Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Ecrits sur le théâtre. Tome 1, 1891-1917, Edition revue et augmentée
Meyerhold Vsevolod ; Picon-Vallin Béatrice
DEUXIEME EPOQUE
30,00 €
Épuisé
EAN :9782377691302
Vsevolod Meyerhold (1874-1940), un des premiers metteurs en scène de l'histoire du théâtre est un visionnaire : il a inventé toutes les formes du théâtre du XXe siècle. D'abord acteur au Théâtre d'Art de Moscou, il le quitte en 1902 pour explorer en province des voies nouvelles, loin du naturalisme et du réalisme psychologique, et prend tous les risques. Il découvre le rôle essentiel du corps de l'acteur polyvalent, de son dessin dans l'espace et du mouvement, l'importance du spectateur, "quatrième créateur", pour qui "les paroles sont des broderies sur le canevas des mouvements". Ce premier volume plonge le lecteur dans le début d'un XXe siècle effervescent. Il rassemble lettres, articles, plans de travail tirés de sa revue L'Amour des trois oranges, et l'ensemble de son livre Du Théâtre qui est le roman d'apprentissage d'un jeune artiste examinant ses travaux, leurs objectifs et leurs résultats d'un oeil critique. Chaque mise en scène explore un chemin. Meyerhold s'essaie à tous les genres, drame, pantomime, cabaret, opéra, cirque, cinéma, il ouvre des studios, découvre le "théâtre de la convention consciente", fait l'éloge du balagan - le théâtre de foire -, de la poésie, de la danse. Tous ces textes sont essentiels pour comprendre le théâtre moderne. Musicien, érudit, grand acteur, traducteur, Meyerhold est constamment en recherche, passionné, rigoureux, puisant aux sources des "époques authentiquement théâtrales" qu'il étudie à travers la commedia dell'arte et les scènes asiatiques, dans une pratique pédagogique innovante. On y trouve aussi les traces de son amitié avec Anton Tchekhov et une interprétation musicale de La Cerisaie qu'il monte en 1904. On y voit se développer sa prise de conscience politique. L'actualité de Meyerhold demeure saisissante.
D'abord les paysages. Puis l'envoûtement. Du Kenya, le visiteur garde irrévocablement l'image de cette fracture géologique du Rift, assénée telle un coup de poing. Le Kenya ou l'Afrique en miroir. Toute l'Afrique, résumée dans l'histoire d'un pays et dans ses convulsions depuis l'indépendance. Le Kenya est indissociable de son mythe, entretenu par le cinéma et les récits de voyages. Ses parcs nationaux, sa mosaïque ethnique, son histoire coloniale en ont fait un terreau propice aux meilleures légendes. Mais dans ses soutes, la fureur n'a jamais été contenue. Les rages ethniques, politiquement exploitées, sont toujours à fleur d'actualité. La mémoire des massacres coloniaux y reste vive. L'ambiance rétro des clubs so British de Nairobi est une façade aussi délicieuse que trompeuse. Ce petit livre n'est pas un guide. C'est une odyssée africaine. Une plongée dans l'âme du peuple kenyan, porteur des épopées et des tourments d'un continent. Un grand récit suivi d'entretiens avec Caroline Elkins, Yvonne Adhiambo Owuor et Nanjala Nyabola.
Palmito " , " Gros Cheval " , " le Mythe " " Trump des tropiques " , on ne compte plus les surnoms dont les Brésiliens ont affublé leur président. Elu en 2018 à la suite d'une campagne marquée par la violence, la haine des élites et une tentative d'assassinat, Jair Bolsonaro, est le premier président d'extrême droite à s'installer à Brasilia. C'est la stupeur, le peuple brésilien se déchire, doute, s'interroge. Comment un homme qui voue un tel culte à la dictature militaire, clame haut fort son ignorance de la chose publique et de l'économie, qui méprise les femmes, les institutions, la nature, l'écologie et insulte sans vergogne les homosexuels, les noirs et les métisses, a-t-il pu triompher ? De la pandémie de covid-19 qui a fait plus de 600 000 victimes au Brésil aux immenses brasiers qui ont dévasté l'Amazonie, des tentatives de coup d'Etat aux coups de sang à répétition, jamais dans l'histoire moderne une grande démocratie n'avait porté pareil personnage au pouvoir. En quatre ans d'un mandat furieux et ubuesque, Jair Bolsonaro aura été l'homme de toutes les outrances, de toutes les transgressions. En comparaison, des personnalités aussi polémiques que Viktor Orban, Nigel Farage, Eric Zemmour Matteo Salvini ou Donald Trump prennent des airs de pâles nationalistes. Mais qui est Jair Bolsonaro ? Un clown triomphant manipulé par l'armée ou un autocrate qui décime son propre peuple ? De quoi est-il le nom ? Et que dit-il sur le Brésil, sur notre époque, sur l'état des médias et des démocraties ? Bruno Meyerfeld, franco-brésilien et correspondant du journal Le Monde au Brésil, a mené l'enquête et retrace les grands évènements de son mandat ainsi que l'itinéraire de ce personnage haut en couleurs, depuis son enfance jusqu'à son arrivée au pouvoir. Il dévoile le quotidien de ce président insomniaque et paranoïaque au sein du palais de l'Aurore, résidence des chefs de l'Etat brésilien. Une plongée dans la folie au pouvoir et la découverte d'un pays hors du commun. Entre lumière et ombre.
Meyerhold rêvait de rassembler en un seul fascicule des textes sur son métier de metteur en scène, comme une trace de son savoir et de son expérience. Sont donc ici réunis aphorismes, cours, extraits de lettres et de conférences, sur ce qu'était pour lui la mise en scène, "la spécialisation la plus large du monde" comme il aimait à le répéter. Outil de réflexion pratique, cet ouvrage propose une préface resituant ce grand metteur en scène dans son époque, avant et après la révolution russe, un appareil de notes et des repères biographiques. L'ensemble a été établi par Béatrice Picon-Vallin, spécialiste du théâtre russe et traductrice de Meyerhold.
Extrait Jusqu'ici et pas au-delà Mon premier mort fut un retraité. Bien avant de voir l'accident, la maladie, l'âge faire disparaître les proches que j'aimais, bien avant de devoir accepter le fait que le frère, le père encore si jeune, les grands-parents et même le chien des années d'enfance ne fussent pas immortels, et bien avant de me retrouver à entretenir un dialogue compulsif - enjoué, désespéré - avec mes défunts, je découvris un matin un retraité mort. Une semaine plus tôt, j'avais eu sept ans, un anniversaire que j'avais attendu fiévreusement car il me donnait enfin le droit d'aller seul à l'école. Du jour au lendemain, j'eus ainsi la permission de faire halte et de repartir à ma guise. La propriété dans laquelle était installé l'établissement psychiatrique où j'avais grandi ainsi que les jardins, maisons, rues et buissons qui s'étendaient au-delà de ses murs en étaient comme métamorphosés, et je découvrais des choses que je n'avais jamais remarquées lorsque j'étais en compagnie de ma mère ou de mes frères. Je faisais des pas un peu plus grands et je me sentais incroyablement adulte. Comme j'étais désormais un individu autonome, les choses autour de moi s'individualisaient elles aussi. Confrontations d'égal à égal : le carrefour et moi. Le kiosque et moi. L'enceinte de la casse automobile et moi. J'étais surpris du nombre de décisions que j'avais soudain à prendre. Quand je marchais en tenant la main de ma mère, j'avais tendance à rêvasser ou à lui parler et je me laissais conduire à l'école sans prêter attention au chemin, comme une lettre qu'on porte à la boîte. La première semaine, je fus sage. J'avais juré solennellement de ne pas m'écarter du chemin convenu - celui auquel ma mère m'avait initié à grand renfort de «regarder à gauche, et puis à droite, et puis encore à gauche». Mais, le lundi suivant, je voulus faire un petit détour par le lotissement de jardins ouvriers. J'ouvris une porte verte grillagée et m'engageai sur un sentier qui longeait des propriétés miniatures, des arbustes et des carrés de légumes. Je n'étais pas très à mon aise, car mon père m'avait expressément interdit cet endroit. «Il y a souvent des types peu recommandables qui se cachent dans ce genre de cabanons, m'avait-il averti. Évite d'y aller, d'accord ?» - «Oui, papa, d'accord.» Je cueillis une pomme encore verte, mordis dedans, crachai habilement ma bouchée acide entre deux lattes de clôture et lançai le fruit le plus loin possible par-dessus les toits. Je tendis l'oreille, mais rien ne vint rompre le silence, à croire que j'avais expédié la pomme tout droit en apesanteur. Je crachai une ou deux fois, puis me remis en route. Je n'avais pas pensé que le lotissement serait aussi vaste et labyrinthique. À chaque embranchement, je prenais à droite, espérant rejoindre une porte que je connaissais bien et qui n'était qu'à une centaine de mètres de mon école.
En reproduisant près de 300 dessins, croquis et montages, ce livre donne accès à l'oeuvre du grand metteur en scène polonais selon un angle nouveau, absolument essentiel. Il révèle à quel point il est un artiste complet en mettant au jour la part graphique de son travail, autre versant de sa production artistique. Il manifeste la part de l'image dans ses productions scéniques à travers de nombreux dessins de scénographie et de costumes ; il ouvre sur l'imaginaire et les visions qui fondent son univers artistique ; il donne à voir, sensiblement, son processus de création, tant le dessin est pour lui comme une forme d'expression première, un acte indispensable dans le cheminement créateur de ses spectacles. Accompagné de textes retraçant son parcours et éclairant son oeuvre plastique, sa création théâtrale, et le dialogue permanent entre les deux, cet ouvrage permet de mieux connaître l'artiste exceptionnel qu'est Krystian Lupa.
Elizabeth Taylor occupe une place à part dans le panthéon hollywoodien, dont elle fut incontestablement l'une des dernières légendes - sinon la dernière - en raison de l'éclosion de son talent précoce, d'une vie tumultueuse, voire scandaleuse pour l'époque, contribuant à forger son image contrastée, à la fois angélique et sulfureuse. Sa personnalité ambivalente conjugue magnétisme et superficialité, naturel et sophistication. Elle disait elle-même, avec humour : "Dans la vie, il n'y a pas que l'argent... il y a aussi les fourrures et les bijoux !" Amie fidèle, comédienne multiple, femme fatale et femme d'affaires avisée, elle s'est également distinguée par de puissants engagements en faveur de causes humanitaires, notamment la lutte contre le Sida dès la découverte de la maladie. Sa détermination et son opiniâtreté furent à l'origine d'une mobilisation salutaire contre ce fléau. Cette biographie, plutôt que de plonger sans réserve dans les poncifs - croqueuse d'hommes, star hollywoodienne et femme aux diamants -, propose une approche thématique et filmographique de la vie d'Elizabeth Taylor. Nombreux sont toutefois les liens avec les revues populaires, les références aux allures glamour de l'actrice ou encore les citations de ses tweets : une dimension qui, loin d'être anecdotique, a servi les grandes causes qu'elle a défendues. Ce sont les différentes facettes de la personnalité d'une actrice parmi les plus éminentes du XXe siècle qui sont ici révélées.
La modernité a inventé de nouvelles subjectivités grâce notamment à un changement profond de sa conception de la corporéité. Le corps, lieu de projection de l'identité personnelle, a été la fabrique de l'identité moderne. Entre l'écriture dramatique et l'écriture scénique, la force d'apparition prise par le corps de l'acteur au début du XXe siècle a été un événement essentiel. Aujourd'hui, les enjeux liés à cette prédominance de la pensée du corps en scène et de son émancipation dans la représentation sont vastes et complexes. Le corps, tel qu'il est questionné dans cet ouvrage, tient à la fois du corps visible et de l'invisible qui, comme son ombre, l'accompagne. Dans une perspective pluridisciplinaire, à la croisée des arts du théâtre, de la danse, du mime, du cirque, de la marionnette, nous souhaitons interroger dans cet ouvrage le corps prismatique de l'acteur-performeur, entre organicité et artifice, plasticité et insoumission, fêlure et énigme. Un corps qui ouvre un au-delà du sens et du sensible, et rayonne à partir du mystère de l'en-dedans.
Une interrogation traverse les grandes réformes du théâtre moderne : le rapport de l'acteur, corps de chair, à la sculpture, corps de pierre. Pour devenir "art", la scène engage le dialogue avec les autres arts et c'est à sa relation, jamais étudiée auparavant, avec la sculpture, que ce livre se consacre. Il s'agit ici de placer le théâtre au coeur du dialogue avec l'art de la sculpture et de convoquer les propos et les visions des historiens de l'art ou d'un Auguste Rodin, Antoine Bourdelle ou Alberto Giacometti afin d'éclairer conjointement la quête du théâtre et de la sculpture. Monique Borie interroge les enjeux de la matière aussi bien que les tensions entre le vivant et l'inerte, le mouvement et l'immobilité, la vie et la mort. Elle se situe au carrefour des arts en découvrant comment le corps de pierre regarde du côté du corps de chair. Tandis que le théâtre, lui, art du corps de chair, regarde du côté du corps de pierre.