'alors consonantique, par conséquent sans voix. Ce "sans voix" loin d'être une carence, appelle au contraire le répondeur, le juste de voix, l'homme dont la vocation est de bailler à hauteur la voix égale, d'être un entretien avec le monde et, plus encore, un chant (Hölderlin). Là où il existe par conséquent dans l'écriture, le sans voix est cela même qui ménage et aménage le lieu de l'homme. Captant et captivant ainsi la voix, l'écriture alphabétique gréco-latine ouvre à une totalité insigne, suffisante, qui menace à terme de taire l'entretien en faisant retraire le répondeur. Ce terme, c'est cette nuit épaisse en laquelle présentement sont noyées les solitudes fébriles, tâtonnant sans fin sur la toile leurres et simulacres. "
Comment le simple, l'inouï décrochage, un peuple allant trouver son allant contre le sentiment millénaire dès lors taxé d' "idolâtrie" ; contre l'adhésion commune aux riches pulsations de l'énigme, l'échappée- restée, le règne foisonnant de l'Ouvert, du là-sans-là, contre, allant prendre son allure dans l'Unique et dans la Lettre avant d'échouer, en fin de compte, en un monde uniformisé, Comment dès lors résonne cette embardée sur les parois de la terre vaste, chaque jour plus assourdissante encore, de sorte que la terre entière, aujourd'hui plus que jamais ait à en répondre. Du dispositif de la Lettre en signe, faisant disparaître le son qui véhicule la vibration des choses, la métamorphose du monde en l' Occident émerge. L'Occident, comme vecteur et véhicule du néant opérant par l'anéantissement des choses (ba-gaye, les dons égayés) auxquels il substitue les objets déchets (prend-jété). Toute chose s'absente laissant place au "réel" : le nihilisme pointe derrière la négation de la chose, sa dissolution en un conglomérat d'atomes, la chose que beauté seule préserve qui, en le scintillement de son articulation à l'espace, libère là une claicie. De la mutation de la lettre en l'ère informatique, le monde se vitrifie en se commuant irrésistiblement en nombre...
Le premier volume du cycle Lémistè, sous-titré "Liber America", était une approche par la parole de l'univers culturel et langagier du monde amérindien, à travers le choc entre les cultures européenne, africaine et caraïbe, qui se traduisit notamment, du point de vue de la langue et donc de la littérature, par l'invention à travers le créole d'une langue particulièrement sensuelle. Dans le présent volume, Partition noire et bleue, Monchoachi explore, à sa manière, le continent africain, sa puissance symbolique, son énergique vitalité. La grande originalité de la prosodie de ce livre, ? où l'incantation la plus mystérieuse et la réalité langagière la plus immédiate et triviale répondent par la parole poétique au génie tragique de l'Afrique, ? est de métaphoriser par une langue particulièrement riche et parleuse ses rites, ses masques, toute cette force merveilleuse qui "consiste à être relié par toutes les fibres du corps aux puissances de l'univers ". Monchoachi magnifie le Continent noir et ses riches cosmogonies face à l'emprise étouffante et froide de "la rationalité rapetissante, standardisante, nivelante, le fatalisme morne généré par un culte obtus rendu à l'évolutionnisme...". Un livre qui s'inscrit dans le continuum d'une incroyable et fascinante entreprise langagière. C'est à la fois le livre d'un explorateur, d'un penseur, d'un ethnographe aussi bien, mais par-dessus tout un grand poème fondateur.
Ce volume, à l'architecture complexe, ouvre un cycle poétique nouveau chez Monchoachi ; nouveau par son ampleur, nouveau par son universalité. Les thèmes, plus ou moins visibles aussitôt (la mort, le temps, la terre, la parole, la vérité) s'imposent et se développent tout au long du chemin tracé ici à travers les mythes du monde, les magies, les rituels cérémoniels - en partie recouverts et masqués aujourd'hui par ce qu'on nomme la Civilisation. Mais c'est en poète que Monchoachi pénètre, pour les vivifier, ces arcanes de l'homme. Et il les subjugue par la force conjuguée de sa double langue (le créole et le français), par le magnétisme de sa parole et la richesse infinie des rythmes et des variations musicales qui la scandent...
Avec Sous la cendre les étoiles, Maurice Kamto nous dévoile "l'aube primordiale" d'un très grand chant où se mélangent l'enfance du poète et celle d'une nation. D'un côté, l'insouciance et le geignement de l'enfant bousculé par l'absence brève mais profonde des figures de l'amour. De l 'autre, la difficile parturition d'un nouveau pays. Alors se déploie un panorama où l'attention du poète se manifeste aussi bien à l'égard des enfants des rues, des femmes, des arbres que pour la geste continentale. L'espoir soutient chaque vers, cha - que syllabe. Ce pourrait être la définition du poème. Léopold Sédar Senghor trouve en Maurice Kamto un digne continuateur de la poésie épique, mais réinventée, transfigurée.
Rainer Maria Rilke offre un cas qui ne laisse pas d'être assez extraordinaire ; un poète profondément germanique, qui figure, sous sa forme la plus aiguë, la plus fragile, le rameau extrême du romantisme allemand au point où il va rencontrer les derniers prolongements du monde spirituel slave, découvre sa véritable identité au contact d'une ville française. Ce poète allemand trouve à Paris non seulement un domicile passager et des amitiés plus ou moins durables, mais une inspiration qui le guide vers les formes secrètes de son être. Pendant douze ans il y reviendçra presque année après annés, heureux et malheureux d'y retrouver des joies ou des souffrances toujours neuves et un paysage presque éternel. Cette ville lui prêtera le cadre et les thèmes d'une oeuvre par laquelle il a le sentiment de s'exprimer jusqu'au bord de l'indicible, jusqu'à envisager et accepter d'un coeur tranquille la mort au terme d'un livre dans lequel il a conscience d'avoir concentré toute la sève d'une vie.
Cet ultime recueil de poèmes, achevé quelques mois avant sa mort, Petr Kral avait choisi de l'accompagner lui-même, avec trois dessins d'une extrême rigueur qui font écho à la fermeté qui caractérisa et sa vie et son oeuvre. Cette manière d'intransigeance, on la retrouve dans sa prosodie si particulière construite sur l'alliance d'un réalisme imparable (cru même) et d'un humour teinté parfois de nonsens qui explicite l'absurdité des situations, des relations, des échanges. Marqué par Hrabal, Hasek, le Surréalisme et le cinéma muet (il écrit la-dessus des livres qui ont fait date), Kral élabore des saynètes qui dessinent un univers mélancoliquement banal que seul l'humour grinçant rend habitable...