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Langue et psyché. Instantanés métapsychologiques, Edition
Rolland Jean-Claude
ITHAQUE
18,00 €
Épuisé
EAN :9782490350070
Quelle place occupent pour le fonctionnement psychique ces ingrédients que sont, d'une part l'image - et la sensorialité en général -, d'autre part la langue et la parole qu'elle permet ? Bien que banals, ces "matériaux" demeurent scientifiquement mal connus. Pour répondre à cette question, cet ouvrage s'étaie sur une pratique de la psychanalyse dans sa visée psychothérapeutique et, dans une moindre mesure, sur l'histoire de l'art qui, au-delà de son projet esthétique, concourt à changer l'homme et son monde intérieur. Car le pouvoir de guérison de la cure analytique tient paradoxalement à un effet physique : le renouvellement incessant des images que produit le travail du rêve, la vivacité de la parole qui, issue de sa mémoire inconsciente, anime l'analysant s'adressant à l'analyste restructurent en profondeur ce que Freud appelait l'appareil de l'âme. Dès la rédaction de L'Interprétation du rêve, Freud avait saisi la nécessité pour l'analyste de se doter d'une opération de pensée capable de déchiffrer ces opérations archaïques qu'il définit comme une spéculation métapsychologique ; il ne cessa plus, dès lors, d'approfondir ce concept dont l'efficience pourrait être comparée à une véritable radioscopie de l'âme. Langue et psyché reprend cette ouverture de la recherche freudienne qui offre à l'analyste les moyens d'une écoute analytique, c'est-à-dire interprétative.
Quatrième de couverture Hamlet : J'aurais mieux aimé rencontrer mon pire ennemi au Ciel, Horatio, que de vivre un pareil jour... Mon père ! il me semble que je vois mon père.Horatio : Où, monseigneur ? Hamlet : Avec les yeux de l'âme, Horatio. Le discours de la tragédie est précieux pour comprendre le destin auquel la cure analytique contraint la parole de l'analysant. Celui-ci parle d'abord «de quelque chose» puis, comme la fée de Cendrillon fait d'un potiron et de quatre rats un carrosse et un attelage, le transfert détourne sa parole de cette fonction référentielle, la transforme en un chemin ou en un «véhicule» (ainsi que le shivaïsme désigne la monture sacrée permettant aux dieux de commercer avec les vivants), un chemin qui le conduit sur des terres psychiques inconnues de lui, lui fait rencontrer des images : certaines viennent d'un passé si lointain, si effacé du souvenir qu'elles ne lui sont nullement familières ; d'autres sont d'une époque plus récente et heureuse. Certaines relèvent du fantastique ; d'autres de la banalité. Certaines sont marquées d'effroi ou de douleur ; d'autres revêtent l'habit déceptif des objets aimés quoique perdus.
Résumé : " "Un jour je ramènerai l'âme au bout de mon scalpel !" proclamait le maître de mon professeur d'anatomie. L'audace de ce défi qui m'arrachait au sommeil "bien-pensant" et aux tentations de l'obscurantisme me subjuguait. C'est ce même défi que j'ai trouvé, cette fois relevé chez Freud avec la notion d'appareil d'âme, le Seelischer Apparat, dont la représentation, sous le scalpel de la théorie, ne peut pas ne pas convaincre un esprit exigeant. Né du mariage de l'intérêt scientifique et de la passion culturelle, le concept d'appareil d'âme est si moderne qu'il n'est pas encore totalement admis dans les mentalités. La notion d'appareil, apparue là où on ne l'attendait vraiment pas, n'est pas une simple représentation de l'objet "âme" : elle rend à cet objet la réalité qui lui est propre, l'âme est le lieu où l'homme se révèle dans son irréductible "appareil". Cet appareil est immatériel, mais vivant. Il rayonne dans la durée, a une étendue et "n'en sait rien", ajoutait Freud. Il a une épaisseur parce qu'il se développe par à-coups, chaque vague de sa croissance laissant des traces qui se superposent." La douleur, l'image, le processus et l'attente stratifient ces quatre essais sur la vie de l'âme et sa consistance indéniable. Au fil de pages inspirées, Jean-Claude Rolland retrouve cette consistance même dans la pratique de l'analyse et dans une clinique exploratrice où son invention de l'interprétation analogique entre en écho avec d'autres inventions, littéraires et picturales.
Cet ouvrage présente 600 mots basiques et 3000 expressions courantes en français, avec leur traduction en néerlandais. Conformément aux recommandations du Cadre européen commun de référence pour les langues publié par le Conseil de l'Europe, l'auteur donne toute son importance à la phraséologie, aux proverbes, citations, locutions, et collocations du français usuel. II complète les dictionnaires traditionnels par des informations qui en sont généralement absentes, à savoir les fonctions de communications, les notions générales et spécifiques qui président à des énoncés figés ou semi-figés d'usage courant. Ces énoncés, traduits dans la langue de l'apprenant, sont composés des mots hyperfréquents du français.
Qu'appelle-t-on "symptôme" en psychiatrie ? Et de quel talent d'observateur faut-il créditer le clinicien qui essaie de regrouper les symptômes en syndromes, voire en maladies mentales ? Steeves Demazeux, après son enquête sur les classifications contemporaines (Qu'est-ce que le DSM ? , Ithaque, 2013), continue ici sa remontée dans le temps, en examinant l'émergence de la clinique psychiatrique, de ses origines chez Pinel à la crise qui la secoue au tournant des années 1950. A cette fin, il fouille le sol de la relation clinique, en amont du diagnostic, quand, au plus proche du patient, le psychiatre se met en quête des "signes" de la maladie. Les aliénistes ont longtemps cherché à constituer une "sémiologie" de la folie aussi respectable que celle des autres branches de la médecine. Très vite, cependant, ils ont hésité. Fallait-il voir dans ces signes et ces symptômes les éléments formels d'un tableau, les indices d'un trouble sous-jacent qui en serait la cause, ou les lettres d'un texte dont le sens nous échappe ? Une sémiologie psychiatrique n'est-elle pas au fond une chimère ? La psychanalyse n'a-t-elle pas hérité de ses impasses ? Et si c'était à des auteurs méconnus, voire méprisés, "numéristes" et modestes statisticiens d'asile, qu'il fallait enfin accorder la palme de l'objectivité ? L'histoire et la philosophie des sciences croisent ici des personnages inattendus, et pourtant tous nécessaires : Edgar Poe et Jacques Lacan, Carlo Ginzburg et Michel Foucault, les habitants de Manhattan, un photographe victorien spécialisé dans les gouttelettes, et plusieurs neurologues le marteau à la main. Au terme de ce parcours, Steeves Demazeux propose une refondation vigoureuse de notre épistémologie de la psychiatrie, qui doit changer et d'objet et de but
Colloque de Cerisy sur la psychanalyste Nathalie zaltzman, avec les contributions de J. Altounian, G. Barbieri, G. Brisac, J. -F. Chiantaretto, A. Cohen de Lara, E. Corin, B. De Rosa, N. Durr, C. Ferrié, G. Gaillard, J. -M. Hirt, M. -F. Laval Hygonenq, I. Lasvergnas, A. Lecoq, G. Levy, C. Matha, R. Minjard, J. -P. Pinel, E. Tysebaert, M. Vacquin, F. Villa.
La littérature se tient-elle au-delà du bien et du mal ? La modernité le proclame depuis les procès de Madame Bovary et des Fleurs du mal. Aujourd'hui, ce droit à la transgression est remis en question au nom de nouvelles valeurs : respect des sensibilités, militantisme culturel, assignation de toute fiction à une expérience vécue. L'effet du mouvement #MeToo sur la manière dont on lit les oeuvres est à cet égard exemplaire. En 2017, des agrégatifs se demandèrent comment lire et enseigner une pastorale du XVIIIe siècle mettant en scène un viol déguisé : ce fut l'affaire Chénier. En 2020, l'affaire Matzneff soulevait la question de la valeur littéraire d'actes sexuels pénalement répréhensibles. Aux Etats-Unis, l'exigence du trigger warning enjoint les universitaires de signaler à leurs publics les textes au programme dont le contenu pourrait raviver chez eux d'éventuels traumatismes. Cet ouvrage explore la complexité des justifications engagées dans ce nouveau régime du jugement esthétique. Loin de le défendre pour son "progressisme" ou de le condamner pour sa bienséance "politiquement correcte" , comme y encourage la polarisation idéologique des débats, il s'agit ici de plaider que la littérature n'agit pasà la lettre et que ce jeu de la lecture nous libère et nous lie.
Que se passe-t-il dans les liens amoureux quand l'un trahit l'autre, ne tient pas sa promesse, vit une autre expérience affective dans le secret et l'infidélité ? Que devient cet amour investi par le traumatisme de la trahison et de l'abandon ? Et que se passe-t-il si celui qui a trahi cherche ensuite à être pardonné ? Si, après avoir décrété que "ce n'est plus comme avant", il demande à être encore aimé en espérant que, justement, tout "redevienne comme avant" ? Le pardon est-il alors possible ? Ou faut-il redire après la sentence freudienne que l'amour n'est qu'un rêve narcissique, et qu'il n'y a pas d'amour pour l'Autre qui ne soit amour de soi-même ?