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La fabrique des "Européens". Processus de socialisation et construction européenne
Michel Hélène ; Robert Cécile
PU STRASBOURG
28,01 €
Épuisé
EAN :9782868204561
La socialisation européenne a très tôt été pensée comme un processus de conversion à la construction communautaire, affectant principalement les dites nationales exposées aux institutions et négociations bruxelloises. Cette interprétation tant politique que scientifique a pu séduire les promoteurs d'une Europe fédérale. A contrario, elle a pu susciter crainte ou déni chez ses détracteurs. Elle a surtout conduit les spécialistes de l'intégration européenne à opposer les manières nationales de faire et de penser aux manières communautaires, faisant ainsi l'économie d'une définition du " national " et de l'" européen " et d'une analyse des processus de production et de transmission des savoirs et savoir-faire qui seraient spécifiques à cet espace politique et institutionnel. Peut-on ainsi opposer des pratiques dites communautaires aux pratiques dites nationales, voire simplement les distinguer ? Peut-on assimiler les pratiques communautaires à des attitudes pro-intégrationnistes ? Peut-on faire l'impasse sur l'histoire sociale qui s'actualise dans ces pratiques ? A ces questions, les contributions réunies dans cet ouvrage répondent par la négative. Les enquêtes sociologiques menées auprès de hauts fonctionnaires, de députés européens, de représentants d'intérêts, de syndicalistes, de journalistes, d'experts montrent comment pratiques nationales et pratiques communautaires s'enchâssent les unes dans les autres et combien les identités sociales jouent un rôle déterminant dans la rencontre et le rapport à l'Europe. A cet égard, l'analyse du processus de socialisation à l'Europe passe aussi par une analyse des modes de sélection et d'accès à l'Europe.
Le Parlement européen est élu au suffrage universel direct dans les Etats membres de l'Union européenne (UE) depuis 1979. Trente-cinq ans après, les enquêtes d'opinion montrent toujours une méconnaissance générale de la signification de ce scrutin, comme d'ailleurs de l'ensemble des institutions européennes. L'abstention, considérable, traduit-elle cette ignorance, comme le croient nombre d'observateurs de l'UE ? Ou le rejet des politiques européennes mises en oeuvre dans chaque Etat membre ? Ou les deux ? Dans ce livre, écrit dans une perspective d'éducation populaire, les auteurs présentent cette assemblée dont les pouvoirs sont loin d'être négligeables. Ils décrivent un fonctionnement où la recherche permanente du consensus et le partage des postes entre les deux groupes politiques dominants conservateur et social-démocrate conduisent le plus souvent à dépolitiser la prise de décision. Ils plaident pour une refondation démocratique de la construction européenne dans laquelle les pouvoirs du Parlement européen s'articuleraient avec ceux des parlements nationaux et avec les forces politiques ancrées dans les sociétés des Etats membres. Une telle démarche implique une rupture radicale avec le carcan néolibéral des traités actuels et avec les partis politiques qui s'en accommodent.
L'emprise des milieux d'affaires sur le cours de la construction européenne est un fait tellement bien admis qu'il a conduit les observateurs à ne voir dans les organisations patronales que des groupes de pression et à délaisser l'histoire et la sociologie du syndicalisme patronal européen. Or ce syndicalisme patronal, qui plus est européen, ne va pas de soi. Comment les intérêts patronaux peuvent-ils être représentés et défendus comme " européens " alors qu'ils sont très hétérogènes et qu'ils ne sont pas également affectés par la construction européenne ? Comment des organisations parviennent-elles à faire entendre la voix d'un patronat européen ? Comment cette représentation s'articule-t-elle avec des formes nationales et internationales de représentation ? Comment les représentants patronaux participent-ils à la politique européenne ? Les neuf chapitres de l'ouvrage collectif répondent à ces questions en étudiant les histoires tout à la fois nationales et européennes d'organisations (Businesseurope, CEEP, UEAPME, CNPF/Medef) et les différentes formes de représentation des entreprises et des patrons européens. L'étude de la genèse et de la structuration d'organisations patronales européennes montre le rôle qu'elles jouent dans l'histoire de la construction européenne et la place qu'elles ont acquises dans le fonctionnement de l'Union européenne.
Voyageuse dans l'âme mais aussi dans la vie réelle ayant parcouru une partie du globe, Hélène Michel nous fait profiter de son inspiration et d'une sagesse parfois ironique et drôle d'un esprit particulièrement jeune. Hélène Michel (1911-2017) a écrit ce recueil poétique à l'âge de 102 ans. Fille d'un grand helléniste, Pierre Raingeard, auteur de "Hermès Psychagogue", elle grandit au sein d'une ambiance humble et cultivée. Les écrits d'Hélène Michel sont nombreux mais ne seront jamais édités. Ses amis l'encouragent alors à publier un petit recueil de poèmes et de textes écrits pour certains il y cinquante ans et pour d'autres, les dernières années de sa vie. Ce livre a été primé Médaille d'Argent au concours littéraire des Jeux Floraux de Toulouse.
A la fin du XIXe siècle, les propriétaires sont en déclin économique et social et se voient de plus en plus marginalisés par le pouvoir politique. "Monsieur Vautour" est déjà une légende. Un siècle plus tard, les propriétaires présentent une tout autre figure: bailleurs ou occupants, pavillonnaires ou copropriétaires, accédants à la propriété sociale ou investisseurs à la recherche d'avantages fiscaux, ils font l'objet de nombreuses actions publiques qui visent à augmenter et à entretenir le parc de logements. Comment expliquer la transformation et la pérennisation de ce groupe et, dans le même temps, sa reconnaissance comme un acteur de la politique du logement? Ce destin des propriétaires est le résultat d'une rencontre improbable entre d'un côté l'Etat, qui peu à peu fait de la propriété privée un objet d'intervention publique, et de l'autre des organisations de défense qui, depuis la fin du XIXe siècle, promeuvent le rôle économique et social des propriétaires, assurant ainsi la mobilisation et la cohésion d'un groupe de plus en plus hétérogène.Empruntant à la sociohistoire des groupes sociaux, à l'analyse des politiques publiques et à la sociologie de l'action collective, ce livre étudie l'émergence et le devenir d'un groupe d'intérêts. Tout en mettant en évidence le rôle de l'Etat dans la structuration de ce groupe et la reconnaissance de ses intérêts, il montre comment les défenseurs des propriétaires parviennent à formaliser leurs intérêts en cause et à doter ce groupe d'une existence politique et sociale.