Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Transitions. Une aventure critique (2011-2022)
Merlin-Kajman Hélène ; Jérôme David
ITHAQUE
35,00 €
Épuisé
EAN :9782490350414
Recueil de textes de dizaines d'auteurs ayant participé au mouvement de critique littéraire "Transitions" aux côtés d'Hélène Merlin-Kajman, entre 2011-2022. Quelque contributeurs : Franck Alegret-Bourdon Benjamin Antzenberger François Ardeven Benoît Autiquet Eva Avian Claire Badiou-Monferran Yunfei Bai André Bayrou Victor Béguin Anne E. Berger Sarah Beytelmann Hall Bjornstad Marcianne Blévis Marie-Hélène Boblet Marie Bolloré Carlo Brio Jules Brown Stéphanie Burette Noémie Bys Gilbert Cabasso Sylvie Cadinot-Romerio Laurent Carceles Adrien Chassain François Cornilliat Gabriel Marie D'Avigneau Jérôme David Dionys Del Planey Robert Descimon Christian Drapron François-Ronan Dubois Florence Dumora Mathias Ecoeur Pierre-Antoine Fabre Linda Fares Mathilde Faugère Léa Figueras Lise Forment Coline FournoutGuido Furci Jean-Paul Galibert Jean-Patrick Géraud Ivan Gros Clarice Hellin Alexis Hubert Virginie Huguenin Natacha Israël Julien Jeusette Côme Jocteur-Monrozier Barbara Kadabra David Kajman Nathalie Kremer Fleur Kuhn-Kennedy Paul Laborde Ullrich Langer
Résumé : Issue du romantisme, la modernité occidentale s'est construite par opposition avec le " classicisme ", assimilé à un style de domination sociopolitique. Portée à l'excès, cette critique aboutit à la phrase fameuse de Roland Barthes, " la langue est fasciste ", qui en dit long sur le contre-sens d'interprétation sur lequel se fonde cette critique. l'ouvrage d'Hélène Merlin-Kajman nous propose une tout autre vision du classicisme. La civilité qu'il a instaurée a eu pour fonction, dans la France du XVIIe siècle, de sortir de la violence des guerres civiles de religion pour instaurer une nouvelle forme de collectivité, qui se situerait au-delà des affrontements entre communautés. Il faut dénouer cette erreur historique pour purger la modernité de sa part mortifère, telle qu'elle s'exprime notamment à travers des formes de pédagogie qui, sous couleur de progressisme, se réduisent à donner une vision négative de la norme.
La littérature se tient-elle au-delà du bien et du mal ? La modernité le proclame depuis les procès de Madame Bovary et des Fleurs du mal. Aujourd'hui, ce droit à la transgression est remis en question au nom de nouvelles valeurs : respect des sensibilités, militantisme culturel, assignation de toute fiction à une expérience vécue. L'effet du mouvement #MeToo sur la manière dont on lit les oeuvres est à cet égard exemplaire. En 2017, des agrégatifs se demandèrent comment lire et enseigner une pastorale du XVIIIe siècle mettant en scène un viol déguisé : ce fut l'affaire Chénier. En 2020, l'affaire Matzneff soulevait la question de la valeur littéraire d'actes sexuels pénalement répréhensibles. Aux Etats-Unis, l'exigence du trigger warning enjoint les universitaires de signaler à leurs publics les textes au programme dont le contenu pourrait raviver chez eux d'éventuels traumatismes. Cet ouvrage explore la complexité des justifications engagées dans ce nouveau régime du jugement esthétique. Loin de le défendre pour son "progressisme" ou de le condamner pour sa bienséance "politiquement correcte" , comme y encourage la polarisation idéologique des débats, il s'agit ici de plaider que la littérature n'agit pasà la lettre et que ce jeu de la lecture nous libère et nous lie.
Savinien Bergerac n'est pas un lycéen comme les autres. Trop sérieux, trop cultivé, d'une politesse désuète, il serait le fils d'un aristocrate à moitié fou et semble venu d'un autre monde. Il intrigue ses camarades qui ne savent rien de sa vraie vie. Savinien a de multiples raisons d'être préoccupé. Livré à lui-même et responsable de Pyrame, son jeune frère révolté avec lequel il vit seul, le jeune homme doit faire des choix et garantir le succès de la mission qui leur a été confiée. Mais Pyrame désobéit, entraînant Savinien et leurs camarades dans une aventure périlleuse qui ne laissera personne indemne.
Résumé : L'Académie française, créée en 1635 par Louis XIII, signale-t-elle la mainmise de l'Etat sur la langue et la littérature, ou la tyrannie de Richelieu sur les lettres ? Non. Elle réalise plutôt un compromis entre la nouvelle liberté des particuliers et la nouvelle souveraineté monarchique. Institution excentrée et, à ce titre, exemplaire, traduisant une demande d'immunité, l'Académie française offre un lieu et un repère à l'activité conversationnelle, au sein de laquelle la littérature et la langue trouvent à se définir comme choses communes mais non politiques. L'excentricité académique inaugure ainsi, entre la simple communauté de la vie et la sujétion politique, entre autonomie et hétéronomie, une certaine pratique de la littérature et de la langue à la fois décrochée des fins publiques et rattachée à elles en un sens nouveau qui va contribuer à les transformer en fins civiles.
Robert B. Brandom est l'un des plus grands philosophes américains contemporains. Auteur d'une pensée originale qui se réclame à la fois de Kant, de Hegel et de la philosophie analytique du langage et de la logique, il poursuit dans le même temps une réflexion sur l'héritage de la philosophie pragmatiste américaine. Le présent volume constitue l'introduction la plus accessible à cette philosophie hors-norme. La plupart des thèmes et des ressources exposés dans ses grands livres y sont convoqués, mais sous une forme plus directe et plus familière. Qu'il s'agisse du pragmatisme analytique et de la rationalité expressiviste (développées dans son oeuvre majeure, RxRendre explicite, 2 vol. , 1993), de sa réhabilitation de Hegel, du holisme et d'une conception de la raison comme formation historique et sociale (présentées dans A Spirit of Trust, 2019), les essais traduits ici constituent une excellente entrée en matière aux éléments clés de la pensée de Brandom. On y découvrira un philosophe analytique original, patient défenseur d'une conception normative de la raison irréductible aux naturalismes et aux cognitivismes si influents aujourd'hui dans la discipline.
Le père, loin de n'être qu'un géniteur, est devenu, grâce à "la religion monothéiste" selon Freud, le héros d'une aventure spirituelle ; celle-ci fait de la paternité un "progrès dans la spiritualité" . Cette valeur nouvelle repose sur la parole qui engage celui qui se reconnaît comme père auprès d'un enfant, en reconnaissant cet enfant comme le sien ? Première déclaration d'amour pour son enfant, qui ne tient qu'aux mots, qui échappe aux sens, qui, de géniteur, le rend père de cet enfant à qui il donne son nom. Mais que devient le nouage entre le père et la paternité quand la conception religieuse du monde s'éclipse au profit de la conception scientifique, et des bouleversements dans la filiation ? Si la paternité est viable sans le soutien d'une religion, comment se met en place la dissociation souvent observée entre un père et sa paternité, comment les errements et les égarements des pères l'auront-ils annoncée et préparée ? Quel est le secret de ce lien que la paternité constitue, différent en fonction du sexe de l'enfant ? A la fin de son enseignement, Lacan considère que le père oedipien garant des histoires de famille et de la norme sexuelle est devenu un symptôme dans notre modernité, parmi d'autres pères-symptômes voués à faire tenir ensemble leur parole et leur jouissance, mais aujourd'hui loin des codes associés à l'hétérosexualité. Comment le penser ? Désormais qu'est-ce qu'un père, et même à quoi sert-il, si la représentation de son meurtre ne parvient plus à mettre en scène et à donner sens à la mort ? De quelle fiction peut-il être le garant dans un temps, le nôtre, où la discordance entre le monde et l'homme devient assourdissante ?
Quelle place occupent pour le fonctionnement psychique ces ingrédients que sont, d'une part l'image - et la sensorialité en général -, d'autre part la langue et la parole qu'elle permet ? Bien que banals, ces "matériaux" demeurent scientifiquement mal connus. Pour répondre à cette question, cet ouvrage s'étaie sur une pratique de la psychanalyse dans sa visée psychothérapeutique et, dans une moindre mesure, sur l'histoire de l'art qui, au-delà de son projet esthétique, concourt à changer l'homme et son monde intérieur. Car le pouvoir de guérison de la cure analytique tient paradoxalement à un effet physique : le renouvellement incessant des images que produit le travail du rêve, la vivacité de la parole qui, issue de sa mémoire inconsciente, anime l'analysant s'adressant à l'analyste restructurent en profondeur ce que Freud appelait l'appareil de l'âme. Dès la rédaction de L'Interprétation du rêve, Freud avait saisi la nécessité pour l'analyste de se doter d'une opération de pensée capable de déchiffrer ces opérations archaïques qu'il définit comme une spéculation métapsychologique ; il ne cessa plus, dès lors, d'approfondir ce concept dont l'efficience pourrait être comparée à une véritable radioscopie de l'âme. Langue et psyché reprend cette ouverture de la recherche freudienne qui offre à l'analyste les moyens d'une écoute analytique, c'est-à-dire interprétative.
La psychanalyse reste-t-elle une méthode de cure valable pour les patients du troisième millénaire ? Dans un style informel et provocateur, Antonino Ferro, l'un des psychanalystes contemporains les plus influents, confirme ici toute la vitalité de la discipline inventée par Freud, et expose, point par point, sa vision du travail analytique : l'utilisation du divan ou du face à face, la durée des séances et de la thérapie, le paiement, le transfert érotique, l'autisme, le mensonge... Il en résulte un "guide" stimulant pour le thérapeute qui souhaite s'aventurer au-delà de la pure orthodoxie, et pour les patients qui s'engagent avec curiosité et intérêt dans cet espace de créativité partagée.